Noël, la nativité dans le passé


Chez les peuples païens qui ont précédés les chrétiens en Europe, le solstice d’hiver, autour du 21 décembre,  marqué par la nuit la plus longue de l’année. était perçu comme  un renouveau: le moment où les jours allaient progressivement s’allonger, annonçant le retour du soleil,  de la lumière et, à terme, celui des beaux jours.. De nombreuses cultures célébraient ce moment de l'année avec des festivités destinées à encourager le retour du soleil, comme par exemple les Saturnales de la Rome antique et le Yule des régions nordiques.


    Les Saturnales romaines

Les Saturnales, célébrées entre le 17 et le 24 décembre, fête en l'honneur du dieu Saturne, symbole de l'agriculture et des récoltes, étaient marquées par de grandes festivités, des banquets et des échanges de cadeaux. Pendant cette période, la hiérarchie sociale était temporairement renversée : les esclaves prenaient la place de leurs maîtres, et les règles de la société étaient suspendues.


    Le Yule


Ceci n'est bien entendu qu'un échantillon des traditions ayant existé dans l'antiquité pour marquer le solstice d'hiver.

Chez les peuples germaniques et scandinaves, Yule marquait le retour de la lumière et célébrait la renaissance du dieu soleil. Les traditions de Yule incluaient des feux de joie, la décoration des maisons avec du houx, du lierre, et du gui, symboles d’immortalité et de protection. De copieux  festins permettaient aux gens de se réunir. Certains de ces  éléments se retrouveront dans les célébrations de Noël, notamment les feux de cheminée et les décorations vertes et rouges.



L'Église chrétienne a commencé à célébrer la naissance de Jésus au IVe siècle, choisissant le 25 décembre pour coïncider avec les festivités païennes du solstice d'hiver. Ce Le choix de cette date avait pour but essentiel de pour faciliter la conversion des peuples païens en leur proposant une célébration Chrétienne en lieu et place des festivités anciennes que l'on voulait effacer. Noël devint ainsi la fête de la Nativité, commémorant la naissance du Christ, et se propagea rapidement  dans tout l'Empire romain et au-delà.

Pour rendre cette transition plus fluide, de nombreux symboles et usages païens furent incorporés dans les célébrations de Noël. Par exemple, l'usage de feuillage vert pour décorer les maisons durant les Saturnales et Yule fut intégré aux coutumes de Noël, sous la forme de couronnes de houx. L’idée de lumière symbolisée par des feux de joie et des chandelles représentait désormais Jésus comme "la lumière du monde".

La figure de Saint Nicolas a également joué un rôle important dans la formation des traditions de Noël. Nicolas de Myre, un évêque de l'actuelle Turquie au IIIe siècle, est devenu célèbre pour sa générosité envers les enfants et les pauvres. Sa fête, célébrée le 6 décembre, était marquée par des histoires de miracles et de bienfaits, et les enfants recevaient de petits cadeaux en souvenir de sa bonté.

Les traditions liées à Saint Nicolas se sont répandues rapidement en Europe. Elles ont évolué, surtout aux Pays-Bas et en Allemagne. Dans ces régions, Saint Nicolas est devenu le personnage central des célébrations hivernales, parfois représenté accompagné de créatures mythologiques comme le Père Fouettard, une figure menaçante rappelant aux enfants de bien se comporter. Ce personnage influencera plus tard la création du Père Noël aux États-Unis, lorsque les colons néerlandais y apportèrent leurs traditions.

Avec la montée de la chrétienté, Noël s’est diversifiée en Europe, chaque région ayant développé ses propres traditions :

Les marchés de Noël en Europe centrale

 Les marchés de Noël sont apparus au XIVe siècle en Allemagne, puis ont progressivement gagné d’autres régions d’Europe. Ils étaient, et sont encore, l'occasion pour les habitants de se procurer des aliments festifs et des cadeaux pour leurs proches.

Les chants de Noël 

Les chants de Noël  ont d’abord été des chants païens pour le solstice d'hiver. Ils furent ensuite adaptés pour la célébration de  la Nativité. Ces chants prenaient place dans des festivités communautaires et apportaient une atmosphère joyeuse à la saison. Ci dessous, un chant de Noël du XVe siècle, tiré de la discothèque de la BNF



Chantons, je vous en prie. Noël traditionnel du XVIe siècle - Gallica
à retrouver ici

Les crèches vivantes en Italie

En Italie, les crèches vivantes se développèrent sous l’impulsion de Saint François d’Assise au XIIIe siècle. Cette tradition visait à représenter la scène de la Nativité avec des personnes en costumes et des animaux, afin d’incarner l'histoire de la naissance du Christ pour les fidèles.

Autres traditions

Elles sont nombreuses, héritières des périodes passées ou innovations de l'église. Citons simplement parmi d'autres le sapin de Noël, le repas de Noël, les décorations de houx, les trois de tradition païenne, les crèches dans chaque foyer et la messe de minuit, innovations Chrétiennes


La fée sucrée ou La nuit de Noël (2e édition)
par Mlle Adèle de Nouvion - 1860
Gallica

Le Père Noël, tel qu’on le connaît maintenant, résulte d'une évolution historique et culturelle complexe plutôt qu’une invention unique. 

Le Père Noël puise son origine dans Saint Nicolas, dont on a parlé un peu plus haut. Il est à l'origine des traditionnelles de distributions de cadeaux.

En migrant aux États-Unis avec les colons néerlandais, la figure de Saint Nicolas (Sinterklaas) est devenue "Santa Claus". Au XIXe siècle, le poème A Visit from St. Nicholas (1823) de Clement Clarke Moore popularise le personnage, en lui donnant une apparence joviale, avec une barbe blanche et un costume rouge, et le décrivant comme voyageant en traîneau.

Dans les années 1930 enfin, la marque Coca-Cola contribue à la standardisation de l’image actuelle du Père Noël avec des illustrations de l’artiste Haddon Sundblom, ancrant son apparence iconique en rouge et blanc, couleurs de la marque.

Noël dans une famille - 1926
Gallica

Le Père Noël est donc une figure issue de plusieurs influences culturelles et commerciales qui ont évolué au fil des siècles.
Ainsi, Noël tire ses racines profondes des fêtes et célébrations du solstice d'hiver qui existaient depuis des siècles, et même probablement depuis des milliers d'années, avant l'ère Chrétienne. Puis elle a évolué, les églises Chrétiennes reprenant à leurs comptes les traditions ancestrales, les transformant pour correspondre à leurs aspirations et les complétant avec leurs propres traditions. Depuis un siècle une autre transformation s'opère et la fête de Noël perd petit à petit de son caractère divin pour devenir profane et commerciale.





Moissons

La plus part d'entre nous a pour ancêtres une majorité de paysans et d'habitants des campagnes. Bien
La moisson, Bouzonnet-Stella, (1641-1697)
Jacques Stella (1596-1657)
Bibliothèque municipale de Lyon

qu'une de mes branches ancestrales soit composée de citadins, habitant Lille ou Roubaix, il n'en reste pas moins que le monde rural forme l'immense majorité de mes aïeuls, comme tout le monde.
Le monde rural est, depuis que l'être humain a développé l'agriculture, soumis au rythme des saisons et aux contraintes climatiques. La vie d'un paysan, depuis la nuit des temps, est structurée autour du cycle labours (fin de l'hiver, début de printemps) , semailles ( au printemps) , moissons (fin de l'été), les périodes de réalisation de ces étapes variant en fonction de la région, de la culture envisagée et de la météo.
Bien que ces étapes soient toutes importantes et indispensables, la moisson était, dans les temps anciens, un moment clé du cycle agricole. La moisson était, et reste le moment où le paysan est récompensé de ses efforts. D'autres travaux complétaient d'ailleurs ces opérations. Le désherbage et l'entretien des parcelles après les semis, afin de supprimer les plantes pouvant concurrencer les plantations, le battage après la récolte, permettant de séparer le grain des chaumes qui forment ensuite la paille, le stockage des fruits de la récolte (voir par exemple la relation faite par le curé de Feings du grand hiver et dans laquelle à la ligne 43 il parle du lopin de terre faisant partie du trésor de son église.   




La moisson, ou 3e vue des Flandres
Le Bas, Jacques-Philippe (1707-1783). Graveur
Teniers, David (1610-1690). Peintre du modèle
Gallica

La saison des moisson signifiait des journées de travail longues et fatigantes, pour le village entier, car si la terre était en grande partie travaillée par la classe paysanne, il n'était pas rare que les artisans possèdent un lopin de terre qu'il mettaient en culture. Il en était de même du curé qui pouvait avoir à disposition un bout de terrain destiné à subvenir à ses besoins.

Avant l'arrivée des premières moissonneuses au XIXème siècle, le travail de la moisson reposait entièrement sur l’effort physique. Les paysans utilisaient la faucille pour couper les céréales, outil rudimentaire mais efficace pour récolter les tiges à la main. La faux, plus large, était aussi utilisée, particulièrement pour les grandes étendues, bien que son maniement demande de l’expérience et de la force.
Ce travail difficile et devant être réalisé en un temps assez court, c'est à dire dès la maturité des récolte, et avant que celles-ci ne commencent à dépérir, il était fréquemment réalisé en commun. Ceux dont les récoltes étaient plus tardives aidaient ceux dont les récoltes étaient plus précoces, et réciproquement. Les saisonniers de l'époque, c'est à dire les journaliers avaient là des opportunités de travail et prêtaient leur concours à la récolte contre un salaire où un repas. Pour ne pas perdre de temps, le travail débutait au lever du jour et pouvait durer jusqu'au coucher du soleil, une pause permettant de se restaurer et de se protéger des trop fortes chaleurs de l'été coupant la journée. Cela fournissait d'ailleurs une occasion aux jeunes gens pour se mesurer entre eux, sous le regard des jeunes filles présentes aussi "sur le chantier",  toute la communauté étant présente. Certains pour faucher les blés, d'autre pour former les gerbes, les transporter. Quelques femmes préparaient le repas pris en commun après la journée de travail, portaient des rafraîchissements et des casse croûtes aux travailleurs

Les moissons constituaient un moment vital pour les populations des campagnes, où l’agriculture représentait la principale source de subsistance. Le blé, l’orge, le seigle et l’avoine, parmi d’autres céréales, formaient la base de l’alimentation. Elles permettaient (et le permettent toujours) la production de farine et de pain, aliment de base en Europe avant l'arrivée de la pomme de terre, de nourrir le bétail et les volailles, de fournir la paille pour la litière des bêtes, les matelas ou la garniture des lits et des sabots. Une récolte abondante signifiait la sécurité pour l'année à venir, de la nourriture pour la mauvaise saison, alors qu'une récolte médiocre signifiait la famine et la misère, avec son lot de dommages collatéraux, comme les épidémies ravageant les populations affaiblies plus facilement
A la fin des moissons,une fois les tiges séchées, rassemblées en gerbes et séchées, elles étaient battues au fléau pour séparer le grain de la paille. Cette opération elle même était longue et difficile, mais elle signifiait la fin de la moisson

Joueur de Veuze
La période des moissons était donc un moment fort de l'année, signifiant lourd labeur et fatigue. C'est pourquoi, une fois les récoltes engrangées, elle se terminait par des festivités et des célébrations profondément ancrées dans les traditions villageoises.
Ces festivités avaient une dimension religieuse, incarnée par une messe ou une procession où même les deux, chaque village ayant sa propre tradition. Il n'était pas rare de sortir le Saint patron du village de son église pour le promener à travers champs. Une fois ce devoir accompli venait le moment de la fête et d
u festin. Viandes, produits frais et pain formaient un repas copieux pour l'occasion, arrosé de vin, de cidre ou de bière selon l'endroit, et agrémenté de danses au son des vielles à roues, accordéon ou autres veuzes (1) . 
 Ces célébrations des moissons constituaient un moment de partage et de renforcement des liens sociaux.


Note:
1: La veuze est un instrument de musique de la famille des cornemuses, jouée en Vendée

L'auberge

Casimir Laurent (1810 - 1895), un des arrière-arrière-grand père de ma Maman exerçait la profession de cordonnier à Vallon sur Gée, dans la Sarthe. En plus de sa fille Marie Eugénie (1859 - 1933) qui est une des arrière-grand-mère de ma Maman, je lui ai découvert quatre enfant, tous nés à Vallon sur Gée, et avant Marie Eugénie:

  • Casimir Pierre, né en 1843
  • Julie Marie née en 1845
  • Joséphine Marie, née en 1847
  • et Louis André, né en 1856

Sur une bonne partie des documents le concernant, il est déclaré comme étant cordonnier, ou ouvrier cordonnier. Cependant, sur l'acte de mariage de Marie Eugénie, il est indiqué sa femme Marie Anne Dubois et lui sont aubergistes. De plus, lors de son décès, la table des successions et absences stipule qu'il est cafetier. Je pense donc qu'il est bien cordonnier, mais qu'en plus de couple tient une auberge.

Auberge de la Montagne-Verte
Reiber, Paul ((gravure de 1877)
Gallica

A cette époque, l'auberge, lieu de repos pour les voyageurs, était aussi un point de rencontre dans le village, une halte réconfortante pour le paysan partant ou revenant  des champs, où il pouvait boire un coup en bonne compagnie. Lieu de loisir aussi, où les villageois se donnaient rendez vous le dimanche ou en semaine après le travail pour passer un bon moment.

Au XIXéme siècle, les routes de campagne sont difficiles, les trajets sont longs et éprouvants ( voir l'article Immersion dans la vie des voyageurs du 19e siècle...). Les diligences transportaient les personnes, les marchandises quand à elles voyageaient en chariots et autres tombereaux (voir l'article sur les charretiers) . Les chemins, boueux en automne et en hiver, n'étaient ni faciles, ni surs. La tombée de la nuit était particulièrement dangereuse  et on ne circulait pas la nuit.  L’auberge de campagne devenait alors un refuge incontournable pour tous ceux qui osaient s’aventurer hors des sentiers battus, qu’ils soient marchands, paysans, ou simples promeneurs.

Une salle d'auberge
en Alsace en 1910
Gallica

On y trouvait bonne chère, un lit pour la nuit, des écuries pour les chevaux et les marchandises. On pouvait s'y restaurer correctement, mais rustiquement, de soupe, de viandes rôties ou de volailles. accompagnées de légumes du pays.

Lieu de rencontre, les gens du pays pouvaient croiser les voyageurs venus des régions voisines  et se tenir un peu au courant de ce qui se passait au loin. En ces temps où il n'y avait pas de télé ni de radio, seuls les journaux et les voyageurs permettaient de se tenir au courant des nouvelles du monde extérieur au village et de ne rien manquer des petits potins des villages voisins...

Les aubergistes s'occupaient  de gérer les réserves de nourriture, de bois, et de paille. ils organisaient et préparaient ou faisaient préparer par leur personnel  les repas, ils tenaient  le bar, et de s’assuraient du bien-être de chaque client.


Une salle d'auberge
en Alsace en 1910
Gallica

Les voyageurs fatigués y trouvaient un accueil chaleureux, une oreille attentive pour partager leurs récits de voyage et une complicité spontanée, presque familiale. C’est aussi à cette époque que les auberges se peuplent de personnages hauts en couleur – des conteurs, des musiciens de passage, et même des poètes qui venaient égayer les soirées de récits et de chansons.


Les chambres, quant à elles, étaient rustiques mais confortables. Chacune était équipée d'un lit de bois, parfois avec un matelas rempli de paille ou de laine, couvert de draps épais et de couvertures en laine pour affronter la fraîcheur des nuits. Une table avec une cuvette et un broc en porcelaine tenaient lieu de salle de bain. Un seau de nuit complétait l'équipement. La plupart des chambres ne disposaient pas d’un confort moderne, mais le feu de cheminée ou les bougies procuraient une chaleur douce, enveloppant les voyageurs dans une ambiance chaleureuse. Il était courant de partager une chambre ou même un lit avec d’autres voyageurs, surtout en période de grande affluence.


L’auberge du XIXème siècle était un lieu de rencontres, où se croisaient des individus aux parcours et aux horizons variés. Elle représentait une pause dans le tumulte des voyages, où les passants pouvaient échanger des nouvelles des régions voisines, partager leurs expériences et même faire des affaires. Certains commerçants y exposaient leurs produits, tandis que les fermiers locaux y vendaient des denrées et du bétail.


Les veillées étaient souvent l’occasion d’écouter les récits des voyageurs,des légendes locales transmises de génération en génération. La musique y jouait un rôle important et il n’était pas rare de voir un musicien de passage sortir un violon ou un accordéon pour animer la soirée. Ces moments de partage et de convivialité faisaient de l’auberge un lieu où l’on se sentait en famille, même pour une nuit seulement.

Il est fort probable que les gendarmes de la compagnie à laquelle appartenait Adolphe Anselme BLEU aient fréquenté l'auberge de Casimir, que ce soit au cours de leurs tournées pour se restaurer en cours de chemin, ou plus simplement pour passer du bon temps après leur service. Il est aussi possible d'imaginer que Marie Eugénie ait prêté main forte à ses parents pour la tenue de l'auberge et que ce soit dans ce cadre qu'elle et Adolphe aient fait connaissance. Bien sur ce n'est qu'une supposition...  




source: Gallica



Kiosque à musique


Le kiosque à musique à Vittel
Gallica

Avant la radio, avant les CD, disques vinyles et autres microsillons, la seule manière d'écouter de la
musique était de se rendre au concert ou au bal. Nos ancêtres au XIXe siècle n'avaient pas beaucoup de possibilités pour se divertir.

Au XIXème siècle, les villes européennes connaissent un bouleversement majeur, du à
l'industrialisation massive et à l’essor de la classe bourgeoise. Le paysage urbain est profondément modifié et les espaces publics prennent une importance nouvelle dans la vie citadine.

Les kiosques à musique occupent une place particulière parmi les innovations architecturales et urbaines de cette époque. Souvent construit dans les parcs et les jardins publics, ces nouveaux équipements, aux formes élégantes et aérées, symbolisent l'attrait pour la musique en plain air ainsi que la volonté de créer des lieux de rassemblement ouverts à tous.


Voulus par les municipalités, parfois financés par la bourgeoisie locale, de nouveaux espaces verts sont aménagés. Propices aux loisir et à la détente, ils deviennent des lieux de promenade, d'échange social, de détente. Les kiosques à musique en sont bien souvent les éléments centraux. 

En France comme dans d'autres pays Européens, le kiosque à musique devient le symbole de la modernité et de la montée en popularité de ma musique militaire et des concerts publics.

Les kiosques sont conçus pour abriter les orchestres qui jouent plein air et permettent à un public nombreux de profiter des concerts gratuitement. Les concerts ont lieu les dimanches, ou période estivale, et le public n'y déroge pas. Le kiosque à musique devient rapidement une institution populaire, et les nouveaux parcs et jardins ne sauraient être conçus sans la présence d'un tel équipement.

Généralement, le kiosque à musique est de conception circulaire ou octogonal, ouvert sur tous les côtés, surmonté d'un toit en dôme. Les musiciens sont ainsi protégés des intempéries et le son est diffusé de manière optimale dans l'espace alentour où se place le public. Pour le reste, les styles sont nombreux et les matériaux utilisés aussi, bien que le fer forgé soit très prisé car résistant et facile à travailler. Ils sont finement décorés de colonnes, de balustrades, de frises. Des motifs floraux rappelant les jardins environnants ornent les toitures. Ainsi, chaque kiosque devient un exemple unique de l’art décoratif et de l’ingéniosité architecturale du XIXe siècle.

Les kiosques à musique ne sont pas seulement des structures architecturales ; ils sont avant tout des lieux de vie, où se rassemble une population bigarrée, issue de toutes les classes sociales.Les concerts donnés dans ces kiosques deviennent un événement régulier, souvent organisé les dimanches et jours fériés.

Jardin des Champs Elysées, kiosque du concert Musard
Négatif sur verre au colodion 28,8 x 3è,7 cm
Par Charles Maville (1813 - 1979)
Bibliothèque de la ville de Paris
Domaine public 
Les orchestres militaires jouent un rôle important dans l'animation musicale des kiosques. la programmation comporte fréquemment des marches militaires, des airs d'opéra populaires et des compositions destinées à être jouées à l'extérieur. 

Cette ouverture à tous est en elle-même une innovation. Alors que la musique était auparavant réservée à l’élite qui fréquentait les opéras et les théâtres, les kiosques permettent aux ouvriers, aux commerçants et aux familles de découvrir des œuvres musicales sans avoir à payer de billet d’entrée. 

Ces moments musicaux deviennent ainsi des occasions de socialisation, où les citadins de toutes origines peuvent se côtoyer et partager un moment de détente. Le kiosque à musique s’impose ainsi comme un symbole d’égalité et de démocratisation culturelle dans la société du XIXe siècle.

Le début du XXe siècle marque l’apogée des kiosques à musique, mais leur popularité commence à décliner après la Seconde Guerre mondiale. L’essor des nouvelles technologies, comme la radio, le disque vinyle  et le cinéma, modifie en effet  les habitudes de divertissement. La musique peut maintenant être écoutée chez soi, et choisie à son goût. Les kiosques perdent peu à peu leur attrait. Ceci combiné avec les coûts d'entretien et la baisse des subvention fait que les kiosques sont peu à peu abandonnés.Certains sont démolis. Mais de nombreux kiosques subsistent encore dans nos parcs, préservés par leur esthétique, témoins silencieux d'une époque révolue.

Aujourd'hui, avec la revalorisation des espaces verts et le développement d'initiatives locales, les kiosques à musique bénéficient d'un regain d’intérêt. Certains sont restaurés, d'autres reprennent du service pour des festivals de musique, des concerts, des représentation théâtrales.

Les kiosques à musique témoignent ainsi de l'attachement des villes et des villages à leur passé tout en s’adaptant aux nouvelles attentes du public.






 

Jeux de cartes traditionnel: Le jeu de l'Aluette



Jeux de cartes traditionnel de l'ouest de la France, le jeu de l'Aluette, aussi appelé jeu de la Vache, en raison d'une des cartes illustrée par une vache, est un jeu populaire de la Vendée, de la Charente et de la Bretagne. 


Son origine reste mystérieuse, mais on pense qu'il pourrait avoir été introduit su les côtes Françaises par des marins Espagnols à la fin du moyen âge, puis se serait répandu et adapté à la culture locale . Le fait que les cartes utilisées sont des cartes Espagnoles, d'une part, et qu'il présente des similitudes avec le jeu Espagnol de la Baraja plaide en faveur de cette théorie. Cela peut aussi expliquer la popularité de ce jeux le long des côtes Françaises.


Son ancienneté semble attestée par Rabelais qui le cite dans Gargantua, mais sans vraiment citer les cartes, juste le jeu. concernant les cartes elles mêmes.  ( Livre 1  chap. XXII, liste de jeux, et  dans d'autres passages)

Un ouvrage plus récent, daté de 1781 par Court de Gebelin cite le Comte de Mellet  (Recherches sur les Tarots) qui donne les différentes cartes par leurs noms









L'Aluette est un jeu de levée, généralement joué à quatre, où deux équipes s'affrontent. L’objectif est de remporter le plus grand nombre de levées. Le jeu se distingue par ses règles spécifiques et son langage codé. En effet, les coéquipiers utilisent un système de signes, de grimaces et de gestes pour se communiquer des informations sur leurs cartes, leur permettant de coopérer sans que leurs adversaires comprennent. Ce langage non verbal est une caractéristique unique de l’Aluette, rendant le jeu particulièrement complexe et stimulant

Les cartes elles-mêmes ont des noms distinctifs et symboliques. Par exemple, le 2 de coupe est appelé « la Vache », d'où le surnom du jeu.  Le jeu comporte aussi d'autres cartes-clés, comme le Roi et le Chevalier, qui ont des rôles spécifiques dans la stratégie de jeu. Le joueur qui possède la Vache a un pouvoir particulier sur la partie, ce qui fait de cette carte une pièce maîtresse autour de laquelle les stratégies s’organisent.


L'Aluette, qui a su préserver sa singularité, reste un témoignage de l'héritage culturel de l'ouest de la France. Ses règles, son système de communication par signes et son esprit compétitif en font un jeu unique et exigeant, valorisant la ruse et la coopération. Aujourd’hui, même s’il est peu connu en dehors de ses régions d'origine, le jeu de l’Aluette continue d’être pratiqué et suscite l’intérêt des passionnés de jeux traditionnels, soucieux de préserver et de transmettre ce patrimoine culturel distinctif




Règles du jeu


    La règle du jeu est disponible en suivant ce lien

    Sources


    http://www.aluette.net/
    https://entrepornicetnoirmoutier.fr/apprendre-a-jouer-a-laluette-ou-a-la-vache-comme-on-dit-chez-nous/
    Jeux et stratégie N° 4, 1980


    Immersion dans la vie des voyageurs du 19e siècle : A pied, en diligence et chemins de fer

     Même s'ils ne se déplaçaient pas aussi facilement et aussi souvent que nous, nos ancêtres de déplaçaient quand même en certaines occasion. Bien sur, il y avait les trajets quotidiens entre le domicile et le lieu de travail, le plus souvent effectué à pied dans les campagnes. En ville, les tramway hippomobiles facilitaient les déplacements. 


    Les jours de marché, les paysans rejoignaient le village  à pied, avec une petite charrette à bras, ou des paniers pour ceux ayant le moins de choses à vendre, ou dans une carriole,  tirée par des bœufs, des chevaux, voire des chiens, en fonction de la quantité de marchandises à vendre. Le marché était bruyant des cris d'animaux aux milieu clameurs des chalands, et riche d'odeurs en tout genre. Une fois celui-ci terminé, un long nettoyage était nécessaire, plus encore que celui qui prévaut de nos jours, car en plus des cageots usagés qui pouvaient rester, il fallait se nettoyer paille, crottins et autres bouses

    Une noce en procession à Parigné l'Evêque, Sarthe
    passe devant la gendarmerie
    Début XXe siècle
    Collection personnelle

    Bien entendu nos aïeuls devaient se déplacer pour d'autres occasions. Une noce par exemple traversait le village ou la ville en un long cortège piétonnier.  Pas de  concert de klaxon à l'époque, mais des musiciens marchant en te de colonne, allant de la mairie à l'église, puis de l'église au lieu de festivité, prairie ou salle de bal, selon les endroits et les dispositions prises pour le mariage.










    Il arrivait aussi que nos aïeux déménagent. C'était assez  souvent près de chez eux. Qu'on se souvienne de l'âne de Jean de Florette , tirant une carriole par exemple. Une simple charrette à bras était souvent suffisante pour transporter les biens de la famille. Une charrette plus grande, tirée par des bœufs pouvait aussi être utilisée. Les paysans n'en manquaient pas. La famille cheminait à pieds à ses côtés.



    Certaines personne avaient la nécessité de voyager plus loin que les quelques kilomètres du voisinage, que ce soit pour des besoins professionnels, ou plus rarement pour l'agrément. Il y eu toujours des commerçant ambulants qui, tels notre colporteur évoqué il y a quelque jours, usait ses souliers sur les chemins de sa tournée. Mais il y ru aussi de nombreux marchands ambulants plus aisés, voyageant avec de grandes quantité de marchandises en chariots ou en barges sur les fleuves. Puis apparurent les voyageurs de commerce, qui se déplaçaient pour le compte de leur entreprise, représentant en tissus ou en boissons, se déplaçant à travers un département ou dans tout le pays. Ils côtoyaient sur leurs chemins tout un monde de personnes qui se rendaient ici où là pour leurs affaires, avocats allant plaider, député se rendant à la chambre, ou encore grande dame quittant la ville pour la campagne. Les plus aisés pouvaient voyager en voitures individuelles. Mais le plus grand nombre empruntaient les diligences qui sillonnaient les routes poussiéreuses en été, bouseuses en hiver, qui quadrillaient le monde d'alors. Les voyages étaient long, fatigants, et pouvaient se révéler dangereux. Ils étaient d'autant plus inconfortables que les fenêtres ne fermaient que pas des rideaux et n'offraient qu'une protection relative contre les intempéries. Il fallait cohabiter avec les autres passagers parfois pendant plusieurs jours. Le voyage Paris Marseille, à titre d'exemple, durait 112 heures en diligence, en 1814. 
    La diligence était un véhicule à quatre roues : deux petites à l'avant et
    deux plus grandes à l'arrière.Ces roues consistaient en un moyeu fabriqué en orme,
    des rayons en chêne résistant et la jante était en noyer.
    À l'avant se trouvait la boîte du conducteur, où se trouvait son siège.



    Les voyageurs devaient passer leurs nuits dans les relais de postes situés sur le trajet, où ils pouvaient de plus prendre leurs repas, composé d'une soupe, de viande, de fromage et de pain arrosé de cidre ou de vin, et qui permettaient le changement des chevaux de l'attelage. Des systèmes de relais de poste existaient dans toute l'Europe, en Chine, aux Etats Unis (les plus connus grâce aux westerns)

    Mais au cours du XIXe siècle le chemin de fer fit son apparition, réduisant les temps de trajet et sonnant le glas des transports hippomobiles longue distance. Le trajet Paris Marseille est alors passé à 14 heures en 1893, soit 8 fois moins longtemps qu'en diligence. Les derniers relais de poste ont été fermés dans les années 1870, tout au moins pour le service des chevaux.


    Un train au XIXe siècle

    Nous pouvons imaginer le trajet de Théodore Jules LAFFEZ, en 1876:

    5 ou 6 heures de train pour faire le trajet Lille Paris gare du nord
    1 heure ou un peu plus pour changer de gare et rejoindre la gare Montparnasse, en tramway hippomobile
    6 à 7 heures de pus pour aller de Montparnasse à Rennes
    et enfin 2 ou 3 heures pour rallier Vannes

    Un périple de 14 à 17 heures. Et encore. Il y avait peut être en plus de l'attente aux correpondances.

    Toute une aventure!


    Hygiène

    La dame de Brassempouy



    La dame de Brassempouy, une petite statuette en ivoire de 36,5 mm de haut, datant de 25 000 ans environ, nous montre que dès cette époque et sans doute même avant, les humains avaient l'habitude de soigner leurs chevelures. Il n'existe aucune preuve qu'ils aient pratiqué ou non une quelconque forme de toilette. 

    Plus proche de nous, la civilisation romaine avait pour mot d'ordre "propreté". Que ce soit à Rome ou dans le plus petit établissement colonial, il existait des établissements de bains, des thermes chauffés dans les pus grandes villes, et des établissements de foulons (ce type d'établissement est attesté en Mésopotamie et en Egypte ancienne) , où les fouloniers lavaient le linge. 
    Ces établissements publics, ancêtres des lavomatics et des pressings modernes n'avaient cependant pas très bonne réputation de propreté. 
                     En effet, le détergent utilisé était l'urine, humaine ou animale (cela restera ainsi jusqu'à l'invention du savon) et la technique de lavage consistait à fouler au pied le linge afin de le "secouer" comme le font les machines à laver moderne, entraînant un mépris certain des populations envers les fouloniers, mais en contrepartie, la profession était lucrative)
    Au moyen âge eut lieu un recul certain dans l’hygiène corporelle et vestimentaire. Se laver est en effet Immoral. mauvais pour la santé. Par exemple, Saint Jérôme considérait le bain quotidien comme une une pratique de débauchés. Les moines ne se lavaient que deux fois dans l'année, et pouvaient laver leur froc toutes les deux semaines. Les laïcs, moins stricts, pouvaient pour certains, prendre un bain hebdomadaire. Ceci jusqu'à ce que la pratique se perde et que dans certaines régions d'Europe, certaines personnes ne se lavent plus du tout, à part parfois les mains avant de manger  pour les plus "sophistiqués", et encore, lorsqu'elles sont noires de crasse.

    Bains romains


    Bain médiéval
    Cependant, il y avait encore des bains publics, dont le développement dataient des croisades, ceux-ci ayant ramené  cette pratique avec de nombreuses autres idées en terres Chrétiennes.  A travers l’Europe occidentale, les bains devinrent des lieux de rencontres, des sortes de clubs. Le personnel s'occupait de masser les clients, de le coiffer. On reconnait les hammams orientaux. Parfois même des ménestrels  y donnaient des leçons de chants.
    Puis certains facteurs, comme l'augmentation des prix du bois de chauffage, la crainte des épidémies, ou les accusations d'immoralité de la part de l'église (les bains étaient mixtes) provoquèrent un nouveau déclin, et finalement leur disparition. L'institution perdura cependant dans les campagnes où les paysans se cramponnèrent à leurs bains et à la propreté, non pas par soucis d'hygiène (ils ne connaissaient pas) mais par pur conservatisme.
    Sans les villes, le prix du tissus ayant baissé, les citadins possédaient un peu plus de vêtements et de draps, et préféraient les laver plus souvent tout en négligeant leurs corps. A cette époque, on ne se lavait plus guère que les mains et le visage. Et encore...

    Le bain au XVIIIe siècle, habillé.
    La toilette matinale de Louis XIV consistait en quelques gouttes d'alcool parfumé versées par un valet sur le bout des doigts... Il ne s'est d’ailleurs baigné que deux fois en tout et pour tour au cours de sa vie, qui fut fort longue pour son époque (77 ans). Un livre de civilité de 1667 enjoignait aux enfants de se nettoyer le visage avec un tissu de lin, tout en leur déconseillant l'usage de l'eau. L'eau, en effet, passait pour rendre la peau plus fragile, plus sensible au froid en hiver, aux coups de soleil en été. Bref, d'être mauvaise pour la santé. 

    Les progrès de la science et de la médecine ont fait prendre conscience aux population de l’intérêt de l'hygiène corporelle et de la propreté en général. La mise en place de l'hygiène publique et privée en France aux XVIIIe  et XIXe siècles.


    Au cours du XVIIIe siècle, l'eau et le savon reprennent la place qu'ils méritent. Cependant la nudité reste inappropriée et le bain se prend en maillot de bain. Et le plus souvent, une fois par semaine.


    Il n'y a que rarement des baignoires. On se lave dans un baquet!
    Bain médiéval. Le baquet resta
    longtemps en usage, jusqu'au
    XVIIIe siècle.
    On en voit dans les westerns







    Le XIXe siècle et la révolution industrielle voient le retour de l'hygiène. Le développement rapide des USA nécessite l'implantation de nombreux hôtels dans lesquels des espaces sont dédiés à l'hygiène. Les salles de bains sont nées et se rependront lentement dans les maisons privées, puis dans les appartements au cours du XXe siècle.  

    Alfred Stevens, Femme au bain. Huile sur toile,
    vers 1867
    Musée d'Orsay












    Dans le même temps, pendant que les espaces dédiés à l'hygiène s'individualisent, passant des bains collectifs à la salle de bain individuelle et des toilettes publiques (et sans intimité) romaines aux toilettes actuelles, de nombreux produits cosmétiques font leur apparition et font désormais partie de la vie quotidienne.






    Que nous réservera l'avenir ?




    Lavabos, salles de bain, l'Hygiène moderne" 
    Alfred Choubrac 1895
    Gallica




     
    Le Sapoforme désinfecte purifie tout. Usine "Le Parfait"
    Gerbault, Henry, 1910
    Gallica



    Dents à crédit, 29 rue Lamartine, Paris
    Auteur non identifié 1870
    Gallica






    Un emprunt sous l'empire

     L’article de ce jour sera bref. Lorsque nous avons besoin d’entreprendre quelque chose, d’acheter quelque chose, il faut bien souvent trouv...