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Frère Ernest des Anges

 Frère Ernest des  Anges


Lors de la vente de la maison d’Auguste LAFFEZ et Stéphanie DELEPORTE, j’ai découverts qu’un des enfants du couple avait échappé à mes recherches. Cet enfant, Édouard Jules Joseph, était présent lors de la vente car héritier de Stéphanie DELEPORTE, au même titre que ses frères et que les enfants de son frère Victor, décédé. 


L’acte de vente nous apprend de plus qu’il était devenu religieux sous le pseudonyme “Frère Ernest des Anges”

Je parlerai de lui dans les lignes qui suivent.



Comme bien souvent en généalogie, on ne sait pas grand chose sur la petite enfance d’Édouard Jules Joseph. Né le 5 mai 1843, il fréquente l’école dirigée par les frères des écoles chrétiennes de la paroisse de la Madeleine, à Lille. Il y est remarqué pour sa “belle écriture”, sa piété, son intelligence. Cela lui permet d’occuper une place de jeune clerc dans une importante étude d’agent de change de Lille. Il est reconnu par ses patrons et collègues pour don application dans son travail.


Dans le même temps, il occupe son temps libre en participant de manière active  à la Conférence de Saint Vincent de Paul de Lille (voir encadré en fin d'article), prenant grand soin de la famille dont on lui avait confié la charge, ne manquant pas d’adjoindre des conseils de saluts aux denrées alimentaires qu’il lui apportait. 


En 1864 il demande à entrer au noviciat de Saint-Omer. Il a alors 22 ans, et fait depuis un moment fonction de coadjuteur à la direction d’une division de l’œuvre dominicale, prenant sans rechigner sur son temps libre.

Il entre donc en noviciat le 29 septembre 1864, à Saint-Omer (département du Pas de Calais), prend l’habit le 1er novembre suivant.



Il est employé pour faire la classe à la communauté de Saint-Omer à partir du 29 avril 1865. Il est alors placé à l’internat Saint Joseph de Saint-Omer où il fait son apprentissage d’enseignant. Comme ses débuts étaient satisfaisant, il lui a été confiée une “ grand-classe” à Valencienne, où il resta jusqu’en 1872.


Il exerce alors dans plusieurs écoles de la congrégation de la région (Wattrelos, Cambrai, Lille, Tourcoing) , jusqu’à ce que la direction de l’école de la communauté de Saint Druon, à Cambrai lui soit confiée, de mars 1878 à la laïcisation de cet établissement deux ans plus tard.


Il reprend ensuite l’enseignement dans les premières classes, à Lille, Douai, Tourcoing.


C’est en 1904, âgé de 61 ans, qu’il peut enfin prendre un repos mérité. Il rejoint la communauté des anciens à Annapes. Mais là encore il donne de son temps pour venir à l’aide de prêtres de diverses paroisses des alentours pour la préparation des enfants à la communion. 


Mais en 1914 la communauté doit abandonner son établissement. Annapes est en effet occupée par les Allemands, et ne sera libérée qu’en 1918, par les Anglais.


Frère Ernest des Anges est quand à lui envoyé à Saint-Omer, où il continue à travailler avec les forces qui lui restent. Il souffre de rhumatismes et d’asthme et autres infirmités dues à l’âge,  mais cela ne l’empêche pas, lorsque la maladie lui laisse un peu de répit, de chanter d’une “ belle et forte voix”, ou encore de converser  pieusement et avec gaîté, avec ses frères lors des récréations.


C’est une crise d’asthme, plus forte que les autres, qui l’emporte dans la nuit du 16 au 17 août 1916, après avoir reçu les Saints Sacrements de  l'un des Pères Carmes belges, réfugiés dans la communauté





  

La société Saint Vincent de Paul a été créée à Paris en  1833 par un groupe de bénévoles catholiques, dont Bienheureux Frédéric Ozanam. Cette association est toujours en activité, est déclarée d’utilité publique et présente dans plus de 150 pays.

Elle a pour objectif d'aider les
pauvres afin de soulager leurs souffrances et de promouvoir
leur dignité et leur intégrité humaines.

Elle participe à l’aide humanitaire partout dans le monde, lors de catastrophes naturelles, ou dans des zones de guerre. 

Au niveau local, elle est organisée en associations locales, en conférences, et apporte son aide au plus démunis. 

Le conseil général international de la SSVP a déposé la plupart
de son fonds d'archives aux Archives nationales sous la cote 31
AS .
  




  La congrégation des Frères des Écoles chrétiennes ou
Lasallien sa été  fondée en 1680  par saint Jean-Baptiste de La Salle, à Reims.

Elle  est destinée  à l'enseignement aux  jeunes, et plus particulièrement aux  plus défavorisés.
Ils portaient une soutane noire, non boutonnée, avec un large rabat blanc. Ils portaient par dessus un vaste manteau à manches flottantes, source de leur surnom familier de frère quatre bras. Et pour se couvrir, ils disposaient d’un grand tricorne. 

La congrégation accueille aussi des frères servants, dont le rôle n’est pas l’enseignement. Ils portent le même habit, mais couleur brune.

Le concile Vatican 2 (1962-1965) les dispensa de cet habit.
  



Sources


Le CV et la notice nécrologique m’ont été gracieusement transmis par les archives Lassaliennes. Je les en remercie

Wikipedia:



 



La maison d'Auguste Joseph LAFFEZ

Je remercie tout particulièrement l’entraide généalogique, Fil d’Ariane, sans qui je n’aurais jamais eu connaissance des informations qui suivent.

 Grace à son aide précieuse j’ai pris connaissance de l’achat d’un terrain par Auguste Joseph LAFFEZ, puis de la vente du terrain et de la maison qu’il y a bâtit. L’acte de vente m’a de plus permis de glaner quelques informations complémentaires sur la famille d’Auguste et de faire connaissance avec un  de ses enfants, sur lequel je reviendrai dans un futur article.

L’arbre ci-contre, présentant la lignée LAFFEZ de père en fils depuis le plus lointain ancêtre connu, à savoir Jean Baptiste, jusqu’à mon Grand-Père Gabriel permet de repérer la place d’Auguste, dont je parle ici.




Nous sommes en 1863, le seize septembre. Auguste et son épouse Stéphanie Deleporte, mariés depuis 1831, font l’acquisition d’un terrain  de 77 mètres carré dans le quartier de Wazemmes, rue Colbert, à Lille (rue qui s’appelait précédemment rue Notre Dame.) Wazemmes est alors un nouveau quartier de Lille, dont l’origine est  l’intégration en 1858 de l’ancienne commune de Wazemmes. La rue elle même est récente.
Lui est peintre en bâtiment, elle est dentellière. Il semble qu’Auguste soit le premier de mes ancêtres en ligne agnatique a exercer une profession artisanale à son propre compte. Depuis leur mariage, Stéphanie et lui on économisé suffisamment pour pouvoir acheter ce terrain sur lequel ils vont bâtir une maison, sur leurs propres deniers comme indiqué dans l’acte de vente, pour y mettre des locataires. Le terrain n’est pas grand, plus ou moins 5 mètres sur un côté par 14 mètres sur l’autre. Aussi la maison comportera-t-elle plusieurs étages.

Le vendeur est un négociant de Bordeaux, M. Léon Fortuné Beaucourt, qui n’est pas présent mais  représenté par M. Georges Alexis Joseph Dubreuq.




COTE 4 Q 41/1243, Archives départementales du Nord,  7 pages photographiées par Le Fil d'Ariane
Acte passé lors de l'achat (Il s'agit de la copie de l'enregistrement)














Auguste construit alors une maison qui porte le numéro 146 dans la rue Colbert. Cette maison, construite sur un terrain étroit, possède cinq étages et est à usage de rentier.

 Autrement dit elle est occupée et les occupants payent des loyers. Il est d’ailleurs précisé dans l’acte de vente qu’à compter du jour où il a été rédigé et signé, le nouveau propriétaire, M. Théodore WAG, a la jouissance des loyers.

La vente a lieu le 28 novembre 1882. Auguste a alors 71 ans et habite rue de la monnaie, à Lille. Stéphanie est décédée en 1876. Mais Auguste n’est pas seul vendeur. Ses enfants, et même un se ses petits fils, sont aussi vendeurs, car co-propriétaires du bien.

Il y a la, accompagnant Auguste LAFFEZ, propriétaire, selon la citation du document:

Alfred (appelé “Henri” par erreur  dans la liste des présents) LAFFEZ, son petit fils mineur, qui demeure avec lui “de droit” et dont il est le tuteur légal. Il s’agit là d’une erreur, soit du notaire, soit de transcription. En effet, plus loin, le petit fils d’Auguste est bien appelé Alfred, et son père, Victor, est cité lui aussi,  mentionné comme étant décédé. J’ai déjà écrit plusieurs articles à son sujet. Alfred, mineur en 1882 (il a alors 20 ans), est de la classe 1882 et partira à l’armée en 1883, fera campagne en Tunisie de  1884 à 1887, se rendra coupable de multiples larcins et sera relégué au bagne de Cayenne où il décédera en 1901 de maladie .  (Il n’y a pas d’enfant de Victor nommé Henri. Aucun doute n’est possible. L’acte de vente mentionne en effet Victor et ses deux enfants un peu plus loin.)


Henri LAFFEZ (notre ascendant), peintre et vitrier et sa deuxième épouse, Coralie QUINZEBILLE.

Achille LAFFEZ, décorateur en lettres, et son épouse Eugénie MONTAIGNE (Il semble y avoir ici aussi une erreur de prénom)

Édouard LAFFEZ, dont j’ai appris l’existence grâce à cet acte de vente, et dont il est spécifié qu’il est frère des écoles chrétiennes sous le nom de Frère Ernest des Anges. Il fera l’objet d’un prochain article.

Alfred LAFFEZ, peintre et vitrier, et son épouse Pauline MEURISSE, qui décédera l’année suivante.

Louise LAFFEZ, qui est  la fille de Victor, âgée de 22 ans

Ils ont   hérité d’une part de la maison au décès de Stéphanie, car elle et Auguste étaient mariés sans contrat de mariage, donc en communauté de biens réduite aux acquêts. Il est précisé que les enfants ont hérité de 1/5 des parts de Stéphanie, et que les parts des petits-enfants, Alfred et Louise, sont de 1/10.



cote 4 Q 42/2212, Archives départementales du Nord,  8 pages, photographiées par le Fil d’Ariane
Acte passé lors de la vente (copie de l'enregistrement)











En plus des informations relatives à la vente et à l’historique du terrain, l’acte de vente nous apportes quelques informations supplémentaires sur la famille. Ainsi, Madame LAFFEZ Henri (Coralie Quinzebille), qui ne sait pas écrire ni signer, et Madame LAFFEZ Achille (Eugénie MONTAIGNE), qui souffre de cécité, ne peuvent signer l’acte de vente. 


La rue Colbert, à Lille, au début du XXème siècle





Il y a une maison au 146 rue Colbert à Lille, qui pourrait être celle bâtie par Auguste, sous réserve évidement que la rue n’ai pas été renumérotée ou le bâtiment reconstruit ! 









Notes et pistes:



Les deux documents qui m’ont permis d’écrire et article sont les double des actes notariés transmis au centre des impôts concernant des individus ayant acquis et vendus des biens.

Ils apportent des pistes de recherches complémentaires, voire des interrogations.

Il sera intéressant d’accéder à la succession de Stéphanie Deleporte, pour vérifier s’il n’y a pas d’autres bien, puis à celle d’Auguste pour brosser un tableau plus complet des biens du couple.

L’épouse d’Achille LAFFEZ est nommée ici Eugénie. Ce n’est pas le prénom qui est noté dans mes informations, mais Rosalie Augustine. Il me faudra donc vérifier cela.

Enfin, l’acte de vente mentionne Édouard LAFFEZ, devenu religieux. J’ai pu obtenir quelques informations à son sujet, qui feront l’objet d’un article actuellement en cours de préparation.




Sources:



Acquisition du couple LAFFEZ -DELEPORTE LE 16/9/1863 COTE 4 Q 41/1243, Archives départementales du Nord, 7 pages photographiées par Le Fil d'Ariane

Vente par Auguste LAFFEZ et des enfants le 28/11/1882
cote 4 Q 42/2212, Archives départementales du Nord, 8 pages, photographiées par le Fil d’Ariane


Petit portrait de Challes

 

Entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe, Challes, village proche de Parigné l'Evêque et du Mans, dans la Sarthe était un exemple typique des petites communautés rurales qui parsemaient la France de cette époque.
L'agriculture dominait l'activité économique, comme presque partout ailleurs, mais une activité artisanale
La tannerie de Challes

le complétait. La tannerie de Challes en est un exemple. Notre aïeul Auguste Roncin y travailla un temps. Les tanneries étaient des établissements indispensables à cette époque où l'usage du cuir était omniprésent dans la vie quotidienne. 

L’exploitation de la tannerie employait de nombreux ouvriers qualifiés dans les différentes étapes du traitement des peaux animales, transformant celles-ci en cuir destiné à l'industrie manufacturière et militaire. En l'absence de mécanisation avancée comme on la connaît aujourd'hui, le travail y était ardu et nécessitait une main-d'œuvre importante. Le cuir  produit trouvait des débouchés dans divers secteurs, comme la sellerie, la bourrellerie, la maroquinerie et l'équipement militaire.

Comme toutes les industries du pays,  la tannerie de Challes prit certainement sa part à   l’effort de guerre lors de la Première Guerre mondiale, en fournissant les cuirs nécessaires aux équipements des chevaux et au brelage des soldats.  En effet, à partir de 1914, avec la mobilisation générale et les besoins croissants en matière d'équipement militaire, la tannerie et les autres ateliers similaires ont intensifié leur production pour soutenir le front. 


Pendant ce temps, les jeunes hommes du la commune se retrouvèrent au front. Un certain nombre fut mobilisé dans le 117ème régiment d'infanterie, comme Paul LAFFEZ, mon arrière grand père, qui était de Parigné l'Evêque, tout à côté de Challes. Certain n'en revinrent pas, comme Modeste Roncin, un cousin de la famille, qui est mort en héros en 1916, et avait rejoin le régiment le même jour que Paul. Sa mémoire, comme celle de nombreux autres jeunes soldats de Challes tombés pendant la guerre, reste vivante dans les souvenirs de la communauté. La perte de tant de jeunes ( 45 noms sont gravés sur le monument commémoratif des morts de la première guerre mondiale, pour une population de 1117 habitants en 1911, et on ne parle même pas des blessés)  a eu un impact considérable sur la commune, laissant des familles endeuillées et une main-d’œuvre diminuée, tout en imposant une réalité difficile à la vie quotidienne de ceux restés au village.

En dépit des vicissitudes de la guerre et des transformations progressives des métiers artisanaux, Challes a réussi à préserver une partie de son identité et de ses traditions. Le village illustrait bien les défis et la résilience de nombreuses communautés rurales en France, face aux évolutions industrielles, aux conflits mondiaux et aux transitions économiques

Immersion dans la vie des voyageurs du 19e siècle : A pied, en diligence et chemins de fer

 Même s'ils ne se déplaçaient pas aussi facilement et aussi souvent que nous, nos ancêtres de déplaçaient quand même en certaines occasion. Bien sur, il y avait les trajets quotidiens entre le domicile et le lieu de travail, le plus souvent effectué à pied dans les campagnes. En ville, les tramway hippomobiles facilitaient les déplacements. 


Les jours de marché, les paysans rejoignaient le village  à pied, avec une petite charrette à bras, ou des paniers pour ceux ayant le moins de choses à vendre, ou dans une carriole,  tirée par des bœufs, des chevaux, voire des chiens, en fonction de la quantité de marchandises à vendre. Le marché était bruyant des cris d'animaux aux milieu clameurs des chalands, et riche d'odeurs en tout genre. Une fois celui-ci terminé, un long nettoyage était nécessaire, plus encore que celui qui prévaut de nos jours, car en plus des cageots usagés qui pouvaient rester, il fallait se nettoyer paille, crottins et autres bouses

Une noce en procession à Parigné l'Evêque, Sarthe
passe devant la gendarmerie
Début XXe siècle
Collection personnelle

Bien entendu nos aïeuls devaient se déplacer pour d'autres occasions. Une noce par exemple traversait le village ou la ville en un long cortège piétonnier.  Pas de  concert de klaxon à l'époque, mais des musiciens marchant en te de colonne, allant de la mairie à l'église, puis de l'église au lieu de festivité, prairie ou salle de bal, selon les endroits et les dispositions prises pour le mariage.










Il arrivait aussi que nos aïeux déménagent. C'était assez  souvent près de chez eux. Qu'on se souvienne de l'âne de Jean de Florette , tirant une carriole par exemple. Une simple charrette à bras était souvent suffisante pour transporter les biens de la famille. Une charrette plus grande, tirée par des bœufs pouvait aussi être utilisée. Les paysans n'en manquaient pas. La famille cheminait à pieds à ses côtés.



Certaines personne avaient la nécessité de voyager plus loin que les quelques kilomètres du voisinage, que ce soit pour des besoins professionnels, ou plus rarement pour l'agrément. Il y eu toujours des commerçant ambulants qui, tels notre colporteur évoqué il y a quelque jours, usait ses souliers sur les chemins de sa tournée. Mais il y ru aussi de nombreux marchands ambulants plus aisés, voyageant avec de grandes quantité de marchandises en chariots ou en barges sur les fleuves. Puis apparurent les voyageurs de commerce, qui se déplaçaient pour le compte de leur entreprise, représentant en tissus ou en boissons, se déplaçant à travers un département ou dans tout le pays. Ils côtoyaient sur leurs chemins tout un monde de personnes qui se rendaient ici où là pour leurs affaires, avocats allant plaider, député se rendant à la chambre, ou encore grande dame quittant la ville pour la campagne. Les plus aisés pouvaient voyager en voitures individuelles. Mais le plus grand nombre empruntaient les diligences qui sillonnaient les routes poussiéreuses en été, bouseuses en hiver, qui quadrillaient le monde d'alors. Les voyages étaient long, fatigants, et pouvaient se révéler dangereux. Ils étaient d'autant plus inconfortables que les fenêtres ne fermaient que pas des rideaux et n'offraient qu'une protection relative contre les intempéries. Il fallait cohabiter avec les autres passagers parfois pendant plusieurs jours. Le voyage Paris Marseille, à titre d'exemple, durait 112 heures en diligence, en 1814. 
La diligence était un véhicule à quatre roues : deux petites à l'avant et
deux plus grandes à l'arrière.Ces roues consistaient en un moyeu fabriqué en orme,
des rayons en chêne résistant et la jante était en noyer.
À l'avant se trouvait la boîte du conducteur, où se trouvait son siège.



Les voyageurs devaient passer leurs nuits dans les relais de postes situés sur le trajet, où ils pouvaient de plus prendre leurs repas, composé d'une soupe, de viande, de fromage et de pain arrosé de cidre ou de vin, et qui permettaient le changement des chevaux de l'attelage. Des systèmes de relais de poste existaient dans toute l'Europe, en Chine, aux Etats Unis (les plus connus grâce aux westerns)

Mais au cours du XIXe siècle le chemin de fer fit son apparition, réduisant les temps de trajet et sonnant le glas des transports hippomobiles longue distance. Le trajet Paris Marseille est alors passé à 14 heures en 1893, soit 8 fois moins longtemps qu'en diligence. Les derniers relais de poste ont été fermés dans les années 1870, tout au moins pour le service des chevaux.


Un train au XIXe siècle

Nous pouvons imaginer le trajet de Théodore Jules LAFFEZ, en 1876:

5 ou 6 heures de train pour faire le trajet Lille Paris gare du nord
1 heure ou un peu plus pour changer de gare et rejoindre la gare Montparnasse, en tramway hippomobile
6 à 7 heures de pus pour aller de Montparnasse à Rennes
et enfin 2 ou 3 heures pour rallier Vannes

Un périple de 14 à 17 heures. Et encore. Il y avait peut être en plus de l'attente aux correpondances.

Toute une aventure!


Belgique

Il n'est bien évidemment pas question ici de raconter l'histoire de la Belgique ou de décrire sa géographie. Mon propos est de présenter quelques membres de la famille qui ont des attaches avec la Belgique. 


Alexandre Gaspard Joseph LAFFEZ

Acte de naissance d'Alexandre LAFFEZ
Lille 25 juillet 1804


Alexandre  Gaspad,  deuxième enfant de Josse Alexandre (soza 128) et Marie Anne Thérèse DUBAR, est né le 25 juillet 1804 à Lille, c'est à dire le 6 thermidor an XII selon le  calendrier républicain alors en vigueur

Son père, Josse, est alors âgé de 26 ans, exerce la profession de tisseur de coton et habite rue des tours. Cette rue, toujours existante, est une voie secondaire de Lille. Des  d’hôtels particuliers et des maisons du XVIIe siècle la composent en grande partie. La maison qu'habitaient Josse et sa famille est peut-être encore là, mais comme le numéro de la maison n'est pas précisé, et que lors des naissances des autres enfants de Josse, la famille n'habite plus là, nous ne le saurons sans doute jamais.

Josse et Marie auront 5 enfants:

  1. Henri Joseph, né en 1800, qui se mariera avec Isabelle PREUD'HOMME en 1831
  2. Alexandre Gaspard, dont il est question ici
  3. Angélique Charlotte, née en 1806
  4. Ludivine Augustine, née en 1808
  5. Auguste Joseph, né en 1810, qui se mariera en 1831 avec Stéphanie DELEPORTE, décédera en 1884 à l'âge de 74 ans et dont je descend
Lorsque naissent les deux premiers enfants, Josse était tisserand, mais à la naissance des enfants suivants, il est journalier.
Lorsqu'il meurt, en 1817, Josse est charbonnier. Il laisse des enfants âgés de 7 à 17 ans.  Auguste, le plus jeune a 7 ans. Gaspard, pour sa part en a 13.


Nous retrouvons Alexandre quelques années plus tard à Liège lors de son mariage avec Sophie Joseph DUCATE, le 16 janvier 1845. Il est alors colporteur et toujours domicilié à Lille. L'acte de mariage indique pour lieu de résidence "cette ville" c'est à dire Liège (sinon pourquoi le mariage aurait-il lieu là ?)  Les bans ont été publiés en "cette ville" ainsi qu'à Lille et Armentières.
Son épouse pour sa part est native d’Armentières et est elle aussi colporteuse.

Je reviendrai demain sur ce métier.


Acte de mariage d'Alexandre Gaspard LAFFEZ





Acte de mariage d'Alexandre Gaspard LAFFEZ
(suite)











Je n'ai pas trouvé d'enfant né à Liège entre le mariage et 1850, ni à Armentières, ni à Lille, mais cela ne veut pas dire que le couple n'ai pas eu de descendance. Je continue à chercher.

Alexandre décède à Bruxelles le 1er janvier 1877.


Victor Lucien LAFFEZ


Victor Lucien est le deuxième des cinq enfants de  d'Alexandre Joseph (Soza 64) et Stéphanie DELEPORTE


Né le 14 novembre 1834, il est encore jeune lorsque la mort frappe sa petite sœur, Sophie Hermance, en 1841. 

Il se marie le 5 décembre 1859 à Lille avec Marie Adélaïde DESTOP, née en Belgique, à Waeken
Lui est peintre en bâtiment, elle est fileuse de lin.
Je leur connais deux enfants, Louise Marie, née en 2860, et Alfred Victor, qui décédera en Guyane et  qui a fait l'objet de plusieurs articles (voir ici)

Acte de Mariage de Victor Lucien LAFFEZ


Victor Lucien décède en 1866, à l'âge de 31 ans.


Ascendance de Jean SPRIET (Soza 1058)

Jean SPRIET est né vers 1652 quelque part entre Roubaix (où son père est né) et Lannoy, où il réside au moment de son mariage (le 10 février 1676 à Roubaix).  Il est l'arrière arrière arrière grand père d'Eugénie Francomme, la grand mère de Théodore Jules LAFFEZ dont j'ai déjà parlé ici

L'ascendance de Jean SPRIET, disponible sur Geneanet, est très fournie et nous mènera plusieurs siècles dans le passé, jusqu'au XIV ème siècle, et pour certaines branches en Belgique, avant la Belgique. Ces informations sont récentes pour moi. Je suis en train de les étudier et j'en reparlerai dans le futur.

A suivre donc..

Sources:


Acte de naissance d'Alexandre LAFFEZ:     AD 59 5Mi 044 R 127 vue 586
Acte de mariage d'Alexandre Gaspard LAFFEZ: Archives du Royaume de Belgique, 1er résultat de la recherche, vues 541 et 542
Mariage de Victor Lucien LAFFEZ : AD 59 5 Mi 044 R 225 vue 282
Décès de Victor Lucien LAFFEZ : AD 59 5 Mi 044 R 315 vue 299

Union



L'acte de mariage est le plus riche de renseignements que l'on puisse obtenir parmi les actes de l'état civil ou les actes de catholicité
Pour l'état civil on trouvera bien entendu les informations concernant les époux, avec leurs dates  et lieux de naissance, ainsi que les informations concernant leurs parents. On a parfois même mention des grands parents. 
Les témoins donnent d'autres renseignements car s'ils sont de la famille cela sera mentionné
Enfin s'il y a un contrat de mariage, ou d'autres documents nécessaires au mariage, ils seront mentionnés.

Prenons à titre d'exemple l'acte de mariage de Théodore Jules LAFFEZ et Marie Yvonne ROBINARD, mes sozas 16 et 17, du 6 avril 1880 à Vannes:




Cet acte fourmille de renseignements:

A propos du marié:

Théodore Jules LAFFEZ, né le 25 mars 1858 à Lille est majeur. La liste des renseignements fournis est conséquente:
  1. Théodore est soldat musicien au 35e régiment d'artillerie
  2. Son père est Henri Auguste LAFFEZ, domicilié à Lille
  3. Son père est maitre peintre. 
  4. Son père est encore vivant
  5. Son père lui  a donné l'autorisation de se marier, par acte notarié. L'acte notarié n'a pas été conservé, mais on a avec cette mention le nom d'un notaire qui était probablement le notaire de la famille
  6. Sa mère est Eugénie Henriette FRANCOMME
  7. Elle était ménagère.
  8. Elle est décédée à Lille le 26  juillet 1862
  9. Le conseil d'administration du régiment lui a accordé une autorisation pour se marier.


Marie Yvonne ROBINARD, née à Vannes le 27 mai 1862 est mineure. Les renseignements fournis sont les suivants:

  1. Elle est blanchisseuse
  2. Son père est Jean Marie ROBINARD, charretier décédé à Saint Nollf
  3. Sa mère est Angélique BREHELIN, qui est elle aussi blanchisseuse, est présente et consentante

Les témoins sont dans ce cas des amis du couple, pas des membres de la famille.




Source:  AD 56  4E_260_376   Mariages Vannes 1880 

Signes de piste

J'ai découvert il y a peu un site consacré à la généalogie et à l'histoire dans l'étendue de la châtellenie de Lille ( Chatellenie de Lille )   que je vous invite à visiter, c'est une mine d'or, même pour qui n'a pas d'ancêtre par là bas, qui est entièrement gratuite, met à disposition une revue numérique très intéressante, etc.)

Ayant un blocage concernant Jean Baptiste Laffez, plus ancien ancêtre dans la lignée agnatique (soza 1024) dont j'ai déjà parlé  dans de précédents articles ( Registre d'écouage), Nos impressions sont parfois trompeuses et Une prononciation modifiée ) j'ai écrit à  Christophe YERNAUX  propriétaire du site ) afin de lui poser quelques questions pour trouver d'éventuelles pistes.

Il m'a tout d'abord dit que le patronyme Laffez, quelle que soit son orthographe, n'est pas du Nord, ni de Belgique ou de Hollande.

Il m'a suggéré de consulter les tables des actes notariés disponibles en ligne sur le Site des AD du Nord, sur lequel il avait  repéré deux "candidats possibles"

Grace à l'aide de Francine DEGUEHEGNY de l'entraide généalogique (Fil d'Arianne) j'ai pu obtenir un scan du premier acte passé par un monsieur Lafaye en 1676.

Son nom est orthographié Lafay dans l'acte mais lui signe Lafaye Lieutenant réformé

L'acte est difficile à lire et je n'ai pas encore eu le temps de le décrypter. Je dois avouer que ma première réaction a été de penser que cela ne concernait pas notre famille, d'autant plus que parmi les différentes orthographes que j'avais vues et retenues, il y avait bien LAFAY mais pas LAFAYE

Mais le lendemain est arrivée une alerte Familly Seach dans laquelle figurait le nom LAFAYE associé au nom Vilain. (Je rappelle que l'épouse de Jean Baptiste LAFFEZ était Marie Hélène VILAIN)

En regardant le document, j'ai constaté qu'il s'agissait de l'acte de mariage d'une des filles de Jean Baptiste Laffez et Marie Hélène Vilain. Et dans cet acte, notre nom est orthographié LAFAYE !

Ce qui ravive ma curiosité et mon intérêt pour le premier document cité, que je chercherai à lire et comprendre le plus rapidement possible. Même si la date, 1676, n'est pas compatible avec Jean-Baptiste, né vers 1671, il pourrait s'agir de son père, d'un oncle, ou tout autre personne de la famille. Cela reste du domaine du possible


Revenons à cet acte de mariage pour découvrir les indices qu'il recèle et suivre les pistes qu'il dévoile

L'acte de mariage de François SANSE et Françoise LAFAYE
Lille Saint Etienne 26 juillet 17663


Tout d'abord le plus simple:

Marie Helene Vilain est de la Paroisse Sainte Marie Magdeleine à Lille, et j'ai effectivement trouvé son acte de baptême et donc ses parents.

Marie Hélène est baptisée en l'église de Lille La Magdeleine le 20 janvier 1685, née du jour ou de la veille. Ses parents sont  François VILAIN et Marie ENAQUES.

Acte de baptême de Marie Hélène VILAIN



Par contre Jean Baptiste est indiqué être originaire de "Provinces"




Comment interpréter cette origine ?

Sachant que probablement Jean Baptiste n'est pas originaire de Lille (voir l'article On a quelques pistes ? qui présente le mariage célébré à Reims le 17/01/1701 entre Pierre TONDEUR et Claudine LAFFEZ. Cette dernière pourrait être une sœur ou une cousine de Jean Baptiste ?, et qui parle aussi du décès, le 6 février 1694 de Mathias LAFFE, fils de Michel LAFFE, qui est l'unique acte de catholicité que j'ai retrouvé dans les paroisses de Lille avant le baptême de Pierre LAFFEZ en 1716):

*  la ville qui vient tout de suite à l'esprit est PROVINS, en Seine et Marne.  Mais j'ai regardé dans les tables (il y en a plusieurs) et n'ai pas trouvé de baptême correspondant au patronyme LAFAYE ou toute autre variante, et ce sur une plage temporelle étendue. Je regarderai à nouveau car il y a plusieurs paroisses, et j'en ai peut être oubliée une au passage, d'une part, et certaines tables sont en ordre alphabétique des prénoms d'autre part. Mais je n'ai vu aucun patronyme qui ressemble, même de loin, à LAFFEZ, LAFAYE, etc. parmi les tables que j'ai regardées.


* Une autre ville candidate est PROVIN, proche de Lille.  Mais le plus ancien registre disponible commence en 1677 et ne permet donc pas de vérifier cette hypothèse.


* D'autres possibilités se présentent

    • Prouvais dans l'Aisne, qui est à 185 km de Lille
    • Proven en Belgique, à 56 km de Lille
    • Provency dans l'Yonne, mais 450 km, ça fait loin !
A moins que Provinces ne désigne les dix provinces qui formèrent les Pays Bas Espagnols ?

A suivre donc. Le jeu de piste continue.


Dernière précision concernant le mariage cité plus haut:


Il a lieu le 26 juillet 1763 à Lille Saint Etienne. L'époux est François SANSE, bas officier des Invalides de Paris, fils de Jacques et Ursule MILLIER, l'épouse est Françoise Joseph LAFFEZ, fille de Jean Baptiste et Marie Hélène VILAIN (J'ai normalisé le nom de famille). ils ont respectivement de 38 et 42 ans.

Les deux familles se connaissent depuis longtemps puisque le 29 août 1740 s'étaient mariés à Lille Jacques Joseph SANSE et Marie Joseph LAFFEZ, frère et sœur des précédents. Mais ceci est une autre histoire


Sources: 

AD 59 , 2E34340 acte 61 - Acte notarié du 18 novembre 1876, Lafaye, Maitre Barry Isidore, Armentières

AD 59, LILLE (ST ETIENNE)  M [1737-1766]5 Mi 044 R 062 vue 1062 Acte de mariage de François SANSE et Françoise LAFAYE

Archives Municipales de Lille, AGG 105 vue 29, acte de baptême de Marie Hélène VILAIN

Justice

Cet article décrit les derniers évènements qui ont conduit Alfred Victor LAFFEZ au bagne de Guyane

Cours d'appel de Douai, 13 mai 1895

Alfred Victor LAFFEZ comparait pour la   9ème fois devant un tribunal. Cela sera la dernière. A chaque fois, sauf la précédent où il comparaissait pour outrage, il avait comparu et été condamné pour vol. Il comparait cette fois-ci en compagnie des sieurs:
  1. LONGUEVAL henri François, 19 ans, peigneron, 
  2. DELETOMBE Augustin, 31 ans, peigneron,
  3. BOUNEMAYERS Charles, 17 ans, tailleur, de nationalité Belge.
Alfred Victor à quand à lui 33 ans et est dit être chicoretier

DELETOMBE et LAFFEZ sont assistés d'un avocat, maitre LERGEAULT, mais pas les deux autres.
Les faits qui leurs sont reprochés sont les suivants:

  1. Vol d'un jambon le 10 mars 1895
  2. Vol d'un coq et d'une poule dans la nuit du 19 au 20 mars 1895
  3. Vol d'un jambon le 17 mars 1895
  4. Vol de deux poules dans la nuit du 16 au 17 mars 1895
  5. Vol de volailles dans la nuit du 17 au 18 mars 1895
  6. Divers voles de beurre, d'œufs et d'un jambon au courant du mois de mars 1895

En outre, BOUNEMAYERS est sous le coup d'un arrêté d'expulsion.
DELETOMBE est quand à lui désigné comme meneur, les autres comme complices.

Il est aussi important de noter que tous les quatre sont des récidivistes. 


En première instance, le 26 avril 1895, ils avaient été condamnés aux peines suivantes:

    1. LONGUEVAL: 6 mois pour complicité
    2. DELETOMBE: 1 an et 1 jour pour vol
    3. BOUNEMAYERS: 15 jours pour complicité et 3 mois pour contravention à son arrêté d'expulsion
    4. LAFFEZ: 6 mois pour vol.

Ce ne fut pas une bonne idée de leur part car les peines prononcées en appel sont plus lourdes et ont des conséquences funestes pour deux d'entre eux:

  1. LONGUEVAL: 1 an et 1 jour
  2. DELETOMBE: 2 ans
  3. BOUNEMAYERS: 8 mois, plus l'expulsion qui reste d'actualité
  4. LAFFEZ: 2 ans.
Le tribunal condamne de plus DELETOMBE et LAFFEZ à la relégation à l'issue de leurs peines. Cela signifie qu'ils seront exilés aux bagnes coloniaux. L'article "bagne" décrit brièvement le passage d'Alfred Victor LAFFEZ à Saint Jean du Maroni, Guyane, où il décède le 12 mai 1900, trois ans après y être arrivé. DELETOMBE est lui aussi relégué en Guyane Française où il décédera le 12 décembre 1911.

Ci dessous, le compte rendu du procès d'appel.



        

          


Sources: Jugement de la cours d'appel de DOUAI, Archives départementales du Nord, 

Fiche matricule DELETOMBE: FR ANOM COL 3603/ b et 973, matricule 4411

Fiche matricule LAFFEZ: FR ANOM COL H 3604/b, matricule 4472 


 

Inconduite: Les déboires de Paul Marcel LAFFEZ

Fiche matricule
Paul Marcel LAFFEZ est l'un des dix enfants  de Félix Théodore, donc un cousin de mon Grand Père Gabriel. Né le 10 avril 1913 à Caen, Calvados. Il effectue son service militaire en 1933 et se marie ensuite avec Andrée Berthe LEFEVRE à Saint George des groseillers, dans l'Orne, où il élit domicile à partir de 1938, après avoir habité quelque temps à Bayeux, à Flers ou encore Alençon. Deux enfants sont nés de cette union. Ce mariage ne tient cependant pas et de termine par un divorce en raison de l'inconduite notoire de l'épouse de Paul Marcel, qui est condamnée pour de menus larcins et pour son inconduite notoire, comme en témoigne la presse de l'époque, et au moins deux procès, dont celui intenté par Paul Marcel pour divorcer. La mère d'Andrée elle même a porté plainte contre l'inconduite de sa fille alors que son beau fils se trouve en captivité en Allemagne. Le procès pour le divorce a lieu lui aussi alors que Paul Marcel est toujours prisonnier, par l'intermédiaire d'un avoué.    Le jugement est rendu  le20/04/1944 et l'épouse indélicate est condamnée à tous les tords. Il faut dire aussi qu'elle avait déjà été condamnée à de la prison ferme dans un précédent procès pour vol et "inconduite".

Journal de la Ferté Macé
14/09/1941
Paul rentre ensuite de captivité. En 1948, il habite Paris, où il décède en 1951. Son acte de décès mentionne qu'il est mort pour la France.

Il subsiste un certain nombre d'inconnues dans cette courte biographie. Si la presse mentionne que Paul Marcel a été fait prisonnier, ce qui est confirmé par le procès pour divorce où ceci est expressément mentionné, il n'y en      pas trace sur la fiche matricule qui devrait mentionner "capturé par l'ennemi"

D'autre part, le site "Mémoire des hommes" n'a pas d'enregistrement concernant Paul Marcel, bien qu'il soit mort pour la France. Est-il décédé suite à de mauvais traitements reçus en captivité ? Ou d'une maladie contractée pendant cette période ? Je ne saurai le dire, et ma demande formulée il y a maintenant plus d'un an auprès du service historique de la défense m'a renvoyé à la division des archives des victimes des conflits contemporains, qui n'a probablement pas eu le temps de traiter ma demande, que je vais reformuler dans les prochains jours, avec plus de preuves à l'appui que lors de la première fois.

Acte de décès de Paul Marcel LAFFEZ

Sources:

Archives départementales du Calvados (acte de naissance en ligne, fiche matricule en salle de lecture)
Archives départementales de l'Orne (procès pour divorce et. en salle de lecture)
Généanet (coupures de presse)



Henri Auguste LAFFEZ

Je vous avais parlé de Théodore Jules LAFFEZ dans un article que je lui avais consacré au mois d'avril 2021 et disponible ici. Aujourd'hui, je vous livre quelques informations sur son père, né et décédé à Lille, veuf d'Eugénie Francomme dont j'ai présenté la lignée agnatique il y a quelques jours.





Henri Auguste est né à Lille du mariage d'Auguste Joseph et de Stéphanie Françoise DELEPORTE. Je lui connait trois frères et une sœur, tous plus jeunes que lui. 
Lorsqu'il se marie le 11 juin 1855 (à Lille)  il exerce la profession de peintre vitrier, métier qu'il a selon toute vraisemblance apprise auprès de son père. Il transmettra d'ailleurs à ses propres enfants, Théodore, Chéri et Henri Eugène.

De son premier mariage, Henri Auguste a engendré quatre enfants:

  1. Eugénie Stéphanie Augustine, née 13/08/1856 à Lille, et décédée 4 ans plus tard, le 15/03/1860
  2. Théodore Jules, né le 25/03/1858 à Lille, qui a fait l'objet de l'article cité plus haut
  3.  Henri Auguste, né le 21/08/1860, et qui meurt quelques mois plus tard,  le 02/05/1861
  4. Léopoldine Henriette, née le 25/04/1862 et décède le 04/03/1865, toujours à Lille.

Hélas, Eugénie décède le 27/07/1862, quasiment 3 mois jour pour jour après la naissance de sa dernière fille,  à l'âge de  27 ans. Que lui est il arrivé ? Cela est impossible à dire (au moins pour le moment) mais au moment de son décès, Henri a deux enfants toujours vivants, Théodore, qui a 4 ans, et Léopoldine qui n'a que 3 mois.

C'est probablement la raison pour laquelle Henri se marie rapidement, le 12 janvier 1863, à peine 6 mois après le décès de Stéphanie, avec Coralie Ghislaine QUINZEBILLE.

Celle-ci lui donnera au moins deux fils:

  1. Chéri Henri, né le 03/12/1863 à Lille
  2. et Henri Eugène, né le 03/05/1871.

Tous les deux exerceront la profession de peintre, tout comme Théodore.

On ne peut pas savoir quelle était l'ambiance au sein de la famille. Mais on peut imaginer sans grand risque d'erreur, que la vie n'était pas facile. 
Théodore quittera le foyer pour s'engager dans l'armée le jour de ses 18 ans, pour la destinée et la descendance qu'on lui connait. Ses frères quant à eux resteront à Lille. Ceci est une autre histoire.

Henri Auguste décède à Lille le 29 novembre 1895, à l'âge de 63 ans.

Sources: 
Archives départementales du Nord.

Sur un arbre perché

 Une petite anecdote aujourd'hui, qui m'a été racontée par mon père et concerne son père.

Mon Grand Père, Paternel, Gabriel, né en 1910, avait un frère jumeau, et de ce qui m'a été raconté par ma Grand Mère Mamie Blanche, quand ils étaient jeunes, ils profitaient de leur ressemblance pour se faire passer l'un pour l'autre et faire ainsi des blagues à pas mal de gens. On m'en a racontées, que je n'ai pas notées, ce qui est idiot de ma part, car ces faits de vie sont perdus à jamais. On devrait toujours écrire ou au moins enregistrer ces petites anecdotes.

Cependant, j'ai aussi enregistré ce que mon Père m'a raconté, et je livre ici un de ces hauts faits d'armes de Gabriel mon Grand Père et Paul son frère jumeau.

Il y avait une boutique située sur la place de l'église de Parigné l'Evêque (Sarthe) qui recevait chaque jour une livraison de pain. La livraison était faite à l'aide d'une cariole tirée par un âne, dans le style de ce que l'on peut voir sur la carte postale ci-contre, qui est une vue de la place de l'église de Parigné. On ne le voit pas sur cette carte, mais le lieu est en pente, assez prononcée d'ailleurs.


Mon Grand Père et son frère eurent un jour  l'idée malicieuse de piquer l'âne  avec une aiguille ou un autre objet piquant, alors que l'attelage venait de stopper pour décharger sa cargaison. Ceci emballa illico le bourricot qui partit au galop dans la rue longeant la place de l'église, semant au passage sa cargaison comme le petit poucet semait ses petits cailloux.


Alertée, la Mère des deux garnements, Marguerite Augustine GAUTIER (Soza 9) se mit à la recherche de ses fils pour les corriger. C'était une petite femme (1m51 indiqué sur sa carte d'identité de 1941) qui ne s'en laissait pas compter Mais les deux compères, plus rapides, se réfugièrent dans un arbre où ils passèrent le restant de la journée pour éviter le courroux maternel ! 

L'histoire ne dit pas comment se termina la journée pour les deux compères.


Gabriel (à droite)  et Paul  LAFFEZ



Le contrat de mariage d'Etienne Pierre GAUTIER er Armandine Désirée Pauline BOUTTIER

Remerciement Un grand merci à Mme ARCHAMBAULT, du fil d’Ariane, qui a fait la recherche de ce document pour moi. Introduction  Je vous parle...