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What time is it ou une brève histoire du temps dans un autre temps !

Cadran solaire Égyptien


La mesure du temps est une préoccupation ancienne, nécessaire à l'organisation sociale, religieuse et
économique des sociétés antiques. Les premières références utilisées par les hommes ont été les déplacements des ombres et le cycle lunaire. Une phase lunaire dure environ 7 jours, origine de la semaine. 

Clepsydre grecque


Les Mésopotamiens, et spécialement les Babyloniens utilisaient un système de numérotation positionnel 1 à base 60 dont il nous reste des traces importantes dans le découpage des heures en minutes et des minutes en secondes, ainsi que la numération des angles en degrés (360° pour un cercle)

L'heure a une autre origine. Initialement, les Égyptiens avaient découpé la nuit en 36 décans, chacun
correspondant à l'observation d'une ou plusieurs étoiles. Ce système fut simplifié il y a 41 siècles environ, vers 2100 avant JC,  et ramené à 12 décans. La nuit fut donc divisée en 12 parties, et ce uniquement pour les Pharaons, à des fins religieuses. Ce ne fut que 6 siècles plus tard que la journée fut, elle aussi divisée en 12 parties. C'est à cette époque que le premier cadran solaire fut inventé. Il ne tenait pas compte des saisons et divisait la journée en 12 heures, quelle que soit sa durée. Ainsi les heures d'été duraient plus longtemps que les heures d'hiver, ce qui n'avait pas beaucoup d'incidence en Egypte où la différence de durée du jour ne dépasse pas 40%, contrairement à nos contrées d'Europe où la durée du jour peut varier du simple au double. 

Les Romains utilisaient eux aussi une division de la journée en 12, la journée commençant au lever du jour et se terminant au coucher du soleil. Par contre, ils divisaient la nuit en 4 vigiles, la troisième correspondant à minuit. Le Grecs, de leur côté, divisaient le jour et la nuit en chacun en douze heures. 

Clepsydre à tambour
dessin de Mauclerc
1828



C'est ce système qui fut utilisé au moyen âge. L'heure correspondante est appelée heure temporaire. 

Cependant, les astronomes et les géographes ne pouvaient pas utiliser un tels système car ils avaient besoin d'un référentiel de temps invariable pour leurs observation et ont donc utilisé un système dit équinoxial et divisant le jour (au sens actuel) en 24 heures égales. Pour obtenir la durée de cette heure de référence, ils utilisèrent la durée de l'heure temporaire du jour de l'équinoxe. A partir du XVIIIe siècle on les appela heures solaires vraies, par opposition aux heures solaires moyennes données par la montre. L'heure équinoxiale est toujours d'usage, mais elle est maintenant définie par un multiple de la seconde, la seconde étant elle même définie par une propriété de la matière (en l’occurrence du césium 133), beaucoup plus précise que les définitions initiale.

Les cadrans solaires donnent l'heure solaire vraie et sont utilisés couramment par tout ceux qui ont besoin

Le Gros horloge de Rouen
Une des plus ancienne horloge
publique d'Europe, mise en place en 1389


de connaître l'heure (par exemple les prêtres pour sonner les différents offices). Les horloges mécaniques, quant à elles, apparaissent  au XIVe siècle. Elles succèdent aux sabliers et autres clepsydres. Initialement, elles ne font que sonner les cloches, ne disposant pas de cadran. Les aiguilles apparaissent plus tard. D'abord une pour marquer les heures, puis une deuxième pour indiquer les minutes. 

C'est l'horloger John Harrison  qui invente le chronomètre portable, en 1737. C'est un objet dont le prix est élevé.

Horloge atomique

Tout cela nous permet de comprendre que le monde d'alors vit au rythme du soleil, et qu'à un instant donné, il n'est pas la même heure à Strasbourg qu'
à Brest ou Paris. Mais le paysan, qui se lève et se couche avec les poules n'en a que faire. Peu lui importe qu'il lui faille 3 ou 4 heures pour labourer son champ, ou 2 pour aller au village voisin vendre son fromage. Pour lui, le travail doit être fait tel jour. Et c'est tout. Il a une idée du temps qui passe car les cloches de l'église indiquent les différents moments de la vie relieuse. Matines, primes, laudes, etc.  sont sonnées par la cloche de l'église et sont autant d'indications pour la population. C'est le coq qui sert de réveil. Il en est de même dans les villes.

Mais une invention a bouleversé l'ordre du monde.  L’avènement du chemin de fer, et la multiplication des liaisons entre les grandes villes, a imposé d'utiliser une heure une même heure partout dans le pays, sinon il aurait été impossible d'éditer des indicateurs fiables, d'avoir des trains à l'heure, etc. Il y eu même une temps, au début, où l'heure affichée dans les gares était en avance de 5 minutes sur l'heure réelle, les trains partant eux à l'heure réelle. Pour la France, l'heure choisie fut celle du méridien de Paris, puis celle du méridien de Greenwich. Je ne parlerai pas des heures d'hiver et heures d'été, ou des accidents tels que l'heure allemande.

Note: 


1 Un système de numérotation positionnel désigne un système de numération dans lequel chaque chiffre utilisé a une valeur qui dépend de sa position, chaque position correspondant à une puissance du nombre de base, comme le système à base 10 usuel. Ainsi un nombre comme 123  est égal à 1 fois 100 plus deux fois 20 plus 3 fois 1, par opposition à un système additif où les chiffres utilisés doivent être additionnés pour connaître la valeur du nombre. Le système de chiffres romains est un système additionnel évolué (dans le sens où, par exemple, IX signifie 9, on a soustrait 1 à 10 car le I est avant le X) , dans lequel notre nombre 123 est écrit CXXIII: Il faut additionner 100 (C) 2 fois 10 (X, écrit 2 fois) et trois fois 1 (I écrit 3 fois)



Une journée avec nos ancêtres paysans

Dans les campagnes, la vie était marquée par le rythme des saisons et des tâches agricoles, le marché hebdomadaire et la messe dominicale. J'en ai déjà parlé dans de précédents articles. Des fêtes périodiques, bien souvent annuelles et presque toujours religieuses s'invitaient dans le déroulement ancestral de l'année.

Un autre tempo rythmait la vie des paysans,  celui, immuable depuis la nuit des temps, des tâches quotidiennes. 

Une journée typique reflétait une routine intense mais cohérente, où chaque moment était dicté par le travail de la terre.


Le départ pour les champs


La journée commençait bien avant l’aube. Les paysans se réveillaient au chant du coq et commençaient
par raviver ou allumer le feu pour chauffer la maison. La mère de famille préparait   un repas frugal à l'aide de ses filles lorsqu'elle en avait, de la grand mère si elle habitait avec la famille et en était encore capable,  : pain, lait, soupe, voire même cidre ou vin . Ce moment était souvent le seul de la journée, à part la veillée, où la famille se retrouvait brièvement ensemble.


Eux aussi partent travailler




Les hommes partaient travailler dans les champs. Les jeunes garçons participaient au travail très jeunes et accompagnaient leurs aînés. Equipés de leurs araires, charrues, faux et autres outils, menant leurs bêtes de trait, bœuf ou cheval,  ils labouraient, semaient, récoltaient ou entretenaient les cultures. Il arrivait souvent qu'un paysan aie à s'occuper de plusieurs parcelles. La sienne s'il était propriétaire, et d'autres qu'il pouvait avoir en fermage s'il en avait les moyens financiers. Ou bien une ou deux parcelles qu'il louait, bien évidemment éloignées les unes des autres !  Aussi un jour allai-il travailler ici avec ses garçons et ses employés, l'autre jour ailleurs. Et s'il avait fini chez lui, il pouvait aller aider d'autres paysans du village.


L’effort était constant tout au long de la journée. Seule une courte pause pour un repas  que la mère avait préparé et qu'il avait amené divisait la journée en deux parties. Ce repas lui aussi était assez frugal, souvent composé de fromage, de charcuterie , de pain et de cidre ou de vin.

Ne possédant souvent pas de montre, seule la course du soleil dans le ciel et les cloches de l'église du village pouvait donner au paysan une indication sur l'avancement de la journée.


Pendant ce temps, les femmes s’occupaient du potager, de la basse-cour et des tâches domestiques. Elles transformaient le lait en beurre, filaient ou tissaient. Les filles participaient aux travaux domestiques des leur plus jeune âge, et toutes surveillaient les enfants les plus jeunes encore incapables de travailler. 

La pause déjeuner
Fond Georges Maroniez
Gallica

Par moment, les paysans se déplaçaient au village, mais ces occasions étaient rares. Elles brisaient quelque peu le rythme journalier mais permettait d'échanger avec les voisins. 

Le coucher du soleil marquait la fin des travaux en extérieur. A ce moment, les volailles avaient rejoint le poulailler, le paysan avait conduit les bêtes à l'étable ou à l'écurie. Il est des époques où il ne fallait pas traîner dehors la nuit!

C'était alors l'heure du dîner, préparé par les femmes pendant l'après midi. Le repas était simple, mais nourrissant, comportant soupe et pain, commençant après une prière. Le chef de famille pouvait profiter du repas du soir pour parler de la journée à venir, des plans d'avenir,  sermonner ou féliciter un de ses fils ou de ses domestiques qui l'aurait mérité. Bien souvent, la mère de famille servait les hommes et se tenait à l'écart de la table. Dans ce cas, les femmes dînaient à part.

Suivait la veillée au coin de la cheminée, éclairée chichement par le feu et une chandelle. C'était l'occasion de transmettre à la famille les nouvelles entendues lors des déplacements au village, de raconter les histoires de la famille ou les légendes locales. 

La veillée était un moment de convivialité entre tous les membres de la maisonnée. Parfois même "mutualisée" elle se déroulait par roulement dans les deux ou trois maisons qui composaient le hameau lorsque la ferme n'était pas complètement isolée. La veillée devenait alors un moment de rencontre pour les jeunes gens.

Enfin, on ne se contentait pas de raconter et d'écouter des histoires. La veillée permettait à la famille de s'adonner à différentes formes d'artisanat. Les longues soirées d'hiver permettaient de réparer les outils, de tisser, de faire de la vannerie et quantité d'autres activités.

Nos ancêtres ruraux vivaient en symbiose avec leur environnement, maîtrisant les cycles naturels et recyclant chaque ressource. 

Leur mode de vie a  été la source de nombreuses traditions et valeurs encore présentes dans nos sociétés modernes, bien qu'amoindries. Il demeure un témoignage précieux d'une époque où la vie quotidienne suivait les rythmes simples mais essentiels de la terre.


Le contrat de mariage d'Etienne Pierre GAUTIER er Armandine Désirée Pauline BOUTTIER

Remerciement Un grand merci à Mme ARCHAMBAULT, du fil d’Ariane, qui a fait la recherche de ce document pour moi. Introduction  Je vous parle...