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Honneur (Légion d'honneur): Joseph AUDO

Il nous arrive de croiser, au détours de nos rencontres généalogistes, à travers le temps et l'espace, des personnes dont les actions leur ont valu récompenses et honneurs. Je parlerai aujourd'hui d'un de ces hommes dont le destin sort (un peu) de l'ordinaire. 


Joseph AUDO est un enfant de la révolution et de l'Empire. Il est né le 31 janvier 1794 à Locminé, dans le Morbihan. Je n'ai pas d'information sur les premières années de Joseph, à part son acte de naissance. Mais c'est au mariage de Jean Marie ROBINARD et Angélique BREHELIN que j'ai croisé Joseph. Il est alors âgé de 64 ans, retraité de la gendarmerie et surtout Chevalier de la Légion d'Honneur. C'est l'oncle par alliance de Jean Marie. Il est en effet marié à Jeanne Vincente DIAVET, une sœur de Guillemette DIAVET, mère de Jean Marie. 

Ayant fait cette découverte il y a des années, je me suis rendu aux Archives Nationales pour consulter le dossier, qui est maintenant disponible en ligne en consultant la base de données Léonore ici


Regardons un peu ce dossier. 


Il comporte 6 pages, qui nous racontent en résumé la carrière de Joseph.


Ainsi, nous savons qu'il est entré au service le 22 avril 1813 dans le 29ème régiment d'infanterie légère puis qu'il est passé  le 12 juin 1813 au 26ème régiment de dragons, puis qu'il a participé à la campagne de France.  Son passage dans l'infanterie légère n'est pas mentionné dans le document de la Légion d'Honneur, document dressé par la gendarmerie, mais figure cependant bien sur le registre du 26ème dragons. Au demeurant, ce passage  a été bref, à peine deux mois.

registre de contrôle de troupe du
26ème dragons, cote 24 Yc 235
SHA





Etats de service




















Il arrive donc au 26ème régiment de dragons .le 12 juin 1813, puis il est transféré à la légion du Morbihan quand ce régiment est dissout. Il y reste jusqu'en 1820, passant caporal puis sergent avant d'être congédié. 

Il intègre ensuite la gendarmerie. D'abord à pieds, en 1821, puis à cheval à partir de la même date, à en croire ses états de service ci contre.


Il reste en activité jusqu'en 1852





Le feuillet ci contre donne quelques informations sur la carrière de Joseph AUDO, notamment sa participation à la campagne de 1813 et sa blessure, d'un coup de sabre au visage.





Le dernier feuillet du dossier est un accusé réception, signé par le récipiendaire:














Enfin, on trouve un procès verbal d'individualité, dressé par le conseil d'administration de la légion de gendarmerie du Morbihan: 
Il s'agit d'un document qui atteste de l'identité su récipiendaire.


En conclusion, si une personne est titulaire de la Légion d'Honneur, et si son dossier est bien présent dans la base Léonore, on dispose d'une source permettant de décrire une partie de la carrière de cette personne, et qui ouvre en plus de nombreuses perspectives de recherches complémentaires.


Je remercie Madame Colette DOUROUX  qui m'a fourni la copie du registre de contrôle des troupes du 26ème dragon (entraide généalogique, fil d'Ariane)


Sources:
Service Historique des armée: Registre du contrôle des troupes du 26ème régiment de dragons

Archives nationales: Base Léonore des titulaires de la Légion d'Honneur








Gendarme: Adolphe Anselme BLEU

Avec Adolphe Anselme BLEU, nous partons dans les Ardennes. C'est à Flaignes les Oliviers que  naquit Adolphe le 12 mars 1852, fils de Jean  et de Marie Ambroisine BAILLY. Son père est alors domestique de charrue, c'est à dire employé dans une ferme, chargé des cultures et des champs,  et sa mère sans profession.


L'acte de mariage de son frère Théophile, pour lequel il est témoin, laisse penser que le prénom qu'il utilisait était Anselme. Il est en effet nommé avec ce prénom. Mais dans l'incertitude, je continuerai sans doute à l'appeler Adolphe

Il est à noter que dans les actes le concernant, le nom d'Adolpheest orthographié BLEU,  à l'exception de sa fiche matricule, où il est orthographié BLEUE. Alors que pour son frère, l'orthographe est BLEUX



L'église d'Esterbay

Le couple a eu plusieurs résidences. En effet, ils se marient à Flaignes les Oliviers le 4 juin 1850, où nait Adolphe deux ans plus tard. 

Flaignes les Oliviers était une petite commune des Ardennes, dont la population, depuis 1793 jusqu'à sa fusion avec Flaignes-Havys en 1986, n'a jamais dépassé les 400 habitants.

Mais c'est à Liart, toujours dans les Ardennes, que naît le seul frère que j'ai pu trouver jusqu'à présent. Il se prénomme Théophile Alfred et exercera la profession de boulanger. 

Et lorsqu'Adolphe s'engage, en 1871, puis lorsque Théophile se marie, en  1877, ils résident à Estrebay. 

Liart et Estrebay sont proches de Flaignes, et aussi peu peuplées. 



Situées sur la "route des invasions", ces villages font partie de l'arrondissement de Rocroi (où eu lieu la bataille du même nom le19 mai 1643) , dont ils sont distants de moins de 20 km.

En 1870, 1871, une partie des opérations se déroulent dans les Ardennes. La bataille de Beaumont est un des faits de la période. Elle se déroule cependant à 75 km à l'est d'Estrebay. D'autres combats se sont déroulés dans les environs. Un article du site des archives départementales des Ardennes peut être consulté ici.

Une fois l'armistice demandée, en janvier 1870, une partie de la France, dont le département des Ardennes, est occupée. Cette occupation est de manière générale assez paisible mais toutefois, des incidents la ponctuent. On peut lire un article à ce sujet pour les Ardennes ici

Le registre matricule où figure Adolphe Anselme.
Cette guerre perdue, et l'occupation qui suit, sont les raisons probables de l'engagement d'Adolphe Anselme. Il s'engage pour deux ans et rejoint le 3éme régiment du Génie le 11 novembre 1871. Celui-ci est alors en garnison à Arras. Il rempile pour trois ans en 1873 et passe caporal en 1874. 


Mais la plus grande partie de sa carrière se déroule dans la gendarmerie. A l'issue de son temps d'engagement, il est nommé gendarme à pieds dans la compagnie départementale de la Sarthe. Il y restera jusqu'à sa retraite. 


Par décret du 11 juillet 1896; il est décoré de la médaille militaire.





C'est donc revêtu de son uniforme de gendarme à pieds qu'Adolphe Anselme se marie le 28 janvier 1878, à Vallon sur Gée, dans la Sarthe, une petite commune d'un peu plus de 1000 habitants à l'époque, située à mi chemin entre Le Mans et Sablé. Son épouse, Marie Eugénie LAURENT est Vallonaise, fille de Casimir, qui tient le café du pays, et de Marie DUBOIS.  Adolphe Anselme est gendarme à la résidence de Fresnay sur Sarthe, à un peu plus de 50 kilomètres de Vallon. Le couple habitera à Fresnay.


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L'église de 
Fresnay sur Sarthe


 
Le dictionnaire des communes administratif et militaire dont l'extrait correspondant à Fresnay sur Sarthe est reproduit ci dessus, pour 1900, nous informe que  Fresnay dispose d'une gendarmerie, ce qu'on sait déjà, et d'une poste.
Les missions du gendarme à pied sont celles qu'on peut imaginer. Il assure la police de proximité dans le village et le territoire qui en dépend, la police de la route (et oui, déjà à cette époque !) et d'autres qu'on a pu oublier depuis, tel que la lutte contre les braconniers, la recherche des déserteurs et réfractaires au service militaire, etc. Des guides sont fournis aux gendarmes afin de les guider dans leurs tâches quotidiennes, tel le protocole d'imprimé offert à toute les compagnies de gendarmerie, par Guillou. L'exemplaire conservé   à la BNF et disponible sur Gallica date de 1838. Il a donc très probablement été remanié avant la période ou Adolphe Anselme était en activité, pour être mis en adéquation avec l'époque, mais cela donne une idée de la manière de rédiger les rapports, et aussi du type d'affaire pouvant être traitées par les gendarmes des compagnies départementales. On peut le trouver ici. Nul doute que Joseph AUDO, dont on parlera dans le prochain article, a lui aussi utilisé de genre de protocole

Outre les modèles de procès verbaux les plus utiles, on trouve des modèles de notes de frais, des étiquettes pour les cahiers tenus par les gendarmes, des pancartes pour les logements, cellules, jusqu'aux latrines !etc. La prochaine étape pour moi consistera à fouiller dans les archives afin de trouver des procès verbaux dressés par Adolphe Anselme.

Ci dessous, quelques exemples de ces formulaires vierges





Comme écrit plus haut, Adolphe Anselme s'est marié à Vallon sur Gée le 28 janvier 1878, à l'âge de 25 ans. Son épouse, Marie Eugénie LAURENT lui donne quatre enfants (à ma connaissance):

La fille ainée, Charlotte Marie, est née le 7 juillet 1879 à  Fresnay sur Sarthe, mais décède dix mois plus tard, le 30 mai 1878


Marie Eugénie met ensuite au monde Marie Joséphine Esther, notre arrière Grand Mère. C'était à Vallon sur Gée, le 28 novembre 1881. Elle aura ensuite deux sœurs, Charlotte Marie Alexandrine, née à Fresnay le 21 novembre 1885 et Geneviève Ambroisine, née le 7 janvier 1888, toujours à Fresnay. Cette dernière se mariera au Mans en 1907 avec Ernest Auguste Jean FEREY, et décédera à Mézidon le 14 juillet 1958.


Le 30 août 1897, Adolphe Anselme se retire à Lunay, dans le Loir et Cher, où il exerce la profession de régisseur, comme en atteste l'extrait du recensement de 1906 reproduit ci contre. Il décède dans cette ville le 5 novembre 1906, à l'âge de 54 ans




Sources: 


Archives départementales des Ardennes: Actes d'état civil des Ardennes, carte postale d'Estrebay

Gallica: Dictionnaire géographique et administratif de la France et de ses colonies pour l'année 1900

Collection personnelle: Carte postale de Fresnay sur Sarthe

Le contrat de mariage d'Etienne Pierre GAUTIER er Armandine Désirée Pauline BOUTTIER

Remerciement Un grand merci à Mme ARCHAMBAULT, du fil d’Ariane, qui a fait la recherche de ce document pour moi. Introduction  Je vous parle...