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Vivre à Lille au XVIII ème siècle

Introduction

A Lille, porte de la Madeleine vers 1835 (de Gand, à présent), gravure de Rauch


Le dictionnaire c, de Robert DE HESSELN, publié  en plusieurs volumes à la fin du XVIII ème siècle est un ouvrage qui, comme son nom et son préambule l’indiquent, contient des articles sur la géographie,  l’histoire de la France, de ses provinces, de ses bourgs.  Le tome  3 contient une description de Lille, selon plusieurs aspects.

Nous trouvons, sur 24 pages, les informations suivantes:



* La localisation géographique de Lille


* La description des installations militaires, Lille étant une importante ville de garnison à cette époque,  dont la population, estimée entre 70 000 et 80 000 habitants, comporte une garnison de 6 000 hommes en temps de paix, soit une proportion d’environ 8%. Cette partie de l’article est assez importante.


* Une description de la ville elle-même, de ses rues, de ses maisons, de son administration ainsi que de celle de la châtellenie de Lille, de ses institutions, tant civiles que religieuses, etc.


* Enfin, la dernière partie, qui s’étend sur six pages, décrit les conditions de vie et les mœurs des habitants de la ville et de ses faubourgs. 


Cette dernière partie est l’objet qui nous intéresse ici. Les autres parties me serviront de points d’appuis pour de futurs articles.





Quelques observations sur la salubrité au XVIIème siècle


Lille est située en plat pays, et bâtie (à l’époque) sur un terrain partiellement marécageux. Une partie de la ville est sur pilotis, des canaux et des cours d’eau la traversent. Dans certaines zones, les sources affleurent presque. Le dictionnaire indique 2 à 3 pieds, soit à peine 1 mètre, comme profondeur de ce sources.

Si on ajoute à cela un climat froid et humide une bonne partie de l’année, on comprend que les conditions naturelles sont difficiles pour la population. 


Lille, la braderie
par F. Watteau, 1758-1823
Musée de l'Hospice Comtesse, Lille

Musée de l'Hospice Co construite avec de belles maisons semble-t-il, avec des maisons occupées depuis les caves

où vivent des familles jusqu’aux mansardes sous les combles.

Cette situation de l’habitat n’est pas nouvelle et est perceptible à la lecture d’un dénombrement de population datant de la fin du XVII ème siècle. Le dictionnaire indique:


“Les maison de la ville sont presque toutes régulières, d’un goût moderne, présentent généralement de belles façades à deux étages, sans y comprendre la mansarde, ayant chacune une ou plusieurs cave peu profondes dans lesquelles loge une quantité prodigieuse de peuple. “ (Page 617)


L’auteur indique que les murs sont peu épais, de briques ou de pierres, et qu’il ne reste plus beaucoup de maisons en bois.




Lille a à l’époque une population importante et ignorante de l’hygiène. Les rues,  bien tracées et bien construites  permettraient l’évacuation des ordures, mais celles-ci sont le plus souvent rassemblées en tas d’immondices qui parsèment les places et les carrefours, empoisonnant l’atmosphère. On n’ose imaginer la puanteur qui devait envahir la ville. 

A cela il faut ajouter le fumier des animaux de la ville (fumier d’écurie) , qui n’est pas évacué tous les jours et reste en place parfois pendant 8 jours là où on l’a déposé avant que la compagnie qui en fait commerce ne s’en charge. Et n’oublions pas les vidanges qui sont elles évacuées chaque jour depuis l’ouverture des portes jusqu’à 10h du matin, le plus souvent dans des tonneaux de bois , sans couvercle . Ces vidanges se vendent d’ailleurs 3 à 4 sols le tonneau.


On s’en doute, la ville pue !


De nombreux habitants en subissent les conséquences dans leur santé


Les faubourgs ne sont pas en reste.

Dans les villages avoisinants, tous les paysans, quelles que soient leurs conditions, ont à leurs portes des tonneaux dans lesquels ils stockent leurs vidanges, et dans lesquels ils puisent pour arroser leurs légumes, dont, bien sur,  ils se nourrissent. L’auteur indique que les campagnes sont plus insalubres encore que les villes de “ce pays”



Cette hygiène déplorable, dont les habitant n’avaient probablement pas conscience, n’était pas sans conséquences: Des maladies endémiques, des fièvres putrides, des exanthèmes (éruptions cutanés diffuses d'apparition aiguë, le plus souvent transitoires, parfois accompagnées d' atteintes des muqueuses) sont fréquentes. 


Il en est de même des petites véroles malignes, des rhumatismes, des fièvres inflammatoires, des rhumes, pleurésies et péripneumonies,  de l'asthme, etc qui sont très fréquents et font des victimes dans la population.


Les périodes chaudes, avec peu de vent, pendant lesquelles l’atmosphère de la ville stagne et ne se renouvelle pas, provoquent une augmentation importante des décès. (Par exemple, à l’automne  1766, il y a eu 3  fois plus de malades qu’à l’habitude, dont un grand nombre sont morts)


Les habitants de Lille sont peu sobres sur leur nourriture et leur boisson, et ceci qu’ils soient du peuple ou de la haute société.

Ils commencent la journée avec du thé et des tartines



La population; à cette époque, n’a guère d’occupation en dehors du travail. Aussi  les Lillois aiment la table.

 Le dîner (déjeuner actuel) et le souper (dîner actuel) sont copieux “en gras et en maigre”, en proportion de la fortune des convives bien évidement. L’eau n’étant pas potable, la boisson ordinaire est la bière. A la moitié du repas le vin lui succède. Café et liqueurs ne manquant pas à la fin de ces deux repas.


Les bourgeois, selon l’auteur de l’article,  sont cependant plus frugaux que les deux autres classes, ce qui ne les empêche pas d’imiter la haute société lord de grands festins. 


Les pauvres, le ouvriers dépensent ce qu’ils gagnent au fur et à mesure et ne font pas d’économies. Les hommes finissent généralement leur journée au cabaret, ou à l’estaminet, car il n’y a pas autre chose à faire.


Je reviendrai dans un futur article sur le contenu des assiettes ! 


Comme on vient de le voir, en raison des conditions environnementales, et de celles créées par l’homme lui-même en raison du manque d’hygiène, les conditions de vie à Lille à la fin du XVIII ème siècle n’étaient ni faciles, ni agréables. Cependant, malgré l’exposition à de nombreuses maladies, la population profitait comme elle le pouvait, de la vie. 

Les Lillois ne se privaient pas pour manger à satiété, en se rendaient au cabaret ou à l’estaminet pour se distraire, ou se promenaient dans les faubourgs où se trouvaient les établissements précités et les guinguettes en grand nombre.


L’auteur de l’article dans le dictionnaire universel de la France termine celui-ci en indiquant ses sources, à savoir:


“Cette description de la ville de Lille a été puisée dans les mémoires de la maison de ville fournis au bureau du contrôle général. Nous y avons ajouté plusieurs observations curieuses et intéressantes qui nous ont été fournies pendant l'impression par un patriote zélé et fort instruit. Nous devons le reste de l'article à M. le baron de BOMBELLE officier au régiment de Piémont infanterie.” 


Sources


Dictionnaire universel de la France, de Robert DE HESSELN, article Lille (1771) , en cinq volumes

On trouve le volume 5 sur Gallica, les autres sont disponibles sur google books


Un extrait est disponible dans le Castelo Lillois n° 4: Joie de vivre à Lille au XVIII° siècle: https://lillechatellenie.fr/porte/index.php/la-revue


Frère Ernest des Anges

 Frère Ernest des  Anges


Lors de la vente de la maison d’Auguste LAFFEZ et Stéphanie DELEPORTE, j’ai découverts qu’un des enfants du couple avait échappé à mes recherches. Cet enfant, Édouard Jules Joseph, était présent lors de la vente car héritier de Stéphanie DELEPORTE, au même titre que ses frères et que les enfants de son frère Victor, décédé. 


L’acte de vente nous apprend de plus qu’il était devenu religieux sous le pseudonyme “Frère Ernest des Anges”

Je parlerai de lui dans les lignes qui suivent.



Comme bien souvent en généalogie, on ne sait pas grand chose sur la petite enfance d’Édouard Jules Joseph. Né le 5 mai 1843, il fréquente l’école dirigée par les frères des écoles chrétiennes de la paroisse de la Madeleine, à Lille. Il y est remarqué pour sa “belle écriture”, sa piété, son intelligence. Cela lui permet d’occuper une place de jeune clerc dans une importante étude d’agent de change de Lille. Il est reconnu par ses patrons et collègues pour don application dans son travail.


Dans le même temps, il occupe son temps libre en participant de manière active  à la Conférence de Saint Vincent de Paul de Lille (voir encadré en fin d'article), prenant grand soin de la famille dont on lui avait confié la charge, ne manquant pas d’adjoindre des conseils de saluts aux denrées alimentaires qu’il lui apportait. 


En 1864 il demande à entrer au noviciat de Saint-Omer. Il a alors 22 ans, et fait depuis un moment fonction de coadjuteur à la direction d’une division de l’œuvre dominicale, prenant sans rechigner sur son temps libre.

Il entre donc en noviciat le 29 septembre 1864, à Saint-Omer (département du Pas de Calais), prend l’habit le 1er novembre suivant.



Il est employé pour faire la classe à la communauté de Saint-Omer à partir du 29 avril 1865. Il est alors placé à l’internat Saint Joseph de Saint-Omer où il fait son apprentissage d’enseignant. Comme ses débuts étaient satisfaisant, il lui a été confiée une “ grand-classe” à Valencienne, où il resta jusqu’en 1872.


Il exerce alors dans plusieurs écoles de la congrégation de la région (Wattrelos, Cambrai, Lille, Tourcoing) , jusqu’à ce que la direction de l’école de la communauté de Saint Druon, à Cambrai lui soit confiée, de mars 1878 à la laïcisation de cet établissement deux ans plus tard.


Il reprend ensuite l’enseignement dans les premières classes, à Lille, Douai, Tourcoing.


C’est en 1904, âgé de 61 ans, qu’il peut enfin prendre un repos mérité. Il rejoint la communauté des anciens à Annapes. Mais là encore il donne de son temps pour venir à l’aide de prêtres de diverses paroisses des alentours pour la préparation des enfants à la communion. 


Mais en 1914 la communauté doit abandonner son établissement. Annapes est en effet occupée par les Allemands, et ne sera libérée qu’en 1918, par les Anglais.


Frère Ernest des Anges est quand à lui envoyé à Saint-Omer, où il continue à travailler avec les forces qui lui restent. Il souffre de rhumatismes et d’asthme et autres infirmités dues à l’âge,  mais cela ne l’empêche pas, lorsque la maladie lui laisse un peu de répit, de chanter d’une “ belle et forte voix”, ou encore de converser  pieusement et avec gaîté, avec ses frères lors des récréations.


C’est une crise d’asthme, plus forte que les autres, qui l’emporte dans la nuit du 16 au 17 août 1916, après avoir reçu les Saints Sacrements de  l'un des Pères Carmes belges, réfugiés dans la communauté





  

La société Saint Vincent de Paul a été créée à Paris en  1833 par un groupe de bénévoles catholiques, dont Bienheureux Frédéric Ozanam. Cette association est toujours en activité, est déclarée d’utilité publique et présente dans plus de 150 pays.

Elle a pour objectif d'aider les
pauvres afin de soulager leurs souffrances et de promouvoir
leur dignité et leur intégrité humaines.

Elle participe à l’aide humanitaire partout dans le monde, lors de catastrophes naturelles, ou dans des zones de guerre. 

Au niveau local, elle est organisée en associations locales, en conférences, et apporte son aide au plus démunis. 

Le conseil général international de la SSVP a déposé la plupart
de son fonds d'archives aux Archives nationales sous la cote 31
AS .
  




  La congrégation des Frères des Écoles chrétiennes ou
Lasallien sa été  fondée en 1680  par saint Jean-Baptiste de La Salle, à Reims.

Elle  est destinée  à l'enseignement aux  jeunes, et plus particulièrement aux  plus défavorisés.
Ils portaient une soutane noire, non boutonnée, avec un large rabat blanc. Ils portaient par dessus un vaste manteau à manches flottantes, source de leur surnom familier de frère quatre bras. Et pour se couvrir, ils disposaient d’un grand tricorne. 

La congrégation accueille aussi des frères servants, dont le rôle n’est pas l’enseignement. Ils portent le même habit, mais couleur brune.

Le concile Vatican 2 (1962-1965) les dispensa de cet habit.
  



Sources


Le CV et la notice nécrologique m’ont été gracieusement transmis par les archives Lassaliennes. Je les en remercie

Wikipedia:



 



La maison d'Auguste Joseph LAFFEZ

Je remercie tout particulièrement l’entraide généalogique, Fil d’Ariane, sans qui je n’aurais jamais eu connaissance des informations qui suivent.

 Grace à son aide précieuse j’ai pris connaissance de l’achat d’un terrain par Auguste Joseph LAFFEZ, puis de la vente du terrain et de la maison qu’il y a bâtit. L’acte de vente m’a de plus permis de glaner quelques informations complémentaires sur la famille d’Auguste et de faire connaissance avec un  de ses enfants, sur lequel je reviendrai dans un futur article.

L’arbre ci-contre, présentant la lignée LAFFEZ de père en fils depuis le plus lointain ancêtre connu, à savoir Jean Baptiste, jusqu’à mon Grand-Père Gabriel permet de repérer la place d’Auguste, dont je parle ici.




Nous sommes en 1863, le seize septembre. Auguste et son épouse Stéphanie Deleporte, mariés depuis 1831, font l’acquisition d’un terrain  de 77 mètres carré dans le quartier de Wazemmes, rue Colbert, à Lille (rue qui s’appelait précédemment rue Notre Dame.) Wazemmes est alors un nouveau quartier de Lille, dont l’origine est  l’intégration en 1858 de l’ancienne commune de Wazemmes. La rue elle même est récente.
Lui est peintre en bâtiment, elle est dentellière. Il semble qu’Auguste soit le premier de mes ancêtres en ligne agnatique a exercer une profession artisanale à son propre compte. Depuis leur mariage, Stéphanie et lui on économisé suffisamment pour pouvoir acheter ce terrain sur lequel ils vont bâtir une maison, sur leurs propres deniers comme indiqué dans l’acte de vente, pour y mettre des locataires. Le terrain n’est pas grand, plus ou moins 5 mètres sur un côté par 14 mètres sur l’autre. Aussi la maison comportera-t-elle plusieurs étages.

Le vendeur est un négociant de Bordeaux, M. Léon Fortuné Beaucourt, qui n’est pas présent mais  représenté par M. Georges Alexis Joseph Dubreuq.




COTE 4 Q 41/1243, Archives départementales du Nord,  7 pages photographiées par Le Fil d'Ariane
Acte passé lors de l'achat (Il s'agit de la copie de l'enregistrement)














Auguste construit alors une maison qui porte le numéro 146 dans la rue Colbert. Cette maison, construite sur un terrain étroit, possède cinq étages et est à usage de rentier.

 Autrement dit elle est occupée et les occupants payent des loyers. Il est d’ailleurs précisé dans l’acte de vente qu’à compter du jour où il a été rédigé et signé, le nouveau propriétaire, M. Théodore WAG, a la jouissance des loyers.

La vente a lieu le 28 novembre 1882. Auguste a alors 71 ans et habite rue de la monnaie, à Lille. Stéphanie est décédée en 1876. Mais Auguste n’est pas seul vendeur. Ses enfants, et même un se ses petits fils, sont aussi vendeurs, car co-propriétaires du bien.

Il y a la, accompagnant Auguste LAFFEZ, propriétaire, selon la citation du document:

Alfred (appelé “Henri” par erreur  dans la liste des présents) LAFFEZ, son petit fils mineur, qui demeure avec lui “de droit” et dont il est le tuteur légal. Il s’agit là d’une erreur, soit du notaire, soit de transcription. En effet, plus loin, le petit fils d’Auguste est bien appelé Alfred, et son père, Victor, est cité lui aussi,  mentionné comme étant décédé. J’ai déjà écrit plusieurs articles à son sujet. Alfred, mineur en 1882 (il a alors 20 ans), est de la classe 1882 et partira à l’armée en 1883, fera campagne en Tunisie de  1884 à 1887, se rendra coupable de multiples larcins et sera relégué au bagne de Cayenne où il décédera en 1901 de maladie .  (Il n’y a pas d’enfant de Victor nommé Henri. Aucun doute n’est possible. L’acte de vente mentionne en effet Victor et ses deux enfants un peu plus loin.)


Henri LAFFEZ (notre ascendant), peintre et vitrier et sa deuxième épouse, Coralie QUINZEBILLE.

Achille LAFFEZ, décorateur en lettres, et son épouse Eugénie MONTAIGNE (Il semble y avoir ici aussi une erreur de prénom)

Édouard LAFFEZ, dont j’ai appris l’existence grâce à cet acte de vente, et dont il est spécifié qu’il est frère des écoles chrétiennes sous le nom de Frère Ernest des Anges. Il fera l’objet d’un prochain article.

Alfred LAFFEZ, peintre et vitrier, et son épouse Pauline MEURISSE, qui décédera l’année suivante.

Louise LAFFEZ, qui est  la fille de Victor, âgée de 22 ans

Ils ont   hérité d’une part de la maison au décès de Stéphanie, car elle et Auguste étaient mariés sans contrat de mariage, donc en communauté de biens réduite aux acquêts. Il est précisé que les enfants ont hérité de 1/5 des parts de Stéphanie, et que les parts des petits-enfants, Alfred et Louise, sont de 1/10.



cote 4 Q 42/2212, Archives départementales du Nord,  8 pages, photographiées par le Fil d’Ariane
Acte passé lors de la vente (copie de l'enregistrement)











En plus des informations relatives à la vente et à l’historique du terrain, l’acte de vente nous apportes quelques informations supplémentaires sur la famille. Ainsi, Madame LAFFEZ Henri (Coralie Quinzebille), qui ne sait pas écrire ni signer, et Madame LAFFEZ Achille (Eugénie MONTAIGNE), qui souffre de cécité, ne peuvent signer l’acte de vente. 


La rue Colbert, à Lille, au début du XXème siècle





Il y a une maison au 146 rue Colbert à Lille, qui pourrait être celle bâtie par Auguste, sous réserve évidement que la rue n’ai pas été renumérotée ou le bâtiment reconstruit ! 









Notes et pistes:



Les deux documents qui m’ont permis d’écrire et article sont les double des actes notariés transmis au centre des impôts concernant des individus ayant acquis et vendus des biens.

Ils apportent des pistes de recherches complémentaires, voire des interrogations.

Il sera intéressant d’accéder à la succession de Stéphanie Deleporte, pour vérifier s’il n’y a pas d’autres bien, puis à celle d’Auguste pour brosser un tableau plus complet des biens du couple.

L’épouse d’Achille LAFFEZ est nommée ici Eugénie. Ce n’est pas le prénom qui est noté dans mes informations, mais Rosalie Augustine. Il me faudra donc vérifier cela.

Enfin, l’acte de vente mentionne Édouard LAFFEZ, devenu religieux. J’ai pu obtenir quelques informations à son sujet, qui feront l’objet d’un article actuellement en cours de préparation.




Sources:



Acquisition du couple LAFFEZ -DELEPORTE LE 16/9/1863 COTE 4 Q 41/1243, Archives départementales du Nord, 7 pages photographiées par Le Fil d'Ariane

Vente par Auguste LAFFEZ et des enfants le 28/11/1882
cote 4 Q 42/2212, Archives départementales du Nord, 8 pages, photographiées par le Fil d’Ariane


Immersion dans la vie des voyageurs du 19e siècle : A pied, en diligence et chemins de fer

 Même s'ils ne se déplaçaient pas aussi facilement et aussi souvent que nous, nos ancêtres de déplaçaient quand même en certaines occasion. Bien sur, il y avait les trajets quotidiens entre le domicile et le lieu de travail, le plus souvent effectué à pied dans les campagnes. En ville, les tramway hippomobiles facilitaient les déplacements. 


Les jours de marché, les paysans rejoignaient le village  à pied, avec une petite charrette à bras, ou des paniers pour ceux ayant le moins de choses à vendre, ou dans une carriole,  tirée par des bœufs, des chevaux, voire des chiens, en fonction de la quantité de marchandises à vendre. Le marché était bruyant des cris d'animaux aux milieu clameurs des chalands, et riche d'odeurs en tout genre. Une fois celui-ci terminé, un long nettoyage était nécessaire, plus encore que celui qui prévaut de nos jours, car en plus des cageots usagés qui pouvaient rester, il fallait se nettoyer paille, crottins et autres bouses

Une noce en procession à Parigné l'Evêque, Sarthe
passe devant la gendarmerie
Début XXe siècle
Collection personnelle

Bien entendu nos aïeuls devaient se déplacer pour d'autres occasions. Une noce par exemple traversait le village ou la ville en un long cortège piétonnier.  Pas de  concert de klaxon à l'époque, mais des musiciens marchant en te de colonne, allant de la mairie à l'église, puis de l'église au lieu de festivité, prairie ou salle de bal, selon les endroits et les dispositions prises pour le mariage.










Il arrivait aussi que nos aïeux déménagent. C'était assez  souvent près de chez eux. Qu'on se souvienne de l'âne de Jean de Florette , tirant une carriole par exemple. Une simple charrette à bras était souvent suffisante pour transporter les biens de la famille. Une charrette plus grande, tirée par des bœufs pouvait aussi être utilisée. Les paysans n'en manquaient pas. La famille cheminait à pieds à ses côtés.



Certaines personne avaient la nécessité de voyager plus loin que les quelques kilomètres du voisinage, que ce soit pour des besoins professionnels, ou plus rarement pour l'agrément. Il y eu toujours des commerçant ambulants qui, tels notre colporteur évoqué il y a quelque jours, usait ses souliers sur les chemins de sa tournée. Mais il y ru aussi de nombreux marchands ambulants plus aisés, voyageant avec de grandes quantité de marchandises en chariots ou en barges sur les fleuves. Puis apparurent les voyageurs de commerce, qui se déplaçaient pour le compte de leur entreprise, représentant en tissus ou en boissons, se déplaçant à travers un département ou dans tout le pays. Ils côtoyaient sur leurs chemins tout un monde de personnes qui se rendaient ici où là pour leurs affaires, avocats allant plaider, député se rendant à la chambre, ou encore grande dame quittant la ville pour la campagne. Les plus aisés pouvaient voyager en voitures individuelles. Mais le plus grand nombre empruntaient les diligences qui sillonnaient les routes poussiéreuses en été, bouseuses en hiver, qui quadrillaient le monde d'alors. Les voyages étaient long, fatigants, et pouvaient se révéler dangereux. Ils étaient d'autant plus inconfortables que les fenêtres ne fermaient que pas des rideaux et n'offraient qu'une protection relative contre les intempéries. Il fallait cohabiter avec les autres passagers parfois pendant plusieurs jours. Le voyage Paris Marseille, à titre d'exemple, durait 112 heures en diligence, en 1814. 
La diligence était un véhicule à quatre roues : deux petites à l'avant et
deux plus grandes à l'arrière.Ces roues consistaient en un moyeu fabriqué en orme,
des rayons en chêne résistant et la jante était en noyer.
À l'avant se trouvait la boîte du conducteur, où se trouvait son siège.



Les voyageurs devaient passer leurs nuits dans les relais de postes situés sur le trajet, où ils pouvaient de plus prendre leurs repas, composé d'une soupe, de viande, de fromage et de pain arrosé de cidre ou de vin, et qui permettaient le changement des chevaux de l'attelage. Des systèmes de relais de poste existaient dans toute l'Europe, en Chine, aux Etats Unis (les plus connus grâce aux westerns)

Mais au cours du XIXe siècle le chemin de fer fit son apparition, réduisant les temps de trajet et sonnant le glas des transports hippomobiles longue distance. Le trajet Paris Marseille est alors passé à 14 heures en 1893, soit 8 fois moins longtemps qu'en diligence. Les derniers relais de poste ont été fermés dans les années 1870, tout au moins pour le service des chevaux.


Un train au XIXe siècle

Nous pouvons imaginer le trajet de Théodore Jules LAFFEZ, en 1876:

5 ou 6 heures de train pour faire le trajet Lille Paris gare du nord
1 heure ou un peu plus pour changer de gare et rejoindre la gare Montparnasse, en tramway hippomobile
6 à 7 heures de pus pour aller de Montparnasse à Rennes
et enfin 2 ou 3 heures pour rallier Vannes

Un périple de 14 à 17 heures. Et encore. Il y avait peut être en plus de l'attente aux correpondances.

Toute une aventure!


Deleporte Stéphanie

Stéphanie DELEPORTE est l'épouse d'Auguste Joseph LAFFEZ, frère d'Alexandre dont j'ai parlé dans les deux précédents articles. Née le 30 juin 1808 elle est la fille de Joachim DELEPORTE, un fileur de coton,  et de Marie LAURENT, un couple sur lequel je n'ai pas encore fait de recherche.


Éventail en dentelle de Lille
Stéphanie, pour sa part, est dentellière, comme de nombreuses femmes de Lille, métier qu'elle a probablement appris en travaillant avec sa mère.

Elle se marie le 19 octobre 1831 avec Auguste Joseph LAFFEZ. Elle a 23 ans. Lui en a 20. Elle lui donnera cinq enfants:

  • Henri Auguste en septembre 1832
  • Victor Lucien en octobre 1834
  • Achille Denis en février 1838
  • Sophie Hermance, en mai 1840, qui décédera malheureusement prématurément, 10 mois plus tard
  • Edouard Jules Joseph, en 1843, qui deviendra religieux
  • Alfred Alphonse en avril 1847


Chemisette en dentelle de Lille
Musée de la mode d'Anvers
Et cela tout en continuant à travailler, peut être bien à la maison, payée à la tâche, comme cela se faisait couramment.

Il est rare de trouver des informations concernant la vie de nos aïeules. Nous ne pouvons finalement guère faire plus qu'imaginer leur vie en se basant sur des informations plus générale. J'ai parlé du métier de dentellière dans un article précédent. Les deux illustrations présentées ici montrent des ouvrages en dentelle de Lille. C'est le genre de chose que pouvait fabriquer Stéphanie. Et comme à l'époque, il n'y avait pas de pension de retraire, elle a probablement travaillé à ces ouvrages jusqu'à la fin, si elle en avait la capacité. 

Stéphanie est décédée le 2 août 1887 à l'âge de 79 ans. Elle a pu connaitre plusieurs de ses petits enfants, mais n'a peut être pas rencontré les enfants de son fils Théodore, parti, et marié en Bretagne 



Belgique

Il n'est bien évidemment pas question ici de raconter l'histoire de la Belgique ou de décrire sa géographie. Mon propos est de présenter quelques membres de la famille qui ont des attaches avec la Belgique. 


Alexandre Gaspard Joseph LAFFEZ

Acte de naissance d'Alexandre LAFFEZ
Lille 25 juillet 1804


Alexandre  Gaspad,  deuxième enfant de Josse Alexandre (soza 128) et Marie Anne Thérèse DUBAR, est né le 25 juillet 1804 à Lille, c'est à dire le 6 thermidor an XII selon le  calendrier républicain alors en vigueur

Son père, Josse, est alors âgé de 26 ans, exerce la profession de tisseur de coton et habite rue des tours. Cette rue, toujours existante, est une voie secondaire de Lille. Des  d’hôtels particuliers et des maisons du XVIIe siècle la composent en grande partie. La maison qu'habitaient Josse et sa famille est peut-être encore là, mais comme le numéro de la maison n'est pas précisé, et que lors des naissances des autres enfants de Josse, la famille n'habite plus là, nous ne le saurons sans doute jamais.

Josse et Marie auront 5 enfants:

  1. Henri Joseph, né en 1800, qui se mariera avec Isabelle PREUD'HOMME en 1831
  2. Alexandre Gaspard, dont il est question ici
  3. Angélique Charlotte, née en 1806
  4. Ludivine Augustine, née en 1808
  5. Auguste Joseph, né en 1810, qui se mariera en 1831 avec Stéphanie DELEPORTE, décédera en 1884 à l'âge de 74 ans et dont je descend
Lorsque naissent les deux premiers enfants, Josse était tisserand, mais à la naissance des enfants suivants, il est journalier.
Lorsqu'il meurt, en 1817, Josse est charbonnier. Il laisse des enfants âgés de 7 à 17 ans.  Auguste, le plus jeune a 7 ans. Gaspard, pour sa part en a 13.


Nous retrouvons Alexandre quelques années plus tard à Liège lors de son mariage avec Sophie Joseph DUCATE, le 16 janvier 1845. Il est alors colporteur et toujours domicilié à Lille. L'acte de mariage indique pour lieu de résidence "cette ville" c'est à dire Liège (sinon pourquoi le mariage aurait-il lieu là ?)  Les bans ont été publiés en "cette ville" ainsi qu'à Lille et Armentières.
Son épouse pour sa part est native d’Armentières et est elle aussi colporteuse.

Je reviendrai demain sur ce métier.


Acte de mariage d'Alexandre Gaspard LAFFEZ





Acte de mariage d'Alexandre Gaspard LAFFEZ
(suite)











Je n'ai pas trouvé d'enfant né à Liège entre le mariage et 1850, ni à Armentières, ni à Lille, mais cela ne veut pas dire que le couple n'ai pas eu de descendance. Je continue à chercher.

Alexandre décède à Bruxelles le 1er janvier 1877.


Victor Lucien LAFFEZ


Victor Lucien est le deuxième des cinq enfants de  d'Alexandre Joseph (Soza 64) et Stéphanie DELEPORTE


Né le 14 novembre 1834, il est encore jeune lorsque la mort frappe sa petite sœur, Sophie Hermance, en 1841. 

Il se marie le 5 décembre 1859 à Lille avec Marie Adélaïde DESTOP, née en Belgique, à Waeken
Lui est peintre en bâtiment, elle est fileuse de lin.
Je leur connais deux enfants, Louise Marie, née en 2860, et Alfred Victor, qui décédera en Guyane et  qui a fait l'objet de plusieurs articles (voir ici)

Acte de Mariage de Victor Lucien LAFFEZ


Victor Lucien décède en 1866, à l'âge de 31 ans.


Ascendance de Jean SPRIET (Soza 1058)

Jean SPRIET est né vers 1652 quelque part entre Roubaix (où son père est né) et Lannoy, où il réside au moment de son mariage (le 10 février 1676 à Roubaix).  Il est l'arrière arrière arrière grand père d'Eugénie Francomme, la grand mère de Théodore Jules LAFFEZ dont j'ai déjà parlé ici

L'ascendance de Jean SPRIET, disponible sur Geneanet, est très fournie et nous mènera plusieurs siècles dans le passé, jusqu'au XIV ème siècle, et pour certaines branches en Belgique, avant la Belgique. Ces informations sont récentes pour moi. Je suis en train de les étudier et j'en reparlerai dans le futur.

A suivre donc..

Sources:


Acte de naissance d'Alexandre LAFFEZ:     AD 59 5Mi 044 R 127 vue 586
Acte de mariage d'Alexandre Gaspard LAFFEZ: Archives du Royaume de Belgique, 1er résultat de la recherche, vues 541 et 542
Mariage de Victor Lucien LAFFEZ : AD 59 5 Mi 044 R 225 vue 282
Décès de Victor Lucien LAFFEZ : AD 59 5 Mi 044 R 315 vue 299

Signes de piste

J'ai découvert il y a peu un site consacré à la généalogie et à l'histoire dans l'étendue de la châtellenie de Lille ( Chatellenie de Lille )   que je vous invite à visiter, c'est une mine d'or, même pour qui n'a pas d'ancêtre par là bas, qui est entièrement gratuite, met à disposition une revue numérique très intéressante, etc.)

Ayant un blocage concernant Jean Baptiste Laffez, plus ancien ancêtre dans la lignée agnatique (soza 1024) dont j'ai déjà parlé  dans de précédents articles ( Registre d'écouage), Nos impressions sont parfois trompeuses et Une prononciation modifiée ) j'ai écrit à  Christophe YERNAUX  propriétaire du site ) afin de lui poser quelques questions pour trouver d'éventuelles pistes.

Il m'a tout d'abord dit que le patronyme Laffez, quelle que soit son orthographe, n'est pas du Nord, ni de Belgique ou de Hollande.

Il m'a suggéré de consulter les tables des actes notariés disponibles en ligne sur le Site des AD du Nord, sur lequel il avait  repéré deux "candidats possibles"

Grace à l'aide de Francine DEGUEHEGNY de l'entraide généalogique (Fil d'Arianne) j'ai pu obtenir un scan du premier acte passé par un monsieur Lafaye en 1676.

Son nom est orthographié Lafay dans l'acte mais lui signe Lafaye Lieutenant réformé

L'acte est difficile à lire et je n'ai pas encore eu le temps de le décrypter. Je dois avouer que ma première réaction a été de penser que cela ne concernait pas notre famille, d'autant plus que parmi les différentes orthographes que j'avais vues et retenues, il y avait bien LAFAY mais pas LAFAYE

Mais le lendemain est arrivée une alerte Familly Seach dans laquelle figurait le nom LAFAYE associé au nom Vilain. (Je rappelle que l'épouse de Jean Baptiste LAFFEZ était Marie Hélène VILAIN)

En regardant le document, j'ai constaté qu'il s'agissait de l'acte de mariage d'une des filles de Jean Baptiste Laffez et Marie Hélène Vilain. Et dans cet acte, notre nom est orthographié LAFAYE !

Ce qui ravive ma curiosité et mon intérêt pour le premier document cité, que je chercherai à lire et comprendre le plus rapidement possible. Même si la date, 1676, n'est pas compatible avec Jean-Baptiste, né vers 1671, il pourrait s'agir de son père, d'un oncle, ou tout autre personne de la famille. Cela reste du domaine du possible


Revenons à cet acte de mariage pour découvrir les indices qu'il recèle et suivre les pistes qu'il dévoile

L'acte de mariage de François SANSE et Françoise LAFAYE
Lille Saint Etienne 26 juillet 17663


Tout d'abord le plus simple:

Marie Helene Vilain est de la Paroisse Sainte Marie Magdeleine à Lille, et j'ai effectivement trouvé son acte de baptême et donc ses parents.

Marie Hélène est baptisée en l'église de Lille La Magdeleine le 20 janvier 1685, née du jour ou de la veille. Ses parents sont  François VILAIN et Marie ENAQUES.

Acte de baptême de Marie Hélène VILAIN



Par contre Jean Baptiste est indiqué être originaire de "Provinces"




Comment interpréter cette origine ?

Sachant que probablement Jean Baptiste n'est pas originaire de Lille (voir l'article On a quelques pistes ? qui présente le mariage célébré à Reims le 17/01/1701 entre Pierre TONDEUR et Claudine LAFFEZ. Cette dernière pourrait être une sœur ou une cousine de Jean Baptiste ?, et qui parle aussi du décès, le 6 février 1694 de Mathias LAFFE, fils de Michel LAFFE, qui est l'unique acte de catholicité que j'ai retrouvé dans les paroisses de Lille avant le baptême de Pierre LAFFEZ en 1716):

*  la ville qui vient tout de suite à l'esprit est PROVINS, en Seine et Marne.  Mais j'ai regardé dans les tables (il y en a plusieurs) et n'ai pas trouvé de baptême correspondant au patronyme LAFAYE ou toute autre variante, et ce sur une plage temporelle étendue. Je regarderai à nouveau car il y a plusieurs paroisses, et j'en ai peut être oubliée une au passage, d'une part, et certaines tables sont en ordre alphabétique des prénoms d'autre part. Mais je n'ai vu aucun patronyme qui ressemble, même de loin, à LAFFEZ, LAFAYE, etc. parmi les tables que j'ai regardées.


* Une autre ville candidate est PROVIN, proche de Lille.  Mais le plus ancien registre disponible commence en 1677 et ne permet donc pas de vérifier cette hypothèse.


* D'autres possibilités se présentent

    • Prouvais dans l'Aisne, qui est à 185 km de Lille
    • Proven en Belgique, à 56 km de Lille
    • Provency dans l'Yonne, mais 450 km, ça fait loin !
A moins que Provinces ne désigne les dix provinces qui formèrent les Pays Bas Espagnols ?

A suivre donc. Le jeu de piste continue.


Dernière précision concernant le mariage cité plus haut:


Il a lieu le 26 juillet 1763 à Lille Saint Etienne. L'époux est François SANSE, bas officier des Invalides de Paris, fils de Jacques et Ursule MILLIER, l'épouse est Françoise Joseph LAFFEZ, fille de Jean Baptiste et Marie Hélène VILAIN (J'ai normalisé le nom de famille). ils ont respectivement de 38 et 42 ans.

Les deux familles se connaissent depuis longtemps puisque le 29 août 1740 s'étaient mariés à Lille Jacques Joseph SANSE et Marie Joseph LAFFEZ, frère et sœur des précédents. Mais ceci est une autre histoire


Sources: 

AD 59 , 2E34340 acte 61 - Acte notarié du 18 novembre 1876, Lafaye, Maitre Barry Isidore, Armentières

AD 59, LILLE (ST ETIENNE)  M [1737-1766]5 Mi 044 R 062 vue 1062 Acte de mariage de François SANSE et Françoise LAFAYE

Archives Municipales de Lille, AGG 105 vue 29, acte de baptême de Marie Hélène VILAIN

Branche Francomme

 

Eugénie Henriette FRANCOMME  était la mère de Théodore Jules LAFFEZ. Née le 14 avril 1835 à Lille, elle épouse Henri Joseph LAFFEZ , dont il sera question dans quelques jours, le 11 juin 1855,  à Lille et  donne naissance à Théodore Jules le 25 juin 1858. Elle décèdera le 27 juillet 1862, toujours à Lille, à l'âge de 27 ans, après avoir donné à Henri quatre enfants dont deux décéderont avant elle. J'en reparlerai dans quelques jours lorsque je parlerai d'Henri.


Les ascendants d'Eugénie sont connus sur 8 générations, depuis son père Henri Joseph jusqu'à Martin, décédé vers 1614, qui porte le numéro Soza 8448

Cependant j'ai pris connaissance de cette ascendance sur Généanet et suis en train de vérifier les informations. Celles ci sont certaines jusqu'à Thomas Franchomme, qui est à la cinquième génération depuis Henri Joseph.


Voici donc les ancêtres, en ligne agnatique,  d'Eugénie Henriette Francomme. 

Eugénie porte le numéro Soza 33. Je mettrai entre parenthèses les numéro Soza des ancêtres présentés.

Je donnerai quelques renseignements supplémentaires sur Eugénie lorsque j'écrirai au sujet d'Henri, son mari.


Eugénie était couturière. Ses ancêtres sont:



Henri Joseph FRANCOMME(66)

né le 19 juin 1788 à Lille

marié le 30 octobre 1816 à Lille avec Marie Claire Joseph HERMAN, née le 21 avril 1790 à Lille.

Au moment de son mariage, il était exempté de service militaire. Il a du présenter un certificat d'exemption pour se marier.

Il était marchand de laine au moment de la naissance d'Eugénie

Outre Eugénie, je connais un autre enfant de ce couple, Henri, né vers 1813


Philippe Joseph FRANCOMME(132)

né le 22 mai 1757 à Roubaix, 

Tisserand du Val de Liepvre  Frédéric Théodore Lix, Gallica

marié le 16 mai 1780 à Lille avec Marie Magdeleine PARSY, née le 22 juin 1748 à Annœullin (59), décédée le 29 septembre 1816 à Lille


Philippe FRANCOMME était tisserand.





Alexis François Joseph FRANCHOMME (264)

né le 1er décembre 1723 à Roubaix

décédé le 3 janvier 1800 à Lille

marié le 12 mai 1750 à Roubaix avec Marie Agnès LECOMTE , née le 25 octobre 1723 à Roubaix, décédée le 8 décambre 1811 à Lille


Jean FRANCHOMME (528)


né le 6 janvier 1673 à Roubaix

Décédé à Roubaix le 14 septembre 1747.

marié le 25 novembre 1701 à Roubaix avec Anne Marie Joseph SPRIET, née le 20 octobre 1682 à Roubaix, décédée le 2 juin 1752 à Roubaix.

Jean FRANCHOMME et Anne Marie Joseph SPRIET ont passé un contrat de mariage  devant Maitre Adrien MONIER, le 16  novembre 1701 à Roubaix. Ce contrat fera l'objet de l'article de demain.


Thomas FRANCHOMME (1056)


Je suis en train de vérifier les informations concernant Thomas FRANCHOMME ainsi que celles concernant ses aïeuls. Les informations qui suivent restent à confirmer.

Thomas FRANCHOMME est né le 1er janvier 1634 à Croix (Nord)

Il s'y est marié le 17 juin 1660 avec Jossine LECOMTE


Jaspar FRANCHOMME (2112)


Jaspar (Gaspar) FRANCHOMME est né en 1795 à Marcq en Baroeul

Il s'est marié avc Marie MONTAIGNE, qui décèdera le 11 mars 1680 à Croix

Il est décédé le 3 septembre 1637 à Croix


Pierre  FRANCHOMME (4224)


Est né vers 1575

Son épouse était Marie DELDIQUE


Martin FRANCHOMME (8448)

Martin FRANCHOMME, le plus ancien connu de cette lignée, est décédé en 1614. Ayant un enfant né vers 1575, lui même a du voir le jours vers 1550 - 1555 au plus tard. 


Sources: 

Toutes les informations jusqu'à Thomas Franchomme ont été vérifiées sur le site des archives départementales du nord, dans les registres d'état civil ou paroissiaux correspondant. Les informations des plus anciennes sont disponibles sur Généanet, mais non sourcées, elles demandent d'être vérifiées.









Registre d'écouage

  

Introduction


L'ancêtre le plus ancien que je connaisse à l'heure actuelle en ligne agnatique est Jean Baptiste LAFFEZ (Dont le nom est écrit indifféremment LAFFE, LAFFEZ, LAFE, etc. ) dans les différents documents le concernant. (sépulture, procès verbal d'écouage, baptêmes des enfants, mariages de certains d'entre eux). Notons aussi qu'il est parfois prénommé Jean, d'autres fois Jean Baptiste. J'ai choisi de garder Jean Baptiste


Sépulture de Jean Baptiste LAFFEZ
Jusqu'à ce mois d'octobre 2021, je n'avais trouvé le concernant directement que son acte de sépulture, dont la copie se trouve ci-contre.

Cet acte est particulier en se sens qu'il mentionne la cause du décès de Jean Baptiste: Une chute mortelle!

Mais rien de plus. En réunissant tous les petits indices contenus dans les sept actes de baptêmes des enfants que je connais et de deux actes de mariage, je n'avais pu que reconstituer une ligne de vie très lacunaire (ci-dessous)



Le premier enfant, une fille, m'est connue par son mariage. J'avais mis une année approximative de naissance vers 1716, puis l'ai révisée vers 1709 (après avoir transformé la vue du tableur en image)


La chute mortelle m'a longtemps intrigué et je ne savais pas trop comment faire pour en savoir plus. J'ai finalement décidé de m'adresser aux archives municipales de ville de Lille, sur les conseils de Christine CHEURET, du Blog genealanille, que je remercie vivement.


Et les archivistes du service des archives municipales de Lille, que je remercie sincèrement, m'ont répondu, et m'ont envoyé une information importante concernant une procédure (Ecouage) relative aux morts violentes, d'une part, et la copie de la procédure relative à Jean Baptiste, d'autre part. A noter qu'une recherche dans le guide des recherches  sur l'histoire des familles avec ce mot clef ne donne pas de résultat Il en est de même d'une recherche au sein des fiches d'aides à la recherche dans la salle des inventaires virtuelle des Archives Nationale. Peut-être cette procédure est elle locale à Lille ? Donc en cas de doute, si on ne sais pas quoi faire, il faut poser la question aux spécialistes. Les archivistes auront toujours la réponse à la question, ne fût-ce que pour dire qu'il n'y a pas de document.


Qu'est ce que cette procédure ?

La procédure d'écouage

La procédure d'écouage est une procédure sommaire de levée de cadavre en cas de mort violente dont le but est de déterminer si une mort violente est due à un accident ou à un acte criminel, ce qui enclenchera une procédure judiciaire. 

Pour ce faire, les échevins de la ville se rendent sur le lieux du décès, accompagnés d'un médecin, d'un chirurgien et d'un lieutenant prévôt. Un greffier les accompagne. Ils recueillent alors les dépositions des témoins quand il y a lieu, et une autopsie est pratiquée par le médecin et le chirurgien. A noter que le terme autopsie n'est pas à prendre avec le sens qu'on lui prête actuellement. L'examen pratiqué est beaucoup moins poussé, et, en tout cas pour le cas de Jean Baptiste, n'a été que superficiel (je veux dire par là qu'il n'y a pas eu ouverture du corps, mais un examen clinique de ce qui était visible)

Ce que nous apprend le procès verbal concernant Jean Baptiste

Le procès verbal d'écouage concernant Jean Laffé a été  établi le 25 octobre 1737 dans le registre d'écouage de 1726 à 1738 (cote 10798 des archives municipales de Lille).

Le document qui m'a été transmis apporte plusieurs informations concernant Jean Baptiste lui même, le lieu de son décès et les blessures qu'il a subit.

Ainsi, il est précisé que Jean Baptiste a 66 ans le jour de son décès, ce qui le fait naître vers 1671, alors que j'imaginais, en fonction des renseignements dont je disposais, à savoir une première fille connue, née vers 1709, qu'il était né autour de 1685 - 1890 . Cette information est nouvelle pour moi et je me rend compte qu'il avait environ 45 ans lorsque son fils Pierre (mon soza 512) est né. Il y a probablement d'autres enfants à rechercher. Il est en effet improbable qu'il ai eu son premier enfant très tardivement.

Le procès verbal indique le lieu précis du décès, à savoir un grenier carrelé, à l'auberge du Lion d'Or, située dans la paroisse de Lille Saint Etienne, alors que lui habitait Lille Saint André, cours du moulin à chien (?). 
Deux personnes ont requis la présence des autorités pour dresser ce constat, dont Pierre Joseph, son fils né en 1716 et notre ancêtre lui aussi.
Enfin, une description assez  précise des blessures est dressée par le médecin et le chirurgien. Jean a subit un traumatisme crânien, une blessure de l'os temporal gauche, des contusions sur le côté gauche du visage, larges de quatre doigts. Il a saigné par la bouche, le nez les oreilles. 

La conclusion des spécialistes et donc un décès accidentel.


Ci-dessous,  les pages du rapport:

















Source: Archives municipale de Lille,  registre d'écouage de 1726 à 1738 (cote 10798)






Le contrat de mariage d'Etienne Pierre GAUTIER er Armandine Désirée Pauline BOUTTIER

Remerciement Un grand merci à Mme ARCHAMBAULT, du fil d’Ariane, qui a fait la recherche de ce document pour moi. Introduction  Je vous parle...