Introduction
Note concernant le patronyme Maignan :
Le notaire utilise presque partout l’orthographe Meignan, sauf une fois où il écrit Maignan.
Dans les signatures, on trouve les deux cas. Dans la transcription j’ai respecté l’orthographe utilisée par le notaire. Pour mon texte j’ai utilisé l’orthographe Maignan, que l’on retrouve dans les actes concernant Jeanne Maignan, épouse de Thomas Pierre Cillere, mes ancêtre à la 8ème génération (toujours dans la branche Roussel)
Le contenu de ce contrat
La dot de la future mariée se compose de trois parties :
Une somme de deux cent livres qui sera payée en quatre fois
Un contrat et une reconnaissance qui vont lui assurer un revenu de onze livres deux sols six deniers, sur les héritiers de Jean Cillaire. Les informations concernant les documents notariés correspondants me permettront d’aller voir de quoi il s’agit à mon prochain passage aux Archives de l’Orne.
Une liste de linge de maison, de vaisselle et de meubles (des coffres, bien souvent les seuls meubles avec le lit et une maie pour le pain). Mais tous ces biens ne seront pas apportés en nature. Le contrat indique bien qu’ils seront payés « en livre ». La famille s’engage donc à donner l’argent nécessaire au couple, pour un montant estimé à 80 livres
Cette troisième partie comporte une vache et une génisse. Peut-être les bêtes ont-elles été prélevées sur le troupeau familial et non pas achetée ?
Il est à noter qu’un habit est prévu pour la future mariée, et que cet habit doit être adapté à sa condition. En effet, à cette époque, on ne s’habille pas comme on veut. Certains effets sont réservés à la noblesse, d’autres sont obligatoires pour les domestiques, etc.
L’oncle de Renée, Henri Maignan lui fourni pour sa part un trousseau dont les parties sont énumérées. Ceci sera donné en nature au couple.
En dernier lieu, les époux se promettent « douaire » en cas de dissolution, c’est-à-dire en cas de décès de l’un des époux. L’autre ne restera pas sans rien.
Voici donc la transcription du contrat, dont quelques termes techniques m’ont échappé, avec quelques notes. Le texte original en illustration est assez simple à lire.
Quelques explications en fin d’article sur certains termes aujourd’hui en désuétude, voir oubliés
Le contrat
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Transcription
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Du dix-huitième jour de juillet l’an mil sept cent
vingt six au lieu des hais Maltaires (1) paroisse de
Torchamp, devant nous nottaire royal sousigné.
Pour parvenir a la conclusion et proposition du mariage
espéré estre fait en face de notre mère la Sainte Église
Catholique apostolique et Romaine le permet par entre
Sébastien Meignan, fils de Mathurin Meignan et de Marie
Le Sellier, ses pères et mères d’une part, et de Renée Meignan
fille de deffunct Julien Meignan et de Françoise Louveau
ses pères et mères, d’autre part, tous de cette paroisse, du
consentement de ladite Louveau mère de ladite future et de leurs
plus proches parents et amis et témoins cy
après denomines, se sont donnés la foy de mariage
et promis s’épouser à la première requisition que l’un
en fera à l’autre les solenités de l’Eglise duement
observées, les conventions civiles du présent contrat.
Ont esté présents en leur personne chacun de Françoise
Louveau mère de la future et de Julien et Henry
Meignan, frères de ladite future lesquels se sont obligés
solidairement un seul et pour le tous sans division
pour telle part, portion et légitime que ladite future
pourait esperer es succession de ces pères et mères
tant venues qu’a venir, scavoir la somme de deux cent
livres, quelle somme de deux cent livres sera payée pour
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Les termes qui suivent, scavoir cinquante livre le jour des
épousailles, et aincy d’an en an jusques à fin de payement de
la somme de deux cent livres avec le principal et avenages. (2)
d’onze livres deux sols six deniers (3) de rente hypothèques
que les sus nommés ont lieu de se faire payer chacun ans
sur les héritiers de Jean Cillaire (4) suivant le contrat passé
devant Pierre Coignard (5) nottaire, en datte du septième
de mars l’an mil sept cent vingt avec reconnaissance
en conséquence passée devant Cristophe Grypon (6) nottaire,
en datte du vingtieme jour de septembre l’an mil sept
cent vingt quatre, tellement que ladite Louveau et Julien et
Henry Meignan ses fils ce sont déssaisis des à présent de la partie des
rente promis pour les dits futurs en jouir ,et ce faire payer des les
prochains termes à advenir, et ce sont obligés mettre
le contrat et la reconnaissance en consequence toute fois et quante (7)
entre les mains desdits futurs, item s’obligent comme dessus
payer es livre scavoir un lit garni d’une couette, un traversin
et deux oreillers de toile commune de plume deois, une
couverture de sauye (8) sur fil, un demy tour de lit de toille
rayée, une douzaine de draps, et pareil nombre de
serviettes, les draps de toile ourdie (9) de laine et tissés de gros,
et les serviettes de toile de ________ dont il y en a une demi
douzaine de toile de lin, deux nappes de _____ en ___________ , trois
petits plats ronds, et trois assiettes et un demy plat d’estain
commun, deux coffres, un grand et un petit de bois de chesne
fermant à clef, un habit selon la condition de ladite future
une vache, une génisse, et six pièces de ______ et est
justement Henry Maignan, oncle de ladite futur, lequel pour la bone
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amitié qu’il porte a sa nièce a promis et ces bien
obligé livrer aux dits futurs deux petits plats ronds, et deux
assiettes d’estain commun, quel trousseau sera livré le
jour précédent les espousailles. Et au cas que ladite partie de
rente se ramortisse (10) avec ladite somme de deux cents livres
ledit futur a promis remplacer sur tous, et chacun ses
meubles , tant immeubles que meubles tant venu qu’à
venir pour servir de nature de dot à ladite future, et se sont
promis douere (11) l’un à l’autre suivant la coutume, quel douere
courra du jour de la dissolution du présent sans qu’il soit
besoin d’en faire demande judiciaire directement ou indirectement.
Ont tous lesquels meubles cy dessus spécifiés ont esté estimés
entre les parties à la somme de quatre vingt livres. Et aincy
d’accord après avoir donné lecture aux parties faits es presence
et du concentement de Françoise Louveau, mère de ladite future
et de Julien et Henry Meignan frères de ladite future, et de
Henry Meignan oncle, et de Mathurin Meiggnan père dudit
futur et de Marie Lesellier mère dudit futur et de Jean
Meignan, frère et de Jeanne Levesque, de Pierre Meignan,
de Jean Martel, René Meignan, de Guillaume Lesellier
de Jean Faverie, de Pierre Meignan, de Michel Caillebotte
de Jean Baudet, de Henry Faverie, de François Roger
et de discepte(12) personne, George Sesard des Malterres
escuyer sieur de la Maltaire, et de noble dame Anne
Laisné épouse du sieur de la Maltaire, et de François le
Bourdais tous parents et amis et temoings tant costé
paternel que maternel mot rayé nul présence
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Les dites parties et les temoings glose(13) ? Meignan approuvé présences
lesdites parties
Signatures
Pour les signatures, se reporter à la page 4 du contrat. Elles sont facilement identifiables. On note cependant parmi elles:
Sébastine Meignan, le futur
La marque de Renée Maignan, la future
La marque de Françoise Louveau, sa mère
Julien Meignant (le frère de la future)
La marque de Méthurin Meignan, père du futur
La marque de Henry Maignan, oncle de la future
Guillaume Lesellier
Le Seigneur de Malterre et sa dame signent
Etc.
Henry Maignan (frère de la future)
La marque de Marie Lesellier, mère du futur
Jeanne Levesque ( probablement la belle-mère de Julien Maignan, frère de la future, dont l'épouse est Marguerite Maignan)
Bomer, notaire
Conclusion
Notes
- Les hais Maltaires , orthographié Les haies Malterre sur la carte de Cassini
- Avenages: L'avénage (ou avenage) est un vieux mot d'ancien français et du dictionnaire du Moyen Français qui désigne une taxe ou une redevance en avoine. Le terme vient de l'ancien fraçais avene. Ici il désigne les interêts (par opposition au principal)
- La livre était subdivisée en 20 sols. Un sol valait quant à lui 12 deniers.. Il s'agit d'une monnaie de compte. Les paiements étaient fait en n'importe quelle monnaie de règlement. Voir l'article sur wikipedia à ce sujet: Livre, monnaie du royaume de France
- Jean Cillaire : Je ne suis pas certain du nom
- Pierre Coignard, notaire. Je n'ai pas trouvé où dans la liste des études publiée sur le site des archives Mais pour Torchamp, les noms des notairs ne sont pas indiqués. Je regarderai ça lorsque j'irai sur place.
- Cristophe Grypon, notaire: même remarque
- Quante : En ancien français, quante est la forme féminine du pronom ou adjectif quant, issu du latin quantus, qui signifie « combien », « quelle quantité », « quel » ou « combien grand/nombreux »
- de sauye : probablement de saye, tissus de laine épais et grossier.
- Une toile ourdie désigne une toile dont les fils de chaîne ont été préparés et disposés sur un ourdissoir avant le tissage.
- ramortir: En ancien français, le terme « ramortir » dérive du sens d'affaiblir, de rendre moins vif. Ici, il s'agit d'une perte de valeur de la rente
- douere : douaire: Le douaire est un terme de droit ancien qui désigne la part des biens ou des revenus du mari réservée à son épouse pour subvenir à ses besoins en cas de veuvage. Et ici réciproquement.
- discrepte personne: discrète personne, un écclésiastique.
- glose: Dans un contrat de mariage du XVIIIe siècle, la présence du mot glose (parfois écrit glôse ou glause) fait souvent référence à une note, une modification ou un ajout écrit en marge ou entre les lignes du document par le notaire. Ici, au milieu de la deuxième page, à gauche, le nom Meignan est rajouté entre les lignes après Henry. Le notaire l'avait oublié



