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Immersion dans la vie des voyageurs du 19e siècle : A pied, en diligence et chemins de fer

 Même s'ils ne se déplaçaient pas aussi facilement et aussi souvent que nous, nos ancêtres de déplaçaient quand même en certaines occasion. Bien sur, il y avait les trajets quotidiens entre le domicile et le lieu de travail, le plus souvent effectué à pied dans les campagnes. En ville, les tramway hippomobiles facilitaient les déplacements. 


Les jours de marché, les paysans rejoignaient le village  à pied, avec une petite charrette à bras, ou des paniers pour ceux ayant le moins de choses à vendre, ou dans une carriole,  tirée par des bœufs, des chevaux, voire des chiens, en fonction de la quantité de marchandises à vendre. Le marché était bruyant des cris d'animaux aux milieu clameurs des chalands, et riche d'odeurs en tout genre. Une fois celui-ci terminé, un long nettoyage était nécessaire, plus encore que celui qui prévaut de nos jours, car en plus des cageots usagés qui pouvaient rester, il fallait se nettoyer paille, crottins et autres bouses

Une noce en procession à Parigné l'Evêque, Sarthe
passe devant la gendarmerie
Début XXe siècle
Collection personnelle

Bien entendu nos aïeuls devaient se déplacer pour d'autres occasions. Une noce par exemple traversait le village ou la ville en un long cortège piétonnier.  Pas de  concert de klaxon à l'époque, mais des musiciens marchant en te de colonne, allant de la mairie à l'église, puis de l'église au lieu de festivité, prairie ou salle de bal, selon les endroits et les dispositions prises pour le mariage.










Il arrivait aussi que nos aïeux déménagent. C'était assez  souvent près de chez eux. Qu'on se souvienne de l'âne de Jean de Florette , tirant une carriole par exemple. Une simple charrette à bras était souvent suffisante pour transporter les biens de la famille. Une charrette plus grande, tirée par des bœufs pouvait aussi être utilisée. Les paysans n'en manquaient pas. La famille cheminait à pieds à ses côtés.



Certaines personne avaient la nécessité de voyager plus loin que les quelques kilomètres du voisinage, que ce soit pour des besoins professionnels, ou plus rarement pour l'agrément. Il y eu toujours des commerçant ambulants qui, tels notre colporteur évoqué il y a quelque jours, usait ses souliers sur les chemins de sa tournée. Mais il y ru aussi de nombreux marchands ambulants plus aisés, voyageant avec de grandes quantité de marchandises en chariots ou en barges sur les fleuves. Puis apparurent les voyageurs de commerce, qui se déplaçaient pour le compte de leur entreprise, représentant en tissus ou en boissons, se déplaçant à travers un département ou dans tout le pays. Ils côtoyaient sur leurs chemins tout un monde de personnes qui se rendaient ici où là pour leurs affaires, avocats allant plaider, député se rendant à la chambre, ou encore grande dame quittant la ville pour la campagne. Les plus aisés pouvaient voyager en voitures individuelles. Mais le plus grand nombre empruntaient les diligences qui sillonnaient les routes poussiéreuses en été, bouseuses en hiver, qui quadrillaient le monde d'alors. Les voyages étaient long, fatigants, et pouvaient se révéler dangereux. Ils étaient d'autant plus inconfortables que les fenêtres ne fermaient que pas des rideaux et n'offraient qu'une protection relative contre les intempéries. Il fallait cohabiter avec les autres passagers parfois pendant plusieurs jours. Le voyage Paris Marseille, à titre d'exemple, durait 112 heures en diligence, en 1814. 
La diligence était un véhicule à quatre roues : deux petites à l'avant et
deux plus grandes à l'arrière.Ces roues consistaient en un moyeu fabriqué en orme,
des rayons en chêne résistant et la jante était en noyer.
À l'avant se trouvait la boîte du conducteur, où se trouvait son siège.



Les voyageurs devaient passer leurs nuits dans les relais de postes situés sur le trajet, où ils pouvaient de plus prendre leurs repas, composé d'une soupe, de viande, de fromage et de pain arrosé de cidre ou de vin, et qui permettaient le changement des chevaux de l'attelage. Des systèmes de relais de poste existaient dans toute l'Europe, en Chine, aux Etats Unis (les plus connus grâce aux westerns)

Mais au cours du XIXe siècle le chemin de fer fit son apparition, réduisant les temps de trajet et sonnant le glas des transports hippomobiles longue distance. Le trajet Paris Marseille est alors passé à 14 heures en 1893, soit 8 fois moins longtemps qu'en diligence. Les derniers relais de poste ont été fermés dans les années 1870, tout au moins pour le service des chevaux.


Un train au XIXe siècle

Nous pouvons imaginer le trajet de Théodore Jules LAFFEZ, en 1876:

5 ou 6 heures de train pour faire le trajet Lille Paris gare du nord
1 heure ou un peu plus pour changer de gare et rejoindre la gare Montparnasse, en tramway hippomobile
6 à 7 heures de pus pour aller de Montparnasse à Rennes
et enfin 2 ou 3 heures pour rallier Vannes

Un périple de 14 à 17 heures. Et encore. Il y avait peut être en plus de l'attente aux correpondances.

Toute une aventure!


Vannes

Une petite promenade en cartes postales de cette ville que je n'ai pas encore eu l'occasion de visiter.


La préfecture


La tour Trompette


La cathédrale



Le port et les quais


Les remparts surmontés de la cathédrale


La Garenne et la tour Connetable


 

Union



L'acte de mariage est le plus riche de renseignements que l'on puisse obtenir parmi les actes de l'état civil ou les actes de catholicité
Pour l'état civil on trouvera bien entendu les informations concernant les époux, avec leurs dates  et lieux de naissance, ainsi que les informations concernant leurs parents. On a parfois même mention des grands parents. 
Les témoins donnent d'autres renseignements car s'ils sont de la famille cela sera mentionné
Enfin s'il y a un contrat de mariage, ou d'autres documents nécessaires au mariage, ils seront mentionnés.

Prenons à titre d'exemple l'acte de mariage de Théodore Jules LAFFEZ et Marie Yvonne ROBINARD, mes sozas 16 et 17, du 6 avril 1880 à Vannes:




Cet acte fourmille de renseignements:

A propos du marié:

Théodore Jules LAFFEZ, né le 25 mars 1858 à Lille est majeur. La liste des renseignements fournis est conséquente:
  1. Théodore est soldat musicien au 35e régiment d'artillerie
  2. Son père est Henri Auguste LAFFEZ, domicilié à Lille
  3. Son père est maitre peintre. 
  4. Son père est encore vivant
  5. Son père lui  a donné l'autorisation de se marier, par acte notarié. L'acte notarié n'a pas été conservé, mais on a avec cette mention le nom d'un notaire qui était probablement le notaire de la famille
  6. Sa mère est Eugénie Henriette FRANCOMME
  7. Elle était ménagère.
  8. Elle est décédée à Lille le 26  juillet 1862
  9. Le conseil d'administration du régiment lui a accordé une autorisation pour se marier.


Marie Yvonne ROBINARD, née à Vannes le 27 mai 1862 est mineure. Les renseignements fournis sont les suivants:

  1. Elle est blanchisseuse
  2. Son père est Jean Marie ROBINARD, charretier décédé à Saint Nollf
  3. Sa mère est Angélique BREHELIN, qui est elle aussi blanchisseuse, est présente et consentante

Les témoins sont dans ce cas des amis du couple, pas des membres de la famille.




Source:  AD 56  4E_260_376   Mariages Vannes 1880 

Charretier




Jusqu'à l'invention de l'automobile et du poids lourd, nos ancêtres ne pouvaient compter que sur leurs bras ou leurs animaux pour transporter leurs marchandises. Et même encore après l'apparition des véhicules à moteur, la traction animale a continué à être utilisée pendant de longues années.


Baron, Balthazar Jean (1788-1869). Graveur. Le Charretier causant, à Combelande estampe 1828
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France




Jean-Marie  ROBINARD (soza 34) exerçait la profession de charretier. On pourrait croire que la conduite d'un chariot hippomobile, ou encore tracté par des bœufs, était à la portée de tout un chacun, tellement cela semble simple lorsqu'on regarde un western En réalité, il  s'agissait d'un vrai métier, avec ses exigences, telle que la connaissance des animaux, leur entretien, l'entretien du véhicule, etc. 

Et bien entendu  les charretiers étaient indispensables. Comment nourrir les villes, les approvisionner en bois ou autres marchandises sans eux ?



Afin de nous rendre compte un tout petit peu du quotidien de ces "chauffeurs routiers" avant l'heure, tournons nous vers Jean de la Fontaine qui nous décrit un incident de route qui a bien du arriver à tous les charretiers du monde, et dont la chute reste d'actualité, pour tout un chacun:


Le charretier embourbé


 Le phaéton  d'une voiture à foin

Vit son char embourbé. Le pauvre homme était loin

De tout humain secours. C'était à la campagne

Près d'un certain canton de la basse Bretagne,

              Appelé Quimper-Corentin. 

              On sait assez que le Destin

Adresse là les gens quand il veut qu'on enrage :

              Dieu nous préserve du voyage ! 

Pour venir au Chartier embourbé dans ces lieux,

Le voilà qui déteste et jure de son mieux,

              Pestant, en sa fureur extrême,

Tantôt contre les trous, puis contre ses Chevaux,

              Contre son char, contre lui même.

Il invoque à la fin le Dieu dont les travaux

              Sont si célèbres dans le monde :

Hercule, lui dit-il, aide-moi ; si ton dos

              A porté la machine ronde,

              Ton bras peut me tirer d'ici

Sa prière étant faite, il entend dans la nue

              Une voix qui lui parle ainsi :

              Hercule veut qu'on se remue,

Puis il aide les gens. Regarde d'où provient

              L'achoppement qui te retient.

              Ôte d'autour de chaque roue

Ce malheureux mortier, cette maudite boue

              Qui jusqu'à l'essieu les enduit.

Prends ton pic, et me romps ce caillou qui te nuit.

Comble-moi cette ornière. As-tu fait ? Oui, dit l'homme.

Or bien je vas t'aider, dit la voix : prends ton fouet.

Je l'ai pris. Qu'est ceci ? mon char marche à souhait.

Hercule en soit loué. Lors la voix : Tu vois comme

Tes Chevaux aisément se sont tirés de là.

               Aide-toi, le Ciel t'aidera.



Comme on le voit, les routes n'étaient pas sans difficultés et sans danger. Les ennuis mécaniques ne faisaient pas défaut, et s'occuper des bêtes une obligation vitale. S'il n'était pas nécessaire de mettre du gasoil dans le réservoir, il fallait quand même trouver du fourrage et de l'eau pour les nourrir. Heureusement des relais étaient semés sur tout le territoire pour cela.


Revenant à Jean Marie ROBINARD, nous savons qu'il n'est pas décédé à son domicile, ni même dans la ville où se trouvait son domicile, Vannes, mais à Saint Nolff, ville proche de Vannes cependant.

Plusieurs indices me font penser qu'il a eu un accident pendant un parcours, et que cela lui a été fatal:

  • Jean Marie ROBINARD est décédé alors qu'il avait 40 ans
  • Il n'est pas mort à la maison, ni à l'hôpital, ce qui aurait été le cas s'il avait été malade
  • Son décès est déclaré par un paysan et un instituteur de Saint Nolff, qui le connaissent, mais pas trop bien, car l'acte de décès comporte des erreurs (prénom de l'épouse, nom de la mère, âge) et imprécisions (son prénom).

J'ai tout de même cherché si par hasard le décédé ne serait pas un demi frère de notre Jean Baptiste, mais son père ne semble pas s'être marié deux fois, d'une part, et l'acte de mariage de sa fille Marie Yvonne le dit bien charretier et décédé à Saint-Nolff.





Début du 20e siècle, les attelages restent d'actualité. 




Jumeaux

Au hasard des recherches, on trouve parfois des "bizarreries" ! Ainsi, un jour que je faisais des recherches dans l'état civil de Vannes, je suis tombé sur une page où quatre patronymes identiques et successifs de nouveaux nés m'invitaient impérieusement à regarder de plus près pour savoir de quoi il retournait.





Qui sont donc ces DANIEL, tous les quatre nés le 13 mars 1889 ? Des quadruplés ? Non, en fait ce sont deux paires de jumeaux.

Les deux premiers, Louis Marie et Germaine Marie, sont les enfants de Jean Marie  DANIEL et de Marie Anne CAUDAL, mariés le 27/10/1884 à Vannes, comme indiqué dans les actes de naissance des deux enfants.
Les deux derniers, Ange Marie et Mathurin Marie sont les enfants de Mathurin Marie DANIEL et de Jeanne Françoise DAULAY, mariés eux aussi à Vannes, le 09/05/1888


Donc point de quadruplés, deux paires de jumeaux. 

La question suivante est alors de savoir s'ils ne sont pas cousins germains, par hasard. 

Une recherche rapide des  actes de mariage confirme que non. Les pères ne sont pas frères.

Les parents de Jean Marie DANIEL sont Majol DANIEL et Marie Joseph LEPETIT, ceux de Mathurin Marie DANIEL sont Jean François DANIEL et Françoise GAULIN.

Je n'ai pas cherché plus loin.


Naissances des deux couples de  jumeaux
AD56 Naissances Année 1889
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Mariage du 27/10/1884 (DANIEL/CAUDAL) :
AD 56 Mariages Année 1884 vue 44

Mariage du 09/05/1888 (DANIEL/DAULAY) :
AD 56 Mariages année 1888 vues 17 et 18


Jean Marie ROBINARD et Angélique BREHELIN

Acte de naissance de 
Jean Marie
 Jean Marie ROBINARD (soza 34)  est né le 4 février 1836 à Vannes. Il est fils de Jean Baptiste, journalier, demeurant rue de l'étang ,  et de Guillemette DIAVET. L'un des témoins de la naissance de Jean Marie, Marcel VERD, est sergent au cinquième régiment d'infanterie de ligne. L'autre, Pierre Marie Le VASTUMMER est cordonnier à Vannes.


Acte de naissance 
d'Angélique





 

Jean Marie exerce la profession de charretier à Vannes au moment de son mariage, le 13 avril 1858. Il prend alors pour épouse Angélique BREHELIN, (soza 35) blanchisseuse, demeurant à Vannes, mais native de Theix, fille de Joseph et Anne LE BRUN. Née le 7 février 1830, elle est plus âgée que Jean Marie, de six ans. 

 

Acte de mariage de Jean Marie et Angélique





Un charretier (Gallica)


Parmi les témoins du mariage se trouve Joseph AUDO, oncle par alliance de Jean Marie, qui a épousé en seconde noces Jeanne Vincente DIAVET,  sœur de Guillemette. Joseph AUDO est alors  gendarme à la retraite, et Chevallier de la Légion d'Honneur. Il fera l'objet d'un article à venir.
Deux autres témoins font partie des familles des mariés, Antoine BENARD, menuisier, est beau frère du marié, et  Charles LE BRUN, cocher, est demi frère de la mariée (frère uterin)

Le couple a six enfants, tous nés à Vannes, dont cinq filles:

  1. Marie Vincente, née le 20 novembre 1858, décédée 6 mois plus tard, le 2 juin 1860.
  2. Marie Anna, née le 13 mars 1861, décédée le 6 septembre 1867, à l'âge de 6 mois
  3. Marie Yvonne, née le 27 mai 1862, décédée au Mans le 23 octobre 1941, qui fut l'épouse de Théodore Jules LAFFEZ
  4. Jean Marie, né le 12 novembre1864, qui exercera la profession de couvreur.
  5. Marie Angélique, née le 29 mai 1867, décédée le 9 juin 1870 à Vannes. Elle avait trois ans.
  6. Marie Julienne, née le 13 mars 1869, décédée le 18 août 1872, à trois ans


Jean Marie semble être décédé à Saint Nolff, alors qu'il n'a que 40 ans, le 8 août 1876. Angélique lui survivra quelques années. Elle est décédée le 13 décembre 1890, à Vannes.

Je dis semble être décédé car l'acte de décès est étonnant:

  • Le défunt sur cet acte s'appelle Jean et a 42 ans. Or cette année là, Jean Marie a 40 ans, et son frère Jean Baptiste en a par contre 42 ! Cependant on peut penser que Jean Baptiste est un prénom composé, tandis que le Marie de Jean Marie pourrait être un second prénom.
  • Le défunt est charretier, mais cela ne suffit pas à trancher car Jean Marie et Jean Baptiste sont tous les deux charretiers, et habitent tout deux à Vannes (au même endroit)
  • L'épouse est appelée Jeanne BREHELIN, alors que l'épouse de Jean Marie se prénomme Angélique. Je n'ai par ailleurs pas trouvé de Jeanne BREHELIN vivante à cette époque. L'épouse de Jean Baptiste se nomme Marie GUYODO.
  • Le père du défunt est bien Jean Baptiste ROBINARD, mais la mère est appelée Guillemette Le DIGABEL. Le prénom est correct, mais pas le nom. Je n'ai par ailleurs pas trouvé de personne de ce nom, ni un éventuel remariage de Guillemette DIAVET avec un Monsieur Le DIGABEL
  • Par contre, le décès est à Saint Nolff,  à une dizaine de kilomètres de Vannes. On constate que les personnes rapportant le décès ne sont pas de la famille. On peut donc penser que Jean Marie, si c'est bien lui, est ici en un lieu où son travail le mène régulièrement, qu'il y est décédé probablement des suites d'un accident, alors qu'il voyageait seul. (Une maladie aurait probablement laissé le temps à des membres de la famille de venir sur place). Les personnes témoignant du décès le connaissent un peu, suffisamment pour connaitre son prénom usuel, les prénoms de ses parents, mais pas assez pour tout savoir. 



Sources

Actes d'Etat Civil: Archives départementales du Morbihan

Illustration: Gallica


Théodore Jules LAFFEZ

Théodore Jules LAFFEZ est mon arrière arrière grand père (soza 16) né le 25 mars 1858 à Lille (Nord, France). Ses ancêtres y habitaient depuis plus de 140 ans, à ma connaissance. 

Son engagement dans l'armée le mena en Bretagne, puis le travail dans la Sarthe. Les descendants de Théodore se sont alors quelque peu dispersés en  Sarthe, en Normandie et en Région Parisienne, entre autres. Mais il s'agit  une autre histoire.

On ne connait que peu de choses de l'enfance de Théodore. Il perd sa mère très jeune. En effet, celle-ci, Eugénie FRANCOMME décède le 27 juillet 1862, alors qu'il n'a que quatre ans. Elle même n'était âgée que de vingt sept ans. Son père, Henri Auguste se remarie rapidement, le 12 janvier 1863, moins de six mois après, avec Coralie QUINZEBILLE, qui lui donne un enfant qu'ils prénomment Chéri Henri. Celui-ci nait le 3 décembre 1863. Henri exerce la profession de peintre et vitrier, qu'il enseigne à ses deux fils, comme cela se faisait couramment à l'époque chez les artisans


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Le 25 mars 1876, Théodore s'engage dans l'armée, pour cinq ans. C'est le jour de ses dix huit ans. Quelle est la raison qui l'a poussé dans cette voie ? La date d'engagement laisse penser qu'il s'agit d'une décision prise après réflexion et que Théodore n'attendait que l'âge requis pour passer à l'action.
 
Plusieurs hypothèses viennent à l'esprit:

  • La défaite Française de 1871 alors qu'il est adolescent l'a-t-elle incité à rejoindre l'armée ? 
  • La vie dans une famille recomposée, sans sa mère mais avec une belle mère et un demi frère était elle insupportable ?
  • A-t-il simplement voulu voir du pays, changer d'air ?

A cette question nous n'aurons pas de réponse. Toujours est-il qu'il arrive au 28ème régiment d'artillerie le 28 mars 1876. Ce régiment a été créé en 1872. Certaines sources placent sa création à Rennes, d'autres à Vannes, ce qui semble le plus probable. Le premier janvier 1879, il est muté au 35ème régiment d'artillerie, qui lui est en garnison à Vannes. Il est ensuite mis en congés le 27 septembre 1880. Il accomplit ensuite deux périodes d'exercices, l'une au 15eme régiment d'artillerie, la suivante au 28ème. 
Il fera cependant une troisième et dernière période dans le 11ème régiment territorial d'artillerie. 



Un dernier renseignement intéressant sur la fiche matricule (ci-contre) nous indique que Théodore est peintre à l'école d'artillerie du IVème corps d'armée en 1900. Cette école est située au Mans.

Caserne de l'école d'artillerie du IVème corps




Mariage

Théodore se marie à Vannes le 6 avril 1880 avec Marie Yvonne ROBINARD, née à Vannes le 27 mai 1862. Marie est fille de Jean Marie ROBINARD et d'Angélique BREHELIN.

Comme Théodore est toujours sous les drapeaux au moment de son mariage, il a été dans l'obligation de  demander une autorisation  aux autorités de son régiment en plus de celle demandée à son père. Ces deux autorisations lui ont été  accordées, mais ne nous sont pas parvenues car elles n'ont pas été conservées, ni  par l'autorité militaire d'une part, ni par le notaire ayant dressé l'autorisation paternelle d'autre part. 

L'acte de mariage nous apprend de plus que Théodore était soldat musicien. 

Ci dessous se trouve l'acte de mariage de Théodore et Marie







De ce mariage naissent cinq enfants, dont trois atteindront l'âge adulte:

  • Paul Marc Marie, l'ainé, nait le 20 décembre 1880. Il s'agit de mon arrière grand père.
  • Felix Marie Théodore voit le jour le 18 juillet 1884. Il vivra en Normandie et aura de nombreux enfants
  • Théodore Eugène le suit le 22 mars 1889. Il ne vit que quelques semaines et décède le 12 mai de la même année.
  • Vient ensuite Lucie Marie Amélie, qui, née le 2 décembre 1890 décède quatre ans plus tard, le 19 juillet 1894
  • Finalement, une dernière fille, Lucie Marie nait le 11 juillet 1895. Elle vivra jusqu'n 1974 (5/8/1974)

L'ancien hôtel de ville de Vannes, où Théodore et Marie se sont mariés (Carte postale)




Un fait divers

Le 14  février 1889, le Novelliste du Morbihan et le 16 février, le journal Le Finistère relatent l'arrestation, l'évasion et le procès d'un certain Albert AUTRET, coupable de plusieurs vols, dont un cambriolage chez M LAFFEZ, peintre et débitant, dans la nuit du 21 au 22 septembre 1887. 

AUTRET est alors canonnier au 28eme régiment d'artillerie. Pour cette raison, et parce que le premier vol commis l'est au détriment de l'armée,  il est jugé par les autorités militaires lors d'un conseil de guerre. Comme il s'est évadé, il est jugé et condamné par contumace  à 20 ans de travaux forcés. 


Le compte rendu de la condamnation, à droite  (Archives départementales d'Ille et Vilaine) indique que Théodore était peintre, vitrier et aubergiste. Il n'y a pas d'autre renseignement utile au récit concernant Théodore. Il serait intéressant de retrouver le dépôt de plainte que Théodore a du déposer à cette occasion. 



J'ai de plus cherché à obtenir une copie de son inscription comme commerçant, mais les archives correspondantes n'ont pas été conservées. Les archives départementales du Morbihan suggèrent de fouiller dans les archives fiscales pour éventuellement trouver des informations sur les activités de Théodore.   


Le Mans


Ayant obtenu un travail à l'école d'artillerie du IVème corps d'armée, Théodore et sa famille s'installent au Mans au début de l'année 1900, rue du Pavillon.  Il y exerce son métier de peintre et vitrier, probablement comme employé des armées, comme le suggère la mention portée sur sa fiche matricule. Il n'existe cependant pas de dossier dans les archives des personnels civils des armées pour le confirmer.

Théodore décède au Mans à l'âge de47 ans, le 22 février 1906, à son domicile. Le décès est déclaré par Paul, son fils ainé, et Baptiste ROBINARD, son beau frère.


Acte de décès de Théodore


 




Sources:

Fiche matricule: Archives départementales du Nord
Acte de mariage: Archives départementales du Morbihan
Acte de décès: Archives départementales de la Sarthe
Presse ancienne: Archives départementales du Morbihan et du Finistère
Condamnation par contumace: Archives départementales d'Ille et Vilaine
Cartes postales: collection personnelle. 

Paul Marc Marie LAFFEZ


 

Paul Marc Marie LAFFEZ est mon Arrière Grand Père (Soza 8)

Enfance

Paul LAFFEZ, Paul Marc Marie pour l'état civil, est né le 20 décembre 1880 à Vannes (Morbihan, France), fils de Théodore Jules et de Marie Yvonne ROBINARD, dont je parlerai dans un prochain article.

Il a trois ans lorsque nait Félix Marie Théodore, qui fera lui aussi l'objet d'un prochain article, et huit lorsque Théodore Eugène vient au monde, le 22 mars 1889. Mais celui-ci décède quelques semaines  plus tard, le 12 mai de la même année. 
Cette année funeste aurait pu être suivie d'une autre encore pire, tant pour les parents de Paul que pour nous  tous, ses descendants. En effet, comme tout enfant de son âge, Paul aime à jouer dehors. C'est encore plus vrai à cette époque que maintenant où tant de distractions devant les écrans occupent nos enfants. Mais à l'époque, pas de télé, pas de jeu vidéo, et peu de livres sans doute. Et donc Paul joue dehors, probablement fréquemment, avec ses copains. 




Le journal de Ploërmel du 21 décembre 1890, disponible aux archives départementales du Morbihan (en ligne) relate en effet que Paul s'amusait à faire des glissades sur l'étang du Duc lorsque la glace a cédé. Paul fut englouti en une ou deux secondes et ne dû son salut qu'aux cris d'alerte de ses petits copains d'une part, et au courage d'un jeune homme, nommé LOHE, âgé de dix huit ans, qui n'a pas hésité à plonger et a pu le récupérer. Tout deux ont alors fait un séjour à l'hôpital, mais sans conséquences.  D'autres journaux ont relaté cet évènement, mais avec moins de détails.





Paul ne semble pas avoir été trop perturbé par cet incident qui aurait pu lui coûter la vie (et les nôtres, ses descendants, par la même occasion). On parle à nouveau de lui deux années plus tard, lors des remises de prix des écoles publiques de Vannes. 

Certes, Paul n'était pas le premier dans telle ou telle matière. Mais il est tout de même nommé sept fois en août 1892 (Avenir du Morbihan du 05/08/1892)








 


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L'enfance ne dure qu'un temps. Paul est de la classe 1900, et est bon pour le service. 

Au début de l'année 1900, son Père, Théodore obtient un emploi de peintre à l'école d'artillerie du 4ème corps d'armée. Cet établissement est situé au Mans (Sarthe) et toute la famille déménage. C'est donc au Mans que Paul passe entre les mains du conseil de révision. Sa fiche matricule porte le numéro 1438. Elle nous apprend qu'il mesure 1m74 et a les yeux bleus.

Du 16 novembre 1901 au 1er mai 1902, il est au 102ème régiment d'infanterie, puis il passe au 5ème régiment d'infanterie où il reste jusqu'au 18 septembre 1904. 
Pour entretenir l'instruction militaire, les hommes effectuaient à l'époque des périodes d'exercice. Paul les accomplit du 6 mai au 2 juin 1907 puis du 8 au 24 mai 1911, au 117ème régiment d'infanterie. Avec ces deux périodes, le service militaire de Paul a duré près de trois ans. 





Mariage


Paul se marie au Mans le 19 mai 1905. Son épouse, Marguerite Augustine GAUTIER est couturière. Née à Paris le 1er janvier 1881, elle est cependant sarthoise. Ses parents sont en effet manceaux, et habitent au Mans lors de son mariage. 

Le mariage donne lieu à un contrat, passé devant Maître NIVERT, notaire au Mans, le 4 février 1905. Sans entrer dans les détails de ce contrat dont je reparlerai une autre fois, retenons que la Grand Mère de Marguerite, Angélique CHASSEVENT la dote en mobilier pour une valeur de 165 francs de l'époque (selon l'INSEE, en tenant compte de l'érosion monétaire, de l'inflation, du passage au nouveau franc, le pouvoir d'achat conféré par ces 165 francs est équivalent à celui que confèreraient 65 859 euros. Suivre ce lien) , ainsi que d'une somme de 300 francs (119 744 euros) payable dans les 6 mois suivant son décès, ne portant pas intérêts jusqu'à cette époque (Elle était née en 1819, et a donc 90 ans au moment du contrat)

Paul apporte au mariage ses effets personnels, Marguerite, ses effets personnels et son livret de caisse d'épargne (48,70 francs ou 19 348 euros) , et la communauté sera réduite aux acquets. La mention dans le contrat d'un commerce éventuel dont le sort est réglé d'avance en cas de dissolution du mariage indique que le couple pensait probablement déjà à une installation en tant qu'artisan indépendant, alors que Paul était à cette époque ouvrier peintre (voir l'autorisation de mariage accordée par ses parents à Marguerite)

De cette union vont naitre trois enfants. René Paul Anatole est né le 11 mars1906 au Mans, alors que ses deux jeunes frères, Paul Lucien, et Gabriel George, mon Grand Père, sont nés à Parigné l'Evêque, le 24 septembre 1910. Paul et Marguerite ont en effet déménagé en 1908 (inscription sur la fiche matricule en date du 13 novembre 1908). Ils habitent dans la Grande Rue, et Paul exerce son métier de peintre en bâtiment à son compte. Il est le quatrième de la lignée, de père en fils, après Auguste, Henri et Théodore, à exercer cette profession.









Première guerre mondiale


Le 3 août 1914, l'Allemagne déclare la guerre à la France. D'autres déclarations ont eu lieu avant et d'autres suivent, comme celles de la France à l'Autriche Hongrie le 11 août et à l'empire Ottoman le 3 novembre. 

Cependant, la tension était telle que l'ordre de mobilisation générale avait été signé le 2 août, et affiché dans toutes les communes. 

Paul est donc mobilisé, laisse ses enfants sous la garde de Marguerite, et rejoint le 117ème régiment d'infanterie le même jour que Modeste RONCIN  (un des neveux d'Auguste RONCIN, le Grand Père de ma Grand Mère Blanche) , à savoir le 12 août. Modeste venait de Challes, village voisin de Parigné, et ils ont probablement fait un bout de trajet ensemble, avec les autres gars de Parigné et de Challes mobilisés, peut-être en train.



Le 117 va combattre en Belgique, puis à Verdun, mais Paul est muté au premier régiment du Génie en janvier 1916. Il passera ensuite par les deuxième et quatrième régiments du Génie avant un retour définitif au premier régiment en septembre 1917. 

Le cessez le feu sonne sur tout le front le 11 novembre 1918, à 11 heure, mais il faut attendre encore avant de rentrer à la maison. Paul est démobilisé le 2 février 1919.

Tout ceci fera l'objet d'un article à venir.


La vie reprend son cours. Paul est patron, forme son fils Gabriel à son métier, ainsi que d'autres apprentis, dont on retrouve la trace dans les recensements. 

Paul décède à Parigné le 16 avril 1935.

Gabriel prend la relève, aidé d'un apprenti, Pierre Paul BIGNON


Recensement Parigné l'Evêque
AD72 MI0003401936 vue 268



Sources:

Archives départementales de la Sarthe: Documents d'Etat civil, recensement, fiche matricule
Archives départementales du Morbihan: Journal de Ploërmel du 31/12/1890. Numérisé, Avenir du Morbihan du 05/08/1892, numérisé
Archives familiales: Contrat de mariage et livret de famille de Paul Marc Marie LAFFEZ,  autorisation de mariage de Marguerite Augustine GAUTIER, photo
Collection personnelle: Carte postale



















Le contrat de mariage d'Etienne Pierre GAUTIER er Armandine Désirée Pauline BOUTTIER

Remerciement Un grand merci à Mme ARCHAMBAULT, du fil d’Ariane, qui a fait la recherche de ce document pour moi. Introduction  Je vous parle...