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| J'avais initialement lu VAIDIER au lieu de VAIDIE Je ne peux cependant pas refaire ce diagramme Avec mes excuses |
De Branches en branches
Ballades et rencontres aux pays de nos aïeux
Anne VAIDIE
Bénidiction d'une croix à Freigné (Maine et Loire)
Il s'agit de la bénédiction d'une croix.
Bien que ce texte soit court et assez facile à lire, envoici la transcription:
1 Le jour onzieme du mois d'octobre mil sept cent soixante quinze, nous recteur soussigné, en vertu
2 d'un pouvoir à nous accordé par Monseigneur l'abbé Dehercé, vicaire général en ce diocèse, Monseigneur l'Evêque de
3 Nantes, nouveau naïant (1) point encore pris possession, avons béni une croix au village de la Bélizière
4 dans le chemin vis à vis de la maison du nommé Bagasse, au coin d'un petit champ et vis à vis de la vieille
5 croix. A 4 pieds de distance dans le milieu du chemin, il y a une bonne pierre ardoisine pour marque
6 de séparation de notre Paroisse de Saint Mars la Jaille. Cette croix a été posée à la diligence
7 et aux frais de Jean FROMANTIN, le père, metaïer (2) à la Belisière en Freigné. Présents à la Bénidiction tous
8 ceux des villages voisins. L'usage est qu'on fasse ces sortes de bénidiction en faisant une procession solenelle
9 mais l'éloignement de notre bourg a engagé les supérieurs à nous en dispenser.
Signé: Morin, recteur de Freigné.
A noter que ce que le rédacteur appele un village est ce que nous appelerions de nos jours un lieu dit. Quelques maisons tout au plus. Le coeur de la paroisse, où se situe l'église, est le bourg. Il y a environ 5 km entre les deux endroits dans ce cas.
On remarque aussi que l'évêché dont dépent Fraigné est celui de Nantes, et non pas celui d'Angers.
Qui donc, dans mon ascendance, habitait Freigné en cette période (sans parler des enfants trop jeunes pour qu'ils en gardent souvenir) ?
Il y avait à cette époque, à Freigné:
Olivier POUTIER et sa femme Marie TERTIN (sozas 228 et 229). Les parents de Marie TERTIN (que je n'ai pas encore "croisés" ) étaient peut-être là aussi.
Et peut être aussi les parents de René BONDU (soza 230), Jean et Renée BADAULT (même remarque)
De nos jours, la Bélizière existe toujour, mais il semble bien qu'il n'y ai plus de croix dans son voisinage.
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| La Bélizière Google earth |
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| Freigné, la Bélizière et Saint Mars la Jaille. IGN |
Notes
1 naïant: n'ayant
2 métaïer métayer
Source:
AD 495mi0721
Un emprunt sous l'empire
L’article de ce jour sera bref.
Lorsque nous avons besoin d’entreprendre quelque chose, d’acheter quelque chose, il faut bien souvent trouver de quoi financer notre projet. De même, il nous tombe parfois une tuile sur la tête qu’il nous faut bien financer, de manière impérieuse et urgente. Pour cela il nous suffit de pousser la porte, réelle ou virtuelle, d’une banque ou d’un organisme de crédit pour tenter d’obtenir les fonds nécessaires. Le résultat n’est pas garanti, mais la possibilité est là.
Il n’en a pas toujours été ainsi.
Même si le crédit existe depuis l’antiquité, au moyen âge l’usure, le prêt contre intérêt était interdit par l’Église aux Chrétiens, et donc peu pratiqué. A la révolution Française, en 1789, le prêt à intérêt fut officiellement autorisé. Le taux en était fixé à 5%. L’essor des grands magasins, dans la deuxième moitié du XIXe siècle, vit l’apparition du crédit à la consommation. Celui-ci ne se démocratisa cependant qu’à partir des années 1950.
Avant, pour se financer, on ne faisait donc pas trop appel aux banques. Certes, les grandes industries, les états empruntaient à de solides établissements bancaires, car ceux-ci existaient. Mais il y avait aussi (et cela reste vrai) la possibilité d’emprunterentre particuliers. On en retrouve la trace chez le notaire, car il était nécessaire d'officiliser ces transactions.
Le document présenté en est un exemple. Il a probablement été mis en forme chez le notaire après la transaction initiale entre les deux parties qui ont préalablement scellé leur accord en topant devant une chopine de cidre ou de poiré.Il s'agit d'une reconnaissance de dette, et c'est un document assez bref.
Le notaire précise dans son acte le montant emprunté, soit 370 francs. Il précise que l’argent a été donné par le prêteur hors de sa présence , et que cela a été payé en argent métallique. Pas de lettre de change, pas de monnaie papier. Question de confiance.
Pour se rendre compte de ce que ce montant représente, il suffit de savoir qu’une pièce de 20 francs or de 1810 contient (il en existe encore) 5.81 grammes d’or pur. Si la somme a été payée avec de telles pièces cela fait 107.485 grammes d’or. Le même poids d’or 24 carats vaut environ 12 000 € au moment où j’écris (22/08/2026)
Plus loin les modalités de remboursement sont indiquées clairement. Il n’est pas question d’intérêt, et le montant de chaque remboursement n’est pas indiqué. Il n’y a don peut être pas d’intérêt, et il suffit de diviser par trois pour avoir le montant de chaque paiement.
Enfin, le prêt est garanti par une hypothèque, dont l’emprunteur devra supporter les frais, et par la présence de deux témoins.
Il ne faut pas douter que le sieur Germont s’est d’abord enquis de la réputation et de de la solvabilité de Michel Le Mée.
L’histoire ne dit pas à quoi était destiné cet argent, ni s’il a été remboursé, intégralement et dans les délais.
Ci-après la transcription du texte, au demeurant assez facile à lire et comprendre.
Page 1
___ à Germont, le 20 may 1810, sans expédition
Par devant nous Pierre Leroyer
| Page 1 |
chef-lieu de canton, arrondissement de
Domfront, département de l’Orne, sousigné
L’an mil huit cent dix, le
premier may avant midy au bourg
dudit Passais
a comparu Michel Le Mée, fils de
feu Siméon Le Mée, demeurantcCommune du Teilleul, département de la
Manche, lequel a reconnu devoir au sieur
Pierre Germont, Mégissier et propriétaire,
demeurant à Mesnil Gouffier, dite commune de
Passais, la somme de trois cent soixante
dix francs qui lui a prêté hors notre
présence en argent métallique de présent ayant
cours ainsi que nous l’a déclaré le dit Le
Mée et s’est obligé à lui rendre en les
mêmes espèces en trois payements égaux
exigibles le premier d’aujourd’hui en un an,
le deuxième d’aujourd’hui en deux ans et le
troisième d’aujourd’hui en trois ans, jours
fixes, et pour garantir le payement de ladite
somme de trois cent soixante dix francs
ledit Le Mée affert et hipotheque
spécialement une pièce de terre labourable
nommée le petit champ située près le
hameau des grands champs commune du
Page 2
Bois, département de la Manche, touchant
des toute part , le sieur Breillos, _____
Le Mée, le chemin de Teilleul à
sur laquelle pièce ledit Germont pourra [faire ?] (le mot est dans le plis)
toute inscription _____ au bureau de la
conservation de hipothèque de Mortain
sous lequel elle dépend. S’oblige ledit
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pourra donner lieu le présent
Fait et passé en présence de
Jean Le Bigot, menuisier et Jacques Hamard
maréchal, tous deux de Passais
témoins signés avec ledit Le Mée
Nous dit notaire après lecture
Signatures :
Michel Le Mée
Jacques Hamard
J. Bigot
Le Royer
Remarque
Référence:
Contrat de mariage entre Sébastien Maignan et Renée Maignan
Introduction
Note concernant le patronyme Maignan :
Le notaire utilise presque partout l’orthographe Meignan, sauf une fois où il écrit Maignan.
Dans les signatures, on trouve les deux cas. Dans la transcription j’ai respecté l’orthographe utilisée par le notaire. Pour mon texte j’ai utilisé l’orthographe Maignan, que l’on retrouve dans les actes concernant Jeanne Maignan, épouse de Thomas Pierre Cillere, mes ancêtre à la 8ème génération (toujours dans la branche Roussel)
Le contenu de ce contrat
La dot de la future mariée se compose de trois parties :
Une somme de deux cent livres qui sera payée en quatre fois
Un contrat et une reconnaissance qui vont lui assurer un revenu de onze livres deux sols six deniers, sur les héritiers de Jean Cillaire. Les informations concernant les documents notariés correspondants me permettront d’aller voir de quoi il s’agit à mon prochain passage aux Archives de l’Orne.
Une liste de linge de maison, de vaisselle et de meubles (des coffres, bien souvent les seuls meubles avec le lit et une maie pour le pain). Mais tous ces biens ne seront pas apportés en nature. Le contrat indique bien qu’ils seront payés « en livre ». La famille s’engage donc à donner l’argent nécessaire au couple, pour un montant estimé à 80 livres
Cette troisième partie comporte une vache et une génisse. Peut-être les bêtes ont-elles été prélevées sur le troupeau familial et non pas achetée ?
Il est à noter qu’un habit est prévu pour la future mariée, et que cet habit doit être adapté à sa condition. En effet, à cette époque, on ne s’habille pas comme on veut. Certains effets sont réservés à la noblesse, d’autres sont obligatoires pour les domestiques, etc.
L’oncle de Renée, Henri Maignan lui fourni pour sa part un trousseau dont les parties sont énumérées. Ceci sera donné en nature au couple.
En dernier lieu, les époux se promettent « douaire » en cas de dissolution, c’est-à-dire en cas de décès de l’un des époux. L’autre ne restera pas sans rien.
Voici donc la transcription du contrat, dont quelques termes techniques m’ont échappé, avec quelques notes. Le texte original en illustration est assez simple à lire.
Quelques explications en fin d’article sur certains termes aujourd’hui en désuétude, voir oubliés
Le contrat
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| Page 1 |
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| Pages 2 et 3 |
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| Page 4 |
Transcription
Page 1
Du dix-huitième jour de juillet l’an mil sept cent
vingt six au lieu des hais Maltaires (1) paroisse de
Torchamp, devant nous nottaire royal sousigné.
Pour parvenir a la conclusion et proposition du mariage
espéré estre fait en face de notre mère la Sainte Église
Catholique apostolique et Romaine le permet par entre
Sébastien Meignan, fils de Mathurin Meignan et de Marie
Le Sellier, ses pères et mères d’une part, et de Renée Meignan
fille de deffunct Julien Meignan et de Françoise Louveau
ses pères et mères, d’autre part, tous de cette paroisse, du
consentement de ladite Louveau mère de ladite future et de leurs
plus proches parents et amis et témoins cy
après denomines, se sont donnés la foy de mariage
et promis s’épouser à la première requisition que l’un
en fera à l’autre les solenités de l’Eglise duement
observées, les conventions civiles du présent contrat.
Ont esté présents en leur personne chacun de Françoise
Louveau mère de la future et de Julien et Henry
Meignan, frères de ladite future lesquels se sont obligés
solidairement un seul et pour le tous sans division
pour telle part, portion et légitime que ladite future
pourait esperer es succession de ces pères et mères
tant venues qu’a venir, scavoir la somme de deux cent
livres, quelle somme de deux cent livres sera payée pour
Page 2
Les termes qui suivent, scavoir cinquante livre le jour des
épousailles, et aincy d’an en an jusques à fin de payement de
la somme de deux cent livres avec le principal et avenages. (2)
d’onze livres deux sols six deniers (3) de rente hypothèques
que les sus nommés ont lieu de se faire payer chacun ans
sur les héritiers de Jean Cillaire (4) suivant le contrat passé
devant Pierre Coignard (5) nottaire, en datte du septième
de mars l’an mil sept cent vingt avec reconnaissance
en conséquence passée devant Cristophe Grypon (6) nottaire,
en datte du vingtieme jour de septembre l’an mil sept
cent vingt quatre, tellement que ladite Louveau et Julien et
Henry Meignan ses fils ce sont déssaisis des à présent de la partie des
rente promis pour les dits futurs en jouir ,et ce faire payer des les
prochains termes à advenir, et ce sont obligés mettre
le contrat et la reconnaissance en consequence toute fois et quante (7)
entre les mains desdits futurs, item s’obligent comme dessus
payer es livre scavoir un lit garni d’une couette, un traversin
et deux oreillers de toile commune de plume deois, une
couverture de sauye (8) sur fil, un demy tour de lit de toille
rayée, une douzaine de draps, et pareil nombre de
serviettes, les draps de toile ourdie (9) de laine et tissés de gros,
et les serviettes de toile de ________ dont il y en a une demi
douzaine de toile de lin, deux nappes de _____ en ___________ , trois
petits plats ronds, et trois assiettes et un demy plat d’estain
commun, deux coffres, un grand et un petit de bois de chesne
fermant à clef, un habit selon la condition de ladite future
une vache, une génisse, et six pièces de ______ et est
justement Henry Maignan, oncle de ladite futur, lequel pour la bone
Page 3
amitié qu’il porte a sa nièce a promis et ces bien
obligé livrer aux dits futurs deux petits plats ronds, et deux
assiettes d’estain commun, quel trousseau sera livré le
jour précédent les espousailles. Et au cas que ladite partie de
rente se ramortisse (10) avec ladite somme de deux cents livres
ledit futur a promis remplacer sur tous, et chacun ses
meubles , tant immeubles que meubles tant venu qu’à
venir pour servir de nature de dot à ladite future, et se sont
promis douere (11) l’un à l’autre suivant la coutume, quel douere
courra du jour de la dissolution du présent sans qu’il soit
besoin d’en faire demande judiciaire directement ou indirectement.
Ont tous lesquels meubles cy dessus spécifiés ont esté estimés
entre les parties à la somme de quatre vingt livres. Et aincy
d’accord après avoir donné lecture aux parties faits es presence
et du concentement de Françoise Louveau, mère de ladite future
et de Julien et Henry Meignan frères de ladite future, et de
Henry Meignan oncle, et de Mathurin Meiggnan père dudit
futur et de Marie Lesellier mère dudit futur et de Jean
Meignan, frère et de Jeanne Levesque, de Pierre Meignan,
de Jean Martel, René Meignan, de Guillaume Lesellier
de Jean Faverie, de Pierre Meignan, de Michel Caillebotte
de Jean Baudet, de Henry Faverie, de François Roger
et de discepte(12) personne, George Sesard des Malterres
escuyer sieur de la Maltaire, et de noble dame Anne
Laisné épouse du sieur de la Maltaire, et de François le
Bourdais tous parents et amis et temoings tant costé
paternel que maternel mot rayé nul présence
Page 4
Les dites parties et les temoings glose(13) ? Meignan approuvé présences
lesdites parties
Signatures
Pour les signatures, se reporter à la page 4 du contrat. Elles sont facilement identifiables. On note cependant parmi elles:
Sébastine Meignan, le futur
La marque de Renée Maignan, la future
La marque de Françoise Louveau, sa mère
Julien Meignant (le frère de la future)
La marque de Méthurin Meignan, père du futur
La marque de Henry Maignan, oncle de la future
Guillaume Lesellier
Le Seigneur de Malterre et sa dame signent
Etc.
Henry Maignan (frère de la future)
La marque de Marie Lesellier, mère du futur
Jeanne Levesque ( probablement la belle-mère de Julien Maignan, frère de la future, dont l'épouse est Marguerite Maignan)
Bomer, notaire
Conclusion
Notes
- Les hais Maltaires , orthographié Les haies Malterre sur la carte de Cassini
- Avenages: L'avénage (ou avenage) est un vieux mot d'ancien français et du dictionnaire du Moyen Français qui désigne une taxe ou une redevance en avoine. Le terme vient de l'ancien fraçais avene. Ici il désigne les interêts (par opposition au principal)
- La livre était subdivisée en 20 sols. Un sol valait quant à lui 12 deniers.. Il s'agit d'une monnaie de compte. Les paiements étaient fait en n'importe quelle monnaie de règlement. Voir l'article sur wikipedia à ce sujet: Livre, monnaie du royaume de France
- Jean Cillaire : Je ne suis pas certain du nom
- Pierre Coignard, notaire. Je n'ai pas trouvé où dans la liste des études publiée sur le site des archives Mais pour Torchamp, les noms des notairs ne sont pas indiqués. Je regarderai ça lorsque j'irai sur place.
- Cristophe Grypon, notaire: même remarque
- Quante : En ancien français, quante est la forme féminine du pronom ou adjectif quant, issu du latin quantus, qui signifie « combien », « quelle quantité », « quel » ou « combien grand/nombreux »
- de sauye : probablement de saye, tissus de laine épais et grossier.
- Une toile ourdie désigne une toile dont les fils de chaîne ont été préparés et disposés sur un ourdissoir avant le tissage.
- ramortir: En ancien français, le terme « ramortir » dérive du sens d'affaiblir, de rendre moins vif. Ici, il s'agit d'une perte de valeur de la rente
- douere : douaire: Le douaire est un terme de droit ancien qui désigne la part des biens ou des revenus du mari réservée à son épouse pour subvenir à ses besoins en cas de veuvage. Et ici réciproquement.
- discrepte personne: discrète personne, un écclésiastique.
- glose: Dans un contrat de mariage du XVIIIe siècle, la présence du mot glose (parfois écrit glôse ou glause) fait souvent référence à une note, une modification ou un ajout écrit en marge ou entre les lignes du document par le notaire. Ici, au milieu de la deuxième page, à gauche, le nom Meignan est rajouté entre les lignes après Henry. Le notaire l'avait oublié
Source
Conseil de révision et tirage au sort
Après les guerres de la révolution et de l’empire, mes besoins en hommes de l’armée sont moins importants, mais sont toujours d’actualité. Le service militaire est réorganisé, ainsi que les modalités de recrutement du contingent annuel. Ceci est fixé par la loi Gouvion Saint Cyr de 1818. Elle prévoit une armée de 240 000 hommes, volontaires et appelés confondus. Le service militaire est long, 6 ans, ce qui impose le recrutement de 40 000 homes chaque année. Le service commence le 1er janvier qui suit le conseil de révision.
Le recrutement se fait parmi la classe
d’âge des jeunes hommes atteignant leurs 20 ans l’année du recrutement. Comme ils
doivent rester disponibles, sans engagements, les hommes ne peuvent donc pas se
marier tant que le conseil n’a pas statué, et pour ceux qui sont appelé, tant
qu’ils n’ont pas effectué leur service. Une fois ce temps effectué, ils restent
encore 6 ans affectés au service territorial. Ils sont appelés vétérans,
rentrent dans leurs foyers, peuvent se marier. Ils ne sont appelés à aucun
service en temps de paix, mais pas en temps de guerre, où ils peuvent être
appelés à servir dans leur région militaire. Des exceptions existent à se
service territorial (âge supérieur à 32 ans, ce qui pouvait arriver en cas d’ajournement,
plus de 12 ans de service, possible pour un engagé avant 20 ans, infirmité
grave).
Concrètement, les besoins de l’armée
sont répartis par cantons (au plus bas échelon). Chaque canton doit dont
fournir un certain nombre d’appelés, choisis parmi les jeunes gens ayant
atteint l’âge de 20 ans dans
l’année.
Le tirage au sort
Une séance, présidée par le sous-préfet,
assisté des maires des communes du canton, permet de procéder au tirage au
sort. La liste des hommes ayant atteint les 20 ans et de ceux qui ont été
ajournés l’année (ou les années) précédente est dressée, par ordre
alphabétique. Elle est lue à haute voix aux présents (il y a beaucoup d’analphabètes
à l’époque) et éventuellement rectifiée en fonction des remarques des présents,
et après délibération des maires et du sous-préfet.
On appelle ensuite chacun des
hommes de la classe pour qu’il vienne tirer un bulletin dans une urne sur
lequel est inscrit un numéro. Le jeune homme peut être remplacé par son représentant
légal ou par le maire de sa commune. Le numéro pioché est alors noté au regard
de son nom sur la liste. En même temps, on inscrit son nom sur une liste qui,
elle, est ordonnée selon les numéros (Elle est donc préparée à l’avance, et
même si tous ne seront pas recrutés, tous y figureront). La liste de tirage au
sort est publiée ensuite
S’il est en bonne santé et a tiré
un bon numéro, il est presque sur d’être recruté. Au contraire, s’il a récupéré
un numéro élevé, il ne partira probablement pas. Cependant, ce n’est pas encore
terminé
Conseil de révision
Il faut des hommes en bonne santé
et de bonne constitution pour faire de bons soldats. Mais il faut aussi assurer
la production agricole dans le pays et permettre à chaque famille de vivre. Les
cas d’exemption de service sont donc nombreux.
Le passage devant le conseil de
révision se fait canton par canton, dans l’ordre du tirage au sort. Le cas de
chacun des hommes de la classe est examiné, et à l’issue de cet examen,
plusieurs issues sont possibles :
L’homme est jugé apte au service. Il fera donc partie du contingent recruté et fera son service militaire, qui commencera le 1er janvier suivant.
L’homme est exempté pour raison
médicale, et dans ce cas la raison est indiquée (ophtalmie chromique par exemple,
sur un des cas illustrant cet article, infirmité…)
L’homme est exempté pour faiblesse
de constitution ou taille insuffisante (le minimum requis est 1m54)
L’homme est exempté pour raison
familiale (ainé d’une famille d’orphelin, frère d’un soldat en activité, ou d’un
soldat tué en opération par exemple)
Certains sont dispensés pour raisons professionnelles (inscrits maritimes, personnels des arsenaux et chantiers maritimes par exemple)
Chacun doit donc, s’il répond d’un
cas d’exemption possible, présenter son dossier, établi par la maire de sa
commune.
L’homme est ajourné. Cela peut arriver en cas d’absence, avec ou sans date d’ajournement.
Enfin un homme peut se faire
remplacer. (Voir plus loin) Il dot alors le signaler à ce moment.
Le conseil étudie donc les cas
individuels les uns après les autres, statuant sur l’aptitude et l’exemption,
et s’arrête lorsque le nombre requis pour le canton est atteint.
La liste du canton, dressée dans
l’ordre du tirage au sort est remplie au fur et à mesure. Seuls les derniers
noms n’ont aucune information portée sur leur ligne. Leurs cas n’ont pas été
étudiés, le quota ayant été atteint avant.
Remarque :
Peu d’ouvrier
sont recrutés car le travail dès le plus jeune âge en usines et atelier se
faisait dans de mauvaises conditions. Leur développement était freiné par ces
conditions, ce qui fait qu’ils atteignaient rarement la taille requise. A cela s’ajoutaient
de fréquents accidents du travail, cause de nombreuses infirmités.
Le remplacement
Il était possible de se faire
remplacer. Pour cela, le remplaçant ne devait pas être soumis lui-même aux
obligations militaires (ou bien être libéré des obligations militaires. Il
devait être en bonne condition physique, avoir moins de 30 ans, ou 35 s’il
était ancien militaire). Le remplaçant doit être proposé au moment du conseil.
Un jeune homme ayant tiré un bon numéro peut se proposer comme remplaçant.
En cas de défaillance du
remplaçant, comme la désertion, le remplacé est responsable pendant une année.
Dans ce cas le remplacé remplacera le remplaçant jusqu’à la fin des six années
de service. Par contre, si le remplaçant est tué en opération, le remplacé est
libéré de toute obligation militaire.
Quelques exemples familiaux :
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| François GOUAULT, François FLEURY, Siméon QUENTIN |
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| Patrice Alexandre ROUSSEL Il n'y a rien sur la ligne qui lui est affectée |
Patrice Alexandre ROUSSEL, né le
20 mai 1832, est de la classe 1852. Il a tiré le numéro 92. C’est un bon
numéro, son cas n’a pas été étudié car le nombre d’hommes recrutés dans le
canton avait été atteint avant
Autres exemples :
François FLEURY, numéro 47, juste
après François GOUAULT a lui été jugé apte au service, alors que Siméon
QUENTIN, numéro 48, a lui été exempté car frère d’un militaire en activité
En conclusion
Sources :
Aux archives départementales de l’Orne
Dans la série R
Délibérations du conseil de révision
R530 : Classe 1845
R537 ; Classe 1852
Guillaume Gouault et Elisabeth Vaidie (suite)
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| Le bourg de Saint Roch sur Égrenne |
Dans l’article précédent, j’avais exposé le contrat de mariage de Guillaume GOUAULT et Elisabeth VAIDIE. Ceci nous a donné une (toute) petite idée des conditions matérielles de la famille. Mais je n’avais pas donné d’information sur la famille elle-même. Les voilà qui suivent.
Guillaume Siméon GOUAULT est né et baptisé le 27 janvier
1780 à Saint Roch sur Égrenne, dans l’ouest de l’Orne, près de Domfront
(Aujourd’hui Domfront en Poiraie). Son père, Jean GOUAULT, est qualifié de
propriétaire par le curé qui baptise l’enfant. Sa mère se nomme Hélène GÉROUARD. Elle a accouché dans leur maison du village de la Rumine1, à Saint Roch.
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| L'acte de baptême de Guillaume Siméon. Il comence en bas de la page de gauche |
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| Première partie de l'acte de baptême de Pierre, frêre de Guillaume, sur lequel on lit bien le lieu de naissance |
Son oncle Guillaume GÉROUARD est son parrain et sa marraine
est une de ses cousines, Simone BOULAY.
Il est le dernier des cinq enfants du couple GOUAULT / GEROUARD. (A ma
connaissance, mais j’y reviendrai peut-être une autre fois, car je n’ai pas
encore fait de recherche sur ce couple et ne peux rien certifier pour le
moment)
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| La ferme de la Noé Rousses.Est-ce le même bâtiment ? Je n'en sais rien, mais c'est de l'ordre du possible |
Il existe aujourd'hui à Passais une ferme nommée ferme de la Noé Rousse, qui produit des confitures, et est d'ailleurs à vendre)
Ses parents sont François VAIDIÉ et Marguerite GERMOND, pour
lesquels je n’ai pas encore fait de recherche. Son parrain est Pierre VAIDIÉ,
son frère. Sa marraine est Françoise CHÊRUEL. Cette famille semble un peu plus
aisée que la famille Jean GOUAULT. François VAIDIÉ est marchand, et comme on l’a
vu dans l’article précédent (disponible ici) il fera une avance sur sa
succession à sa fille lors de son mariage.
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| Acte de baptême de Françoise VAIDIE |
Il est impossible de
parles des événements ayant précédé le mariage qui se déroule à Passais la
Conception le 19 janvier 1809. Tous deux sont des enfants de la révolution et
lorsqu’ils se marient, on est dans les guerres impériales. Guillaume a alors
28 ans et il me faudra vérifier s’il n’a pas été mobilisé un temps dans les
armées Napoléoniennes. Le père de Guillaume Siméon est décédé 8 ans plus tôt,
le 26 janvier 1799. Lorsqu’il se marie, Guillaume Siméon est dit propriétaire,
tout comme l’était son père. Ceci est certifié par le notaire et le curé Mais
les actes de naissance de ses enfants le disent systématiquement cultivateur. Cela
ne veut cependant pas dire qu’il n’est plus propriétaire. L’ancien régime a été
balayé, les dénominations ont changé. Cela donne des idées de recherches à faire
dans les actes notariés afin de découvrir quel était son patrimoine, probablement
hérité de son père, qui était marchand, et dont il n’a pas suivi les pas.
Jusqu’à son mariage, Guillaume est domicilié à Sint Roch sur Égrenne. Il ira ensuite habiter à Passais la Conception, dans le village de son épousée.
Françoise Elisabeth a vécu à Passais tout sa vie. Lors de
son mariage son père lui avance la somme de 108 francs. Lui aussi est propriétaire.
Sa famille et celle de son épouse, Marguerite GERMOND, semblent être des familles
de quelque importance dans région de Passais. On retrouve d’ailleurs un certain
nombre d’actes passés par des porteurs de ces deux patronymes dans les archives
de Maître LE ROY, le notaire de Passais (que je suis en train « d’éplucher » (les actes, pas le notaire !))
Guillaume rejoint Françoise à la Noë Rousse à leur mariage.
Ils y restent au moins jusqu’en 1815. C’est en effet dans ce village3
que naissent leurs premiers enfants, à savoir :
Guillaume François, le 07/0/1810
Virginie Françoise, le 08/04/1811
François Auguste, le 08/11/1812
Jean Baptiste, le 24/02/1815
Ensuite est né Pierre François, le 07/06/1817, mais l’officier
de l’état civil n’a pas précisé à quel endroit. Peut-être est-il né à la Noë Rousse ?
Ou bien à la Filière, un autre village de Passais ? où viennent au monde
tous les enfants suivants ?
Guillaume et Françoise ont en effet déménagé entre février
1815 et juin 1821. Peut-être étaient-ils à l’étroit dans leur première maison ?
Les enfants suivants sont :
Joseph, né le 26/06/1821
Marie Jeanne, le 27/09/1823
François (notre ancêtre), le 12/04/1825
Et enfin Françoise Louise, le 26/08/1827
Guillaume décède le 14/12/1834 à Passais, dans son domicile
de la Filière. Il a 54 ans. Il n’a vu aucun de ses enfants se marier (à ma
connaissance, je jour où j’écris ces lignes)
Françoise lui a survécu 8 ans
Elle décède le 4 mars1842 à Passais, au village de la
Filière, âgée de 52 ans, suivie par Pierre François le 22 du même
mois et Jean Baptiste le 22 avril. Ils avaint respectivement de 24 et 27 ans.
Trois décès dans le même village, dans la même famille, en
moins de deux mois, cela interpelle. Y-a-t-il eu une épidémie ? Un
accident ? L’enquête est ouverte.
Guillaume François s’'était marié le 11/05/1836 au Grand Quevilly, en Seine maritime, avec Éloïse Virginie LEBAUDY, qui lui donnera au moins une fille, Louise Éloïse GOUAULT (née le 11/01/1839 au Grand Quevilly, décédée le 30/11/1898 à Paris 18e)
Françoise n’avait pas pu se rendre au mariage, mais elle était consentante, ce qui a futconstaté par un acte notarié. Il n’y a pas eu de membre de la famille parmi les témoins. Personne n’a probablement pu participer, car c'était trop loin pour l’époque.
Enfin,Françoise Louise convolera avec Jean Baptiste MARTHEL, épousé à Passais le 25/11/1847, avec lequel elle eut de nombreux enfants puis Marie Jeanne épousera Julien Michel CHAPONNAIS à Saint Mars d’Égenne en 1849.
Notes
1 La Rumine ;
citée dans l’acte de baptême de Guillaume Siméon, mais difficile à lire et
dans celui de son frère Pierre (né le 18 mars 1873 à Saint Roch), où il est
parfaitement lisible.
3 Il ne
faut pas prendre le mot village comme de nos jours. Il s’agit bien souvent d’un
hameau ou d’un lieu-dit situé sur le territoire de la paroisse. Le village au
sens actuel est plutôt désigné par le terme "bourg"
Sources :
Toutes les sources sont consultables en ligne, à l’exception
du contrat de mariage, à demander en salle de lecture ou à récupérer dans l’article
que je lui ai consacré ici
Archives départementales de l’Orne :
Baptême de Guillaume Siméon GOUAULT : AD 61
3NUMECRP452/3E2_452_4 ( 1780 ) vue 6
Baptême de Pierre GOUAULT : AD 31 3NUMECRP452/EDPT198_16
vues 45 et 46
Baptême de Françoise Elisabeth VAIDIE : AD 61
3NUMECRP324/EDPT194_25 ( 1788-1791 ) vue 110
Naissance de François Auguste : AD 61
3NUMECEC324/3E2_324_10 vue 304
Naissance de Jean Baptiste : AD 61
3NUMECEC324/3E2_324_11 vue 68
Naissance de Pierre François : AD 61
3NUMECEC324/3E2_324_11 vue 140
Naissance de Joseph : AD 61 3NUMECEC324/3E2_324_11 vue
252
Naissance de Marie Jeanne : AD 61 Document
3NUMECEC324/3E2_324_12 ( 1823-1832 ) vue
25
Naissance de Françoise Louise : AD 61 Document
3NUMECEC324/3E2_324_12 ( 1823-1832 ) vue
132
Décès de Guillaume Siméon GOUAULT : AD 61
3NUMECEC324/3E2_324_27 ( 1833 vue 31
Décès de Françoise Elisabeth VAIDIE : AD 61 3NUMECEC324/3E2_324_27 ( 1833 vue 135
Contrat de mariage : 4 E 150 / 128 (du 03/01/1808 au
30/12/1808)
Mariage MARTHEL / GOUAULT : AD 613NUMECEC324/3E 28324821
vue 43
Mariage GOUAULT / PROD’HOMME AD 61 3NUMECEC401/3E2_401_7 vue
51
Mariage GOUAULT / LEBAUDY : AD 76 Grand Quevilly du
01/01/1835 au 31/12/1836, vue 65
Naissance Éloïse Louise GOUAULT: AD 76 Grand Quevilly du
01/01/1839 au 31/12/1839 vue 7
Décès Éloïse Louise GOUAULT : AD 75, 18e
arrondissement, recherche par date : du 25/11/1898 au 14/12/1898
vue 12, acte numéro 3859 (cote V4E 10406)
Guillaume Gouault et Elisabeth Vaidie
Après quelques semaines d’interruption, dues au déménagement d’un de mes fils, auquel a succédé une panne d’ordinateur, je vous propose aujourd’hui de parler du couple GOUAULT – VAIDIE, au travers de son contrat de mariage. Je complèterai le tableau familial dans un autre article.
Mon Grand Père maternel, Gaston Eugène Maurice ROUSSEL, Papi Maurice pour les intimes avait pour parents Alexis Auguste (dont il est question ici) et Maria Virginie GOUAULT. Ils s’étaient mariés à Domfront (61 – Orne) et les origines de ces deux familles sont localisées autour de cette ville de l’Ouest du département.
Les ascendants en ligne agnatique de Maria Virginie sont (la numérotation soza utilisée ici me prend comme souche de l’arbre)
Maria Virginie GOUAULT (1880 – 1954; soza 13) X Alexis Auguste ROUSSEL (1872 – 1936, soza 12)
Eugène François GOUAULT (1850 – 1902, soza 26) X Félicité Jeanne Françoise FOURÉ ( 1851 – après 1902, soza 27)
François GOUAULT (1825 - ?, soza 52) X Marie Magdeleine PRODHOMME (1821 - ? soza 53)
Guillaume Siméon GOUAULT ( 1780 – 1834, soza 104) X Françoise Elisabeth VAIDIE (1790 - 1842, soza 105)
C’est de ce dernier couple qui se maria le 19 janvier 1809 à Passais la Conception (61 – Orne) dont je parlerai dans cet article.
Il y a peu j’ai dû conduire mon fils à Alençon où il avait des obligations. J’en ai profité pour me rendre aux archives départementales, sans recherches précises à faire car je n’avais pas eu le temps de me préparer. Je me suis donc lancé dans une battue dans les archives notariales. La chance aidant ( et un peu de flair aussi ), j’ai trouvé au début de la première journée, le contrat de mariage de Guillaume et Elisabeth. J’ai récupéré d’autres informations que je dois trier et que je partagerai avec vous ultérieurement.
Je n’ai pas encore fait beaucoup de recherches sur cette famille et cette lignée, mais le contrat de mariage permet de débuter une petite esquisse de qui ils étaient.
Voici la transcription du contrat de mariage
Celui-ci se trouve aux archives départementales
de l’Orne, Passais la conception, cote 4 E
150 / 128 (du 03/01/1808 au 30/12/1808)
En rouge, les mots dont je ne
suis pas sur, en xxx ceux que je n’ai pas pu lire
L'an mil huit cent huit, le
quatorze aoust avant midy, au
bourg
de Passais, devant nous Pierre Le
Royer,
notaire impérial à la résidence de Passais,
chef-lieu de canton, arrondissement communal
de Domfront, département de l’Orne
soussigné
Les conditions du mariage
proposé et qui doit être célébré
entre
Guillaume Siméon Gauts1
Propriétaire, fils
de défunct Jean Gauts et de défunté
Hélène
Gérouard, natif de la commune de
Saint
Roch et y demeurant, d’une part
Et Françoise Elisabeth Vaidie,
fille
du sieur François
Vaidie propriétaire et
de Dame Marguerite Germond, ses
père
et mère, originaire de cette dite
commune
de Passais ey y demeurant d’autre
part
Ont été réglées et arrêtées
ainsi qu’il suit :
1) 1 ) Ledit Gauts épousera ladite Vaidie
avec tous les droits mobiliers et
immobiliers
qui lui peuvent et pourront par la
suite compéter2 et
appartenir sauf
à lui à les faire liquider ainsi
qu’il appartiendra
2) 2) Seront
lesdits futurs époux commun
en bien meubles acquêtés et conquêtes
immeubles (
sans avoir égard au surplus ?
apporté par l’un
d’eux à la mane de la
communauté
3) 3) En cas de mort de l’un desdits
époux sans
enfant ou desdits enfants
eux sont sans descendant
xxxx soit avant 3
Le premier mourant de l’un d’eux
en ce cas nous ont déclaré de
faire
donation mutuelle au survivant
en propriété de tous le biens
meubles,
effets mobiliers de toute espèce
et de toute
essence qui
pourront leur appartenir
chacun d’eux au jour du décès du
premier
mourant xxxx par le survivant
xxxx
user et disposer propriétés à
revenus de xxx
du pré décédé. De même xxxx par lesdits
futurs époux déclarer se faire
donation
mutuelle au survivant de l’usufruit
jouissance de tous ses héritages,
biens immeubles
immeubles qui pourront leur
appartenir et à chacun d’eaux au
jourd’hui
du premier mourrant pour xxxx le
survivant
dite
époux jouir pendant toute sa vie de tous les
héritages et biens immeubles qui
pourront
appartenir au pré décédé à charge
pour le survivant
de se comporter en sa jouissance
comme il
convient et comme doit faire un
bon
usufruitier.
4) 4) Si
au contraire, au décès du premier mourant desdits
futurs époux
il existe des enfants xxxxxxx
xxxx haxxxx à leur succession en ce cas il sera
fait deux lots et partage de tous les biens immeubles
acquêtés et
conquêtes immeubles de leur communauté
pour leur xxxx
xxxx au bénéfice desdit
enfants et xx
xx au survivant dudit époux qui alors jouira xxx de ses biens
propres xxxx sans
préjudice des droits qui
pourront lui
appartenir sur ceux de prédécédé
lequel il arrive au terme des xxx et de la
xxx
5) 5) Au présent est intervenu le dit sieur
François Vaidie, père de la future épouse
qui lui
apporte à la dot (semble être barré) xxxx en
attendant
sa succession
pour lui aider (mot rayé) à
monter son
ménage la somme de deux
cent huit francs4
qu’il payera au dit futur
époux le jour précédent leur mariage
parce que
ledit Gaults rapportera lors de
l’ouverture de la succession dudit Vaidie
ladite somme de deux cent huit francs
au moins xxxx avec les autres héritiers
xxx lesquelles xxxxxxxxx et conditions
lesdits futurs
époux se sont donné la foi
de mariage et
promis se marier à la première
réquisition de
l’un d’eux
Le présent ainsi clos et arrêté.
…………. 5
Frère du dit futur époux, de jean
Baptiste xxxx
Courteille, son cousin d’un trois xxx quatre,
Sieur François Vaidie, père de
la future,
de Pierre Vaidie son frère, de Jeanne Vaidie
sa sœur et en xx autres présence de Joseph
Coupré, cordonnier et de Jacques
Houmard
maréchal de la commune de Passais
témoins signés avec les xxxxxxx
xxxx et
nous notaire après lecture
Je ne récris pas les noms des
signataires. La photo seule suffit.
Il y a quelques petites choses
que je n’ai pas pu lire, mais la teneur du contrat est tout de même compréhensible.
Le mariage ayant lieu en 1809, il est soumis au code Napoléon de 1804 qui
prévoit deux régimes matrimoniaux, à savoir le régime dotal, et la communauté. Ici,
il n’est pas question de régime dotal. Le notaire lui-même semble avoir hésité
et a rayé la mention d’une dot. Nous avons donc un contrat de mariage sous le
régime de la communauté, avec 5 points :
Les deux premiers points traitent
des biens apportés par les futurs époux, et plus spécifiquement de ceux
apportés par la future épouse, sans pour autant les citer, ainsi que de ceux
qui seront acquis durant le mariage. Ils deviennent les biens de la communauté,
et Guillaume Siméon en disposera comme bon lui semble, car il « épouse
Elisabeth et ses biens » !
Les deux points suivants règlent
la succession du premier décédé, en envisageant le cas où le couple n’aurait
pas de descendant vivant au moment de ce décès. Le conjoint survivant est
protégé par une donation mutuelle.
Il est à noter que les deux
conjoints ont des biens. Guillaume est
propriétaire, le père d’Elisabeth l’est aussi. Il convient donc de protéger ces
biens au moment du premier décès.
Le dernier point du contrat de mariage
fait état d’une somme d’argent de 208 francs que le père de la mariée donnera à
sa fille pour monter son ménage. Il s’agit en fait d’un prêt puisque le futur
marié devra le réintégrer dans succession de François Vaidie au moment de son
décès. Cela ressemble au régime dotal d’ancien régime dans certaines régions.
Je complèterai cette esquisse de
tableau familial ultérieurement, lorsque j’aurai étudié d’autres sources.
Notes :
1 Le notaire a orthographié Gauts,
mais lui a bien signé Gouault
2 Compéter : Appartenir,
revenir à quelqu’un, en vertu d’un droit
3 Je n’arrive pas à bien lire ce
passage, mais je pense qu’il s’agit du cas où il n’y aurait pas d’enfant, ou
bien il y aurait eu un (ou plusieurs ?) enfant, décédé (s) sans descendance,
c’est-à-dire aucun héritier direct
4 Il n’est pas précisé comment la
somme est payée, mais à l’époque les économies étaient bien souvent conservées
à la maison, en pièces d’or. Un Napoléon de 1808 de 20 franc contenait 6.45
grammes d’or
5 J’ai raté une photo. Il semble
qu’un ligne manque
Source
Archives départementales de l’Orne, Passais la conception, cote 4 E 150 / 128 (du 03/01/1808 au 30/12/1808), numéro 56
Anne VAIDIE
J'avais initialement lu VAIDIER au lieu de VAIDIE Je ne peux cependant pas refaire ce diagramme Avec mes excuses Nous avons vu précédemm...
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Le métier de fileuse était un métier essentiellement féminin (mais pas exclusivement) , pratiqué par nombre de nos ancêtres. Il jouait un r...
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