Frère Ernest des Anges

 Frère Ernest des  Anges


Lors de la vente de la maison d’Auguste LAFFEZ et Stéphanie DELEPORTE, j’ai découverts qu’un des enfants du couple avait échappé à mes recherches. Cet enfant, Édouard Jules Joseph, était présent lors de la vente car héritier de Stéphanie DELEPORTE, au même titre que ses frères et que les enfants de son frère Victor, décédé. 


L’acte de vente nous apprend de plus qu’il était devenu religieux sous le pseudonyme “Frère Ernest des Anges”

Je parlerai de lui dans les lignes qui suivent.



Comme bien souvent en généalogie, on ne sait pas grand chose sur la petite enfance d’Édouard Jules Joseph. Né le 5 mai 1843, il fréquente l’école dirigée par les frères des écoles chrétiennes de la paroisse de la Madeleine, à Lille. Il y est remarqué pour sa “belle écriture”, sa piété, son intelligence. Cela lui permet d’occuper une place de jeune clerc dans une importante étude d’agent de change de Lille. Il est reconnu par ses patrons et collègues pour don application dans son travail.


Dans le même temps, il occupe son temps libre en participant de manière active  à la Conférence de Saint Vincent de Paul de Lille (voir encadré en fin d'article), prenant grand soin de la famille dont on lui avait confié la charge, ne manquant pas d’adjoindre des conseils de saluts aux denrées alimentaires qu’il lui apportait. 


En 1864 il demande à entrer au noviciat de Saint-Omer. Il a alors 22 ans, et fait depuis un moment fonction de coadjuteur à la direction d’une division de l’œuvre dominicale, prenant sans rechigner sur son temps libre.

Il entre donc en noviciat le 29 septembre 1864, à Saint-Omer (département du Pas de Calais), prend l’habit le 1er novembre suivant.



Il est employé pour faire la classe à la communauté de Saint-Omer à partir du 29 avril 1865. Il est alors placé à l’internat Saint Joseph de Saint-Omer où il fait son apprentissage d’enseignant. Comme ses débuts étaient satisfaisant, il lui a été confiée une “ grand-classe” à Valencienne, où il resta jusqu’en 1872.


Il exerce alors dans plusieurs écoles de la congrégation de la région (Wattrelos, Cambrai, Lille, Tourcoing) , jusqu’à ce que la direction de l’école de la communauté de Saint Druon, à Cambrai lui soit confiée, de mars 1878 à la laïcisation de cet établissement deux ans plus tard.


Il reprend ensuite l’enseignement dans les premières classes, à Lille, Douai, Tourcoing.


C’est en 1904, âgé de 61 ans, qu’il peut enfin prendre un repos mérité. Il rejoint la communauté des anciens à Annapes. Mais là encore il donne de son temps pour venir à l’aide de prêtres de diverses paroisses des alentours pour la préparation des enfants à la communion. 


Mais en 1914 la communauté doit abandonner son établissement. Annapes est en effet occupée par les Allemands, et ne sera libérée qu’en 1918, par les Anglais.


Frère Ernest des Anges est quand à lui envoyé à Saint-Omer, où il continue à travailler avec les forces qui lui restent. Il souffre de rhumatismes et d’asthme et autres infirmités dues à l’âge,  mais cela ne l’empêche pas, lorsque la maladie lui laisse un peu de répit, de chanter d’une “ belle et forte voix”, ou encore de converser  pieusement et avec gaîté, avec ses frères lors des récréations.


C’est une crise d’asthme, plus forte que les autres, qui l’emporte dans la nuit du 16 au 17 août 1916, après avoir reçu les Saints Sacrements de  l'un des Pères Carmes belges, réfugiés dans la communauté





  

La société Saint Vincent de Paul a été créée à Paris en  1833 par un groupe de bénévoles catholiques, dont Bienheureux Frédéric Ozanam. Cette association est toujours en activité, est déclarée d’utilité publique et présente dans plus de 150 pays.

Elle a pour objectif d'aider les
pauvres afin de soulager leurs souffrances et de promouvoir
leur dignité et leur intégrité humaines.

Elle participe à l’aide humanitaire partout dans le monde, lors de catastrophes naturelles, ou dans des zones de guerre. 

Au niveau local, elle est organisée en associations locales, en conférences, et apporte son aide au plus démunis. 

Le conseil général international de la SSVP a déposé la plupart
de son fonds d'archives aux Archives nationales sous la cote 31
AS .
  




  La congrégation des Frères des Écoles chrétiennes ou
Lasallien sa été  fondée en 1680  par saint Jean-Baptiste de La Salle, à Reims.

Elle  est destinée  à l'enseignement aux  jeunes, et plus particulièrement aux  plus défavorisés.
Ils portaient une soutane noire, non boutonnée, avec un large rabat blanc. Ils portaient par dessus un vaste manteau à manches flottantes, source de leur surnom familier de frère quatre bras. Et pour se couvrir, ils disposaient d’un grand tricorne. 

La congrégation accueille aussi des frères servants, dont le rôle n’est pas l’enseignement. Ils portent le même habit, mais couleur brune.

Le concile Vatican 2 (1962-1965) les dispensa de cet habit.
  



Sources


Le CV et la notice nécrologique m’ont été gracieusement transmis par les archives Lassaliennes. Je les en remercie

Wikipedia:



 



La maison d'Auguste Joseph LAFFEZ

Je remercie tout particulièrement l’entraide généalogique, Fil d’Ariane, sans qui je n’aurais jamais eu connaissance des informations qui suivent.

 Grace à son aide précieuse j’ai pris connaissance de l’achat d’un terrain par Auguste Joseph LAFFEZ, puis de la vente du terrain et de la maison qu’il y a bâtit. L’acte de vente m’a de plus permis de glaner quelques informations complémentaires sur la famille d’Auguste et de faire connaissance avec un  de ses enfants, sur lequel je reviendrai dans un futur article.

L’arbre ci-contre, présentant la lignée LAFFEZ de père en fils depuis le plus lointain ancêtre connu, à savoir Jean Baptiste, jusqu’à mon Grand-Père Gabriel permet de repérer la place d’Auguste, dont je parle ici.




Nous sommes en 1863, le seize septembre. Auguste et son épouse Stéphanie Deleporte, mariés depuis 1831, font l’acquisition d’un terrain  de 77 mètres carré dans le quartier de Wazemmes, rue Colbert, à Lille (rue qui s’appelait précédemment rue Notre Dame.) Wazemmes est alors un nouveau quartier de Lille, dont l’origine est  l’intégration en 1858 de l’ancienne commune de Wazemmes. La rue elle même est récente.
Lui est peintre en bâtiment, elle est dentellière. Il semble qu’Auguste soit le premier de mes ancêtres en ligne agnatique a exercer une profession artisanale à son propre compte. Depuis leur mariage, Stéphanie et lui on économisé suffisamment pour pouvoir acheter ce terrain sur lequel ils vont bâtir une maison, sur leurs propres deniers comme indiqué dans l’acte de vente, pour y mettre des locataires. Le terrain n’est pas grand, plus ou moins 5 mètres sur un côté par 14 mètres sur l’autre. Aussi la maison comportera-t-elle plusieurs étages.

Le vendeur est un négociant de Bordeaux, M. Léon Fortuné Beaucourt, qui n’est pas présent mais  représenté par M. Georges Alexis Joseph Dubreuq.




COTE 4 Q 41/1243, Archives départementales du Nord,  7 pages photographiées par Le Fil d'Ariane
Acte passé lors de l'achat (Il s'agit de la copie de l'enregistrement)














Auguste construit alors une maison qui porte le numéro 146 dans la rue Colbert. Cette maison, construite sur un terrain étroit, possède cinq étages et est à usage de rentier.

 Autrement dit elle est occupée et les occupants payent des loyers. Il est d’ailleurs précisé dans l’acte de vente qu’à compter du jour où il a été rédigé et signé, le nouveau propriétaire, M. Théodore WAG, a la jouissance des loyers.

La vente a lieu le 28 novembre 1882. Auguste a alors 71 ans et habite rue de la monnaie, à Lille. Stéphanie est décédée en 1876. Mais Auguste n’est pas seul vendeur. Ses enfants, et même un se ses petits fils, sont aussi vendeurs, car co-propriétaires du bien.

Il y a la, accompagnant Auguste LAFFEZ, propriétaire, selon la citation du document:

Alfred (appelé “Henri” par erreur  dans la liste des présents) LAFFEZ, son petit fils mineur, qui demeure avec lui “de droit” et dont il est le tuteur légal. Il s’agit là d’une erreur, soit du notaire, soit de transcription. En effet, plus loin, le petit fils d’Auguste est bien appelé Alfred, et son père, Victor, est cité lui aussi,  mentionné comme étant décédé. J’ai déjà écrit plusieurs articles à son sujet. Alfred, mineur en 1882 (il a alors 20 ans), est de la classe 1882 et partira à l’armée en 1883, fera campagne en Tunisie de  1884 à 1887, se rendra coupable de multiples larcins et sera relégué au bagne de Cayenne où il décédera en 1901 de maladie .  (Il n’y a pas d’enfant de Victor nommé Henri. Aucun doute n’est possible. L’acte de vente mentionne en effet Victor et ses deux enfants un peu plus loin.)


Henri LAFFEZ (notre ascendant), peintre et vitrier et sa deuxième épouse, Coralie QUINZEBILLE.

Achille LAFFEZ, décorateur en lettres, et son épouse Eugénie MONTAIGNE (Il semble y avoir ici aussi une erreur de prénom)

Édouard LAFFEZ, dont j’ai appris l’existence grâce à cet acte de vente, et dont il est spécifié qu’il est frère des écoles chrétiennes sous le nom de Frère Ernest des Anges. Il fera l’objet d’un prochain article.

Alfred LAFFEZ, peintre et vitrier, et son épouse Pauline MEURISSE, qui décédera l’année suivante.

Louise LAFFEZ, qui est  la fille de Victor, âgée de 22 ans

Ils ont   hérité d’une part de la maison au décès de Stéphanie, car elle et Auguste étaient mariés sans contrat de mariage, donc en communauté de biens réduite aux acquêts. Il est précisé que les enfants ont hérité de 1/5 des parts de Stéphanie, et que les parts des petits-enfants, Alfred et Louise, sont de 1/10.



cote 4 Q 42/2212, Archives départementales du Nord,  8 pages, photographiées par le Fil d’Ariane
Acte passé lors de la vente (copie de l'enregistrement)











En plus des informations relatives à la vente et à l’historique du terrain, l’acte de vente nous apportes quelques informations supplémentaires sur la famille. Ainsi, Madame LAFFEZ Henri (Coralie Quinzebille), qui ne sait pas écrire ni signer, et Madame LAFFEZ Achille (Eugénie MONTAIGNE), qui souffre de cécité, ne peuvent signer l’acte de vente. 


La rue Colbert, à Lille, au début du XXème siècle





Il y a une maison au 146 rue Colbert à Lille, qui pourrait être celle bâtie par Auguste, sous réserve évidement que la rue n’ai pas été renumérotée ou le bâtiment reconstruit ! 









Notes et pistes:



Les deux documents qui m’ont permis d’écrire et article sont les double des actes notariés transmis au centre des impôts concernant des individus ayant acquis et vendus des biens.

Ils apportent des pistes de recherches complémentaires, voire des interrogations.

Il sera intéressant d’accéder à la succession de Stéphanie Deleporte, pour vérifier s’il n’y a pas d’autres bien, puis à celle d’Auguste pour brosser un tableau plus complet des biens du couple.

L’épouse d’Achille LAFFEZ est nommée ici Eugénie. Ce n’est pas le prénom qui est noté dans mes informations, mais Rosalie Augustine. Il me faudra donc vérifier cela.

Enfin, l’acte de vente mentionne Édouard LAFFEZ, devenu religieux. J’ai pu obtenir quelques informations à son sujet, qui feront l’objet d’un article actuellement en cours de préparation.




Sources:



Acquisition du couple LAFFEZ -DELEPORTE LE 16/9/1863 COTE 4 Q 41/1243, Archives départementales du Nord, 7 pages photographiées par Le Fil d'Ariane

Vente par Auguste LAFFEZ et des enfants le 28/11/1882
cote 4 Q 42/2212, Archives départementales du Nord, 8 pages, photographiées par le Fil d’Ariane


Zestes de vie

Il est assez compliqué de connaitre plus que des informations de base sur nos ancêtres. Mais avec un peu de chance on peut prendre connaissance de tranches de vie plus intéressantes. Nous pouvons alors connaitre des péripéties de la vie de notre aïeul, comme par exemple quand mon arrière grand père Paul Marc Marie a été sauvé de la noyade (voir ici ) ou encore tomber sur quelque chose qui nous renseigne sur un aspect de la vie d'une personne qu'on n'aurait pas même pu imaginer au regard uniquement des pièces d'état-civil.


Richard Armand LAFFEZ est un arrière petit fils de Jacques Joseph LAFFEZ, mon ancêtre direct (9e génération en branche agnatique en partant de moi). Un cousin issu de germain donc.

Né le 29 juin 1856 à Lille, il s'est marié avec Adéle Césarine CUVELIER le 1er décembre 1877, et ils ont eu deux enfants, Jules Richard, né en 1878 et Octave Armand né en 1880. Au moment de spon mariage, il exerçait la profession de peloteneur.

C'est à peu près tout ce que l'on peut savoir à partir de l'état civil. (Je n'ai pas cherché à quelle date il est décédé) et c'est vraiment très maigre pour dresser un portrait du personnage.

Cependant, une découverte sur Gallica me permet de dresser un portrait plus intéressant:

En avril 1894, la sœur d'Adèle CUVELIER était à l'article de la mort. Son mari, M. Degobert était de son côté interné en "maison de santé" et ne pouvait pas être en mesure d'aider son épouse. Or ce couple avait trois filles, âgées de 13, 12 et 8 ans. Elle était donc fort inquiète quant au devenir de ses enfants après son décès et fit donc venir sa sœur auprès d'elle. Elle lui demanda d'adopter ses filles après son décès. Adèle n'hésita pas à accéder à sa requête, reconnaissante des bienfaits que sa sœur lui avait apportés lors de son enfance. Richard accepta lui aussi sans hésiter, et ce malgré un travail journalier et deux enfants au foyer. La famille recomposée comportait désormais 5 enfants, sans plus de ressources.

Ce geste leu valu une médaille d'argent  de la fondation C. DELATTRE-PARNOT et un livret de caisse d'épargne de 340 fr (Le convertisseur de l'INSEE indique une valeur actualisée de 150 000 € environ, pour 340 fr de 1901, mais je pense que cette valeur est exagérée)



L'article cite en outre l'employeur de Richard, ce qui ouvre une piste pour en connaître plus sur son travail


Un peu plus instructif que les simples informations provenant de l'état civil. Et question de chance



Texte original


FONDATION C. DELATTRE-PARNOT.

Au mois d’avril dernier, la femme Degobert se mourait ; son mari, interné dans une maison de santé, ne pouvait plus lui être d’aucun secours. Tourmentée d’une amère douleur, agitée par la crainte de laisser sans appui ses trois filles âgées de 13, 12 et 8 ans, elle lit appeler sa sœur, à qui elle avait jadis servi de mère et lui demanda, avec larmes, de les adopter.

Mme Laffez n’hésita pas, elle résolut de payer au centuple les soins dont sa sœur avait entouré son enfance. M. Laffez partagea les dignes sentiments de sa femme. Quoique déjà chargés de deux enfants, et n’ayant pour toute ressource que le fruit d’un travail journalier dans la maison Descamps-Beaucourt, les époux admirent à leur foyer leurs jeunes nièces à la mort de leur mère.

Aujourd’hui les trois orphelines grandissent sous l’œil maternel de leur tante, sous la tutelle de leur oncle,

apprenant à vivre à l’école du sacrifice, de l’honneur et de la probité.

La Société, touchée de cette admirable abnégation, décerne aux époux Laffez-Cuvelier,une médaille d’argent et le prix I)elattre-Pamot, consistant en un livret de caisse d’épargne de trois cent quarante francs.


Source:  Séance solennelle / Société des sciences, de l'agriculture et des arts de Lille, 23/12/1894, page 36

Su Gallica




Y a-t-il des erreurs dans mon arbre généalogique ? De l'importance de noter les sources

A cette question cruciale il n'existe que deux réponses, de prime abord.

Soit la réponse est oui, et dans ce cas on me demandera pourquoi je ne les corrige pas.

Soit la réponse est non, et dans ce cas on me demandera si je suis bien sur de moi, ou si je ne suis pas prétentieux ou si... 


En réalité, une partie de mes ancêtres étant Normands, je me contenterai de répondre:


    "Ptet' ben qu'oui, ptett ben qu'non", une réponse de Normand.


En réalité, nos logiciels permettent un certain contrôle de cohérence dans nos arbres et il ne faut pas s'en priver.

Pour ma part, cela fait plus ou moins 40 ans que je fais de la généalogie, avec des périodes de moindre activité dans le passé en raison du manque de temps. Et comme peut être un certain nombre de personnes je e suis contenté de noter les informations concernant les naissances, décès et mariages, puis les fiches matricules. Je me contentais alors de prendre une photocopie ou une copie d'écran de chaque document sans noter la cote. Résultat: j'ai un certain nombre de données que je sais être vraies, mais sans les références.


D'un autre côté, j'ai constaté dans les arbres publiés sur généanet certains problèmes. Le plus  courant, et je fais partie des fautifs, est la non citation des sources permettant de donner une information. 

J'ai aussi détecté une confusion entre deux homonymes dans mon ascendance, le plus jeune des deux se voyant attribuer comme père le père du plus vieux ! Et la personne ayant mis cet arbre en ligne, bien qu'avertie de l'erreur, ne l'a pas corrigée. 

Ce genre de problème, pour aggraver les choses, est souvent recopié tel quel et se retrouve propagé de proche en proche. C'est gênant.

C'est la raison pour laquelle j'ai pris plusieurs décisions:


  • Je reprend toutes les fiches de ma base de données pour vérifier les informations concernant chacune des personnes de mon arbre, et indique les sources
  • Lorsque je trouve une information sur généanet ou ailleurs, je la vérifie et l'enregistre dans ma base de données avec la source.
  • Si une information est donnée avec la source, je vérifier cette source avant d'utiliser l'information.
Avec ces résolutions, j'espère, à terme, pouvoir répondre Non à la question posée en titre.

Et si j'ai un conseil à donner à un débutant, c'est de bien donner les sources de ses informations dans son arbre.




XIXe siècle : On va enfin à l'école, et ce n'est pas pour rien !

Le XIXe siècle marque une transformation majeure dans l’organisation et la démocratisation de l’éducation en France. Cette période est caractérisée par des réformes progressives, guidées par des préoccupations économiques, sociales et politiques.

Avant cela, l'instruction était réservée à une élite fortunée. Le petit peuple pouvait tout au plus apprendre les rudiments de la lecture et ensuite de l'écriture auprès du curé.

Le XIXe siècle va tout changer. 

Au début du XIXe siècle, l’instruction est encore très inégalement répartie. Sous Napoléon Bonaparte, la loi du 11 floréal an X (1802) organise l'enseignement secondaire en créant les lycées, encore réservés à une élite sociale. L’Église catholique joue toujours un rôle central dans l’éducation, surtout dans les campagnes. Cependant, la Révolution française avait posé les bases pour une éducation plus laïque et accessible à la fin du siècle précédent, notamment avec le décret de Condorcet (1792) qui prônait une instruction gratuite et universelle, sans réelle mise en œuvre.


Sous la Restauration (1815-1830), l’éducation est marquée par une dualité entre influence ecclésiastique et velléités étatiques. La loi Guizot de 1833  impose à chaque commune de plus de 500 habitants d’avoir une école primaire pour garçons et les oblige à financer l'école publique du lieu. Cette loi pose aussi les bases de la formation des instituteurs avec la création des écoles normales.


Sous la Seconde République (1848-1852) et le Second Empire (1852-1870) le mouvement se  poursuit. La loi Falloux de 1850 étend l’obligation scolaire aux filles dans les communes de plus de 800 habitants et renforce le rôle de l’Église, mais elle n’impose pas encore l’universalité de l’éducation.


Un livrez offert à un bon élève. Ma main
donne la taille du livre: 
Un beau cadeau
Bibliothèque personnelle
Avec la montée de la Troisième République (1870-1940), les idées républicaines favorisent une école
laïque, gratuite et obligatoire. Jules Ferry joue un rôle déterminant avec ses lois de 1881 et 1882, qui rendent l’enseignement primaire gratuit, obligatoire pour les enfants de 6 à 13 ans, et laïc en interdisant les signes religieux à l’école. Ces réformes s’appuient sur la volonté de former des citoyens éclairés, capables de participer activement à la vie démocratique. Comme on le voit, la laïcité et l'interdiction des signes distinctifs religieux n'est pas une nouveauté!

Les instituteurs deviennent des « hussards noirs de la République ». Ils véhiculent des valeurs républicaines et patriotiques. Le réseau des écoles publiques s’étend dans les campagnes, même si les disparités régionales restent fortes. L’enseignement secondaire, réservé à une élite, demeure payant et peu accessible aux classes populaires, mais la progression de l’alphabétisation est remarquable : en 1870, environ 75 % des conscrits savent lire et écrire, contre seulement 50 % en 1820.

Les lois Jules Ferry achèvent le processus en 1881 et 1882, rendant l'école gratuite et l'instruction primaire

L’étiquette apposée sur la 2ème
de couverture.





 

obligatoire.


Pour les généalogistes, il est difficile de savoir comment les anciens se sont comportés à l'école et quels résultats ils ont obtenus. Bien entendu, certaines carrières parlent d'elles même.  De même, on peut avoir trouvé des documents, cahiers, carnets, livres remis comme prix, dans les archives familiales. Mais cela même peut être compliqué après 150 ou 200 ans.

Heureusement, lorsqu'une remise de prix était organisée dans une école, les lauréats étaient bien souvent cités dans les journaux locaux. Leur exploration permettra de faire des découvertes inintéressantes tout en posant parfois de nouveaux problèmes. Voir ci-dessous.




 
Remise de prix à Paul LAFFEZ
Vannes 1892. Il a alors 12 ans
Son frère Félix, primé lui aussi en
1891. Il a alors 7 ans



Parfois, on trouve des informations qu'on ne sait pas à qui attribuer:







Dans le journal de Lille, du 6 septembre 1843
Henri LAFFEZ est primé. Mais de quel Henri ?
Mon ancêtre Henri Auguste, né en 1832 probablement
Henri Constant, son cousin , né en 1835 ? Peu probable, sa branche ayant opté pour 
une orthographe différente du patronyme semble-il
Un autre ? Il y a eu d'autres Henri LAFFEZ, mais je ne les ai
pas encore tous rencontrés
La réponse reste encore ouverte

What time is it ou une brève histoire du temps dans un autre temps !

Cadran solaire Égyptien


La mesure du temps est une préoccupation ancienne, nécessaire à l'organisation sociale, religieuse et
économique des sociétés antiques. Les premières références utilisées par les hommes ont été les déplacements des ombres et le cycle lunaire. Une phase lunaire dure environ 7 jours, origine de la semaine. 

Clepsydre grecque


Les Mésopotamiens, et spécialement les Babyloniens utilisaient un système de numérotation positionnel 1 à base 60 dont il nous reste des traces importantes dans le découpage des heures en minutes et des minutes en secondes, ainsi que la numération des angles en degrés (360° pour un cercle)

L'heure a une autre origine. Initialement, les Égyptiens avaient découpé la nuit en 36 décans, chacun
correspondant à l'observation d'une ou plusieurs étoiles. Ce système fut simplifié il y a 41 siècles environ, vers 2100 avant JC,  et ramené à 12 décans. La nuit fut donc divisée en 12 parties, et ce uniquement pour les Pharaons, à des fins religieuses. Ce ne fut que 6 siècles plus tard que la journée fut, elle aussi divisée en 12 parties. C'est à cette époque que le premier cadran solaire fut inventé. Il ne tenait pas compte des saisons et divisait la journée en 12 heures, quelle que soit sa durée. Ainsi les heures d'été duraient plus longtemps que les heures d'hiver, ce qui n'avait pas beaucoup d'incidence en Egypte où la différence de durée du jour ne dépasse pas 40%, contrairement à nos contrées d'Europe où la durée du jour peut varier du simple au double. 

Les Romains utilisaient eux aussi une division de la journée en 12, la journée commençant au lever du jour et se terminant au coucher du soleil. Par contre, ils divisaient la nuit en 4 vigiles, la troisième correspondant à minuit. Le Grecs, de leur côté, divisaient le jour et la nuit en chacun en douze heures. 

Clepsydre à tambour
dessin de Mauclerc
1828



C'est ce système qui fut utilisé au moyen âge. L'heure correspondante est appelée heure temporaire. 

Cependant, les astronomes et les géographes ne pouvaient pas utiliser un tels système car ils avaient besoin d'un référentiel de temps invariable pour leurs observation et ont donc utilisé un système dit équinoxial et divisant le jour (au sens actuel) en 24 heures égales. Pour obtenir la durée de cette heure de référence, ils utilisèrent la durée de l'heure temporaire du jour de l'équinoxe. A partir du XVIIIe siècle on les appela heures solaires vraies, par opposition aux heures solaires moyennes données par la montre. L'heure équinoxiale est toujours d'usage, mais elle est maintenant définie par un multiple de la seconde, la seconde étant elle même définie par une propriété de la matière (en l’occurrence du césium 133), beaucoup plus précise que les définitions initiale.

Les cadrans solaires donnent l'heure solaire vraie et sont utilisés couramment par tout ceux qui ont besoin

Le Gros horloge de Rouen
Une des plus ancienne horloge
publique d'Europe, mise en place en 1389


de connaître l'heure (par exemple les prêtres pour sonner les différents offices). Les horloges mécaniques, quant à elles, apparaissent  au XIVe siècle. Elles succèdent aux sabliers et autres clepsydres. Initialement, elles ne font que sonner les cloches, ne disposant pas de cadran. Les aiguilles apparaissent plus tard. D'abord une pour marquer les heures, puis une deuxième pour indiquer les minutes. 

C'est l'horloger John Harrison  qui invente le chronomètre portable, en 1737. C'est un objet dont le prix est élevé.

Horloge atomique

Tout cela nous permet de comprendre que le monde d'alors vit au rythme du soleil, et qu'à un instant donné, il n'est pas la même heure à Strasbourg qu'
à Brest ou Paris. Mais le paysan, qui se lève et se couche avec les poules n'en a que faire. Peu lui importe qu'il lui faille 3 ou 4 heures pour labourer son champ, ou 2 pour aller au village voisin vendre son fromage. Pour lui, le travail doit être fait tel jour. Et c'est tout. Il a une idée du temps qui passe car les cloches de l'église indiquent les différents moments de la vie relieuse. Matines, primes, laudes, etc.  sont sonnées par la cloche de l'église et sont autant d'indications pour la population. C'est le coq qui sert de réveil. Il en est de même dans les villes.

Mais une invention a bouleversé l'ordre du monde.  L’avènement du chemin de fer, et la multiplication des liaisons entre les grandes villes, a imposé d'utiliser une heure une même heure partout dans le pays, sinon il aurait été impossible d'éditer des indicateurs fiables, d'avoir des trains à l'heure, etc. Il y eu même une temps, au début, où l'heure affichée dans les gares était en avance de 5 minutes sur l'heure réelle, les trains partant eux à l'heure réelle. Pour la France, l'heure choisie fut celle du méridien de Paris, puis celle du méridien de Greenwich. Je ne parlerai pas des heures d'hiver et heures d'été, ou des accidents tels que l'heure allemande.

Note: 


1 Un système de numérotation positionnel désigne un système de numération dans lequel chaque chiffre utilisé a une valeur qui dépend de sa position, chaque position correspondant à une puissance du nombre de base, comme le système à base 10 usuel. Ainsi un nombre comme 123  est égal à 1 fois 100 plus deux fois 20 plus 3 fois 1, par opposition à un système additif où les chiffres utilisés doivent être additionnés pour connaître la valeur du nombre. Le système de chiffres romains est un système additionnel évolué (dans le sens où, par exemple, IX signifie 9, on a soustrait 1 à 10 car le I est avant le X) , dans lequel notre nombre 123 est écrit CXXIII: Il faut additionner 100 (C) 2 fois 10 (X, écrit 2 fois) et trois fois 1 (I écrit 3 fois)



Vallon sur Gée

 

Extrait du Dictionnaire géographique et administratif de la France
 et de ses colonies. VII. Se-Z

publié sous la direction de Paul Joanne 
publié de 1890 à 1905
page 5070
Gallica

Vallon sur Gée, à l'époque qui nous , intéresse, c'est à dire vers la fin du XIXe siècle, est une petite ville de la Sarthe, proche de Loué. Elle est peuplée à cette époque de 926 habitants selon le Dictionnaire géographique e administratif de la France et de ses colonies (voir extrait ci-contre). La population actuelle est de 782 habitants (selon wikipedia)

C'était donc une bourgade un peu plus peuplée à cette époque que de nos jours. 
La population n'était donc pas trop grande à cette époque, mais le village disposait tout de même de deux écoles publiques, une de garçons et une filles très vraisemblablement, d'un hospice équipé de 16 lits pour accueillir les anciens ne pouvant pas vire seuls en raison de leur grand âge ou de leurs infirmités. La commune disposait aussi de services publics. Le dictionnaire cité plus haut mentionne une perception, une poste, un notaire et une gendarmerie à pied à laquelle était affecté  Adolphe Bleu
Un certain nombre de fêtes tout au long de l'année, et les jeudis, jours de marché, il y avait certainement plus de monde en ville et plus de travail pour les gendarmes affectés en ce lieu. 

Vallon sur Gée était sur la ligne de tramway  du Mans jusqu'à Saint-Jean-sur-Erve, ligne unique à voie métrique, et unique. La ligne faisait  56 km, dont 52 km dans la Sarthe et 4 km dans la Mayenne. Vallon sur Gée était qu kilomètre 27, ce qui devait la mettre à une heure du Mans (c'est une hypothèse). Par contre je ne sais pas en quelle année il a été mis en service, sachant que la décision de construction s'est faite dans les année 80 (du XIXe siècle, pas les notres !!)

Ci-dessous, quelques images de Vallon sur Gée, glanées au fil d'internet,en attendant de dégoter quelques carte postales anciennes et d'aller y faire un tour prendre mes propres photos

    















Frère Ernest des Anges

 Frère Ernest des  Anges Lors de la vente de la maison d’Auguste LAFFEZ et Stéphanie DELEPORTE, j’ai découverts qu’un des enfants du couple ...