François Vaidie et Marguerite Germont. 1ère partie

Après les articles sur la famille de Guillaume Gouault et Elisabeth Vaidie, qui vécurent un temps à la Noë Rousse, paroisse puis commune de Passais la Conception, et sur Anne Vaidie, qui vécut elle aussi à la Noë Rousse chez son frère François, père d'Elisabeth, il est temps d’écrire à propose de celui-ci et de son épouse, Marguerite Germont.


Il me faut vous faire part d’un petit doute que j’ai maintenant, concernant la Noë Rousse. Je pensais qu’il s’agissait uniquement d’une ferme, mais c’est en réalité un hameau, un des villages de la paroisse de Passais. On distingue même deux villages, la Noë Rousse et la Noë Rousse Vaidie, tous deux portés sur les cartes. Ceci ne met cependant pas en cause les articles précédents. Guillaume Gouault et Elisabeth ont bien vécu à la Noë Rousse, et Anne Vaidie résida bien chez son frère après le décès de son époux.


Ne vous méprenez pas.
Il ne s'agit
pas de Marguerite

J’ai trouvé plusieurs documents concernant “un François” Vaidie. Le dis bien “un” car François Vaidie, dont nous parlerons aujourd'hui et fils de François Vaidie et père de deux enfants qu’il a prénommé François. S’il est certain que les documents dont je parle ne concernent pas les enfants, il ne m’est pas possible de les 'attribuer au père ou au fils sans une étude plus approfondie, d’autant plus qu’il y a au moins un autre François Vaidie à Passais ou sur une paroisse proche. Une tradition familiale. 


D’autre part, François et Marguerite ont eu seize enfants, dont beaucoup sont décédés en bas âge ou encore jeunes. 


De son côté, Marguerite Germont est semble-t-il descendante d’une famille de petite noblesse, selon des renseignements obtenus récemment. Ce point reste à vérifier.


C’est la raison pour laquelle François et Marguerite feront l’objet de deux , voire de trois articles.

Après ce long préambule, voici le premier d’entre eux.


François Vaidie (mon soza 210) est né le 16 décembre 1748 à Passais la Conception, Orne, à la Noë Rousse, au cours d’un hiver assez doux. Son père lui a transmis, outre son nom, son prénom. Sa mère était Marie Juliard. Le grand-père de François s’appelait lui aussi François. Notre François avait de plus quatre soeur dont Anne dont il a été question dans l’article précédent (Il me reste à vérifier les informations sur le Grand père et les trois autres soeurs)


Marguerite Germont elle aussi est née à Passais, le 20 février 1749. Ses parents étaient André et Marthe Colin. Ses parrain et marraine étaient Julien et Marguerite Germont, qui signent tous les deux l’acte de baptême et que l’on retrouvera lors du mariage.


Comme d'habitude, on ne connaît rien de direct concernant leur enfance. 


François et Marguerite se sont mariés jeunes, en 1767, à 19 ans. Un contrat de mariage a été établi par Maître Joseph Le Royer, notaire royal à Passais, et membre d’une dynastie notariale qui officia longtemps à Passais. 



PAGE 1


1 L’an mil sept cent soixante sept, le quatrième 
2 jour de juin au lieu de Mesni Goufié (1) en la paroisse
3 de Passais, après midy, devant nous notaire royal
4 soussigné
5 Pour régler et areter les conventions du futur
6 mariage communié et esperé être fait sy Dieux (e)t notre
7 Mère la Sainte Eglise quatholique apostolique et romaine
8 Le consent et permettent, entre François Vaidie,
9 journalier, fils de François et de Marie Julliard ses
10 père et mère, d’une part, avec Marguerite Germond
11 fille d’André et de Marthe Colin ses père
12 et mère d’autre part, tous de cette paroisse
13 lesquels futurs en présence et du consentement
14 de leurs père et mère, parents et amis cy après
15 soussignés et marqués se sont donnés la foy
16 de mariage et promis se fiancer et épouser à la
17 première réquisition verbale que l’un deux
18 en fera à l’autre, les cérémonies de notre

 
PAGE 2


1 mère l’Eglise préalablement observées et pourvu
2 qyicluy mariage soit fait et accomply
3 Ont été présents André Germont et Marthe Colin
4 père et ère de ladite (a)ffidée tant en leur succession
5 mobillière quimobillière mais qua venir
6 en quelque lieu et province que ce puisse être
7 luy ont prmi la somme de cinq cent livres
8 payable par lesdits promettants en les termes qui
9 suivent, scavoir du jour des épousailles ______
10 cnquante livres, et ainsy pareille somme de cinquante
11 livres dans un an et apareil jour, jusquau parfait
12 paiement de ladite somme de cinq cent livres
13 et pour atrousseler la dite Marguerite Germond
14 leur fille, lesdits promettants ont promis les
15 meubles qui suivent, scavoir, un lit, composé
16 d’une couette et un traversin de trelit remply de plume
17 mélée, demy tour de lit de damas de Caux, une douzaine
18 de draps de toile et demy de toile de menage, une douzaine
19 de serviette de toile de lin, une nappe d’une aulne
20 et demie de même touaile, un demy coffre tenant
21 environ deux boisseauxfermant de clef de divers bois

PAGE 3

1 six livres detain commun employé,
2 un habit nuptial suivant son état et condition
3 sans comprendre  ce que ladite affidée peut avoir de
5 peculim et bon ménage, tous lesquels meubles  cy dessus
6 ont été estimés par les parties à la somme de soixante
7 dix livres, laquelle demeure aussy bien que le principal
8 consignées et remplacées sur tous les biens meubles
9 et immeubles dudit futur, venus qu’à venir, se montant
10 les dittes sommes cy dessus à la somme de cinq cent soixante
11 dix livres et ___ ____ ___ les dits futurs se sont
12 respectivement gagés douaire lun lautre lequel commencera
13 à courir du jour de la dissolution de leur mariage
14 sans qu’il soit besoin d’en faire aucune demande judiciaire
15 que le présent, mais sy ledit affidé venait à décéder
16 avant son père, pour lors laditte Marguerite Germond
17 ne pourroit exiger pendant la vie dudit Vedie père que
18 la somme de quinze livre de douaire et ses autres
19 droits de dote, et après la mord dudit Vaidie
20 père elle auroit plain douaire sur tout son revenu
21 mais comme ledit affidé est actuellement résident avec son père
22 il est convenu qu’en cas quils vinse à se quitter ledit
23 Vaidie père lui a abandonné à sa vie durant à la
24 ditte Marguerite Germond, une maison manable située
25 dans le bourg de Passais, où est actuelement  résident


PAGE  4


1 Pierre Brault, avec la portion de jardin estimée
2 à neuf livres de revenus annuel ainsy que tout ce que dessus
3 Les parties demeurées d’accord après lecture en présence de Charles
4 Fiault et de Pierre Bault, de la paroisse de Passais
5 témoins à ce requis, quatre mots raiés en haut de  la page est écrit
6 six le tout approuvé

Signatures

F. Vaidie, Marguerite Germond

F, Vaidie, André Germond   Marie Juliard
Pierre Germond

G. Germond  Julien Chenes
Jean Boudonnet    Marie Vaiedier
Anne Vaidis   Margrite Germond
J. Melier,

S. Sallé         Claude Fiault
Anne? Chesnel

Joseph Le Royer   (Le notaire)

Marques de Anne Sallé et Marthe Colin (mère épouse)



Cet acte nous décrit, comme souvent, les biens matériels dont disposera la couple pour son installation. Mais le paiement de la dot étalé sur 10 ans est aussi une assurance de disposer de liquidités pendant un certain temps avant de devoir assurer tout tout seul. On comprend aussi à la lecture de ce document que François Vaidie père a des biens. En effet, il est convenu  que si son époux venait à décéder avant son père, alors ce dernier devrait prendre la relève pour le douaire (2) de la veuve, sans que celle-ci puisse prétendre à une rente supérieure à quinze livres (3). Mais comme François fils vit avec François père, il est prévu que, si le fils quittait le père (pour habiter ailleurs), et décédait   avant son père, alors Marguerite Germont aurait à sa disposition une maison manable, c’est à dire une maison à usage d’habitation principale, pouvant lui procurer un revenu annuel de 9 livres. Donc si son mari et son beau père venaient à décéder, ses jours seraient assurés.


La lecture du contrat se suffit à elle-même pour connaître l’étendue de ce dont ils disposeront pour meubler leur logement. Il faut savoir que l’étain, dont on ne donne que le poids, est en réalité composé d'assiettes, de plats et autres ustensiles de cuisine. 


Plusieurs choses concernant le vocabulaire, voire la prononciation locale, sont intéressantes dans ce document: 


Page 1, ligne 6: Communié: Le mot a ici le sens de mis en commun. Le mariage est la mise en commun de deux patrimoine, la création d’une communauté


Page 2, ligne 3 L’affidée: Ici ce mot n’a pas le sens péjoratif qu’il a actuellement. Il signifie “la promise”

Page 2, ligne 13 Atrousseler signifier fournir un trousseau

Page 2, ligne 16 Trelit: Une sorte de toile solide

page 2, ligne 20 toile est écrit touaile. Un indice sur la prononciation.

page 3, ligne 4 peculium mot déjà archaïque à l’époque, désignant le pécule

page 3, ligne 4 et bon ménage: signifie qu’on a fourni à la future l’ensemble des objets nécessaires à l’entretien de son domicile.


La dernière page est couverte d’un certain nombre de signatures, notées à la fin de la transcription.


Les deux premières signatures à la fin du contrat sont celles des promis. 

Les deux suivantes sont celles des pères des promis. On remarque que les deux françois, le père et le fils, signent tous les deux f. Vaidie. Il y a peu de différence entre les deux. Mais peut être est ce suffisant pour les distinguer 

Marie Juliard signe elle aussi, mais Marthe Colin ne peut qu’apposer sa marque


parmi les signataires, on note celles de Jean Boudonnet et Anne Vaidie, les protagonistes du précédent article, d’une Margrite Germont, probablement la marraine de Marguerite, et d’un J. Germont, peut-être son parrain.

D’autres membres des deux familles signent, ainsi que des amis. 


La signature du contrat de mariage était donc un événement important, qu’on pourrait presque comparer au mariage civil actuel. On y trouve d’ailleurs la même formule qu’on va retrouver dans l’acte de mariage lui même: 


Les futurs mariés se sont donnés la foi du mariage.


C’est aussi l’alliance entre deux familles, presque plus qu’entre deux personnes. Et même si François est dit journalier, c’est probablement parce qu’il n’est pas encore majeur (Il n’a pas encore 20 ans)


Regardons maintenant l’acte de mariage, qui a eu lieu peu de temps après.









1
François Vaidie, fils de François et Marie Juliard agé 2 d’environ vingt ans, et Marguerite Germond fille d’André et 3 Marthe Colain agée d’environ vingt un ans, tous deux de cette paroisse 4 après les fiancailles et les trois publications de bans faittes en leur droit 5 aux prônes de nos messes paroissiales par trois différents dimanches sans 6 opposition ou empechement quelconque à nous connus se sont donné 7 la foy de mariage et ont reçu de nous curé soussigné la bénédiction 8 nuptiale le vingt trois juillet mil sept cent soixante sept presence 9 de François Vaidie père de l’affidé et André Germont aussi père de l’affidée                 et Guillaume et Julien Germont et Julien 10 Chesnel et autres parents et amis à ce témoins soussignés
Signatures F Vaidie, Marguerite Germont, en première ligne F Vaidie, Julien Chesnel, André Germont, J Germont, G Germont, Pierre Germont F Sallé, Nicolas Sallé Marthe Colin Et de nombreux autres


Cet acte est des plus classique. Son seul réel intérêt, outre le fait qu'il confirme que la mariage a bien eu lieu et nous en donne la date, est  dans les signatures qui y figurent. On retrouve les signatures des mariés et celles de leurs pères, ce qui fournit des exemples supplémentaires, avec celles figurant au bas du contrat, pour tenter d’identifier les personnes impliquées dans les documents dont j’ai parlé en début d’article.

C’est ainsi que se termine ce premier papier. Dans le prochain, je vous parlerai des enfants du couples et d'événements qui se sont déroulés à Passais pendant cette période.



Notes

(1) Mesnil Gouffier
(2) Le douaire est une rente payée à une veuve, préparée et organisée avant le décès de son mari. Une sorte de pension de réversion avant l’heure? 
(3) A titre de comparaison, la solde d’un soldat de la milice à Lille 2à ans plus tôt était de 12 livres l’an. 


Sources


Archives départementales de l'Orne

Contrat de mariage: Notariat de Passais,     4E 150/85, en ligne sur Généanet, vue 53
Acte de mariage: Passais,                            3NUMECRP324/EDPT194_20 ( 1761-1769 ) vue 152
Acte de naissance François :                        3NUMECRP 324 / EDPT 194 vue 84
Acte de naissance Marguerite:                   3NUMECRP324/EDPT194_18 ( 1745-1753 ) vue 100

Anne VAIDIE


J'avais initialement lu VAIDIER
au lieu de VAIDIE
Je ne peux cependant
pas refaire ce diagramme
Avec mes excuses


Nous avons vu précédemment les vies de Guillaume GOUAULT et Elisabeth VAIDIE dans les deux articles que je leur ai consacré, ici et ici. Elisabeth est la fille de François VAIDIE, pour lequel je n’ai pas encore réuni de renseignements. Mais lors de mes récents passages aux archives départementales de l’Orne, j’ai récupéré quelques actes notariés passés par sa grande sœur, Anne. Lui-même est présent, et concerné par deux de ces documents.

Il est ainsi possible de parler un peu de la vie d’Anne VAIDIE, qui vécut un temps chez son frère François, à la Noë Rousse, dont il avait été question dans les deux articles précités.
Anne VAIDIE est née le 7 octobre 1744 à Passais la Conception, de François VAIDIE et Marie JULIARD. Ses parrain et marraine étaient Michel FERRAND et Anne PAVIE. Son prénom de baptême était Anne Marie, mais son prénom usuel Anne. C’est ainsi qu’elle signe et est prénommée dans les documents qui la concernent, notamment dans son acte de mariage. Ce dernier a été célébré à Saint Mars d'Égrenne, commune proche de Passais la Conception, le 29 septembre 1766. Son mari se nommait Jean BOUDONNET. Un contrat de mariage avait été signé au notariat de Passais le 29 août précédent. Je ne détaillerai pas ce contrat ici, car très classique. Les parents de la mariée apportent à la nouvelle communauté 90 livres, la literie, du linge de maison et un coffre fermant à clef.
Le couple semble avoir vécu à Saint Mars d’Egrenne.

Jean est décédé à Saint Mars d’Egrenne, sans doute le 3 octobre 1807 (1). Mais avant son décès, Jean BOUDONNET avait procédé à une donation au bénéfice de son épouse, par acte notarié passé à Saint Mars d’Egrenne. Il s’agit d’un document que je chercherai à mon prochain passage aux archives. Très probablement, Anne en a fait de même à son bénéfice, comme cela se pratiquait couramment.
En vertu de cette donation, lorsque Jean décède, Anne devient usufruitière des propriétés de son défunt mari.

Anne reste quelque temps au domicile conjugal, puis, le 8 juillet 1812, elle déclare devant notaire “faire sa résidence” au domicile de son frère François, à la Noë Rousse Vaidié, commune de Passais la Conception.

François est présent lors de la rédaction de ce document et il accepte cette déclaration.
Toutefois il est stipulé dans cet acte qu’il n'existe pas de communauté de bien entre elle et son frère, et qu’il n’en existera jamais. A la suite de cette déclaration, elle énumère les biens qu’elle a apporté à la Noë Rousse, précisant que ses biens sont les siens, et qu’il n’y a pas d’autre mobilier lui appartenant chez son frère.

Elle possède quelques meubles, à savoir un lit avec un matelas, ses oreillers, le linge de maison correspondant, une “mauvaise” armoire, de la vaisselle en étain, un tonneau et une somme de soixante francs qu’elle a confiée à son frère.

Ses vêtements sont mentionnés sous le vocable de “hardes” et linge, mais il n’en est pas fait d'inventaire. Elle ne parle évidemment pas de ses biens immobiliers.

Cette déclaration est aussi un contrat puisque François s’engage à présenter à sa sœur tout ce qui a été mentionné dans cet acte à chaque fois qu’elle le demandera. Il doit aussi la nourrir à sa table, puisqu’elle travaillera au bénéfice de son frère. Elle prend à sa charge les frais de notaire.


Le lendemain, Anne fait à nouveau appel au notaire, pour lui dicter son testament. Celui-ci, bref (une page et demi, y compris les formules de début et de fin d’acte). Elle lègue à François l’entièreté de ses biens meubles et immeubles, en preuve de son amitié pour lui et de reconnaissance des bienfaits qu’il lui procure. Et elle précise que ses autres héritiers n'auront aucun mot à dire à ce sujet.

Anne a en effet des biens. Je ne connais pas la totalité de son patrimoine, mais deux actes vont permettre d’en avoir un aperçu. Le premier est un contrat de fermage, qui nous informe sur ses revenus. Le second est une reconnaissance de rente, qui, elle, nous éclaire sur ses obligations. Voyons tout d’abord les revenus d’Anne, au travers de ce contrat de fermage

Il s’agit d’un contrat de fermage, conclu le 12 août 1812,entre Anne VAIDIE, en tant qu’usufruitière des biens hérités de son mari, et Michel GERARD, laboureur, Marie SALLE son épouse, et Marie SALLE, nièce du couple, majeure, demeurant à Saint Mars d’Egrenne.
Les preneurs sont soumis à plusieurs obligations, telles que l’interdiction de faire des dégradations ou des modifications, ce qui est normal et habituel. Ils doivent de plus “couvrir” les champs de bestiaux en nombre suffisant, dans le but d’engraisser ces champs (par les déjections des animaux). Ils ont aussi l’obligation de cultiver les terres, tout en ayant l’interdiction de couper du bois, que ce soit des arbres entiers ou des branches. L’entretien des haies et fossés est à leur charge. Ils doivent en outre remettre en état la maison, notamment son pignon, dans les deux mois de leur entrée en jouissance. Enfin, ils sont tenus d’avoir leur résidence dans la maison affermée. Le loyer qu’ils doivent payer a deux composantes:
Le bail consenti est d’une durée de six ans. Le bien loué contient une maison manable, une petite étable, deux pièces de terre labourables, dans les environs de Saint Mars d’Egrenne. Une redevance monétaire, dont le montant s’élève à soixante huit francs chaque année, doit être versée, à raison de trente quatre francs tous les six mois. L’autre partie est payée en nature, de manière précise. Les preneurs devront fournir 6 kilogrammes de gâteaux, qui doivent être apportés les dimanches, six kilogrammes de poupées de chanvre, six kilogrammes de beurre, entre autres. Bien entendu les preneurs doivent supporter les frais de notaire. Anne VAIDIE s’est ainsi assuré un revenu monétaire d’une part, mais aussi une source de denrées alimentaires et de la matière première pour filer. Des six kilos de poupée de chanvre, elle tirera entre 6 et 30 kilomètres de fil, selon la qualité et le calibre du fil qu’elle tisse. En contrepartie, le reste de la production de la ferme reste aux preneurs. Anne, le notaire et les témoins présents signent l’acte alors que les preneurs ne sont pas en mesure de le faire. Anne Vaidie a peut-être d’autres revenus à sa disposition, mais je n’en ai pas connaissance. Anne a aussi hérité d’une dette de son mari, dette très ancienne, dont une reconnaissance, datée du 15 décembre 1812 se fait l’écho.
Enfin, par amour pour son frère, elle lui lègue ses biens par testament. Mais François n’en profitera pas puisqu’il meurt le 22 mai 1814, à peine deux après qu’Anne se fut installée à la Noë Rousse. Anne lui survit 11 ans et décède le 31 mai 1825.
En effet, à cette date, Anne se présente encore une fois chez le notaire pour reconnaître une rente qu’elle renouvelle et reconnaît devoir payer à Pierre André BONNEFONT et à Marie Françoise RUFRENAN son épouse. C’est un couple de rentiers de Saint Georges de Rouellé. La rente foncière est d’un montant de sept francs, pour un capital de cent quarante francs, pour des immeubles situés sur la commune de Saint Mars d’Egrenne, c'est-à-dire 5% du capital. La somme peut paraître minime, mais le plus étonnant (pour nous, car ça ne l’était peut être pas à cette époque) c’est l’origine de la rente. Celle-ci a en effet démarré en juin 1683, c’est à -dire 129 ans plus tôt, lors de sa constitution. Puis elle a été reconnue en 1760 et plusieurs autres fois ensuite. La rente est garantie par une pièce de terre labourable.

Comme on le voit, Anne VAIDIE est venue s’installer chez son frère François après le décès de son mari. Pas tout de suite cependant. Elle a prit soin de le protéger, et de se protéger elle-même en cas de “faillite” en séparant bien ses biens de celui de son hôte par acte notarié. Elle n’est cependant pas venue s’installer les mains vides puisqu’elle dispose de son argent, de ses biens immobiliers, avec cependant des obligations contractuelles dont elle doit s'acquitter annuellement.

Note:

1: Un doute subsiste car j’ai trouvé deux actes de décès d’un Jean BOUDONNET à Saint Mars d’Egrenne. L’acte daté du 3 octobre 1807 nomme ses parents, mais lui donne 80 ans, alors qu'il n'est pas si âgé.




Sources:

Aux archives départementales de l’Orne: Notariat de Passais la Conception 4E 150 / 132 année 1812 acte 104: déclaration de résidence acte 105: testament acte 115: contrat de fermage acte 188: reconnaissance de la rente 4E 150 / 83 année 1766 acte 149: contrat de mariage Boudonnet / Vaidie, en ligne sur Généanet, vue 180 Archives départementales en ligne: Passais la Conception Acte de naissance Anne Vaidie: 3 NUMECRP 324 / 3E2_324_1_2 vue 16 Mariage de Jean Boudonnet et Anne Vaidie: 3 NUMECRP 324 / EDPT 24_30 vues 132 et 133 Décès François Vaidie: 3 NUMECE / 3 E2 324_25 vue 34 Décès Anne Vaidie: Saint Mars d’Egrenne: Décès Jean Boudonnet: 3 NUMECEC 421/ 3E2 421_25 vue 100


Bénidiction d'une croix à Freigné (Maine et Loire)

Freigné, ville située dans le Maine et Loire, est proche de Saint Mars la Jaille, dans le département voisin de la Loire atlantique. Une partie de la famille Rousseau a ses origines dans cette localité, et certains de ces aïeux ont pu assister à l'évennement relaté par le curé de Freigné dans l'acte ci-contre, daté du 16 octobre 1775.


Il s'agit de la bénédiction d'une croix.  

Bien que ce texte soit court et assez facile à lire, envoici la transcription:


1    Le jour onzieme du mois d'octobre mil sept cent soixante quinze, nous recteur soussigné, en vertu

2    d'un pouvoir à nous accordé par Monseigneur l'abbé Dehercé, vicaire général en ce diocèse, Monseigneur l'Evêque de 

3 Nantes, nouveau naïant (1) point encore pris possession, avons béni une croix au village de la Bélizière

4 dans le chemin vis à vis de la maison du nommé Bagasse, au coin d'un petit champ et vis à vis de la vieille

5    croix. A 4 pieds de distance dans le milieu du chemin, il y a une bonne pierre ardoisine pour marque

6    de séparation de notre Paroisse de Saint Mars la Jaille. Cette croix a été posée à la diligence

7    et aux frais de Jean FROMANTIN, le père, metaïer (2) à la Belisière en Freigné. Présents à la Bénidiction tous

8    ceux des villages voisins. L'usage est qu'on fasse ces sortes de bénidiction en faisant une procession solenelle

9 mais l'éloignement de notre bourg a engagé les supérieurs à nous en dispenser.


Signé: Morin, recteur de Freigné.


Ce texte relate un évennement auquel les habitants du voisinage n'ont pas manqué d'assister. La localisation est précise, et on se rend compte qu'on est en périphérie de la paroisse, à 4 pieds, c'est à dire environ 1m20, 1m50, de la paroisse voisinne de Saint Mars la Jaille. Une pierre remarquable, placée qu milieu du chemin (et non au côté comme on pourrait s'y attendre) marque la limite entre les deux paroisses. Tous les habitants des villages voisins assistent à la cérémonie. C'est qu'il y a peu de distraction, peu de choses inhabituelles, et on ne manquerait un tel évennement pour rien au monde. Il serait d'ailleurs certainement mal vu de ne pas assister à une célébration religieuse 


A noter que ce que le rédacteur appele un village est ce que nous appelerions de nos jours un lieu dit. Quelques maisons tout au plus. Le coeur de la paroisse, où se situe l'église, est le bourg. Il y a environ 5 km entre les deux endroits dans ce cas.

On remarque aussi que l'évêché dont dépent Fraigné est celui de Nantes, et non pas celui d'Angers.


Qui donc, dans mon ascendance, habitait Freigné en cette période (sans parler des enfants trop jeunes pour qu'ils en gardent souvenir) ?


Il y avait à cette époque, à Freigné:

Olivier POUTIER et sa femme Marie TERTIN (sozas 228 et 229). Les parents de Marie TERTIN (que je n'ai pas encore "croisés" ) étaient peut-être là aussi.

Et peut être aussi les parents de René BONDU (soza 230), Jean et Renée BADAULT  (même remarque)


De nos jours, la Bélizière existe toujour, mais il semble bien qu'il n'y ai plus de croix dans son voisinage.


La Bélizière
Google earth





Freigné, la Bélizière et Saint Mars la Jaille.
IGN










Notes


1       naïant:    n'ayant

2    métaïer    métayer



Source: 


AD 495mi0721

Un emprunt sous l'empire

 L’article de ce jour sera bref.

Lorsque nous avons besoin d’entreprendre quelque chose, d’acheter quelque chose, il faut bien souvent trouver de quoi financer notre projet. De même, il nous tombe parfois une tuile sur la tête qu’il nous faut bien financer, de manière impérieuse et urgente. Pour cela il nous suffit de pousser la porte, réelle ou virtuelle, d’une banque ou d’un organisme de crédit pour tenter d’obtenir les fonds nécessaires. Le résultat n’est pas garanti, mais la possibilité est là.

Il n’en a pas toujours été ainsi.


Même si le crédit existe depuis l’antiquité, au moyen âge l’usure, le prêt contre intérêt était interdit par l’Église aux Chrétiens, et donc peu pratiqué. A la révolution Française, en 1789, le prêt à intérêt fut officiellement autorisé. Le taux en était fixé à 5%. L’essor des  grands magasins, dans la deuxième moitié du XIXe siècle, vit l’apparition du crédit à la consommation. Celui-ci ne se démocratisa cependant qu’à partir des années 1950.


Avant, pour se financer, on ne faisait donc pas trop appel aux banques. Certes, les grandes industries, les états empruntaient à de solides établissements bancaires, car ceux-ci existaient. Mais il y avait aussi (et cela reste vrai) la possibilité d’emprunterentre  particuliers. On en retrouve la trace chez le notaire, car il était nécessaire d'officiliser ces transactions.


Le document présenté en est un exemple. Il a probablement été mis en forme chez le notaire après la transaction initiale entre les deux parties qui ont préalablement  scellé leur accord  en topant devant une chopine de cidre ou de poiré.Il s'agit d'une reconnaissance de dette, et c'est un document assez bref.


Le notaire précise dans son acte le montant emprunté, soit 370 francs. Il précise que l’argent a été donné par le prêteur hors de sa présence , et que cela a été payé en argent métallique. Pas de lettre de change, pas de monnaie papier. Question de confiance. 

Pour se rendre compte de ce que ce montant représente, il suffit de savoir qu’une pièce de 20 francs or de 1810 contient (il en existe encore) 5.81 grammes d’or pur. Si la somme a été payée avec de telles pièces cela fait 107.485 grammes d’or. Le même poids d’or 24 carats vaut environ 12 000 € au moment où j’écris (22/08/2026)


Plus loin les modalités de remboursement sont indiquées clairement. Il n’est pas question d’intérêt, et le montant de chaque remboursement n’est pas indiqué. Il n’y a don peut être pas d’intérêt, et il suffit de diviser par trois pour avoir le montant de chaque paiement. 


Enfin, le prêt est garanti par une hypothèque, dont l’emprunteur devra supporter les frais, et par la présence de deux témoins.

Il ne faut pas douter que le sieur Germont s’est d’abord enquis de la réputation et de de la solvabilité de Michel Le Mée. 

L’histoire ne dit pas à quoi était destiné cet argent, ni s’il a été remboursé, intégralement et dans les délais.


Ci-après la transcription du texte, au demeurant assez facile à lire et comprendre.


Page 1


___ à Germont, le 20 may 1810,                    sans expédition


Par devant nous Pierre Leroyer

Page 1
notaire impérial à la résidence de Passais,

chef-lieu de canton, arrondissement de 

Domfront, département de l’Orne, sousigné

L’an mil huit cent dix, le

premier may avant midy au bourg

dudit Passais

a comparu Michel Le Mée, fils de

feu Siméon Le Mée, demeurantcCommune du Teilleul, département de la

Manche, lequel a reconnu devoir au sieur

Pierre Germont, Mégissier et propriétaire,

demeurant à Mesnil Gouffier, dite commune de

Passais, la somme de trois cent soixante

dix francs qui lui a prêté hors notre

présence en argent métallique de présent ayant

cours ainsi que nous l’a déclaré le dit Le

Mée et s’est obligé à lui rendre en les

mêmes espèces en trois payements égaux

exigibles le premier d’aujourd’hui en un an, 

le deuxième d’aujourd’hui en deux ans et le

troisième d’aujourd’hui en trois ans, jours

fixes, et pour garantir le payement de ladite

somme de trois cent soixante dix francs

ledit Le Mée affert et hipotheque

spécialement une pièce de terre labourable

nommée le petit champ située près le

hameau des grands champs commune du


Page 2


Bois, département de la Manche, touchant

des toute part , le sieur Breillos, _____

Le Mée, le chemin de Teilleul à

sur laquelle pièce ledit Germont pourra [faire ?]  (le mot est dans le plis)

toute inscription _____ au bureau de la

conservation de hipothèque de Mortain          

sous lequel elle dépend. S’oblige ledit

Page 2

Le Mée à tous les frais auquel

pourra donner lieu le présent


Fait et passé en présence de

Jean Le Bigot, menuisier et Jacques Hamard

maréchal, tous deux de Passais

témoins signés avec ledit Le Mée

Nous dit notaire après lecture


Signatures :

Michel Le Mée

Jacques Hamard

J. Bigot

Le Royer



Remarque


Dans nos aïeules, il y a Marguerite Germont, qui donna naissance à une fille en 1790 à Passais la conception,  et décéda après 1809. Je ne sais par contre pas (encore) si elle est apparentée à Pierre Germont.

Référence:


Archives départementales de l'Orne,  4 E150/130, notariat de Passais la conception, 1810 (du 10/01 au 24/12), numéro 55


Contrat de mariage entre Sébastien Maignan et Renée Maignan

Introduction


Le contrat de mariage dont il est question ici est intéressant car il nous informe avec des détails sur le trousseau qui permettra au couple Sébastien Maignan et Renée Maignan de démarrer dans la vie.  La future mariée, Renée, est fille de Julien et Françoise Louveau, mes ancêtres à la 10eme génération (sozas 788 et 789) du côté de la famille Roussel. Ils s’étaient mariés à Ceaucé (Orne) le 24 janvier 1692 et Julien était décédé le 7 septembre 1716 à Torchamp (Orne), à 8.5 km de Ceaucé (par la route actuelle).
Je tiens à remercier les membres du Centre Généalogique de l'Orne et du Perche qui m'ont apporté leur aide pour la lecture de certains mots en fin de texte.

Ce contrat est daté du 18 juillet 1726. Le notaire n'a pas indiqué son nom dans l'acte. Mais il signe Bomer

Note concernant le patronyme Maignan :


Le notaire utilise presque partout l’orthographe Meignan, sauf une fois où il écrit Maignan. 
Dans les signatures, on trouve les deux cas. Dans la transcription j’ai respecté l’orthographe utilisée par le notaire. Pour mon texte j’ai utilisé l’orthographe Maignan, que l’on retrouve dans les actes concernant Jeanne Maignan, épouse de Thomas Pierre Cillere, mes ancêtre à la  8ème génération (toujours dans la branche Roussel)


Le contenu de ce contrat


La dot de la future mariée se compose de trois parties :
Une somme de deux cent livres qui sera payée en quatre fois
Un contrat et une reconnaissance qui vont lui assurer un revenu de onze livres deux sols six deniers,  sur les héritiers de Jean Cillaire. Les informations concernant les documents notariés correspondants me permettront d’aller voir de quoi il s’agit à mon prochain passage aux Archives de l’Orne.
Une liste de linge de maison, de vaisselle et de meubles (des coffres, bien souvent les seuls meubles avec le lit et une maie pour le pain). Mais tous ces biens ne seront pas apportés en nature. Le contrat indique bien qu’ils seront payés « en livre ». La famille s’engage donc à donner l’argent nécessaire au couple, pour un montant estimé à 80 livres
Cette troisième partie comporte une vache et une génisse. Peut-être les bêtes ont-elles été prélevées sur le troupeau familial et non pas achetée ?
Il est à noter qu’un habit est prévu pour la future mariée, et que cet habit doit être adapté à sa condition. En effet, à cette époque, on ne s’habille pas comme on veut. Certains effets sont réservés à la noblesse, d’autres sont obligatoires pour les domestiques, etc.
L’oncle de Renée, Henri Maignan lui fourni pour sa part un trousseau dont les parties sont énumérées. Ceci sera donné en nature au couple.
En dernier lieu, les époux se promettent « douaire » en cas de dissolution, c’est-à-dire en cas de décès de l’un des époux. L’autre ne restera pas sans rien.
Voici donc la transcription du contrat, dont quelques termes techniques m’ont échappé, avec quelques notes. Le texte original en illustration est assez simple à lire.
Quelques explications en fin d’article sur certains termes aujourd’hui en désuétude, voir oubliés



Le contrat


Page 1

Pages 2 et 3

Page 4



















Transcription


NB: l'orthographe est celle du notaire.
Les chiffres entre parenthèses renvoient aux notes en fin d'article
Le texte original ne comporte pratiquement pas de ponctuation. C'est assez compliqué de la restituer correctement. 

Page 1


Du dix-huitième jour de juillet l’an mil sept cent

vingt six au lieu des hais Maltaires (1) paroisse de 
Torchamp, devant nous nottaire royal sousigné.
Pour parvenir a la conclusion et proposition du mariage
espéré estre fait en face de notre mère la Sainte Église
Catholique apostolique et Romaine le permet par entre
Sébastien Meignan, fils de Mathurin Meignan et de Marie
Le Sellier, ses pères et mères d’une part, et de Renée Meignan

fille de deffunct Julien Meignan et de Françoise Louveau
ses pères et mères, d’autre part, tous de cette paroisse, du
consentement de ladite Louveau mère de ladite future et de leurs
plus proches parents et amis et témoins cy
après denomines, se sont donnés la foy de mariage
et promis s’épouser à la première requisition que l’un
en fera à l’autre les solenités de l’Eglise duement
observées, les conventions civiles du présent contrat.
Ont esté présents en leur personne chacun de Françoise 
Louveau mère de la future et de Julien et Henry
Meignan, frères de ladite future lesquels se sont obligés
solidairement un seul et pour le tous sans division
pour telle part, portion et légitime que ladite future
pourait esperer es succession de ces pères et mères
tant venues qu’a venir, scavoir la somme de deux cent
livres, quelle somme de deux cent livres sera payée pour


Page 2


Les termes qui suivent, scavoir cinquante livre le jour des
épousailles, et aincy d’an en an jusques à fin de payement de
la somme de deux cent livres avec le principal et avenages. (2)
d’onze livres deux sols six deniers (3) de rente hypothèques
que les sus nommés ont lieu de se faire payer chacun ans
sur les héritiers de Jean Cillaire (4) suivant le contrat passé
devant Pierre Coignard (5)  nottaire, en datte du septième
de mars l’an mil sept cent vingt avec reconnaissance
en conséquence passée devant Cristophe Grypon  (6) nottaire,
en datte du vingtieme jour de septembre l’an mil sept
cent vingt quatre, tellement que ladite Louveau et Julien et
Henry Meignan ses fils ce sont déssaisis des à présent de la partie des
rente    promis    pour les dits futurs en jouir ,et ce faire payer des les
prochains termes à advenir, et ce sont obligés mettre
le contrat et la reconnaissance en consequence toute fois et quante (7)
entre les mains desdits futurs, item s’obligent comme dessus
payer es livre scavoir un lit garni d’une couette, un traversin
et deux oreillers de toile commune de plume deois, une
couverture de sauye (8) sur fil, un demy tour de lit de toille
rayée, une douzaine de draps, et pareil nombre de
serviettes, les draps de toile ourdie (9) de laine et tissés de gros,
et les serviettes de toile de  ________ dont il y en a une demi
douzaine de toile de lin, deux nappes de  _____  en ___________ , trois
petits plats ronds, et trois assiettes  et un demy plat d’estain
commun, deux coffres, un grand et un petit de bois de chesne 
fermant à clef, un habit selon la condition de ladite future
une vache, une génisse, et six pièces de  ______ et est
justement Henry Maignan, oncle de ladite futur, lequel pour la bone


Page 3


amitié qu’il porte a sa nièce a promis et ces bien
obligé livrer aux dits futurs deux petits plats ronds, et deux
assiettes d’estain commun, quel trousseau sera livré le
jour précédent les espousailles. Et au cas que ladite partie de 
rente se ramortisse (10) avec ladite somme de deux cents livres
ledit futur a promis remplacer sur tous, et chacun ses
meubles , tant immeubles que meubles tant venu qu’à 
venir pour servir de nature de dot à ladite future, et se sont
promis douere (11) l’un à l’autre suivant la coutume, quel douere 
courra du jour de la dissolution du présent sans qu’il soit
besoin d’en faire demande judiciaire directement ou indirectement.
Ont tous lesquels meubles cy dessus spécifiés ont esté estimés
entre les parties à la somme de quatre vingt livres. Et aincy
d’accord après avoir donné lecture aux parties faits es presence
et du concentement de Françoise Louveau, mère de ladite future
et de Julien et Henry Meignan frères de ladite future, et de 
Henry Meignan oncle, et de Mathurin Meiggnan père dudit
futur et de Marie Lesellier mère dudit futur et de Jean
Meignan, frère et de Jeanne Levesque, de Pierre Meignan,
de Jean Martel,  René Meignan, de Guillaume Lesellier
de Jean Faverie, de Pierre Meignan, de Michel Caillebotte
de Jean Baudet, de Henry Faverie, de François Roger
et de discepte(12) personne, George Sesard des Malterres
escuyer sieur de la Maltaire, et de noble dame Anne
Laisné épouse du sieur de la Maltaire, et de François le
Bourdais tous parents et amis et temoings tant costé 
paternel que maternel mot rayé nul présence


Page 4


Les dites parties et les temoings glose(13) ? Meignan approuvé présences 

lesdites parties
Signatures

Pour les signatures, se reporter à la page 4 du contrat. Elles sont facilement identifiables. On note cependant parmi elles:

Sébastine Meignan, le futur

La marque de Renée Maignan, la future

La marque de Françoise Louveau, sa mère
Julien Meignant (le frère de la future)
La marque de Méthurin Meignan, père du futur
La marque de Henry Maignan, oncle de la future
Guillaume Lesellier
Le Seigneur de Malterre et sa dame signent
Etc.

Henry Maignan (frère de la future)

La marque de Marie Lesellier, mère du futur

Jeanne Levesque ( probablement la belle-mère de Julien Maignan, frère de la future, dont l'épouse est Marguerite Maignan)

Bomer, notaire


Conclusion

Ce document est interressant car il nous permet de se rendre compte des biens materiels dont pouvait disposer un couple de jeunes mariés à ses débuts. Il nous montre qu'on pouvait se transmettre une rente, par exemple. De plus le nombre important de personnes assistant à la signature du contrat nous permet d'entrevoir une famille importante.


Notes


  1. Les hais Maltaires , orthographié Les haies Malterre sur la carte de Cassini
  2.  Avenages: L'avénage (ou avenage) est un vieux mot d'ancien français et du dictionnaire du Moyen Français qui désigne une taxe ou une redevance en avoine. Le terme vient de l'ancien fraçais avene. Ici il désigne les interêts (par opposition au principal)
  3.  La livre était subdivisée en 20  sols. Un sol valait quant à lui  12 deniers.. Il s'agit d'une monnaie de compte. Les paiements étaient fait en n'importe quelle monnaie de règlement. Voir l'article sur wikipedia à ce sujet: Livre, monnaie du royaume de France
  4.  Jean Cillaire : Je ne suis pas certain du nom
  5.  Pierre Coignard, notaire. Je n'ai pas trouvé où dans la liste des études publiée sur le site des archives Mais pour Torchamp, les noms des notairs ne sont pas indiqués. Je regarderai ça lorsque j'irai sur place.
  6.  Cristophe Grypon, notaire: même remarque
  7.  Quante : En ancien français, quante est la forme féminine du pronom ou adjectif quant, issu du latin quantus, qui signifie « combien », « quelle quantité », « quel » ou « combien grand/nombreux »
  8.   de sauye : probablement de saye, tissus de laine épais et grossier.
  9.   Une toile ourdie désigne une toile dont les fils de chaîne ont été préparés et disposés sur un ourdissoir avant le tissage.
  10.  ramortir: En ancien français, le terme « ramortir » dérive du sens d'affaiblir, de rendre moins vif. Ici, il s'agit d'une perte de valeur de la rente
  11.   douere : douaire: Le douaire est un terme de droit ancien qui désigne la part des biens ou des revenus du mari réservée à son épouse pour subvenir à ses besoins en cas de veuvage. Et ici réciproquement.
  12.  discrepte personne: discrète personne, un écclésiastique.
  13.  glose: Dans un contrat de mariage du XVIIIe siècle, la présence du mot glose (parfois écrit glôse ou glause) fait souvent référence à une note, une modification ou un ajout écrit en marge ou entre les lignes du document par le notaire. Ici, au milieu de la deuxième page, à gauche, le nom Meignan est rajouté entre les lignes après Henry. Le notaire l'avait oublié



Source


[AD61 4E30/11] - Torchamp (Orne, France) - Archives notariales (Liasses) | 1726 - 1730


François Vaidie et Marguerite Germont. 1ère partie

Après les articles sur la famille de Guillaume Gouault et Elisabeth Vaidie, qui vécurent un temps à la Noë Rousse, paroisse puis commune de ...