Blanchisseuses, lavandières, buandières, lingères

 De nos jours nous utilisons la machine à laver pour faire la lessive et avons recourt au pressing pour les choses délicates ou difficiles à traiter à la maison. 

Bien que le premier brevet pour une machine à laver ait été déposé en 1797 aux USA par Nathaniel Briggs (mais elle avait été imaginée en 1767 en Allemagne par Jacob Christian Schäffer), elle ne se démocratisa réellement que dans les années 1950 en occident, après l’invention d’une machine entièrement automatique (Société Bendix en 1937)

Mais avant cela la lessive devait être faite à la main, parfois avec l’aide de machines mécaniques, plutôt réservées aux professionnelles pour la période la plus récente, avant l’électrification.  Cette tâche est restée pendant des siècles une affaire de femmes. 

C’était un travail ingrat et difficile, surtout en période hivernale, et très chronophage. Dans les foyers aisés, noblesse, bourgeoisie, on avait recours à l’emploi de personnel spécialisé, une lavandière par exemple, ou bien on confiait cette tâche à une des servantes de la maison.

Bon nombre de foyers, les hommes seuls aussi, confiaient leur linge à des professionnelles. 


Plusieurs métiers, plus ou moins liés les uns aux autres, s’acquittaient de ces travaux. Nous y reviendrons plus loin.

Le linge était initialement lavé à la rivière, avant la généralisation du lavoir dont l’usage fut rendu obligatoire en France au XIXe siècle (pour raison d’hygiène) On pouvait aussi laver à la maison, mais dans ce cas il fallait aller chercher l’eau à la rivière, ou la puiser au puit. 

Dans les villes cependant, les logements étant le plus souvent trop petits, et l’accès à l’eau compliqué, sans parler de son évacuation (par la fenêtre) il fallait se rendre dans les établissements spécialisés, soit professionnels, soit en « libre-service ».


Les tâches étaient les suivantes, sans trop entrer dans les détails :


1) Emmener le linge à la rivière ou au lavoir (obligatoire à partir de 1850), ou bien aller chercher l’eau à la rivière ou au puit. 

2) Laver le linge, avec toutes les étapes nécessaires, telles que rinçage, savonnage, battage, à nouveau rinçage, essorage, et j’en oublie certainement. Ces étapes étaient pénibles car il fallait travailler avec de l’eau froide, parfois glacée, à genoux, ou encore avec de l’eau bouillante. Battre le linge et l’essorer étaient des opérations physiques qui nécessitaient de la poigne et étaient fatigantes. Ce travail était long, mais le lavoir était un univers féminin, et elles pouvaient profiter de ces moments sans se soucier des hommes qui avaient, à l’époque, quasiment tous les droits sur leurs épouses. Elles pouvaient aussi y vider leurs querelles.

3) Il fallait ensuite ramener le linge à la maison, encore plus lourd qu’à l’aller, en raison du poids de l’eau.

4) Faire sécher le linge

5) Le repasser.



L’extrait de l’Assommoir, d’Émile Zola, publié en  1876 décrit bien l’ambiance du lavoir, en ville, fréquenté dans ce cas par des ménagères:


Scène du lavoir
Férat / Paillard, 1879.
Illustration
 de l'Assomoir de Busnach et Gastineau d'après
l'oeuvre de Zola
@Gallica - BNF

C’était un immense hangar, à plafond plat, à poutres apparentes, monté sur des piliers de fonte, fermé par de larges fenêtres claires. Un plein jour blafard passait librement dans la buée chaude suspendue comme un brouillard laiteux. Des fumées montaient de certains coins, s’étalant, noyant les fonds d’un voile bleuâtre. Il pleuvait une humidité lourde, chargée d’une odeur savonneuse ; et, par moments, des souffles plus forts d’eau de javelle dominaient. Le long des batteries, aux deux côtés de l’allée centrale, il y avait des files de femmes, les bras nus jusqu’aux épaules, le cou nu, les jupes raccourcies montrant des bas de couleur et de gros souliers lacés. Elles tapaient furieusement, riaient, se renversaient pour crier un mot dans le vacarme, se penchaient au fond de leurs baquets, ordurières, brutales, dégingandées, trempées comme par une averse, les chairs rougies et fumantes. Autour d’elles, sous elles, coulait un grand ruissellement, les seaux d’eau chaude promenés et vidés d’un trait, les robinets d’eau froide ouverts, pissant de haut, les éclaboussements des battoirs, les égouttures des linges rincés, les mares où elles pataugeaient s’en allant par petits ruisseaux sur les dalles en pente. Et, au milieu des cris, des coups cadencés, du bruit murmurant de pluie, de cette clameur d’orage s’étouffant sous le plafond mouillé, la machine à vapeur, à droite, toute blanche d’une rosée fine, haletait et ronflait sans relâche, avec la trépidation dansante de son volant qui semblait régler l’énormité du tapage.


Les professionnelles se répartissaient en plusieurs métiers


Lavandière


Le dictionnaire de l’Académie Française de 1694 définit la lavandière comme une femme qui «

Lavandière normande


lave la lessive », lessive étant pris ici dans le sens de l’ensemble du linge qui doit être lavé.

En ville, la présence de lavandières de métier est attestée depuis le moyen âge. 

Le dictionnaire de Pierre RICHELET, datant de 1706 ; indique que la lavandière est chargée des opérations de « grosse lessive ». Elle aide la blanchisseuse dont elle dépend.


Femmes lavant le linge au lavoir
Agence Rol -- 1922
@Gallica








La blanchisseuse
Estampe
Louis Marin Bonnet (1743 - 1793)
@Gallica

Blanchisseuse


Il s’agit de « celle qui rend le linge plus blanc », selon les mêmes sources. Elle s’occupe, comme son nom l’indique, de blanchir le linge. Mais elle peut bien sur s’occuper du gros linge, du petit linge, du linge délicat. 

La blancheur du vêtement joue un rôle important. C’est un signe d’appartenance de classe, de propreté aussi. La blanchisseuse a donc une place importante dans la société.

Au XIXe siècle, lavandières et blanchisseuses sont clairement distinguées.





Buandière


Il s’agit d’une blanchisseuse spécialisée dans le linge fin, notamment dans les tissus colorés qui demandent un traitement particulier et délicat pour ne pas perdre leurs couleurs. 


Repasseuse


La repasseuse, comme son nom l’indique, s’occupe de la tâche finale de la lessive, le repassage et le pliage du linge. Pour cela elle utilise des fers à repasser en fonte. Il en existait de deux sortes : Certains disposaient d’un réservoir que l’on remplissait de braises pour les maintenir chauds. Les autres, sans réservoirs, devaient être chauffés, sur la cuisinière à bois ou charbon de la maison, voire directement sur le feu, ou dans les blanchisseries professionnelles sue des poêles spéciaux, disposant d’un plan incliné permettant d’aligner les fers à chauffer. 

La repasseuse
Edgard Degas
Vers 1869

L’utilisation était plus compliquée que maintenant. Il n’y avait aucun dispositif de réglage de la chaleur. La repasseuse devait donc faire appel à tout son savoir faire et à quelques astuces pour savoir si elle pouvait utiliser le fer sur le linge efficacement, et sans le brûler. Elle devait faire aussi attention à ne pas se brûler elle-même en saisissant le fer dont le manche était lui aussi en fonte, car coulé d’une seule pièce avec l’ensemble de l’objet. Il faut aussi noter que lorsque le fer était chauffé directement sur la braise, sa semelle s’encrassait. Il fallait donc impérativement la nettoyer avant de l’utiliser, et rapidement pour que le fer ne refroidisse pas. On frottait le fer sur un sac de toile épaisse, sur de la cire d’abeille, ou encore sur du gros sel, avant le repassage. 

Pour gagner du temps, la repasseuse utilisait en alternance deux fer. Elle repassait avec un fer pendant que l’autre chauffait.  


Lingère


Il s’agit d’un métier différent de ceux évoqués précédemment. Au XIXe siècle, la lingère était une travailleuse qualifiée qui gérait, réparait, entretenait le linge précieux et le linge de corps dans les maisons aisées, bourgeoises ou nobles.  A l’époque, le linge était quelque chose de précieux. Avant la mode de la « fast fashion », le linge avait une réelle valeur. Dans les grandes maisons, la lingère régnait sur les laveuses et les repasseuses. Son travail, outre la garde du linge (parfois mis sous clé)  et la gestion du personnel subalterne , était délicat. Elle devait repasser, amidonner, mettre en forme les chemises, les bonnets, les coiffes, les jupons, la lingerie. Elle devait entretenir la soie et la dentelle. Comme les autres professions évoquées plus tôt, c’était une profession ancienne, connue depuis le moyen âge. La formation était stricte et son apprentissage durait 3 ou 4 ans. 

Plus tard ce métier se démocratisa et il y eu des lingères-repasseuses qui tenaient boutique en ville. 

De nos jours, le métier de lingère (ou linger pour les hommes) désigne la personne chargée de l’entretien, du lavage, du repassage, du rangement, de la distribution du linge

La lingère
Léon Delachaux
Musée d'Orsay

, au sein d’une structure, hôpital et hôtel entre autres, en dirigeant le personnel spécialisé ou en faisant appel à des sous traitants. 


Comme on le voit, tous ces métiers, indispensables dans une société où les dispositifs que nous utilisons tous les jours n’existaient pas, étaient des métiers plutôt pénibles, exercés dans des environnements difficiles (lavoirs, rivières, quelle que soit la météo, etc.)


De nos aïeules on ne connait bien souvent pas la profession, sauf pour les plus proches d’entre elles. Mais toutes ont dû s’adonner à ces corvées pénibles. 



Parmi mes aïeules :


Marthe Roncin (Soza 11) était lingère à Challes (72) en 1913

Marie Yvonne Robinard (Soza 17) était blanchisseuse à Vannes (56) en 1880

Félicité Fourré (soza 27) était blanchisseuse à Lucé (61) en 1876


Je leur dédie cet article, ainsi qu’à toutes les femmes de ma famille.


An IV de la liberté

Allégorie révolutionnaire :
La Liberté, l'Egalité et la Civilisation
repoussant le Despotisme ; esquisse
Anpnyme, entre 1789 et 1799
Musée Carnavalet
 L’assemblée nationale constituante, réunie du  9 juillet 1789 au 30 septembre 1791a, en plus de la rédaction de la première constitution française, été à l’origine de nombreuses réformes, comme l’abolition de la féodalité, l’égalité devant la loi, devant l’impôt, la suppression des droits de douanes et des péages intérieurs, et bien d’autres encore.


Elle a aussi institué une « ère de la Liberté », qui prend comme point de départ la prise de la Bastille le 14 juillet 1789.

L’année 1789 devint ainsi l’an I de la liberté, et par conséquent 1792 devint l’an IV de la liberté. 

Cependant, ce n’est qu’en 1792 qu’un décret de l’assemblée législative, qui succède à la constituante, officialise l’obligation de mentionner cette ère sur les documents officiels. 

Mais en 1792 la monarchie est abolie et le calendrier républicain est mis en place l’année suivante, marquant le début de l’ère de la liberté et de l’égalité.

La mention de l’ère de la liberté a donc été de courte durée. Elle a été supprimée, ainsi que le calendrier grégorien, remplacés par le calendrier républicain, qui sera aboli par l’Empereur Napoléon fin 1805.

On peut donc trouver des documents portant la mention de l’an IV de la liberté, obligatoires pendant quelques mois, en plus de la date grégorienne. 

Pour ma part, je n’avais pas encore vu de document incluant une telle mention, avant d’effectuer le relevé d’un registre couvrant les années 1791-1792. 


En voici un exemple :



1 L’an mil sept cent quatre vingt douze, le quatrième 

2 de la liberté, le vingt février, a été baptisée,

3 par nous prêtre vicaire soussigné, Marie Françoise

4 née de hier, issue du légitime mariage de Jacques

5 Sabrie, journalier et de Marie Clairet. Elle a eu

6 Pour parrain François Hochet, laboureur et pour marraine

7 Jeanne Clairet, sa tante qui a déclaré ne savoir signer

8 De ce faire requise parrain a signé avec nous

9 Un mot rayé nul approuvé

Saint Front, Orne. BMS 1791-1792

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L'arbre de la liberté
de Bayeux

L’année 1792 vit aussi la plantation de nombreux arbres pour célébrer la liberté. L’arbre devint le symbole fort de l’idéal révolutionnaire dans une France en guerre contre l’Autriche. 

Les « Arbres de la liberté » sont ainsi plantés dans les lieux les plus fréquentés des localités, partout dans le Pays. 

Il ne reste plus beaucoup de ces arbres plantés en 1792. Quelques beaux spécimens ont résisté aux épreuves du temps, tel le majestueux platane de Bayeux.  




Décret daté de l'an IV de la liberté



Sources

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François Vaidie et Marguerite Germont, 2ème partie: Les enfants

Dans ce deuxième article je vous parlerai des enfants du couple François Vaidie Marguerite Germont. Puis, dans un article à venir je donnerai plus de détails sur certains événements dont François Vaidie a été acteur ou témoin. Si vous avez manqué le premier épisode, vous pouvez le lire ici




François et Marguerite ont eu de nombreux enfants, dont la première, Marie, est née en 1770, deux ans et demi après leur mariage, et la seizième et dernière, Marie Marguerite Françoise a vu le jour en 1795, vingt-cinq ans plus tard.  Tous sont nés à Passais, à la Noë Rousse, se sont mariés à Passais et y sont décédés, sauf mention contraire.

Cependant, seuls six d’entre eux ont atteint l’âge adulte.


Les enfants décédés en bas âge sont

  • Marie     1770 - 1770
  • Marguerite     1772 - 1773
  • François             1774 - 1778
  • Alexandre Pierre     1776 - 1779
  • Thérèse Marguerite     1777 - 1778
  • Jean Baptiste     1783 - 1784
  • Jean Baptiste     1785 - 1786
  • Nicolas             1786 - 1789
  • Marguerite     1792 - 1795
  • Jean Baptiste     1788 - 1789


La mortalité infantile est très élevée dans cette famille, mais les temps étaient durs et elle ne devait pas trancher avec la mortalité infantile de la région. 

Sans donner plus de précision, on peut noter que le couple Jean Boudonet Anne Vaidie a été parrain et marraine de François, né en 1774, et que Anne a aussi été marraine d'Alexandre Pierre. 



Heureusement, le couple a eux six enfants qui ont survécu à la petite enfance. Les voici:





François est né le 13 mars 1779.  Il s’est marié avec Julienne Sorieul, le 28/03/1796, qui fut la marraine de Marie Marguerite Françoise, née en 17997

  • François est cependant mort jeune le 19/08/1807. Il avait 28 ans.


  • Pierre est né le 16/10/1780. Il était propriétaire et a été conseiller municipal de Passais. Il s’est marié le 27/02/1805 à Passais avec Jeanne Bagot. Au moment de son mariage il était cultivateur. Il est décédé à l’âge de 82 ans le 16/02/1862. Son nom est orthographié Vaidis et sa descendance porte ce nom orthographié ainsi. Si j’en ai la possibilité, je lui consacrerai un article, mais avant cela il faudra que je réunisse de la documentation lors d’un passage aux archives départementales (pas encore programmé)


  • Françoise Elisabeth, notre aïeule, épouse de Guillaume Siméon Gouault a fait l’objet de deux articles à lire ici et ici


  • Marie est née le 07/04/1795. Elle s’est mariée le 04/03/1813 avec Jean Baptiste Perrin. Je n’en sais pas plus à son sujet.


  • Marie Marguerite Françoise, née le 21/08/1797. Les témoins ayant procédé à la déclaration de sa naissance à la mairie étaient son frère Pierre et sa belle soeur Julienne Sorieul. Je n’ai pas vu son nom dans les tables décennales de Passais, donc je suppose qu’elle a vécu suffisamment pour atteindre l’âge adulte. Peut-être s’est elle mariée et est aller vivre dans une autre ville ? Je n’ai pas d’information.


  • Jeanne, née le 05/01/1782, s’est mariée avec Jean Le Landais le 15/10/1858.


Les naissances de cette fratrie se sont déroulées sur une longue période, vingt-cinq ans. Les plus vieux ont été jusqu’à déclarer les plus jeunes en mairie. 


Dix d’entre eux cependant sont morts très jeunes, preuve supplémentaire que la vie n’était pas facile au tournant des 18e et 19e siècle, époque où l’hygiène n’était pas de rigueur et la médecine approximative et surtout dépourvue de moyens d’actions efficaces. 


D’autres événements ont ponctué la vie de François Vaidie. On le retrouvera chez le notaire et acheteur dans une vente aux enchères au mois de novembre prochain, et dans quinze jours je vous parlerai d’une affaire qui se déroula à Passais, dont il fut témoin, et son beau frère Jean Boudonet acteur.


La lecture des actes de mariage et de baptême nous donne aussi quelques indications sur les activités de François Vaidie, qui fut journalier, puis laboureur, mais aussi marchand et boulanger.



Sources

Archives départementales de l'Orne, registres en ligne

Passais:

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Saint Mars d'Egrenne

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François Vaidie et Marguerite Germont. 1ère partie

Après les articles sur la famille de Guillaume Gouault et Elisabeth Vaidie, qui vécurent un temps à la Noë Rousse, paroisse puis commune de Passais la Conception, et sur Anne Vaidie, qui vécut elle aussi à la Noë Rousse chez son frère François, père d'Elisabeth, il est temps d’écrire à propose de celui-ci et de son épouse, Marguerite Germont.


Il me faut vous faire part d’un petit doute que j’ai maintenant, concernant la Noë Rousse. Je pensais qu’il s’agissait uniquement d’une ferme, mais c’est en réalité un hameau, un des villages de la paroisse de Passais. On distingue même deux villages, la Noë Rousse et la Noë Rousse Vaidie, tous deux portés sur les cartes. Ceci ne met cependant pas en cause les articles précédents. Guillaume Gouault et Elisabeth ont bien vécu à la Noë Rousse, et Anne Vaidie résida bien chez son frère après le décès de son époux.


Ne vous méprenez pas.
Il ne s'agit
pas de Marguerite

J’ai trouvé plusieurs documents concernant “un François” Vaidie. Le dis bien “un” car François Vaidie, dont nous parlerons aujourd'hui et fils de François Vaidie et père de deux enfants qu’il a prénommé François. S’il est certain que les documents dont je parle ne concernent pas les enfants, il ne m’est pas possible de les 'attribuer au père ou au fils sans une étude plus approfondie, d’autant plus qu’il y a au moins un autre François Vaidie à Passais ou sur une paroisse proche. Une tradition familiale. 


D’autre part, François et Marguerite ont eu seize enfants, dont beaucoup sont décédés en bas âge ou encore jeunes. 


De son côté, Marguerite Germont est semble-t-il descendante d’une famille de petite noblesse, selon des renseignements obtenus récemment. Ce point reste à vérifier.


C’est la raison pour laquelle François et Marguerite feront l’objet de deux , voire de trois articles.

Après ce long préambule, voici le premier d’entre eux.


François Vaidie (mon soza 210) est né le 16 décembre 1748 à Passais la Conception, Orne, à la Noë Rousse, au cours d’un hiver assez doux. Son père lui a transmis, outre son nom, son prénom. Sa mère était Marie Juliard. Le grand-père de François s’appelait lui aussi François. Notre François avait de plus quatre soeur dont Anne dont il a été question dans l’article précédent (Il me reste à vérifier les informations sur le Grand père et les trois autres soeurs)


Marguerite Germont elle aussi est née à Passais, le 20 février 1749. Ses parents étaient André et Marthe Colin. Ses parrain et marraine étaient Julien et Marguerite Germont, qui signent tous les deux l’acte de baptême et que l’on retrouvera lors du mariage.


Comme d'habitude, on ne connaît rien de direct concernant leur enfance. 


François et Marguerite se sont mariés jeunes, en 1767, à 19 ans. Un contrat de mariage a été établi par Maître Joseph Le Royer, notaire royal à Passais, et membre d’une dynastie notariale qui officia longtemps à Passais. 



PAGE 1


1 L’an mil sept cent soixante sept, le quatrième 
2 jour de juin au lieu de Mesni Goufié (1) en la paroisse
3 de Passais, après midy, devant nous notaire royal
4 soussigné
5 Pour régler et areter les conventions du futur
6 mariage communié et esperé être fait sy Dieux (e)t notre
7 Mère la Sainte Eglise quatholique apostolique et romaine
8 Le consent et permettent, entre François Vaidie,
9 journalier, fils de François et de Marie Julliard ses
10 père et mère, d’une part, avec Marguerite Germond
11 fille d’André et de Marthe Colin ses père
12 et mère d’autre part, tous de cette paroisse
13 lesquels futurs en présence et du consentement
14 de leurs père et mère, parents et amis cy après
15 soussignés et marqués se sont donnés la foy
16 de mariage et promis se fiancer et épouser à la
17 première réquisition verbale que l’un deux
18 en fera à l’autre, les cérémonies de notre

 
PAGE 2


1 mère l’Eglise préalablement observées et pourvu
2 qyicluy mariage soit fait et accomply
3 Ont été présents André Germont et Marthe Colin
4 père et ère de ladite (a)ffidée tant en leur succession
5 mobillière quimobillière mais qua venir
6 en quelque lieu et province que ce puisse être
7 luy ont prmi la somme de cinq cent livres
8 payable par lesdits promettants en les termes qui
9 suivent, scavoir du jour des épousailles ______
10 cnquante livres, et ainsy pareille somme de cinquante
11 livres dans un an et apareil jour, jusquau parfait
12 paiement de ladite somme de cinq cent livres
13 et pour atrousseler la dite Marguerite Germond
14 leur fille, lesdits promettants ont promis les
15 meubles qui suivent, scavoir, un lit, composé
16 d’une couette et un traversin de trelit remply de plume
17 mélée, demy tour de lit de damas de Caux, une douzaine
18 de draps de toile et demy de toile de menage, une douzaine
19 de serviette de toile de lin, une nappe d’une aulne
20 et demie de même touaile, un demy coffre tenant
21 environ deux boisseauxfermant de clef de divers bois

PAGE 3

1 six livres detain commun employé,
2 un habit nuptial suivant son état et condition
3 sans comprendre  ce que ladite affidée peut avoir de
5 peculim et bon ménage, tous lesquels meubles  cy dessus
6 ont été estimés par les parties à la somme de soixante
7 dix livres, laquelle demeure aussy bien que le principal
8 consignées et remplacées sur tous les biens meubles
9 et immeubles dudit futur, venus qu’à venir, se montant
10 les dittes sommes cy dessus à la somme de cinq cent soixante
11 dix livres et ___ ____ ___ les dits futurs se sont
12 respectivement gagés douaire lun lautre lequel commencera
13 à courir du jour de la dissolution de leur mariage
14 sans qu’il soit besoin d’en faire aucune demande judiciaire
15 que le présent, mais sy ledit affidé venait à décéder
16 avant son père, pour lors laditte Marguerite Germond
17 ne pourroit exiger pendant la vie dudit Vedie père que
18 la somme de quinze livre de douaire et ses autres
19 droits de dote, et après la mord dudit Vaidie
20 père elle auroit plain douaire sur tout son revenu
21 mais comme ledit affidé est actuellement résident avec son père
22 il est convenu qu’en cas quils vinse à se quitter ledit
23 Vaidie père lui a abandonné à sa vie durant à la
24 ditte Marguerite Germond, une maison manable située
25 dans le bourg de Passais, où est actuelement  résident


PAGE  4


1 Pierre Brault, avec la portion de jardin estimée
2 à neuf livres de revenus annuel ainsy que tout ce que dessus
3 Les parties demeurées d’accord après lecture en présence de Charles
4 Fiault et de Pierre Bault, de la paroisse de Passais
5 témoins à ce requis, quatre mots raiés en haut de  la page est écrit
6 six le tout approuvé

Signatures

F. Vaidie, Marguerite Germond

F, Vaidie, André Germond   Marie Juliard
Pierre Germond

G. Germond  Julien Chenes
Jean Boudonnet    Marie Vaiedier
Anne Vaidis   Margrite Germond
J. Melier,

S. Sallé         Claude Fiault
Anne? Chesnel

Joseph Le Royer   (Le notaire)

Marques de Anne Sallé et Marthe Colin (mère épouse)



Cet acte nous décrit, comme souvent, les biens matériels dont disposera la couple pour son installation. Mais le paiement de la dot étalé sur 10 ans est aussi une assurance de disposer de liquidités pendant un certain temps avant de devoir assurer tout tout seul. On comprend aussi à la lecture de ce document que François Vaidie père a des biens. En effet, il est convenu  que si son époux venait à décéder avant son père, alors ce dernier devrait prendre la relève pour le douaire (2) de la veuve, sans que celle-ci puisse prétendre à une rente supérieure à quinze livres (3). Mais comme François fils vit avec François père, il est prévu que, si le fils quittait le père (pour habiter ailleurs), et décédait   avant son père, alors Marguerite Germont aurait à sa disposition une maison manable, c’est à dire une maison à usage d’habitation principale, pouvant lui procurer un revenu annuel de 9 livres. Donc si son mari et son beau père venaient à décéder, ses jours seraient assurés.


La lecture du contrat se suffit à elle-même pour connaître l’étendue de ce dont ils disposeront pour meubler leur logement. Il faut savoir que l’étain, dont on ne donne que le poids, est en réalité composé d'assiettes, de plats et autres ustensiles de cuisine. 


Plusieurs choses concernant le vocabulaire, voire la prononciation locale, sont intéressantes dans ce document: 


Page 1, ligne 6: Communié: Le mot a ici le sens de mis en commun. Le mariage est la mise en commun de deux patrimoine, la création d’une communauté


Page 2, ligne 3 L’affidée: Ici ce mot n’a pas le sens péjoratif qu’il a actuellement. Il signifie “la promise”

Page 2, ligne 13 Atrousseler signifier fournir un trousseau

Page 2, ligne 16 Trelit: Une sorte de toile solide

page 2, ligne 20 toile est écrit touaile. Un indice sur la prononciation.

page 3, ligne 4 peculium mot déjà archaïque à l’époque, désignant le pécule

page 3, ligne 4 et bon ménage: signifie qu’on a fourni à la future l’ensemble des objets nécessaires à l’entretien de son domicile.


La dernière page est couverte d’un certain nombre de signatures, notées à la fin de la transcription.


Les deux premières signatures à la fin du contrat sont celles des promis. 

Les deux suivantes sont celles des pères des promis. On remarque que les deux françois, le père et le fils, signent tous les deux f. Vaidie. Il y a peu de différence entre les deux. Mais peut être est ce suffisant pour les distinguer 

Marie Juliard signe elle aussi, mais Marthe Colin ne peut qu’apposer sa marque


parmi les signataires, on note celles de Jean Boudonnet et Anne Vaidie, les protagonistes du précédent article, d’une Margrite Germont, probablement la marraine de Marguerite, et d’un J. Germont, peut-être son parrain.

D’autres membres des deux familles signent, ainsi que des amis. 


La signature du contrat de mariage était donc un événement important, qu’on pourrait presque comparer au mariage civil actuel. On y trouve d’ailleurs la même formule qu’on va retrouver dans l’acte de mariage lui même: 


Les futurs mariés se sont donnés la foi du mariage.


C’est aussi l’alliance entre deux familles, presque plus qu’entre deux personnes. Et même si François est dit journalier, c’est probablement parce qu’il n’est pas encore majeur (Il n’a pas encore 20 ans)


Regardons maintenant l’acte de mariage, qui a eu lieu peu de temps après.









1
François Vaidie, fils de François et Marie Juliard agé 2 d’environ vingt ans, et Marguerite Germond fille d’André et 3 Marthe Colain agée d’environ vingt un ans, tous deux de cette paroisse 4 après les fiancailles et les trois publications de bans faittes en leur droit 5 aux prônes de nos messes paroissiales par trois différents dimanches sans 6 opposition ou empechement quelconque à nous connus se sont donné 7 la foy de mariage et ont reçu de nous curé soussigné la bénédiction 8 nuptiale le vingt trois juillet mil sept cent soixante sept presence 9 de François Vaidie père de l’affidé et André Germont aussi père de l’affidée                 et Guillaume et Julien Germont et Julien 10 Chesnel et autres parents et amis à ce témoins soussignés
Signatures F Vaidie, Marguerite Germont, en première ligne F Vaidie, Julien Chesnel, André Germont, J Germont, G Germont, Pierre Germont F Sallé, Nicolas Sallé Marthe Colin Et de nombreux autres


Cet acte est des plus classique. Son seul réel intérêt, outre le fait qu'il confirme que la mariage a bien eu lieu et nous en donne la date, est  dans les signatures qui y figurent. On retrouve les signatures des mariés et celles de leurs pères, ce qui fournit des exemples supplémentaires, avec celles figurant au bas du contrat, pour tenter d’identifier les personnes impliquées dans les documents dont j’ai parlé en début d’article.

C’est ainsi que se termine ce premier papier. Dans le prochain, je vous parlerai des enfants du couples et d'événements qui se sont déroulés à Passais pendant cette période.



Notes

(1) Mesnil Gouffier
(2) Le douaire est une rente payée à une veuve, préparée et organisée avant le décès de son mari. Une sorte de pension de réversion avant l’heure? 
(3) A titre de comparaison, la solde d’un soldat de la milice à Lille 2à ans plus tôt était de 12 livres l’an. 


Sources


Archives départementales de l'Orne

Contrat de mariage: Notariat de Passais,     4E 150/85, en ligne sur Généanet, vue 53
Acte de mariage: Passais,                            3NUMECRP324/EDPT194_20 ( 1761-1769 ) vue 152
Acte de naissance François :                        3NUMECRP 324 / EDPT 194 vue 84
Acte de naissance Marguerite:                   3NUMECRP324/EDPT194_18 ( 1745-1753 ) vue 100

Anne VAIDIE


J'avais initialement lu VAIDIER
au lieu de VAIDIE
Je ne peux cependant
pas refaire ce diagramme
Avec mes excuses


Nous avons vu précédemment les vies de Guillaume GOUAULT et Elisabeth VAIDIE dans les deux articles que je leur ai consacré, ici et ici. Elisabeth est la fille de François VAIDIE, pour lequel je n’ai pas encore réuni de renseignements. Mais lors de mes récents passages aux archives départementales de l’Orne, j’ai récupéré quelques actes notariés passés par sa grande sœur, Anne. Lui-même est présent, et concerné par deux de ces documents.

Il est ainsi possible de parler un peu de la vie d’Anne VAIDIE, qui vécut un temps chez son frère François, à la Noë Rousse, dont il avait été question dans les deux articles précités.
Anne VAIDIE est née le 7 octobre 1744 à Passais la Conception, de François VAIDIE et Marie JULIARD. Ses parrain et marraine étaient Michel FERRAND et Anne PAVIE. Son prénom de baptême était Anne Marie, mais son prénom usuel Anne. C’est ainsi qu’elle signe et est prénommée dans les documents qui la concernent, notamment dans son acte de mariage. Ce dernier a été célébré à Saint Mars d'Égrenne, commune proche de Passais la Conception, le 29 septembre 1766. Son mari se nommait Jean BOUDONNET. Un contrat de mariage avait été signé au notariat de Passais le 29 août précédent. Je ne détaillerai pas ce contrat ici, car très classique. Les parents de la mariée apportent à la nouvelle communauté 90 livres, la literie, du linge de maison et un coffre fermant à clef.
Le couple semble avoir vécu à Saint Mars d’Egrenne.

Jean est décédé à Saint Mars d’Egrenne, sans doute le 3 octobre 1807 (1). Mais avant son décès, Jean BOUDONNET avait procédé à une donation au bénéfice de son épouse, par acte notarié passé à Saint Mars d’Egrenne. Il s’agit d’un document que je chercherai à mon prochain passage aux archives. Très probablement, Anne en a fait de même à son bénéfice, comme cela se pratiquait couramment.
En vertu de cette donation, lorsque Jean décède, Anne devient usufruitière des propriétés de son défunt mari.

Anne reste quelque temps au domicile conjugal, puis, le 8 juillet 1812, elle déclare devant notaire “faire sa résidence” au domicile de son frère François, à la Noë Rousse Vaidié, commune de Passais la Conception.

François est présent lors de la rédaction de ce document et il accepte cette déclaration.
Toutefois il est stipulé dans cet acte qu’il n'existe pas de communauté de bien entre elle et son frère, et qu’il n’en existera jamais. A la suite de cette déclaration, elle énumère les biens qu’elle a apporté à la Noë Rousse, précisant que ses biens sont les siens, et qu’il n’y a pas d’autre mobilier lui appartenant chez son frère.

Elle possède quelques meubles, à savoir un lit avec un matelas, ses oreillers, le linge de maison correspondant, une “mauvaise” armoire, de la vaisselle en étain, un tonneau et une somme de soixante francs qu’elle a confiée à son frère.

Ses vêtements sont mentionnés sous le vocable de “hardes” et linge, mais il n’en est pas fait d'inventaire. Elle ne parle évidemment pas de ses biens immobiliers.

Cette déclaration est aussi un contrat puisque François s’engage à présenter à sa sœur tout ce qui a été mentionné dans cet acte à chaque fois qu’elle le demandera. Il doit aussi la nourrir à sa table, puisqu’elle travaillera au bénéfice de son frère. Elle prend à sa charge les frais de notaire.


Le lendemain, Anne fait à nouveau appel au notaire, pour lui dicter son testament. Celui-ci, bref (une page et demi, y compris les formules de début et de fin d’acte). Elle lègue à François l’entièreté de ses biens meubles et immeubles, en preuve de son amitié pour lui et de reconnaissance des bienfaits qu’il lui procure. Et elle précise que ses autres héritiers n'auront aucun mot à dire à ce sujet.

Anne a en effet des biens. Je ne connais pas la totalité de son patrimoine, mais deux actes vont permettre d’en avoir un aperçu. Le premier est un contrat de fermage, qui nous informe sur ses revenus. Le second est une reconnaissance de rente, qui, elle, nous éclaire sur ses obligations. Voyons tout d’abord les revenus d’Anne, au travers de ce contrat de fermage

Il s’agit d’un contrat de fermage, conclu le 12 août 1812,entre Anne VAIDIE, en tant qu’usufruitière des biens hérités de son mari, et Michel GERARD, laboureur, Marie SALLE son épouse, et Marie SALLE, nièce du couple, majeure, demeurant à Saint Mars d’Egrenne.
Les preneurs sont soumis à plusieurs obligations, telles que l’interdiction de faire des dégradations ou des modifications, ce qui est normal et habituel. Ils doivent de plus “couvrir” les champs de bestiaux en nombre suffisant, dans le but d’engraisser ces champs (par les déjections des animaux). Ils ont aussi l’obligation de cultiver les terres, tout en ayant l’interdiction de couper du bois, que ce soit des arbres entiers ou des branches. L’entretien des haies et fossés est à leur charge. Ils doivent en outre remettre en état la maison, notamment son pignon, dans les deux mois de leur entrée en jouissance. Enfin, ils sont tenus d’avoir leur résidence dans la maison affermée. Le loyer qu’ils doivent payer a deux composantes:
Le bail consenti est d’une durée de six ans. Le bien loué contient une maison manable, une petite étable, deux pièces de terre labourables, dans les environs de Saint Mars d’Egrenne. Une redevance monétaire, dont le montant s’élève à soixante huit francs chaque année, doit être versée, à raison de trente quatre francs tous les six mois. L’autre partie est payée en nature, de manière précise. Les preneurs devront fournir 6 kilogrammes de gâteaux, qui doivent être apportés les dimanches, six kilogrammes de poupées de chanvre, six kilogrammes de beurre, entre autres. Bien entendu les preneurs doivent supporter les frais de notaire. Anne VAIDIE s’est ainsi assuré un revenu monétaire d’une part, mais aussi une source de denrées alimentaires et de la matière première pour filer. Des six kilos de poupée de chanvre, elle tirera entre 6 et 30 kilomètres de fil, selon la qualité et le calibre du fil qu’elle tisse. En contrepartie, le reste de la production de la ferme reste aux preneurs. Anne, le notaire et les témoins présents signent l’acte alors que les preneurs ne sont pas en mesure de le faire. Anne Vaidie a peut-être d’autres revenus à sa disposition, mais je n’en ai pas connaissance. Anne a aussi hérité d’une dette de son mari, dette très ancienne, dont une reconnaissance, datée du 15 décembre 1812 se fait l’écho.
Enfin, par amour pour son frère, elle lui lègue ses biens par testament. Mais François n’en profitera pas puisqu’il meurt le 22 mai 1814, à peine deux après qu’Anne se fut installée à la Noë Rousse. Anne lui survit 11 ans et décède le 31 mai 1825.
En effet, à cette date, Anne se présente encore une fois chez le notaire pour reconnaître une rente qu’elle renouvelle et reconnaît devoir payer à Pierre André BONNEFONT et à Marie Françoise RUFRENAN son épouse. C’est un couple de rentiers de Saint Georges de Rouellé. La rente foncière est d’un montant de sept francs, pour un capital de cent quarante francs, pour des immeubles situés sur la commune de Saint Mars d’Egrenne, c'est-à-dire 5% du capital. La somme peut paraître minime, mais le plus étonnant (pour nous, car ça ne l’était peut être pas à cette époque) c’est l’origine de la rente. Celle-ci a en effet démarré en juin 1683, c’est à -dire 129 ans plus tôt, lors de sa constitution. Puis elle a été reconnue en 1760 et plusieurs autres fois ensuite. La rente est garantie par une pièce de terre labourable.

Comme on le voit, Anne VAIDIE est venue s’installer chez son frère François après le décès de son mari. Pas tout de suite cependant. Elle a prit soin de le protéger, et de se protéger elle-même en cas de “faillite” en séparant bien ses biens de celui de son hôte par acte notarié. Elle n’est cependant pas venue s’installer les mains vides puisqu’elle dispose de son argent, de ses biens immobiliers, avec cependant des obligations contractuelles dont elle doit s'acquitter annuellement.

Note:

1: Un doute subsiste car j’ai trouvé deux actes de décès d’un Jean BOUDONNET à Saint Mars d’Egrenne. L’acte daté du 3 octobre 1807 nomme ses parents, mais lui donne 80 ans, alors qu'il n'est pas si âgé.




Sources:

Aux archives départementales de l’Orne: Notariat de Passais la Conception 4E 150 / 132 année 1812 acte 104: déclaration de résidence acte 105: testament acte 115: contrat de fermage acte 188: reconnaissance de la rente 4E 150 / 83 année 1766 acte 149: contrat de mariage Boudonnet / Vaidie, en ligne sur Généanet, vue 180 Archives départementales en ligne: Passais la Conception Acte de naissance Anne Vaidie: 3 NUMECRP 324 / 3E2_324_1_2 vue 16 Mariage de Jean Boudonnet et Anne Vaidie: 3 NUMECRP 324 / EDPT 24_30 vues 132 et 133 Décès François Vaidie: 3 NUMECE / 3 E2 324_25 vue 34 Décès Anne Vaidie: Saint Mars d’Egrenne: Décès Jean Boudonnet: 3 NUMECEC 421/ 3E2 421_25 vue 100


Bénidiction d'une croix à Freigné (Maine et Loire)

Freigné, ville située dans le Maine et Loire, est proche de Saint Mars la Jaille, dans le département voisin de la Loire atlantique. Une partie de la famille Rousseau a ses origines dans cette localité, et certains de ces aïeux ont pu assister à l'évennement relaté par le curé de Freigné dans l'acte ci-contre, daté du 16 octobre 1775.


Il s'agit de la bénédiction d'une croix.  

Bien que ce texte soit court et assez facile à lire, envoici la transcription:


1    Le jour onzieme du mois d'octobre mil sept cent soixante quinze, nous recteur soussigné, en vertu

2    d'un pouvoir à nous accordé par Monseigneur l'abbé Dehercé, vicaire général en ce diocèse, Monseigneur l'Evêque de 

3 Nantes, nouveau naïant (1) point encore pris possession, avons béni une croix au village de la Bélizière

4 dans le chemin vis à vis de la maison du nommé Bagasse, au coin d'un petit champ et vis à vis de la vieille

5    croix. A 4 pieds de distance dans le milieu du chemin, il y a une bonne pierre ardoisine pour marque

6    de séparation de notre Paroisse de Saint Mars la Jaille. Cette croix a été posée à la diligence

7    et aux frais de Jean FROMANTIN, le père, metaïer (2) à la Belisière en Freigné. Présents à la Bénidiction tous

8    ceux des villages voisins. L'usage est qu'on fasse ces sortes de bénidiction en faisant une procession solenelle

9 mais l'éloignement de notre bourg a engagé les supérieurs à nous en dispenser.


Signé: Morin, recteur de Freigné.


Ce texte relate un évennement auquel les habitants du voisinage n'ont pas manqué d'assister. La localisation est précise, et on se rend compte qu'on est en périphérie de la paroisse, à 4 pieds, c'est à dire environ 1m20, 1m50, de la paroisse voisinne de Saint Mars la Jaille. Une pierre remarquable, placée qu milieu du chemin (et non au côté comme on pourrait s'y attendre) marque la limite entre les deux paroisses. Tous les habitants des villages voisins assistent à la cérémonie. C'est qu'il y a peu de distraction, peu de choses inhabituelles, et on ne manquerait un tel évennement pour rien au monde. Il serait d'ailleurs certainement mal vu de ne pas assister à une célébration religieuse 


A noter que ce que le rédacteur appele un village est ce que nous appelerions de nos jours un lieu dit. Quelques maisons tout au plus. Le coeur de la paroisse, où se situe l'église, est le bourg. Il y a environ 5 km entre les deux endroits dans ce cas.

On remarque aussi que l'évêché dont dépent Fraigné est celui de Nantes, et non pas celui d'Angers.


Qui donc, dans mon ascendance, habitait Freigné en cette période (sans parler des enfants trop jeunes pour qu'ils en gardent souvenir) ?


Il y avait à cette époque, à Freigné:

Olivier POUTIER et sa femme Marie TERTIN (sozas 228 et 229). Les parents de Marie TERTIN (que je n'ai pas encore "croisés" ) étaient peut-être là aussi.

Et peut être aussi les parents de René BONDU (soza 230), Jean et Renée BADAULT  (même remarque)


De nos jours, la Bélizière existe toujour, mais il semble bien qu'il n'y ai plus de croix dans son voisinage.


La Bélizière
Google earth





Freigné, la Bélizière et Saint Mars la Jaille.
IGN










Notes


1       naïant:    n'ayant

2    métaïer    métayer



Source: 


AD 495mi0721

Blanchisseuses, lavandières, buandières, lingères

 De nos jours nous utilisons la machine à laver pour faire la lessive et avons recourt au pressing pour les choses délicates ou difficiles à...