Le Mans, un ville ecclésiastique au XVIIIe siècle

 Un petit article aujourd’hui concernant la ville du Mans, préfecture de la Sarthe et anciennement capitale du Maine


Les informations que je présente ici sont tirées du Dictionnaire universel de la France, de Robert DE HESSELN, et reflètent la perception de cette ville à la fin du XVIIIe siècle. 


Mettons nous à la place de celui qui cherche des informations sur Le Mans, à la fin du XVIIIe siècle. Il peut lire dans l’ouvrage précité, les informations suivantes:

Tout d’abord quelques précisions géographiques:



Le Mans est la capitale de la province du Maine, située sur la rivière Sarthe, à 10 lieues d’Alençon, 17 de Tour; 20 d’Angers et 50 de Paris (la lieue étant une unité de mesure d’ancien régime assez variable, je ne convertis pas en kilomètres. La lieue de Paris, qui est probablement celle utilisée ici, valait 4444,5 mètres. Il est d’ailleurs fort probable que les voyageurs de l’époque comptaient en journées de voyage plutôt qu’en lieues)


La route partant de Paris au Mans passe par les villes suivantes:


Houdan, 

Dreux, 

Chateau-neuf, (je garde l’orthographe de l’auteur)

Rémalard, 

Bonne-étable  avant de joindre Le Mans.


Suite à ces précisions, l’auteur informe des institutions présentes au Mans:


Dessin de la Cathédrale du Mans
Gallica


Cette ville est le siège d’un évêché suffragant de Tour, d’un présidial, d’un bailliage, d’une élection, d’un grenier à sel, d’une maîtrise particulière des ponts et chaussées, d’une maréchaussée, d’une juridiction consulaire (voir notes, plus bas)


Elle a environ 12 000 habitants, et son évêché est ancien, datant du règne de Constantin (272 - 337). Le diocèse contient 696 paroisses, 16 abbayes d’homme et 5 de femmes, et rapporte 26 000 livres de rente au prélat qui est à sa tête.


Portrait au crayon du Cardinal
Philippe de Luxembourg
par Louis Boudan
XVIIe siècle , BNF
Dpt des manuscrits


La seule indication architecturale donnée dans l’article concerne l’église Saint Julien, dont l’horloge, construite par le Cardinal Philippe de Luxembourg ( 1445 - 1519, évêque du Mans de 1477 à 1498 )  est qualifiée de merveilleuse. Il décrit ensuite le chapitre de l’église dont les membres sont assez nombreux.


La ville compte elle même 16 paroisses sur les 696 du diocèse, 4 abbayes (3 d’hommes, une de femmes) et d’autres communautés d’hommes et de femmes, ainsi qu’un séminaire. 


Un collège dirigé par des religieux complète le tableau. Ouvert en 1624, on y enseigne les humanités, la philosophie et la théologie. 


Comme on voit, les institutions religieuses sont nombreuses, comme on pouvait s’y attendre pour le siège d’un évêché.


L’auteur passe ensuite à la sénéchaussée et au présidial de la ville, précisant que les fonctions de plusieurs “postes” ont été regroupées entre les mains du Lieutenant Général, qui s’occupe des affaires civiles, et du Lieutenant de police, qui, comme son nom l’indique, s’occupe des affaires criminelles. Déjà des problèmes budgétaires ?


Quelques lignes informent de l’économie locale, à savoir les fabriques d’étamines (dites du Mans, voir note ), le blanchiment de la cire et la fabrique de bougies .


Plusieurs foires se tiennent chaque année, presque toutes pour les bestiaux. Les plus importantes étant celles qui se tiennent le 29 mai et celle de la Saint Julien.


Il cite ensuite quelques personnes célèbres originaires du Mans:


  • Le Père Marin de Mersenne, Saint théologien et mathématicien
  • Le Père Bernard Lam, écrivain religieux
    Portrait de Louise Labé en Jeanne d'Arc
    attribué à Nicolas Denisot,

  • Brodeau et Blondeau, jurisconsulte (voir note)
  • Nicolas Denisot, peintre et poète
  • Martin Cureau de la Chambre, médecin


Nous pouvons ensuite lire un peu de l’histoire de la ville:


Il s’agit d’une des villes les plus anciennes de France.  Elle a souffert des incursions Vikings, des guerres entre les comptes d’Anjou et les ducs de Normandie, d’incendies, de la guerre de cent ans  et des guerres de religion. 


La ville ainsi que le plat pays avoisinant on subit de gros dégâts lorsqu’elle s’est rangée du côté de la ligue sous Henri II. Elle fut alors occupée par le maréchal Bois Dauphin pour la “défendre”. Il y fit de gros travaux pour renforcer les défenses, dont les coûts ont été supportés par la population. Mais il détruisit aussi de nombreuses maisons à l’intérieur de la ville en les incendiant, et de nombreux dégâts à l’extérieur. 


La description de la ville faite dans le dictionnaire universel de la France s’arrête là. Comme on a pu le voir, elle comporte une grosse partie concernant les institutions religieuses et royales. Les informations économiques sont peu nombreuses.


Il n’y a pas d’indication concernant l’auteur de l’article. 


Rappel:


L’enceinte de la ville du Mans est d'époque Gallo Romaine. Il en subsiste de beaux vestiges.


Notes


  •  Évêché suffragant: Dans l'Église catholique, un suffragant est un évêque, diocésain ou non, qui dirige l'administration d'un diocèse sous la supervision de son archevêque. Le terme s'applique par extension au diocèse d'un évêque suffragant
  • Présidial: Tribunal d'appel des bailliages ordinaires, érigés en 1552 dans les bailliages les plus importants, et jugeant des affaires de modeste importance.
  • Bailliage:  Au Moyen Âge et sous l'Ancien Régime, circonscription administrative et judiciaire de la France, placée sous l'autorité du bailli
  • Élection: Dans le royaume de France de l'Ancien Régime, on appelle pays d'élection ou élection une circonscription financière soumise à la juridiction d'officiers royaux appelés élus.
  • Grenier à sel: Les greniers à sel, créés en 1342, sont des entrepôts pour le sel de gabelle. Ils sont aussi des tribunaux pour juger les litiges sur la gabelle jusqu'à la valeur d'un minot (soit environ 52 litres). Les quantités supérieures sont du ressort des cours des aides.
  • Maîtrise particulière des ponts et chaussées: Une des subdivisions du corps des ponts et chaussées sous l’ancien régime
  • Maréchaussée: La Maréchaussée était un corps de soldats des armées françaises, initialement chargé de la police militaire et de la justice au Moyen Âge, puis élargi aux responsabilités civiles.
  • Juridiction consulaire: Juridiction d'Ancien Régime créée au XVIe siècle, formée de juges élus, qui sont tous des marchands choisis par leurs pairs, compétente en matière de commerce.
  • Étamine: L'étamine est un tissu lâche, fait de crin, de soie, de laine ou de fil d'autres matières, mince et souple, pouvant également être métallique.
  • Jurisconsulte:  "Jurisconsulte " désigne une personne ayant une grande maîtrise du droit et de la jurisprudence et prodiguant des conseils en la matière.  Il désigne toujours les professeurs, auteurs, et penseurs du droit. À la différence des juristes, les jurisconsultes sont des experts reconnus du droit. Ils sont souvent professeurs d'université, auteurs d'ouvrages de droit et conseillers des législateurs.


Sources

Dictionnaire universel de la France, de Robert DE HESSELN, volume 4, page 108

Wikipedia



Dans l'assiette des Lillois de la fin du 18e siècle

 Il est évident qu’à la fin du XVIIIe siècle on mangeait essentiellement local à Lille, comme partout ailleurs, en ce qui concerne les produits frais, les légumes, et autres denrées ne pouvant pas facilement être conservées. 


Dans le dictionnaire de Robert DE HESSELN, publié  à la fin du XVIII ème siècle, on trouve une partie concernant les aliments disponibles à Lille dans le chapitre concernant cette ville.


L’auteur de l’article est un officier en poste à Lille à cette époque


En voici un petit résumé


Les pauvres se nourrissent ordinairement de viandes de mauvaise qualité, dont du porc salé, ainsi que de poissons obtenus à bas prix, car peu frais.

A cela ils ajoutent pommes de terre, choux, haricots et autres légumes.


Les produits laitiers; beurre, lait, fromage,  sont bien évidement présents dans l’alimentation courante; ainsi que la soupe.


Notre auteur semble ne pas trop apprécier la nourriture commune, mais apprécie le pain qu’il dit être bon.

La boisson courante est la bière au début des repas suivis par du vin. 


Les Lillois boivent aussi une bière légère au travail, qu’ils qualifient de petite bière. Il faut dire que l’eau disponible, provenant des cours d’eau et des sources avoisinants est peu propice à la consommation. L’eau est en effet peu claire, trouble. Il en est de même des eaux de fontaines. Les habitants n’ont pas l’habitude de la filtrer par des fontaines sablées ou d’autres dispositifs comme cela se fait ailleurs dans le royaume


Le peuple a à sa disposition deux qualités de pain: Le pain bis et le pain parisien. L’auteur précise que ce dernier est moins bien fait qu’à Paris mais qu’il est bon, sans poids déterminé et qu’il est cher.


On trouve bien entendu d’autres viandes que le porc salé qui a été évoqué plus haut. Les boucheries proposent comme partout ailleurs bœuf, veau et volailles, mais à des prix similaires ou plus élevés que dans la capitale.


Grâce à la proximité des ports d’Ostende, de Calais et de Dunkerque, il est aisé de se procurer toute
conservation des harengs en caque, ici au  XIVe siècle
Wikipedia


sorte de poisson, dont cabillauds, merlans, soles, esturgeons et saumons, ainsi que limandes, morues, harengs frais et salés. 


On peut aussi se procurer moules, huîtres, écrevisses et autres crustacés. La mer n’est pas top éloignée, ce qui permet cet approvisionnement. 


Les poissons de rivières sont aussi au menu. Anguilles, carpes, brochets et autres proviennent des cours d’eau voisins, la Deule, la Lys, la Scarpe, etc. Mais l’auteur de l’article, qui les a goûté précise qu’ils ont goût de vase. Il ne semble guère les apprécier. 


La campagne alentour fournit du froment, du seigle, du colza et d’autres céréales et plantes oléagineuses, ainsi que du lin en abondance pour les industries textiles. Les fruits, dit il, sont abondants, mais d’une médiocre qualité en raison du climat.



La cuisine est une cuisine au beurre et au saindoux. L’huile est peu utilisée.

L’habitude est de cuire longtemps les viandes pour des raisons de salubrité. Il n’y a en effet, à l’époque, pas de moyen de conserver viandes et poissons autres que la salaison et la fumaison. Mais tout ne se sale pas et ne se fume pas. 


Partout dans le pays, la cuisine est faite au feu de bois, majoritairement au sol, et même si le les fourneaux apparaissent au cours du XVIIIème siècle, ils ne sont pas encore généralisés et ne se répandent que peu rapidement, chez les plus aisés. Les fours sont quand à eux rares et chers.


On cuisine donc au feu de bois, le plus souvent au sol ou dans la cheminée, le plus souvent de la soupe et des ragoûts. La cuisson est longue, la viande bouillie longtemps lorsqu’on peut en acheter. Si un morceau de viande parfume la soupe, il peut servir deux ou trois fois…


D’où les pots au feu,  poules au pot et autres carbonnade (attestée de manière sure au XIXe siècles, mais d’origine beaucoup plus ancienne selon certains auteurs)


On fait alors 3 repas chaque jour:


Le petit déjeuner le matin, à base de lait et de pain.

Le dîner à midi

Le souper le soir 


Quelques recettes:


Waterzoi

Welsh

Carbonade flamande


Et peut être tout aussi anciennes que les précédentes:


Coq à la bière

Flamishe


Source


Dictionnaire universel de la France, de Robert DE HESSELN, article Lille (1771) , en cinq volumes

On trouve le volume 5 sur Gallica, les autres sont disponibles sur google books


Le contrat de mariage d'Etienne Pierre GAUTIER er Armandine Désirée Pauline BOUTTIER

Remerciement


Un grand merci à Mme ARCHAMBAULT, du fil d’Ariane, qui a fait la recherche de ce document pour moi.

Introduction 


Je vous parle aujourd’hui du contrat de mariage passé entre Étienne Pierre GAUTIER et Armandine Désirée Pauline BOUTTIER.


Mais avant d’aller plus loin, il faut que je vous les présente.


Étienne et Armandine sont les parents de Marguerite GAUTIER, épouse de Paul Marc Marie LAFFEZ, mon arrière Grand Père. Ils portent les numéros Soza 18 et 19 (explication ici)

Étienne  GAUTIER est né le 27 septembre 1839 à Pontlieue, dans les faubourgs du Mans (Sarthe). Armandine BOUTTIER est native du Mans, où elle voit le jour le 28 juin 1842.

Ils se sont mariés au Mans le 25 septembre 1865. Ils habitaient alors tous les deux au Mans. 


Étienne décède le 15 juin 1908 au Mans. Armandine le rejoint le 8 août 1910. 


Le contrat


Pour leur mariage, Étienne et Armandine ont passé un contrat de mariage dans une étude de notaire du Mans, l’étude de Maître RAGUIDEAU et son collègue (ce dernier n’est pas nommé dans l’acte, mais il signe l’acte. Il s’agit de Maître GODEFROY.)


Le mariage étant prévu le 25 septembre 1865, le contrat est passé une semaine avant, le 18 septembre 1865.


Le régime retenu est la communauté réduite aux acquêts. Ainsi chacun reste propriétaire de ses biens propres apportés à la communauté lors du mariage, reste responsable de ses biens et de ses dettes. Il est d’ailleurs spécifié que chacun ne pourra faire supporter ses dettes à la communauté ou à son conjoint. 

Il est aussi précisé qu’à la dissolution de la communauté (qui peut subvenir par le décès d’un des conjoints ou par divorce), chacun des époux ou leurs héritiers récupéreront les biens apportés.


Les parties en présence sont:


Étienne Pierre GAUTIER, accompagné de son père, Étienne Pierre GAUTIER. 

Étienne a alors 25 ans, exerce la profession d’ouvrier corroyeur (voir plus loin). Il habite au Mans, 34 grande rue.


Son père est cultivateur. Il habite Pontlieue, au lieu dit du Pavillon, dans les faubourgs du Mans.


La mère d’Étienne, Jeanne LETOURNEAU est décédée (le 27 juin 1855)


Armandine Désirée Pauline BOUTTIER est accompagnée de ses parents. 

Armandine a 23 ans. Elle est ouvrière en robes et demeure ches ses parents, 34 rue des chanoines, au Mans. 

Son père, Alexis BOUTTIER est cordonnier, sa mère est Angélique Françoise CHASSEVENT.


L’apport à la communauté d’Étienne comporte classiquement ses effets personnels et habits, servant à son usage personnel. L’acte ne les énumère pas et ne les estime pas.


Il comporte aussi, et c’est là l’intérêt de ce document, le tiers indivis dont il est propriétaire, d’un

Situation des adresse des futurs mariés et de bordage

bordage (voir plus loin)  situé à Pontlieue, le bordage de la Chandrenne. Cette propriété lui provient de la succession de sa mère, Jeanne LETOURNEAU, et lui assure un revenu.

On apprend de plus qu’un inventaire après décès a été réalisé courant 1855, après le décès de Jeanne.


Enfin, Étienne informe sa future épouse d’une dette qu’il a envers son père. Cette dette concerne un tiers de la réparation du bordage d’un montant de 120 francs. Soit, selon mon interprétation, une dette de 40 francs.


Armandine, de son côté, apporte elle aussi sa garde robe ainsi qu’une somme de 200 francs en argent, le montant de ses économies.


Les parents d’Armandine dotent leur fille d’un montant en argent, effets et linge de maison pour un total de 550 francs. Ceci est fait par imputation sur la succession future de Madame BOUTTIER sa mère.(On se souviendra qu’elle dotera plus tard sa petite fille Marguerite, d’un montant de 165 francs lors de son mariage. Voir ici )


A la fin du contrat, le notaire précise qu’il a donné lecture aux futurs époux des articles 1391 et 1394 du code Napoléon (voir plus loin)


Enfin les futurs époux signent, ainsi qu’Angélique Chassevent. Par contre, Étienne GAUTIER père ne signe pas. 






Annexes


Article 1391


L’article 1391 du code Napoléon, dans sa version primitive (première édition de 1804) s’énonce ainsi: 


Ils peuvent cependant déclarer d’une manière générale qu’ils entendent se marier ou sous le régime de la communauté, ou sous le régime dotal.

Au premier cas, et sous le régime de la communauté, les droits des époux et de leurs héritiers seront réglés par les dispositions du chapitre II du présent titre.

Au deuxième cas, et sous le régime dotal, leurs droits seront réglés par les dispositions du chapitre III.



Cet article peut être éclairé par les articles précédents qui interdisent les mariages selon les anciennes coutumes locales.


Il a ensuite été complété et vous pouvez consulter cet article plus bas, avec les articles suivants et précédents. Cette version est celle de 1867, de deux ans postérieure au mariage. Il s’agit de la 7ème édition du code Napoléon, provenant de Gallica. Je n’ai pas trouvé la 6ème édition.


On voit cependant qu’entre ces deux éditions, l’esprit reste le même.


Article 1394


L’article 1394 est le suivant, dans sa version originale de 1804


Toutes conventions matrimoniales seront rédigées, avant le mariage, par acte devant notaire.



La version de 1867 est plus précise, notamment en ce qui concerne les obligations du notaire et la délivrance d’un certificat à présenter à l’officier d’état civil le jour de la cérémonie de mariage


Extrait du code Napoléon, 7e édition
1867
Gallica





Corroyeur


Un corroyeur travaillait le cuir, préalablement tanné, pour le rendre utilisable et le transformer en articles finis, courroies, ceintures, etc. Le corroyeur pouvait aussi avoir des compétences en tannerie.


Bordage


Un bordage, aussi appelé borderie,  est une exploitation agricole petite ou moyenne (moins de 10 à 15 ha). Dans l'ouest de la France, il existe deux sortes d'exploitations agricoles : les grandes sont les métairies (elles font 20 à 60 ha selon les régions), les petites qui font moins de 15 ha et souvent moins de 10 s'appellent closeries borderies, bordages ou encore borderages.


Le bordage est exploité par un bordager ou bordier. Il  est t locataire de l'exploitation.


Sources

Code Napoléon de 1804, première édition sur Wikisource

Code Napoléon, 7ème édition:               Gallica 

Contrat de mariage Gautier Bouttier:    Archives départementales de la Sarthe,  4E 21/461-850



Vivre à Lille au XVIII ème siècle

Introduction

A Lille, porte de la Madeleine vers 1835 (de Gand, à présent), gravure de Rauch


Le dictionnaire c, de Robert DE HESSELN, publié  en plusieurs volumes à la fin du XVIII ème siècle est un ouvrage qui, comme son nom et son préambule l’indiquent, contient des articles sur la géographie,  l’histoire de la France, de ses provinces, de ses bourgs.  Le tome  3 contient une description de Lille, selon plusieurs aspects.

Nous trouvons, sur 24 pages, les informations suivantes:



* La localisation géographique de Lille


* La description des installations militaires, Lille étant une importante ville de garnison à cette époque,  dont la population, estimée entre 70 000 et 80 000 habitants, comporte une garnison de 6 000 hommes en temps de paix, soit une proportion d’environ 8%. Cette partie de l’article est assez importante.


* Une description de la ville elle-même, de ses rues, de ses maisons, de son administration ainsi que de celle de la châtellenie de Lille, de ses institutions, tant civiles que religieuses, etc.


* Enfin, la dernière partie, qui s’étend sur six pages, décrit les conditions de vie et les mœurs des habitants de la ville et de ses faubourgs. 


Cette dernière partie est l’objet qui nous intéresse ici. Les autres parties me serviront de points d’appuis pour de futurs articles.





Quelques observations sur la salubrité au XVIIème siècle


Lille est située en plat pays, et bâtie (à l’époque) sur un terrain partiellement marécageux. Une partie de la ville est sur pilotis, des canaux et des cours d’eau la traversent. Dans certaines zones, les sources affleurent presque. Le dictionnaire indique 2 à 3 pieds, soit à peine 1 mètre, comme profondeur de ce sources.

Si on ajoute à cela un climat froid et humide une bonne partie de l’année, on comprend que les conditions naturelles sont difficiles pour la population. 


Lille, la braderie
par F. Watteau, 1758-1823
Musée de l'Hospice Comtesse, Lille

Musée de l'Hospice Co construite avec de belles maisons semble-t-il, avec des maisons occupées depuis les caves

où vivent des familles jusqu’aux mansardes sous les combles.

Cette situation de l’habitat n’est pas nouvelle et est perceptible à la lecture d’un dénombrement de population datant de la fin du XVII ème siècle. Le dictionnaire indique:


“Les maison de la ville sont presque toutes régulières, d’un goût moderne, présentent généralement de belles façades à deux étages, sans y comprendre la mansarde, ayant chacune une ou plusieurs cave peu profondes dans lesquelles loge une quantité prodigieuse de peuple. “ (Page 617)


L’auteur indique que les murs sont peu épais, de briques ou de pierres, et qu’il ne reste plus beaucoup de maisons en bois.




Lille a à l’époque une population importante et ignorante de l’hygiène. Les rues,  bien tracées et bien construites  permettraient l’évacuation des ordures, mais celles-ci sont le plus souvent rassemblées en tas d’immondices qui parsèment les places et les carrefours, empoisonnant l’atmosphère. On n’ose imaginer la puanteur qui devait envahir la ville. 

A cela il faut ajouter le fumier des animaux de la ville (fumier d’écurie) , qui n’est pas évacué tous les jours et reste en place parfois pendant 8 jours là où on l’a déposé avant que la compagnie qui en fait commerce ne s’en charge. Et n’oublions pas les vidanges qui sont elles évacuées chaque jour depuis l’ouverture des portes jusqu’à 10h du matin, le plus souvent dans des tonneaux de bois , sans couvercle . Ces vidanges se vendent d’ailleurs 3 à 4 sols le tonneau.


On s’en doute, la ville pue !


De nombreux habitants en subissent les conséquences dans leur santé


Les faubourgs ne sont pas en reste.

Dans les villages avoisinants, tous les paysans, quelles que soient leurs conditions, ont à leurs portes des tonneaux dans lesquels ils stockent leurs vidanges, et dans lesquels ils puisent pour arroser leurs légumes, dont, bien sur,  ils se nourrissent. L’auteur indique que les campagnes sont plus insalubres encore que les villes de “ce pays”



Cette hygiène déplorable, dont les habitant n’avaient probablement pas conscience, n’était pas sans conséquences: Des maladies endémiques, des fièvres putrides, des exanthèmes (éruptions cutanés diffuses d'apparition aiguë, le plus souvent transitoires, parfois accompagnées d' atteintes des muqueuses) sont fréquentes. 


Il en est de même des petites véroles malignes, des rhumatismes, des fièvres inflammatoires, des rhumes, pleurésies et péripneumonies,  de l'asthme, etc qui sont très fréquents et font des victimes dans la population.


Les périodes chaudes, avec peu de vent, pendant lesquelles l’atmosphère de la ville stagne et ne se renouvelle pas, provoquent une augmentation importante des décès. (Par exemple, à l’automne  1766, il y a eu 3  fois plus de malades qu’à l’habitude, dont un grand nombre sont morts)


Les habitants de Lille sont peu sobres sur leur nourriture et leur boisson, et ceci qu’ils soient du peuple ou de la haute société.

Ils commencent la journée avec du thé et des tartines



La population; à cette époque, n’a guère d’occupation en dehors du travail. Aussi  les Lillois aiment la table.

 Le dîner (déjeuner actuel) et le souper (dîner actuel) sont copieux “en gras et en maigre”, en proportion de la fortune des convives bien évidement. L’eau n’étant pas potable, la boisson ordinaire est la bière. A la moitié du repas le vin lui succède. Café et liqueurs ne manquant pas à la fin de ces deux repas.


Les bourgeois, selon l’auteur de l’article,  sont cependant plus frugaux que les deux autres classes, ce qui ne les empêche pas d’imiter la haute société lord de grands festins. 


Les pauvres, le ouvriers dépensent ce qu’ils gagnent au fur et à mesure et ne font pas d’économies. Les hommes finissent généralement leur journée au cabaret, ou à l’estaminet, car il n’y a pas autre chose à faire.


Je reviendrai dans un futur article sur le contenu des assiettes ! 


Comme on vient de le voir, en raison des conditions environnementales, et de celles créées par l’homme lui-même en raison du manque d’hygiène, les conditions de vie à Lille à la fin du XVIII ème siècle n’étaient ni faciles, ni agréables. Cependant, malgré l’exposition à de nombreuses maladies, la population profitait comme elle le pouvait, de la vie. 

Les Lillois ne se privaient pas pour manger à satiété, en se rendaient au cabaret ou à l’estaminet pour se distraire, ou se promenaient dans les faubourgs où se trouvaient les établissements précités et les guinguettes en grand nombre.


L’auteur de l’article dans le dictionnaire universel de la France termine celui-ci en indiquant ses sources, à savoir:


“Cette description de la ville de Lille a été puisée dans les mémoires de la maison de ville fournis au bureau du contrôle général. Nous y avons ajouté plusieurs observations curieuses et intéressantes qui nous ont été fournies pendant l'impression par un patriote zélé et fort instruit. Nous devons le reste de l'article à M. le baron de BOMBELLE officier au régiment de Piémont infanterie.” 


Sources


Dictionnaire universel de la France, de Robert DE HESSELN, article Lille (1771) , en cinq volumes

On trouve le volume 5 sur Gallica, les autres sont disponibles sur google books


Un extrait est disponible dans le Castelo Lillois n° 4: Joie de vivre à Lille au XVIII° siècle: https://lillechatellenie.fr/porte/index.php/la-revue


Frère Ernest des Anges

 Frère Ernest des  Anges


Lors de la vente de la maison d’Auguste LAFFEZ et Stéphanie DELEPORTE, j’ai découverts qu’un des enfants du couple avait échappé à mes recherches. Cet enfant, Édouard Jules Joseph, était présent lors de la vente car héritier de Stéphanie DELEPORTE, au même titre que ses frères et que les enfants de son frère Victor, décédé. 


L’acte de vente nous apprend de plus qu’il était devenu religieux sous le pseudonyme “Frère Ernest des Anges”

Je parlerai de lui dans les lignes qui suivent.



Comme bien souvent en généalogie, on ne sait pas grand chose sur la petite enfance d’Édouard Jules Joseph. Né le 5 mai 1843, il fréquente l’école dirigée par les frères des écoles chrétiennes de la paroisse de la Madeleine, à Lille. Il y est remarqué pour sa “belle écriture”, sa piété, son intelligence. Cela lui permet d’occuper une place de jeune clerc dans une importante étude d’agent de change de Lille. Il est reconnu par ses patrons et collègues pour don application dans son travail.


Dans le même temps, il occupe son temps libre en participant de manière active  à la Conférence de Saint Vincent de Paul de Lille (voir encadré en fin d'article), prenant grand soin de la famille dont on lui avait confié la charge, ne manquant pas d’adjoindre des conseils de saluts aux denrées alimentaires qu’il lui apportait. 


En 1864 il demande à entrer au noviciat de Saint-Omer. Il a alors 22 ans, et fait depuis un moment fonction de coadjuteur à la direction d’une division de l’œuvre dominicale, prenant sans rechigner sur son temps libre.

Il entre donc en noviciat le 29 septembre 1864, à Saint-Omer (département du Pas de Calais), prend l’habit le 1er novembre suivant.



Il est employé pour faire la classe à la communauté de Saint-Omer à partir du 29 avril 1865. Il est alors placé à l’internat Saint Joseph de Saint-Omer où il fait son apprentissage d’enseignant. Comme ses débuts étaient satisfaisant, il lui a été confiée une “ grand-classe” à Valencienne, où il resta jusqu’en 1872.


Il exerce alors dans plusieurs écoles de la congrégation de la région (Wattrelos, Cambrai, Lille, Tourcoing) , jusqu’à ce que la direction de l’école de la communauté de Saint Druon, à Cambrai lui soit confiée, de mars 1878 à la laïcisation de cet établissement deux ans plus tard.


Il reprend ensuite l’enseignement dans les premières classes, à Lille, Douai, Tourcoing.


C’est en 1904, âgé de 61 ans, qu’il peut enfin prendre un repos mérité. Il rejoint la communauté des anciens à Annapes. Mais là encore il donne de son temps pour venir à l’aide de prêtres de diverses paroisses des alentours pour la préparation des enfants à la communion. 


Mais en 1914 la communauté doit abandonner son établissement. Annapes est en effet occupée par les Allemands, et ne sera libérée qu’en 1918, par les Anglais.


Frère Ernest des Anges est quand à lui envoyé à Saint-Omer, où il continue à travailler avec les forces qui lui restent. Il souffre de rhumatismes et d’asthme et autres infirmités dues à l’âge,  mais cela ne l’empêche pas, lorsque la maladie lui laisse un peu de répit, de chanter d’une “ belle et forte voix”, ou encore de converser  pieusement et avec gaîté, avec ses frères lors des récréations.


C’est une crise d’asthme, plus forte que les autres, qui l’emporte dans la nuit du 16 au 17 août 1916, après avoir reçu les Saints Sacrements de  l'un des Pères Carmes belges, réfugiés dans la communauté





  

La société Saint Vincent de Paul a été créée à Paris en  1833 par un groupe de bénévoles catholiques, dont Bienheureux Frédéric Ozanam. Cette association est toujours en activité, est déclarée d’utilité publique et présente dans plus de 150 pays.

Elle a pour objectif d'aider les
pauvres afin de soulager leurs souffrances et de promouvoir
leur dignité et leur intégrité humaines.

Elle participe à l’aide humanitaire partout dans le monde, lors de catastrophes naturelles, ou dans des zones de guerre. 

Au niveau local, elle est organisée en associations locales, en conférences, et apporte son aide au plus démunis. 

Le conseil général international de la SSVP a déposé la plupart
de son fonds d'archives aux Archives nationales sous la cote 31
AS .
  




  La congrégation des Frères des Écoles chrétiennes ou
Lasallien sa été  fondée en 1680  par saint Jean-Baptiste de La Salle, à Reims.

Elle  est destinée  à l'enseignement aux  jeunes, et plus particulièrement aux  plus défavorisés.
Ils portaient une soutane noire, non boutonnée, avec un large rabat blanc. Ils portaient par dessus un vaste manteau à manches flottantes, source de leur surnom familier de frère quatre bras. Et pour se couvrir, ils disposaient d’un grand tricorne. 

La congrégation accueille aussi des frères servants, dont le rôle n’est pas l’enseignement. Ils portent le même habit, mais couleur brune.

Le concile Vatican 2 (1962-1965) les dispensa de cet habit.
  



Sources


Le CV et la notice nécrologique m’ont été gracieusement transmis par les archives Lassaliennes. Je les en remercie

Wikipedia:



 



La maison d'Auguste Joseph LAFFEZ

Je remercie tout particulièrement l’entraide généalogique, Fil d’Ariane, sans qui je n’aurais jamais eu connaissance des informations qui suivent.

 Grace à son aide précieuse j’ai pris connaissance de l’achat d’un terrain par Auguste Joseph LAFFEZ, puis de la vente du terrain et de la maison qu’il y a bâtit. L’acte de vente m’a de plus permis de glaner quelques informations complémentaires sur la famille d’Auguste et de faire connaissance avec un  de ses enfants, sur lequel je reviendrai dans un futur article.

L’arbre ci-contre, présentant la lignée LAFFEZ de père en fils depuis le plus lointain ancêtre connu, à savoir Jean Baptiste, jusqu’à mon Grand-Père Gabriel permet de repérer la place d’Auguste, dont je parle ici.




Nous sommes en 1863, le seize septembre. Auguste et son épouse Stéphanie Deleporte, mariés depuis 1831, font l’acquisition d’un terrain  de 77 mètres carré dans le quartier de Wazemmes, rue Colbert, à Lille (rue qui s’appelait précédemment rue Notre Dame.) Wazemmes est alors un nouveau quartier de Lille, dont l’origine est  l’intégration en 1858 de l’ancienne commune de Wazemmes. La rue elle même est récente.
Lui est peintre en bâtiment, elle est dentellière. Il semble qu’Auguste soit le premier de mes ancêtres en ligne agnatique a exercer une profession artisanale à son propre compte. Depuis leur mariage, Stéphanie et lui on économisé suffisamment pour pouvoir acheter ce terrain sur lequel ils vont bâtir une maison, sur leurs propres deniers comme indiqué dans l’acte de vente, pour y mettre des locataires. Le terrain n’est pas grand, plus ou moins 5 mètres sur un côté par 14 mètres sur l’autre. Aussi la maison comportera-t-elle plusieurs étages.

Le vendeur est un négociant de Bordeaux, M. Léon Fortuné Beaucourt, qui n’est pas présent mais  représenté par M. Georges Alexis Joseph Dubreuq.




COTE 4 Q 41/1243, Archives départementales du Nord,  7 pages photographiées par Le Fil d'Ariane
Acte passé lors de l'achat (Il s'agit de la copie de l'enregistrement)














Auguste construit alors une maison qui porte le numéro 146 dans la rue Colbert. Cette maison, construite sur un terrain étroit, possède cinq étages et est à usage de rentier.

 Autrement dit elle est occupée et les occupants payent des loyers. Il est d’ailleurs précisé dans l’acte de vente qu’à compter du jour où il a été rédigé et signé, le nouveau propriétaire, M. Théodore WAG, a la jouissance des loyers.

La vente a lieu le 28 novembre 1882. Auguste a alors 71 ans et habite rue de la monnaie, à Lille. Stéphanie est décédée en 1876. Mais Auguste n’est pas seul vendeur. Ses enfants, et même un se ses petits fils, sont aussi vendeurs, car co-propriétaires du bien.

Il y a la, accompagnant Auguste LAFFEZ, propriétaire, selon la citation du document:

Alfred (appelé “Henri” par erreur  dans la liste des présents) LAFFEZ, son petit fils mineur, qui demeure avec lui “de droit” et dont il est le tuteur légal. Il s’agit là d’une erreur, soit du notaire, soit de transcription. En effet, plus loin, le petit fils d’Auguste est bien appelé Alfred, et son père, Victor, est cité lui aussi,  mentionné comme étant décédé. J’ai déjà écrit plusieurs articles à son sujet. Alfred, mineur en 1882 (il a alors 20 ans), est de la classe 1882 et partira à l’armée en 1883, fera campagne en Tunisie de  1884 à 1887, se rendra coupable de multiples larcins et sera relégué au bagne de Cayenne où il décédera en 1901 de maladie .  (Il n’y a pas d’enfant de Victor nommé Henri. Aucun doute n’est possible. L’acte de vente mentionne en effet Victor et ses deux enfants un peu plus loin.)


Henri LAFFEZ (notre ascendant), peintre et vitrier et sa deuxième épouse, Coralie QUINZEBILLE.

Achille LAFFEZ, décorateur en lettres, et son épouse Eugénie MONTAIGNE (Il semble y avoir ici aussi une erreur de prénom)

Édouard LAFFEZ, dont j’ai appris l’existence grâce à cet acte de vente, et dont il est spécifié qu’il est frère des écoles chrétiennes sous le nom de Frère Ernest des Anges. Il fera l’objet d’un prochain article.

Alfred LAFFEZ, peintre et vitrier, et son épouse Pauline MEURISSE, qui décédera l’année suivante.

Louise LAFFEZ, qui est  la fille de Victor, âgée de 22 ans

Ils ont   hérité d’une part de la maison au décès de Stéphanie, car elle et Auguste étaient mariés sans contrat de mariage, donc en communauté de biens réduite aux acquêts. Il est précisé que les enfants ont hérité de 1/5 des parts de Stéphanie, et que les parts des petits-enfants, Alfred et Louise, sont de 1/10.



cote 4 Q 42/2212, Archives départementales du Nord,  8 pages, photographiées par le Fil d’Ariane
Acte passé lors de la vente (copie de l'enregistrement)











En plus des informations relatives à la vente et à l’historique du terrain, l’acte de vente nous apportes quelques informations supplémentaires sur la famille. Ainsi, Madame LAFFEZ Henri (Coralie Quinzebille), qui ne sait pas écrire ni signer, et Madame LAFFEZ Achille (Eugénie MONTAIGNE), qui souffre de cécité, ne peuvent signer l’acte de vente. 


La rue Colbert, à Lille, au début du XXème siècle





Il y a une maison au 146 rue Colbert à Lille, qui pourrait être celle bâtie par Auguste, sous réserve évidement que la rue n’ai pas été renumérotée ou le bâtiment reconstruit ! 









Notes et pistes:



Les deux documents qui m’ont permis d’écrire et article sont les double des actes notariés transmis au centre des impôts concernant des individus ayant acquis et vendus des biens.

Ils apportent des pistes de recherches complémentaires, voire des interrogations.

Il sera intéressant d’accéder à la succession de Stéphanie Deleporte, pour vérifier s’il n’y a pas d’autres bien, puis à celle d’Auguste pour brosser un tableau plus complet des biens du couple.

L’épouse d’Achille LAFFEZ est nommée ici Eugénie. Ce n’est pas le prénom qui est noté dans mes informations, mais Rosalie Augustine. Il me faudra donc vérifier cela.

Enfin, l’acte de vente mentionne Édouard LAFFEZ, devenu religieux. J’ai pu obtenir quelques informations à son sujet, qui feront l’objet d’un article actuellement en cours de préparation.




Sources:



Acquisition du couple LAFFEZ -DELEPORTE LE 16/9/1863 COTE 4 Q 41/1243, Archives départementales du Nord, 7 pages photographiées par Le Fil d'Ariane

Vente par Auguste LAFFEZ et des enfants le 28/11/1882
cote 4 Q 42/2212, Archives départementales du Nord, 8 pages, photographiées par le Fil d’Ariane


Zestes de vie

Il est assez compliqué de connaitre plus que des informations de base sur nos ancêtres. Mais avec un peu de chance on peut prendre connaissance de tranches de vie plus intéressantes. Nous pouvons alors connaitre des péripéties de la vie de notre aïeul, comme par exemple quand mon arrière grand père Paul Marc Marie a été sauvé de la noyade (voir ici ) ou encore tomber sur quelque chose qui nous renseigne sur un aspect de la vie d'une personne qu'on n'aurait pas même pu imaginer au regard uniquement des pièces d'état-civil.


Richard Armand LAFFEZ est un arrière petit fils de Jacques Joseph LAFFEZ, mon ancêtre direct (9e génération en branche agnatique en partant de moi). Un cousin issu de germain donc.

Né le 29 juin 1856 à Lille, il s'est marié avec Adéle Césarine CUVELIER le 1er décembre 1877, et ils ont eu deux enfants, Jules Richard, né en 1878 et Octave Armand né en 1880. Au moment de spon mariage, il exerçait la profession de peloteneur.

C'est à peu près tout ce que l'on peut savoir à partir de l'état civil. (Je n'ai pas cherché à quelle date il est décédé) et c'est vraiment très maigre pour dresser un portrait du personnage.

Cependant, une découverte sur Gallica me permet de dresser un portrait plus intéressant:

En avril 1894, la sœur d'Adèle CUVELIER était à l'article de la mort. Son mari, M. Degobert était de son côté interné en "maison de santé" et ne pouvait pas être en mesure d'aider son épouse. Or ce couple avait trois filles, âgées de 13, 12 et 8 ans. Elle était donc fort inquiète quant au devenir de ses enfants après son décès et fit donc venir sa sœur auprès d'elle. Elle lui demanda d'adopter ses filles après son décès. Adèle n'hésita pas à accéder à sa requête, reconnaissante des bienfaits que sa sœur lui avait apportés lors de son enfance. Richard accepta lui aussi sans hésiter, et ce malgré un travail journalier et deux enfants au foyer. La famille recomposée comportait désormais 5 enfants, sans plus de ressources.

Ce geste leu valu une médaille d'argent  de la fondation C. DELATTRE-PARNOT et un livret de caisse d'épargne de 340 fr (Le convertisseur de l'INSEE indique une valeur actualisée de 150 000 € environ, pour 340 fr de 1901, mais je pense que cette valeur est exagérée)



L'article cite en outre l'employeur de Richard, ce qui ouvre une piste pour en connaître plus sur son travail


Un peu plus instructif que les simples informations provenant de l'état civil. Et question de chance



Texte original


FONDATION C. DELATTRE-PARNOT.

Au mois d’avril dernier, la femme Degobert se mourait ; son mari, interné dans une maison de santé, ne pouvait plus lui être d’aucun secours. Tourmentée d’une amère douleur, agitée par la crainte de laisser sans appui ses trois filles âgées de 13, 12 et 8 ans, elle lit appeler sa sœur, à qui elle avait jadis servi de mère et lui demanda, avec larmes, de les adopter.

Mme Laffez n’hésita pas, elle résolut de payer au centuple les soins dont sa sœur avait entouré son enfance. M. Laffez partagea les dignes sentiments de sa femme. Quoique déjà chargés de deux enfants, et n’ayant pour toute ressource que le fruit d’un travail journalier dans la maison Descamps-Beaucourt, les époux admirent à leur foyer leurs jeunes nièces à la mort de leur mère.

Aujourd’hui les trois orphelines grandissent sous l’œil maternel de leur tante, sous la tutelle de leur oncle,

apprenant à vivre à l’école du sacrifice, de l’honneur et de la probité.

La Société, touchée de cette admirable abnégation, décerne aux époux Laffez-Cuvelier,une médaille d’argent et le prix I)elattre-Pamot, consistant en un livret de caisse d’épargne de trois cent quarante francs.


Source:  Séance solennelle / Société des sciences, de l'agriculture et des arts de Lille, 23/12/1894, page 36

Su Gallica




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