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Vallon sur Gée

 

Extrait du Dictionnaire géographique et administratif de la France
 et de ses colonies. VII. Se-Z

publié sous la direction de Paul Joanne 
publié de 1890 à 1905
page 5070
Gallica

Vallon sur Gée, à l'époque qui nous , intéresse, c'est à dire vers la fin du XIXe siècle, est une petite ville de la Sarthe, proche de Loué. Elle est peuplée à cette époque de 926 habitants selon le Dictionnaire géographique e administratif de la France et de ses colonies (voir extrait ci-contre). La population actuelle est de 782 habitants (selon wikipedia)

C'était donc une bourgade un peu plus peuplée à cette époque que de nos jours. 
La population n'était donc pas trop grande à cette époque, mais le village disposait tout de même de deux écoles publiques, une de garçons et une filles très vraisemblablement, d'un hospice équipé de 16 lits pour accueillir les anciens ne pouvant pas vire seuls en raison de leur grand âge ou de leurs infirmités. La commune disposait aussi de services publics. Le dictionnaire cité plus haut mentionne une perception, une poste, un notaire et une gendarmerie à pied à laquelle était affecté  Adolphe Bleu
Un certain nombre de fêtes tout au long de l'année, et les jeudis, jours de marché, il y avait certainement plus de monde en ville et plus de travail pour les gendarmes affectés en ce lieu. 

Vallon sur Gée était sur la ligne de tramway  du Mans jusqu'à Saint-Jean-sur-Erve, ligne unique à voie métrique, et unique. La ligne faisait  56 km, dont 52 km dans la Sarthe et 4 km dans la Mayenne. Vallon sur Gée était qu kilomètre 27, ce qui devait la mettre à une heure du Mans (c'est une hypothèse). Par contre je ne sais pas en quelle année il a été mis en service, sachant que la décision de construction s'est faite dans les année 80 (du XIXe siècle, pas les notres !!)

Ci-dessous, quelques images de Vallon sur Gée, glanées au fil d'internet,en attendant de dégoter quelques carte postales anciennes et d'aller y faire un tour prendre mes propres photos

    















En Sarthe

Les amoureux sarthois

Pays d'un grand nombre de mes ancêtres, la Sarthe, département rural du centre val de Loire est riche de traditions. Sa gastronomie reflète son terroir et mérite le détour.


Gastronomie

Rillettes du Mans


La spécialité sarthoise la plus connue, les rillettes du Mans, ont fait leur apparition au XVeme  siècle. Rabelais  les décrivait comme une  « brune confiture de cochon » 
Elle prend son essor au XIXe siècle en particulier à Connerré, qui devient à ce titre la capitale des rillettes sarthoises. Préparées à base de viande de porc cuite longuement à feu doux dans la graisse, assaisonnées avec du sel et du poivre, les rillettes de la Sarthe sont fondantes et savoureuses.

Elles se dégustent simplement sur une tranche de pain, accompagnées par un petit verre de Jasnières (vin blanc de la Vallée du Loir dans le sud de la Sarthe). 
J'en connais qui les dégustaient avec du pain et de la confiture au petit déjeuner.



Le sablé


Tout le monde connait le sablé, originaire de Sablé sur Sarthe, et présenté à la cours de Louis XIV par la marquise de Sablé


La volaille


Poulardes et chapons de Sarthe sont connus depuis le moyen âge. On en trouve la trace dans les écrits de nombreux écrivains, souverains et gastronomes célèbres
Le poulet fermier de Loué n'est plus à présenter. Promu par un groupement de producteurs répondants à un cahier des charges précis et contraignant, il est une alternative, depuis 1958, au poulet industriel


Vins

Le département produit aussi des vins de qualité. Le Janières est le plus connu d'entre eux. Produit sur un vignoble minuscule, de 65 ha, il était connu de longue date et apprécié d'Henri IV

Les vins du Coteaux-du-Loir, rouges, blancs ou rosés,  sont produits en Vallée du Loir, dans le sud du département. Vifs aux arômes épicés, ils s’accordent parfaitement avec les rillettes du Mans ou encore avec les poulets de la région. À servir relativement frais. 


Ceci n'est qu'un aperçu. Il existe bien d'autres spécialités...

Traditions et coutumes

Il est bien entendu impossible de décrire de manière exhaustive les us et coutumes Sarthoise. Je me contenterai de donner deux exemples

Héritages



La coutume du Maine, en matière de transmission des bien en héritage, fait figure d'exception par rapport aux autres provinces de France. C'est en effet la seule province où l'héritage du défunt est partagé, à parts égales, entre tous les enfants, garçons et filles sans distinctions. Dans la province voisine de Normandie, par exemple, le partage est égalitaire, mais entre garçons uniquement. Les filles sont évincées de la succession. Dans d'autres provinces, c'est le droit d’aînesse qui prévaudra. Ailleurs le benjamin sera l'héritier. 
Cette coutume, dont le Sarthois pourrait être fier, fut couchée par écrit pour la première dois en 1508 et resta en vigueur jusqu'à la révolution.
En ce qui concerne le partage des biens, la charge en était dévolue à l’aîné. On trouvera plus de détails en suivant ce lien


Repas de noces

Les "noceux" défilant en ville avant le banquet
Parigné l'Evêque
Début du 20e siècle
Le repas de noces était quelque chose de pantagruélique. D'ailleurs, ne l'appelons pas repas, mais plutôt festin. Après une promenade des invités de la noce, mariés et musiciens en tête, les "noceux" entamaient le festin dans l'après midi. Le menu était simple, mais très chargé, succession de plats de viandes estimées du pays. Il commençait par une soupe et du boeuf, suivi de veau, de mouton puis de volailles avant de  revenir au boeuf. Puis on revenait au boeuf, au mouton, à la volaille, toutes viandes servies alternativement et à toutes les sauces convenables pour une cérémonie.
Le tout arrosé de vin de pays ou de cidre.
Aucun plat de légume ne venait s’intercaler dans cette succession infinie de viandes.
Par contre, le porc était exclus de ce repas.
Bien évidement, après une telle quantité de viande que nos estomacs modernes ne pourraient plus ingurgiter, on négligeait le dessert.
D'après la revue archéologique du Maine, 1906

On se croirait aux festins clôturant chaque aventure d'Asterix !







Domestiques

 

Le terme  domestique peut recouvrir plusieurs réalités lorsqu'on le rencontre en généalogie.

En effet, serviteurs, servantes, bonnes, lingères, cuisinières, chauffeurs et autres jardiniers pourront être qualifiés de domestiques (si leur véritable profession n'est pas indiquée). Mais ces personnes travaillant à la maison, ou pour le service de la maison, ne sont pas les seuls. En effets, les aides agricoles, les valets de ferme et autres saisonniers seront aussi qualifiés de domestiques, sans oublier la bonne du curé ou l'homme à tout faire d'un monastère. 

A la limite, on ne peut pas savoir si le domestique rencontré entre dans l'une ou l'autre des catégories.


Le terme est donc vague et ne permet pas de savoir quel était le réel métier de la  personne considérée. Il en est d'ailleurs de même pour d'autres personnes qui sont dit propriétaires dans les actes, ou encore journaliers.


Alexis Auguste ROUSSEL, Grand Père de ma Maman, était domestique au moment de son mariage, à Domfront en Poiraie (Orne) en 1902. 


Acte de mariage d'Alexis Roussel et Maria Gouault

Acte de mariage d'Alexis Roussel et Maria Gouault (suite)



La rue Montgomery à Domfront
Nous sommes ici en ville et nul doute qu'Alexis travaillait chez quelqu'un. Mais que faisait-il ? Et l'adresse donnée ( rue Montgomery, sans numéro) était elle celle de son patron qui l'aurait alors hébergé ou la sienne ? Je ne peux répondre pour le moment.
Lorsque son fils ainé vient au monde deux ans après, Alexis a quitté cette condition. Il est alors employé de commerce au Mans.






Un autre exemple concerne René Marais (Soza 94), qui est dit domestique lors de son mariage. Ici il n'y a pas d'évidence. En effet, René Marais habite un hameau de Parigné l'Evêque, les Blinières, à environ 1,2 km de l'église (à vol d'oiseau). Nous sommes là en milieu rural et on peu légitimement se poser la question. Était-il domestique de ferme ou dans une maison ? Je n'ai pas la réponse.


Ci-dessous l'acte de mariage de René Marais






Carte de Cassini. Entouré en rouge:
Les Blinières








Références


AD 61, Domfront, 3NUMECEC145/3E2_145_59 Mariage d'Alexis Roussel et Maria Gouault, le 9 septembre 1902


AD 72, Parigné l'Evêque, 5Mi 246_15-16 vues 402 et 403, mariage de René Marais et Marie Besnard, 26 juillet 1815

Cartes: IGN et Google Maps

Branche Roussel

Vue générale de Domfront en Poiraie
Domfront en Poiraie, vue générale.
Carte postale, collection personnelle

La branche Roussel est celle des ancêtres de mon Gran Père Paternel. Avec eux, nous allons voyager en Normandie, et plus particulièrement dans l'ouest de l'Orne. Je parlerai ici que des hommes Roussel, de leurs épouses et j'évoquerai leurs enfants. Cependant, il n'est pas possibles de présenter les ascendants de leurs épouses dans un court article. Nous les rencontrerons plus tard, à d'autres occasions. Sachez cependant que tous les membres de cette branche résidaient dans un territoire restreint, autour de Domfront en Poiraie.


Je tiens à remercie Alain Roussel, notre cousin, qui m'a transmis ses recherches, avec leurs références.


Le plus simple est d remonter le temps  


  Mon Grand Père (soza 6), Papi Maurice, Gaston Eugène Maurice ROUSSEL pour l'état civil, est né au Mans en 1907, le 21 avril.

Son épouse, Jeanne Henriette Charlotte ROUSSEAU est elle aussi née au Mans, le 8 mai 1914.
Ils se sont mariés dans cette même ville le 23 juin 1934.

De cette union sont nés 6 enfants, dont ma Maman.

Si je n'ai pas connu ma Grand Mère, décédée le 5 mars 1964, soit le jour de mon premier anniversaire, j'ai par contre des souvenirs de mon Grand Père que je raconterai dans un futur article.

Bien qu'ayant été exempté de service militaire en raison de sa constitution, mon Grand Père a participé à la seconde guerre mondiale dans une batterie de DCA.
Il a travaillé aux Mutuelles du Mans assurances, employé puis chef de service.

Il est décédé le 29 août 1983 à Jard sur mer (Vendée)



Il était le fils d'Alexis Auguste ROUSSEL (Soza 12) et Maria Virginie GOUAULT, qui se sont mariés à Domfront le 09/09/1902.


C'est Alexis et Virginie qui ont quitté leur petit coin de campagne pour "monter à la ville', le Mans en l'occurrence. 


Alexis est né le 28 mars 1872 à Lucé, petit village de l'Orne, qui comptait 590 habitants au recensement de 1865, une centaine au tournant des 20e et 21 siècles. 


 

Né à Lucé, dans l'Orne, il participe à la première guerre mondiale.


Alexis a exercé plusieurs métiers, dont domestique (Lucé, 1902) , livreur(recensements), employé de commerce (1907, Le Mans) , agent de la ville du Mans (1934). Un article plus détaillé lui est consacré ici


Son épouse, Maria Virginie GOUAULT , est né à Torchamps (Orne) le 07/10/1880. Elle est décédé au Mans le 23/09/1954


Alexis et Maria ont eu 5 enfants:


  • André Léonce Félix
  • Gaston Eugène Maurice
  • Claude Jean Robert
  • Michel René Marc
  • Jean Georges Marie


Les frères Roussel



Les parents d'Alexis étaient:

ROUSSEL Patrice Alexandre (Soza 24) et Marie Victoire LENORMAND


Patrice est né à Lucé, dans l'Orne, le 20 mai 1832. 

Marie quand à elle est née à la Haute Chapelle, non loin de Lucé, le 12 février 1841.

Comme souvent par le passé, le couple s'est marié au lieu de résidence de l'épouse, c'est à dire la Haute Chapelle, le 12 juin 1864.

Patrice est décédé à Tanques (toujours dans l'Orne) le 15 juin 1902, mais son épouse a suivi ses enfants au Mans, ou elle a quitté ce monde le 7 septembre 1924. Elle avait alors 83 ans.

De cette union sont nés 7 enfants:


  • Marie Victorine Honorine
  • Victorine Modeste Françoise
  • Léonie Alexandrine
  • Alexandre Hyppolite
  • Alexis Auguste, dont il a été question ci-dessus
  • Léon Jules
  • Philomène Modeste


Les parents de Patrice Alexandre sont:

Pierre François ROUSSEL, qui es né à Lucé le 11 juillet 1796, et Marie CILLERE, née à Saint Front, petite paroisse aujourd'hui absorbée par Domfront dont elle est devenue un quartier.

Le mariage a été célébré à Saint Front le 27 juin 1816.

Pierre est décédé le 18 mars 1866. Marie, quand a elle est décédée le 13 septembre 1837, toujours à Lucé.


Ils étaient cultivateurs et ont eu 8 enfants:


  • Pierre François
  • François, qui est le Grand Père d'Alexis Léon, tué au combat lors de la première guerre mondiale. J'avais donné quelques informations à ce sujet l'an passé, que vous pouvez lire ici
  • Marie Victoire
  • Jean Baptiste
  • Pierre Honoré
  • Anne Félicité
  • Françoise Marie
  • Patrice Alexandre



Les parents de Patrice Alexandre étaient François (Soza 96) et Marguerite LEROY

François était lui aussi de Lucé (07/03/1758 - 27/08/1828), tout comme Marguerite (11/08/1768 - 22/11/1849)

Ils se sont mariés le 27 avril 1784, toujours à Lucé. 


Les parents de François étaient Pierre et Marie Louise MAUGER.

Marie Louise elle aussi était de Lucé (19/12/1710 - 24/03/1799) alors que Pierre est natif d'Avrilly (Orne) où il a vu le jour le 19/12/1710. Il est par contre décédé à Lucé, où il avait suivi son épouse, le 18 septembre 1786.

Le mariage a eu lieu à Lucé, le 16/02/1740


François et Marie sont nés tout deux juste après l'année terrible de 1709, et de son hiver dont on reparlera dans un article que vous pourrez lire dans quelques jours.


Le père  de Pierre s'appelait lui aussi Pierre. Il est décédé à Lucé (21/08/1739) . Il était l'époux de Julienne LOUET, elle aussi décédée à Lucé (11/02/1745)


Enfin, les parents de Pierre étaient Noel (décédé à Lucé le 05/10/1689) et Jeanne DAUVERNE (décédée à Lucé le 05/10/1680)

Ils s'étaient marié le 25/05/1660 à Lucé.

Veuf, Noel s'est remarié le 28/11/1680 à Lucé avec Guillemine HAMARD



ROUSSEL est un nom fréquent, et j'ai trouvé plusieurs familles dans la région de Lucé, Domfront, Saint Front. Cela fera l'objet d'un article futur




Apprentissage

 Apprentissage


Le recensement de 1936 à Parigné l'Evêque m'a donné l'idée de ce petit article sans prétention.

On y découvre la composition du foyer de Marguerite Augustine GAUTIER, mon Arrière Grand Mère, veuve de Paul Marc Marie LAFFEZ, et de ce fait chef de famille:



Des trois enfants de Paul et Marguerite, seul Gabriel réside encore là. René, militaire, et Paul électricien, ont fondé leurs familles et ne résident plus à Parigné l'Evêque.

Gabriel, quand à lui, a repris l'affaire paternelle. Mais on constate aussi qu'il n'est pas seul, car un apprenti, Pierre Paul BIGON, est logé dans la famille.


Une recherche rapide aux archives de Paris informe que Pierre BIGNON est né dans le 15e arrondissement, le 23 avril 1921, de Marie Louise Prospérine BIGNON, femme célibataire, qui le reconnait le 27 du même mois, dès qu'elle peut se rendre à la mairie.


En 1936, Paul BIGNON doit bénéficier d'un contrat d'apprentissage en bonne et due forme,  différent certes de ce qui se fait de nos jours, mais semblable en ce sens qu'une certaine protection est accordée à l'apprenti. On voit d'ailleurs ici qu'il est hébergé chez son employeur.

Mais il n'en a pas toujours été ainsi. Gabriel a lui même appris son métier de peintre en bâtiment et vitrier auprès de son père qui l'avait appris lui même auprès de son propre père, et ainsi de suite. Gabriel était le cinquième peintre, de père en fils. Nous verrons d'ailleurs dans un autre article qu'ils étaient plus nombreux que cela à exercer cette profession.


Le mode de transmission du savoir des artisans, et des paysans, tout comme celui des hommes d'arme, a été l'apprentissage. Celui qui savait, le maitre, le père, le chef, montrait ce qu'il fallait faire, et l'élève, le fils, l'apprenti, répétait le geste jusqu'à le maitriser.

Pour les artisans, cela a longtemps été une histoire de corporation et finalement de famille. Jusqu'à la révolution, l'enfant entrait comme apprenti chez un maitre, devenait compagnon pour finalement aboutir à la maitrise. Le corporatisme d'ancien régime fermait bien souvent la porte aux élèves de l'extérieur pour ne les ouvrir qu'aux enfants des membres de la corporation.

La révolution, par un décret de mars 1791, a aboli les maitrises et les jurandes (voir plus bas) , ouvrant les portes des métiers à qui voudrait les apprendre.. Toute une série de lois, textes et décrets, entre 1791 et 1919, 87 en tout, puis d'autres depuis, ont abouti à l'apprentissage moderne, qui permet à tout un chacun, s'il le désire et en a les capacités, à se former au métier qui lui convient.

Cela a donc permis de sortir des corporations. Notre ancêtre Auguste Joseph LAFFEZ a pu ainsi apprendre un métier différent de ceux qu'exerçaient ses pères et grand pères, et l'a transmis à sa descendance. Nous verrons cela dans un article à venir.




Sources:

AD 72 Recensement Parigné l'Evêque 1936: MI0003401936 vue 268(2 Mi 289 _ 55)

L'apprentissage en France au XIXe siècle, rupture ou continuité, par Yves LEQUIN

(Editeur: Persée - Portail des revues scientifiques en SHS)


Jurandes: Sous l'Ancien Régime, on appelait jurande un corps de métier constitué par le serment mutuel que se prêtaient, chaque année dans la plupart des cas, les maîtres : serment d'observer les règlements, mais aussi serment de solidarité et de morale professionnelle (Wikipédia)

Gendarme: Adolphe Anselme BLEU

Avec Adolphe Anselme BLEU, nous partons dans les Ardennes. C'est à Flaignes les Oliviers que  naquit Adolphe le 12 mars 1852, fils de Jean  et de Marie Ambroisine BAILLY. Son père est alors domestique de charrue, c'est à dire employé dans une ferme, chargé des cultures et des champs,  et sa mère sans profession.


L'acte de mariage de son frère Théophile, pour lequel il est témoin, laisse penser que le prénom qu'il utilisait était Anselme. Il est en effet nommé avec ce prénom. Mais dans l'incertitude, je continuerai sans doute à l'appeler Adolphe

Il est à noter que dans les actes le concernant, le nom d'Adolpheest orthographié BLEU,  à l'exception de sa fiche matricule, où il est orthographié BLEUE. Alors que pour son frère, l'orthographe est BLEUX



L'église d'Esterbay

Le couple a eu plusieurs résidences. En effet, ils se marient à Flaignes les Oliviers le 4 juin 1850, où nait Adolphe deux ans plus tard. 

Flaignes les Oliviers était une petite commune des Ardennes, dont la population, depuis 1793 jusqu'à sa fusion avec Flaignes-Havys en 1986, n'a jamais dépassé les 400 habitants.

Mais c'est à Liart, toujours dans les Ardennes, que naît le seul frère que j'ai pu trouver jusqu'à présent. Il se prénomme Théophile Alfred et exercera la profession de boulanger. 

Et lorsqu'Adolphe s'engage, en 1871, puis lorsque Théophile se marie, en  1877, ils résident à Estrebay. 

Liart et Estrebay sont proches de Flaignes, et aussi peu peuplées. 



Situées sur la "route des invasions", ces villages font partie de l'arrondissement de Rocroi (où eu lieu la bataille du même nom le19 mai 1643) , dont ils sont distants de moins de 20 km.

En 1870, 1871, une partie des opérations se déroulent dans les Ardennes. La bataille de Beaumont est un des faits de la période. Elle se déroule cependant à 75 km à l'est d'Estrebay. D'autres combats se sont déroulés dans les environs. Un article du site des archives départementales des Ardennes peut être consulté ici.

Une fois l'armistice demandée, en janvier 1870, une partie de la France, dont le département des Ardennes, est occupée. Cette occupation est de manière générale assez paisible mais toutefois, des incidents la ponctuent. On peut lire un article à ce sujet pour les Ardennes ici

Le registre matricule où figure Adolphe Anselme.
Cette guerre perdue, et l'occupation qui suit, sont les raisons probables de l'engagement d'Adolphe Anselme. Il s'engage pour deux ans et rejoint le 3éme régiment du Génie le 11 novembre 1871. Celui-ci est alors en garnison à Arras. Il rempile pour trois ans en 1873 et passe caporal en 1874. 


Mais la plus grande partie de sa carrière se déroule dans la gendarmerie. A l'issue de son temps d'engagement, il est nommé gendarme à pieds dans la compagnie départementale de la Sarthe. Il y restera jusqu'à sa retraite. 


Par décret du 11 juillet 1896; il est décoré de la médaille militaire.





C'est donc revêtu de son uniforme de gendarme à pieds qu'Adolphe Anselme se marie le 28 janvier 1878, à Vallon sur Gée, dans la Sarthe, une petite commune d'un peu plus de 1000 habitants à l'époque, située à mi chemin entre Le Mans et Sablé. Son épouse, Marie Eugénie LAURENT est Vallonaise, fille de Casimir, qui tient le café du pays, et de Marie DUBOIS.  Adolphe Anselme est gendarme à la résidence de Fresnay sur Sarthe, à un peu plus de 50 kilomètres de Vallon. Le couple habitera à Fresnay.


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L'église de 
Fresnay sur Sarthe


 
Le dictionnaire des communes administratif et militaire dont l'extrait correspondant à Fresnay sur Sarthe est reproduit ci dessus, pour 1900, nous informe que  Fresnay dispose d'une gendarmerie, ce qu'on sait déjà, et d'une poste.
Les missions du gendarme à pied sont celles qu'on peut imaginer. Il assure la police de proximité dans le village et le territoire qui en dépend, la police de la route (et oui, déjà à cette époque !) et d'autres qu'on a pu oublier depuis, tel que la lutte contre les braconniers, la recherche des déserteurs et réfractaires au service militaire, etc. Des guides sont fournis aux gendarmes afin de les guider dans leurs tâches quotidiennes, tel le protocole d'imprimé offert à toute les compagnies de gendarmerie, par Guillou. L'exemplaire conservé   à la BNF et disponible sur Gallica date de 1838. Il a donc très probablement été remanié avant la période ou Adolphe Anselme était en activité, pour être mis en adéquation avec l'époque, mais cela donne une idée de la manière de rédiger les rapports, et aussi du type d'affaire pouvant être traitées par les gendarmes des compagnies départementales. On peut le trouver ici. Nul doute que Joseph AUDO, dont on parlera dans le prochain article, a lui aussi utilisé de genre de protocole

Outre les modèles de procès verbaux les plus utiles, on trouve des modèles de notes de frais, des étiquettes pour les cahiers tenus par les gendarmes, des pancartes pour les logements, cellules, jusqu'aux latrines !etc. La prochaine étape pour moi consistera à fouiller dans les archives afin de trouver des procès verbaux dressés par Adolphe Anselme.

Ci dessous, quelques exemples de ces formulaires vierges





Comme écrit plus haut, Adolphe Anselme s'est marié à Vallon sur Gée le 28 janvier 1878, à l'âge de 25 ans. Son épouse, Marie Eugénie LAURENT lui donne quatre enfants (à ma connaissance):

La fille ainée, Charlotte Marie, est née le 7 juillet 1879 à  Fresnay sur Sarthe, mais décède dix mois plus tard, le 30 mai 1878


Marie Eugénie met ensuite au monde Marie Joséphine Esther, notre arrière Grand Mère. C'était à Vallon sur Gée, le 28 novembre 1881. Elle aura ensuite deux sœurs, Charlotte Marie Alexandrine, née à Fresnay le 21 novembre 1885 et Geneviève Ambroisine, née le 7 janvier 1888, toujours à Fresnay. Cette dernière se mariera au Mans en 1907 avec Ernest Auguste Jean FEREY, et décédera à Mézidon le 14 juillet 1958.


Le 30 août 1897, Adolphe Anselme se retire à Lunay, dans le Loir et Cher, où il exerce la profession de régisseur, comme en atteste l'extrait du recensement de 1906 reproduit ci contre. Il décède dans cette ville le 5 novembre 1906, à l'âge de 54 ans




Sources: 


Archives départementales des Ardennes: Actes d'état civil des Ardennes, carte postale d'Estrebay

Gallica: Dictionnaire géographique et administratif de la France et de ses colonies pour l'année 1900

Collection personnelle: Carte postale de Fresnay sur Sarthe

Le contrat de mariage d'Etienne Pierre GAUTIER er Armandine Désirée Pauline BOUTTIER

Remerciement Un grand merci à Mme ARCHAMBAULT, du fil d’Ariane, qui a fait la recherche de ce document pour moi. Introduction  Je vous parle...