Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le laboureur d’antan n’est pas l’agriculteur d’aujourd’hui. Tout comme de nos jours on distingue de nombreux métiers chez les agriculteurs, tels qu’éleveurs, céréaliers, etc., on distinguait de de multiples niveaux sociaux chez les paysans sous l’ancien régime. Parmi eux, le laboureur occupait une place de choix. Il était en effet un paysan aisé qui possédait au moins un attelage, ainsi qu’un lopin de terre.
Au village, nombreux sont ceux qui n’avaient pas le matériel et les bêtes nécessaires au labour. Une charrue, un cheval ou un bœuf étaient chers. Aussi le laboureur prêtait-t-il sa charrue et son attelage (un cheval ou un bœuf) pour labourer les terres de ces derniers, tandis qu’à leur tour ceux-ci prêtaient leurs bras au moment des récoltes.
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| Un laboureur au travail |
Nous commençons l’année à la fin de l’hiver. A cette époque de l’année, les jours commencent à rallonger, le froid devient moins vif et finit par laisser la place à la douceur printanière.
La chandeleur marque ce début de renouveau. C’est la fête des chandelles, c’est-à-dire la fête des lumières. A l’origine, point de crêpe. C’est une fête religieuse pendant laquelle chaque famille apporte sa chandelle l’église pour la bénédiction. Plus tard, depuis qu’elles firent leur apparition, les crêpes sont servies à la veillée, point final d’une journée qui a vu messe, procession devant les ruches, à l’étable, derrière une chandelle qu’on s’efforce de garder allumée jusqu’à la maison. Si elle arrive allumée à bon port, c’est signe de prospérité. Eteinte ? Il y aura un mort dans l’année à venir !
Le lendemain, le prêtre bénit les semences apportées par les paysans, ou plus souvent les paysannes. Il en garde une partie pour rémunération de ses bons offices.
Le printemps est une période où le travail des champs est intense. Les semis de printemps, légumes et autres sont faits. Ceux qui le peuvent amendent leurs terres avec du fumier, qui est une denrée rare. Les jours s’allongent et les journées de travail sont longues. On surveille les semis nouveaux, les céréales de l’automne précédent (blé, orge, seigle…)
Bref, on ne chôme pas.
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| Outre les bêtes, qui fournissent la force motrice, il faut une charrue au laboureur |
Le paysan est cependant soumis aux conditions météorologiques, et il lui est nécessaire de profiter de la totalité des heures de jour pour abattre le plus de travail possible lorsque le temps est clément.
Puis l’été arrive. Il est temps de récolter le fruit de son labeur. De la mi-juillet à la mi-août, encore une fois sans date précise, a lieu la moisson. Lorsque les blés sont arrivés à maturité, les paysans les fauchent, puis les battent pour récolter le grain. Le laboureur se fait aider par les autres villageois. Il cultive en effet une grande surface qu’il ne peut faucher seul, le travail se faisant à la main jusqu’au début de la mécanisation, au 19e siècle. Lié en gerbes, le blé est transporté jusqu’à l’aire de battage où le grain est séparé du reste de la plante. Il sera ensuite mené au moulin où il sera transformé en farine, moyennant redevances.
La récolte des légumes se fait au fur et à mesure de leur arrivée à maturité. Mais c’est plutôt une affaire personnelle, chacun disposant d’un jardin dédié à ces cultures pour ses besoins personnels. Il existe bien entendu des maraîchers pour approvisionner les villes, mais c’est une autre histoire.
A la fin du printemps et en été on récolte aussi de nombreux fruits, dont certains finiront en tartes, en confitures, où seront plongés dans l’eau de vie pour un usage futur.
A suivre.
Les images proviennent de Pinterest

