Domfront, Saint Front, Lucé, ...

 Aujourd’hui, je vous parle en quelques lignes de la région d’origine de la famille ROUSSEL, les ascendants de mon Grand Père maternel Gaston Eugène Maurice ROUSSEL, Papi Maurice.



La branche ROUSSEL en (très) bref


Maurice ROUSSEL (son prénom usuel était le troisième prénom, ce qui arrivait fréquemment dans certaines régions à certaines époques) est né au Mans en 1907


, mais ses parents, Alexis Auguste et Maria GOUAULT, s’étaient mariés à Domfront (Dans l’Orne) en 1902 et étaient ensuite venus s’installer au Mans (Dans la Sarthe), à partir du 23/06/1903 après un bref passage à Verneuil sur Avre (Dans l’Eure) entre le 17/02/1903 et leur déménagement au Mans. 

Lors de leur mariage, Alexis et Maria étaient domestiques à Domfront. Lui habitait rue Montgomery, elle rue de l’hôpital. Un des témoins du mariage était Louis Auguste CACHET, âgé de 52 ans, délégué de l’Orne, conseiller d’arrondissement et conseiller municipal. Il est dit ami d’Alexis. 

Alexis est né en 1872 à Lucé dans l’Orne. (Maria quant à elle est née à Torchamps, non loin de là


Son père, Patrice Alexandre (né en 1832, époux de Victoire LENORMAND, de la Haute Chapelle), son grand-père, Pierre François (né en 1796, époux de Marie CILLÈRE de Saint Front, dont on parlera un peu plus loin), son arrière grand père ( né en 1788, marié avec Marguerite LEROY, de Lucé) étaient tous les trois natifs de Lucé. 



L'église d'Avrilly

Le père de François, Pierre ROUSSEL, époux de Marie MAUGER est né à Avrilly, mais son père, prénommé lui aussi Pierre, époux de Marie MAIGNAN, décédé en en 1799 et Noël son grand père, époux de Jeanne DAUVERNE, décédé en 1689, s’étaient tous les deux mariés à Lucé et y étaient décédés. 










Marie CILLÈRE est née à Saint Front. 

Son père, Antoine (né en 1755, époux d’Anne BONNEAU), son grand père  Thomas Pierre (né en 1732, époux de Jeanne MAIGNAN, son arrière grand père, Pierre Antoine (né en 1706, marié avec Marie YVER) et son arrière arrière grand père Antoine (né en 1677, marie de Catherine PRODHOMME) sont eux aussi nés à Saint Front, s’y sont mariés et y sont décédés.

Ce petit coin de l’Orne, les villes cités étant proches les une des autres, est l’un des berceaux de notre famille.

Domfront et environs
Carte de Cassini.
Agrandir pour voir les diverses localités citées



Brève histoire de Domfront, de Saint Front et de Lucé.


Saint Front de Passais, moine originaire de Trèves, avait été missionné par l’évêque du Mans pour évangéliser le Maine, dont la Passais faisait partie  à l’époque. Saint Front s’installa dans la forêt du Passais, région plutôt désolée, y établissant sa cellule et une église. Quelques disciples s’installèrent à proximité et fondèrent un village auquel ils donnèrent le nom du Saint. Ce village resta isolé, oublié du reste du monde durant plusieurs siècles, jusqu’à l’établissement, à proximité, d’un château sur un rocher par le Seigneur de Bellème, Guillaume Ier. La localité ainsi créée fut nommée Domfront, d’après le nom du Saint aussi.

Bien que plus ancien, Saint Front a toujours été dans la dépendance de Domfront, jusqu’à son absorption en 1864.


Le donjon

Quelques vestiges témoignent du passé tumultueux de la ville. En 1562, le château comportait 24 tours, ce qui est important, selon le  Dictionnaire géographique, administratif, postal, statistique, archéologique de France et de l’Algérie, publié en 1869, il en restait 14 à cette époque. De nos jours, seuls les vestiges de l’imposant donjon subsistent de ces tours. 




Une église, Notre Dame sur l’eau, a été bâtie au XIe siècle, proche de la rivière Varenne. Elle a été fondé par le bâtisseur du château, à la même époque que celui-ci


Toujours selon la même source, il ne restait à l’époque que le chœur, le maître autel, une partie du transept, une partie de l’église ayant été détruite pour laisser place à la route, en dépit des vives protestations de Prosper MÉRIMÉE, premier inspecteur des monuments historiques (1836). L’église, amputée d’une partie d’elle même, sera finalement classée en 1846.

En 1885, Domfront est une des premières villes de France à être dotée de l’éclairage public électrique.


Lucé fut fondée au VIe siècles suite à la construction d’une église par Saint Liboire, évêque du Mans, lors d’une campagne d’évangélisation. Il s’agissait, au début, d’une baronnie, propriété de la famille de Lucé.  Au milieu du XIIe siècle, Lucé appartenait à Richard de Lucé. Quand la famille de Lucé fut dépossédée de ses terres, le fief fut  remis à Robert de Quincé.  L’histoire de Lucé se confond ensuite avec celle de la vicomté de Domfront.


Activité économique



Il y avait au moyen age sur la Varenne, dans le territoire de la châtellenie de Domfront, de nombreux moulins. Aux XVIIIe et XIXe siècles, le territoire abrite des fabriques de toile, des carrières de granit. L’agriculture et l’élevage demeurent omniprésents.

La ville héberge une école agricole et est le lieu de comices très fréquentés, ainsi qu’une bonne dizaine de foires, réparties tout au long de l’année, toujours un lundi. 

La place du marché aux chevaux
témoigne de l’importance de l’élevage dans la région. 


Place du marché aux chevaux

De nos jours, Domfront est au cœur du territoire de production de la poirée.


Ces quelques lignes témoignent du cadre de vie de la famille ROUSSEL et de ses familles allées en Normandie.

  
 







Sources


Dictionnaire géographique, administratif, postal, statistique, archéologique de France et de l’Algérie, 1869 page 923.  Gallica


Wikipedia


Pâque dans nos régions

 Pâque est célébrée le dimanche qui suit la première pleine lune après le 21 mars. C’est pour cette raison que la date change d’une année à l’autre. Il s’agit de la célébration la plus importante de la Chrétienté, commémorant la résurrection du Christ.  Il s’agit aussi de la fête Chrétienne la plus anciennement attestée (IIème siècle)


Les cloches.


En France et dans d’autres pays Chrétiens, la tradition veut que les cloches des églises sonnent chaque jour, tout au long de la journée, pour appeler les fidèles à la messe quotidienne, ou hebdomadaire les dimanches, ainsi qu'à d’autres moments de la journée, rythmant la vie quotidienne et permettant à la population de « savoir l’heure ».

Cependant, lors des jours précédent Pâque, jeudi, vendredi et samedi saints, les cloches restent silencieuses. C’est une manière symbolique de rappeler la passion du Christ et sa mort sur la croix.

On explique aux enfants que les cloches sont silencieuses car elles se sont absentées. Elles font en effet un aller-retour à Rome pour une visite au Vatican, afin de se faire bénir et de rapporter aux enfants des œufs de poules, parfois décorés, des œufs et des lapins en chocolat (depuis que le chocolat est à la mode) sur le chemin du retour.

Il faut se rappeler que les cloches ne sont pas de simples objets. Elles recevaient un nom et étaient bénies lors de leur installation dans le clocher de l’église. Elles rythmaient la vie de nos anciens, qui pouvaient être particulièrement perturbées par le silence dus à leur « absence »


Le gigot d’agneau


Pâque étant la fête la plus importante du calendrier Chrétien, c’est l’occasion de réjouissances après les jours de deuil de la Passion.  Mais pour quelle raison le gigot d’agneau fait-il partie d’un grand nombre de repas de Pâques ?

La Bible fait référence à de nombreuses reprises à l’agneau. 

C’est aussi, paraît-il, le seul animal qui ne s’agite pas au moment de mourir, ce qui fait écho à la mort du Christ. 

C’est peut-être aussi l’animal qui est prêt à être mangé à cette époque de l’année. On mange de l’agneau, pas du mouton. Pragmatisme !

Le gigot d’agneau de Pâque se déguste traditionnellement avec des haricots secs.


Les œufs



Ils célèbrent la fécondité, le renouveau du printemps. Déjà dans l’antiquité les Perses s’offraient des œufs de poules au printemps pour marquer la fin de l’hiver. Il en fut de même pendant des siècles, et pas seulement chez les Perses. 

Pour les Chrétiens, lors du carême, temps précédent Pâques, il était interdit de consommer, entre autres aliments, des œufs, et donc qu’il fallait écouler les stocks amassés lors cette période. On en trouve souvent dans le repas Pascal, et il s’offraient aussi, souvent décorés. 


Deux jeunes filles dans un jardin montrant les 

œufs de Pâques qu'elles ont trouvés dans le jardin, 

Mlles Gropeano

Agence Roll, 1909 - Gallica


Les œufs en chocolats (ainsi que les poules, lapins, cloches et autres gourmandises) firent leur apparition à la fin du XIXe siècle, lorsqu’on maitrisa le moulage du chocolat. Ce dernier, originaire d’Amérique, était apparu en Europe au XVIe siècle, mais n’était devenu à la mode que sous le règne de Louis XIV, lorsqu’on le  consomma à la cour.


Autres


Dans certaines régions, des processions commémorent la Passion du Christ et sa résurrection (Pays, Catalan, Espagne, Perpignan). Ces processions sont parfois poussées à l’extrême, jusque à une réelle crucifixion (Philippines, par exemple)  


Dans d’autres régions, on décore l’arbre de Pâques, avec des œufs, des lièvres de Pâques, des pains et pâtisseries traditionnelles, traditions d’influences germaniques (Est de la France)

Dans les Landes, on partage, lors d’un repas collectif, l’omelette Pascale. 


En Normandie

On exposait, chez les personnes dévotes, un petit tableau au-dessus de la cheminée. Sur ce tableau il y avait une citation latine :

« MORS IMPERAT REGIBUS MAXIMUS DENIQUE OMNIBUS », citation comportant autant de lettres que de jours du carême. On en effaçait une chaque jour, en commençant le jour des cendres, soit 39 lettres

Cette citation est traduite par :

« Les rois, les grands, les petits, enfin tous sont sujets à la mort »


En Normandie toujours, les œufs de Pâque étaient ceux du vendredi Saint. Ils étaient teints en rouge, cuits dans l’oignon et mangés par les enfants le matin de Pâque. Mais mangés le samedi, ils contenaient des crapauds.

La Pâque fleurie était elle aussi Normande.

Le dimanche des rameaux, l’après-midi, les paysans plantaient un rameau de buis bénit dans chaque champ qu’ils avaient ensemencé de blé, d’orge, d’avoine ou de seigle.

Le samedi Saint, on préparait des pâtés de hachés de viande et d’œufs dans toutes les maisons, pour le maître et sa femme, les enfants, les domestiques. On les mangeait les dimanches.

Ce même jour, on écrivait les noms de Jésus et Marie dans tous les coins des colombiers pour chasser les rats. 





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