Anne VAIDIE


J'avais initialement lu VAIDIER
au lieu de VAIDIE
Je ne peux cependant
pas refaire ce diagramme
Avec mes excuses


Nous avons vu précédemment les vies de Guillaume GOUAULT et Elisabeth VAIDIE dans les deux articles que je leur ai consacré, ici et ici. Elisabeth est la fille de François VAIDIE, pour lequel je n’ai pas encore réuni de renseignements. Mais lors de mes récents passages aux archives départementales de l’Orne, j’ai récupéré quelques actes notariés passés par sa grande sœur, Anne. Lui-même est présent, et concerné par deux de ces documents.

Il est ainsi possible de parler un peu de la vie d’Anne VAIDIE, qui vécut un temps chez son frère François, à la Noë Rousse, dont il avait été question dans les deux articles précités.
Anne VAIDIE est née le 7 octobre 1744 à Passais la Conception, de François VAIDIE et Marie JULIARD. Ses parrain et marraine étaient Michel FERRAND et Anne PAVIE. Son prénom de baptême était Anne Marie, mais son prénom usuel Anne. C’est ainsi qu’elle signe et est prénommée dans les documents qui la concernent, notamment dans son acte de mariage. Ce dernier a été célébré à Saint Mars d'Égrenne, commune proche de Passais la Conception, le 29 septembre 1766. Son mari se nommait Jean BOUDONNET. Un contrat de mariage avait été signé au notariat de Passais le 29 août précédent. Je ne détaillerai pas ce contrat ici, car très classique. Les parents de la mariée apportent à la nouvelle communauté 90 livres, la literie, du linge de maison et un coffre fermant à clef.
Le couple semble avoir vécu à Saint Mars d’Egrenne.

Jean est décédé à Saint Mars d’Egrenne, sans doute le 3 octobre 1807 (1). Mais avant son décès, Jean BOUDONNET avait procédé à une donation au bénéfice de son épouse, par acte notarié passé à Saint Mars d’Egrenne. Il s’agit d’un document que je chercherai à mon prochain passage aux archives. Très probablement, Anne en a fait de même à son bénéfice, comme cela se pratiquait couramment.
En vertu de cette donation, lorsque Jean décède, Anne devient usufruitière des propriétés de son défunt mari.

Anne reste quelque temps au domicile conjugal, puis, le 8 juillet 1812, elle déclare devant notaire “faire sa résidence” au domicile de son frère François, à la Noë Rousse Vaidié, commune de Passais la Conception.

François est présent lors de la rédaction de ce document et il accepte cette déclaration.
Toutefois il est stipulé dans cet acte qu’il n'existe pas de communauté de bien entre elle et son frère, et qu’il n’en existera jamais. A la suite de cette déclaration, elle énumère les biens qu’elle a apporté à la Noë Rousse, précisant que ses biens sont les siens, et qu’il n’y a pas d’autre mobilier lui appartenant chez son frère.

Elle possède quelques meubles, à savoir un lit avec un matelas, ses oreillers, le linge de maison correspondant, une “mauvaise” armoire, de la vaisselle en étain, un tonneau et une somme de soixante francs qu’elle a confiée à son frère.

Ses vêtements sont mentionnés sous le vocable de “hardes” et linge, mais il n’en est pas fait d'inventaire. Elle ne parle évidemment pas de ses biens immobiliers.

Cette déclaration est aussi un contrat puisque François s’engage à présenter à sa sœur tout ce qui a été mentionné dans cet acte à chaque fois qu’elle le demandera. Il doit aussi la nourrir à sa table, puisqu’elle travaillera au bénéfice de son frère. Elle prend à sa charge les frais de notaire.


Le lendemain, Anne fait à nouveau appel au notaire, pour lui dicter son testament. Celui-ci, bref (une page et demi, y compris les formules de début et de fin d’acte). Elle lègue à François l’entièreté de ses biens meubles et immeubles, en preuve de son amitié pour lui et de reconnaissance des bienfaits qu’il lui procure. Et elle précise que ses autres héritiers n'auront aucun mot à dire à ce sujet.

Anne a en effet des biens. Je ne connais pas la totalité de son patrimoine, mais deux actes vont permettre d’en avoir un aperçu. Le premier est un contrat de fermage, qui nous informe sur ses revenus. Le second est une reconnaissance de rente, qui, elle, nous éclaire sur ses obligations. Voyons tout d’abord les revenus d’Anne, au travers de ce contrat de fermage

Il s’agit d’un contrat de fermage, conclu le 12 août 1812,entre Anne VAIDIE, en tant qu’usufruitière des biens hérités de son mari, et Michel GERARD, laboureur, Marie SALLE son épouse, et Marie SALLE, nièce du couple, majeure, demeurant à Saint Mars d’Egrenne.
Les preneurs sont soumis à plusieurs obligations, telles que l’interdiction de faire des dégradations ou des modifications, ce qui est normal et habituel. Ils doivent de plus “couvrir” les champs de bestiaux en nombre suffisant, dans le but d’engraisser ces champs (par les déjections des animaux). Ils ont aussi l’obligation de cultiver les terres, tout en ayant l’interdiction de couper du bois, que ce soit des arbres entiers ou des branches. L’entretien des haies et fossés est à leur charge. Ils doivent en outre remettre en état la maison, notamment son pignon, dans les deux mois de leur entrée en jouissance. Enfin, ils sont tenus d’avoir leur résidence dans la maison affermée. Le loyer qu’ils doivent payer a deux composantes:
Le bail consenti est d’une durée de six ans. Le bien loué contient une maison manable, une petite étable, deux pièces de terre labourables, dans les environs de Saint Mars d’Egrenne. Une redevance monétaire, dont le montant s’élève à soixante huit francs chaque année, doit être versée, à raison de trente quatre francs tous les six mois. L’autre partie est payée en nature, de manière précise. Les preneurs devront fournir 6 kilogrammes de gâteaux, qui doivent être apportés les dimanches, six kilogrammes de poupées de chanvre, six kilogrammes de beurre, entre autres. Bien entendu les preneurs doivent supporter les frais de notaire. Anne VAIDIE s’est ainsi assuré un revenu monétaire d’une part, mais aussi une source de denrées alimentaires et de la matière première pour filer. Des six kilos de poupée de chanvre, elle tirera entre 6 et 30 kilomètres de fil, selon la qualité et le calibre du fil qu’elle tisse. En contrepartie, le reste de la production de la ferme reste aux preneurs. Anne, le notaire et les témoins présents signent l’acte alors que les preneurs ne sont pas en mesure de le faire. Anne Vaidie a peut-être d’autres revenus à sa disposition, mais je n’en ai pas connaissance. Anne a aussi hérité d’une dette de son mari, dette très ancienne, dont une reconnaissance, datée du 15 décembre 1812 se fait l’écho.
Enfin, par amour pour son frère, elle lui lègue ses biens par testament. Mais François n’en profitera pas puisqu’il meurt le 22 mai 1814, à peine deux après qu’Anne se fut installée à la Noë Rousse. Anne lui survit 11 ans et décède le 31 mai 1825.
En effet, à cette date, Anne se présente encore une fois chez le notaire pour reconnaître une rente qu’elle renouvelle et reconnaît devoir payer à Pierre André BONNEFONT et à Marie Françoise RUFRENAN son épouse. C’est un couple de rentiers de Saint Georges de Rouellé. La rente foncière est d’un montant de sept francs, pour un capital de cent quarante francs, pour des immeubles situés sur la commune de Saint Mars d’Egrenne, c'est-à-dire 5% du capital. La somme peut paraître minime, mais le plus étonnant (pour nous, car ça ne l’était peut être pas à cette époque) c’est l’origine de la rente. Celle-ci a en effet démarré en juin 1683, c’est à -dire 129 ans plus tôt, lors de sa constitution. Puis elle a été reconnue en 1760 et plusieurs autres fois ensuite. La rente est garantie par une pièce de terre labourable.

Comme on le voit, Anne VAIDIE est venue s’installer chez son frère François après le décès de son mari. Pas tout de suite cependant. Elle a prit soin de le protéger, et de se protéger elle-même en cas de “faillite” en séparant bien ses biens de celui de son hôte par acte notarié. Elle n’est cependant pas venue s’installer les mains vides puisqu’elle dispose de son argent, de ses biens immobiliers, avec cependant des obligations contractuelles dont elle doit s'acquitter annuellement.

Note:

1: Un doute subsiste car j’ai trouvé deux actes de décès d’un Jean BOUDONNET à Saint Mars d’Egrenne. L’acte daté du 3 octobre 1807 nomme ses parents, mais lui donne 80 ans, alors qu'il n'est pas si âgé.




Sources:

Aux archives départementales de l’Orne: Notariat de Passais la Conception 4E 150 / 132 année 1812 acte 104: déclaration de résidence acte 105: testament acte 115: contrat de fermage acte 188: reconnaissance de la rente 4E 150 / 83 année 1766 acte 149: contrat de mariage Boudonnet / Vaidie, en ligne sur Généanet, vue 180 Archives départementales en ligne: Passais la Conception Acte de naissance Anne Vaidie: 3 NUMECRP 324 / 3E2_324_1_2 vue 16 Mariage de Jean Boudonnet et Anne Vaidie: 3 NUMECRP 324 / EDPT 24_30 vues 132 et 133 Décès François Vaidie: 3 NUMECE / 3 E2 324_25 vue 34 Décès Anne Vaidie: Saint Mars d’Egrenne: Décès Jean Boudonnet: 3 NUMECEC 421/ 3E2 421_25 vue 100


Bénidiction d'une croix à Freigné (Maine et Loire)

Freigné, ville située dans le Maine et Loire, est proche de Saint Mars la Jaille, dans le département voisin de la Loire atlantique. Une partie de la famille Rousseau a ses origines dans cette localité, et certains de ces aïeux ont pu assister à l'évennement relaté par le curé de Freigné dans l'acte ci-contre, daté du 16 octobre 1775.


Il s'agit de la bénédiction d'une croix.  

Bien que ce texte soit court et assez facile à lire, envoici la transcription:


1    Le jour onzieme du mois d'octobre mil sept cent soixante quinze, nous recteur soussigné, en vertu

2    d'un pouvoir à nous accordé par Monseigneur l'abbé Dehercé, vicaire général en ce diocèse, Monseigneur l'Evêque de 

3 Nantes, nouveau naïant (1) point encore pris possession, avons béni une croix au village de la Bélizière

4 dans le chemin vis à vis de la maison du nommé Bagasse, au coin d'un petit champ et vis à vis de la vieille

5    croix. A 4 pieds de distance dans le milieu du chemin, il y a une bonne pierre ardoisine pour marque

6    de séparation de notre Paroisse de Saint Mars la Jaille. Cette croix a été posée à la diligence

7    et aux frais de Jean FROMANTIN, le père, metaïer (2) à la Belisière en Freigné. Présents à la Bénidiction tous

8    ceux des villages voisins. L'usage est qu'on fasse ces sortes de bénidiction en faisant une procession solenelle

9 mais l'éloignement de notre bourg a engagé les supérieurs à nous en dispenser.


Signé: Morin, recteur de Freigné.


Ce texte relate un évennement auquel les habitants du voisinage n'ont pas manqué d'assister. La localisation est précise, et on se rend compte qu'on est en périphérie de la paroisse, à 4 pieds, c'est à dire environ 1m20, 1m50, de la paroisse voisinne de Saint Mars la Jaille. Une pierre remarquable, placée qu milieu du chemin (et non au côté comme on pourrait s'y attendre) marque la limite entre les deux paroisses. Tous les habitants des villages voisins assistent à la cérémonie. C'est qu'il y a peu de distraction, peu de choses inhabituelles, et on ne manquerait un tel évennement pour rien au monde. Il serait d'ailleurs certainement mal vu de ne pas assister à une célébration religieuse 


A noter que ce que le rédacteur appele un village est ce que nous appelerions de nos jours un lieu dit. Quelques maisons tout au plus. Le coeur de la paroisse, où se situe l'église, est le bourg. Il y a environ 5 km entre les deux endroits dans ce cas.

On remarque aussi que l'évêché dont dépent Fraigné est celui de Nantes, et non pas celui d'Angers.


Qui donc, dans mon ascendance, habitait Freigné en cette période (sans parler des enfants trop jeunes pour qu'ils en gardent souvenir) ?


Il y avait à cette époque, à Freigné:

Olivier POUTIER et sa femme Marie TERTIN (sozas 228 et 229). Les parents de Marie TERTIN (que je n'ai pas encore "croisés" ) étaient peut-être là aussi.

Et peut être aussi les parents de René BONDU (soza 230), Jean et Renée BADAULT  (même remarque)


De nos jours, la Bélizière existe toujour, mais il semble bien qu'il n'y ai plus de croix dans son voisinage.


La Bélizière
Google earth





Freigné, la Bélizière et Saint Mars la Jaille.
IGN










Notes


1       naïant:    n'ayant

2    métaïer    métayer



Source: 


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François Vaidie et Marguerite Germont, 2ème partie: Les enfants

Dans ce deuxième article je vous parlerai des enfants du couple François Vaidie Marguerite Germont. Puis, dans un article à venir je donnera...