Guillaume Gouault et Elisabeth Vaidier

 Après quelques semaines d’interruption, dues au déménagement d’un de mes fils, auquel a succédé une panne d’ordinateur, je vous propose aujourd’hui de parler du couple GOUAULT – VAIDIER, au travers de son contrat de mariage.  Je complèterai le tableau familial dans un autre article.


Mon Grand Père maternel, Gaston Eugène Maurice ROUSSEL, Papi Maurice pour les intimes avait pour parents Alexis Auguste (dont il est question ici) et Maria Virginie GOUAULT. Ils s’étaient mariés à Domfront (61 – Orne) et les origines de ces deux familles sont localisées autour de cette ville de l’Ouest du département.


Les ascendants en ligne agnatique de Maria Virginie sont (la numérotation soza utilisée ici me prend comme souche de l’arbre)


Maria Virginie GOUAULT (1880 – 1954; soza 13) X Alexis Auguste ROUSSEL (1872 – 1936, soza 12)


Eugène François GOUAULT (1850 – 1902, soza 26) X Félicité Jeanne Françoise FOURÉ ( 1851 – après 1902, soza 27)


François GOUAULT (1825 - ?, soza 52) X Marie Magdeleine PRODHOMME (1821 - ? soza 53)


Guillaume Siméon GOUAULT ( 1780 – 1834, soza 104) X Françoise Elisabeth VAIDIER (1790 - 1842, soza 105)


C’est de ce dernier couple qui se maria le 19 janvier 1809 à Passais la Conception (61 – Orne) dont je parlerai dans cet article.


Il y a peu j’ai dû conduire mon fils à Alençon où il avait des obligations. J’en ai profité pour me rendre aux archives départementales, sans recherches précises à faire car je n’avais pas eu le temps de me préparer. Je me suis donc lancé dans une battue dans les archives notariales. La chance aidant ( et un peu de flair aussi ), j’ai trouvé au début de la première journée, le contrat de mariage de Guillaume et Elisabeth. J’ai récupéré d’autres informations que je dois trier et que je partagerai avec vous ultérieurement.


Je n’ai pas encore fait beaucoup de recherches sur cette famille et cette lignée, mais le contrat de mariage permet de débuter une petite esquisse de qui ils étaient.


Voici la transcription du contrat de mariage

Celui-ci se trouve aux archives départementales de l’Orne, Passais la conception, cote 4 E 150 / 128 (du 03/01/1808 au 30/12/1808)

 

En rouge, les mots dont je ne suis pas sur, en xxx ceux que je n’ai pas pu lire

 


L'an mil huit cent huit, le

quatorze aoust avant midy, au bourg

de Passais, devant nous Pierre Le Royer,

 notaire impérial à la résidence de Passais,

 chef-lieu de canton, arrondissement communal

de Domfront, département de l’Orne

soussigné

Les conditions du mariage

proposé et qui doit être célébré entre

Guillaume Siméon Gauts1

 Propriétaire, fils

de défunct Jean Gauts et de défunté Hélène

Gérouard, natif de la commune de Saint

Roch et y demeurant, d’une part

 

Et Françoise Elisabeth Vaidier, fille

du sieur François Vaidier, propriétaire et

de Dame Marguerite Germond, ses père

et mère, originaire de cette dite commune

de Passais ey y demeurant d’autre

part

 

Ont été réglées et arrêtées

ainsi qu’il suit :

 

1)     1 Ledit Gauts épousera ladite Vaidier

avec tous les droits mobiliers et immobiliers

qui lui peuvent et pourront par la

suite compéter2 et appartenir sauf

à lui à les faire liquider ainsi

qu’il appartiendra

 

2)    2)  Seront lesdits futurs époux commun

en  bien meubles acquêtés et conquêtes

immeubles ( sans avoir égard au surplus ?

apporté par l’un d’eux à la mane de la

communauté

 

3)     3 En cas de mort de l’un desdits


époux sans enfant ou desdits enfants

eux sont sans descendant  xxxx   soit avant  3

Le premier mourant de l’un d’eux

en ce cas nous ont déclaré de faire

donation mutuelle au survivant

en propriété de tous le biens meubles,

effets mobiliers de toute espèce et de toute

 essence qui pourront leur appartenir

chacun d’eux au jour du décès du premier

mourant xxxx par le survivant xxxx

user et disposer propriétés à revenus de xxx

du pré décédé. De même xxxx   par lesdits

futurs époux déclarer se faire donation

mutuelle au survivant de l’usufruit

jouissance de tous ses héritages, biens immeubles

immeubles qui pourront leur

appartenir et à chacun d’eaux au jourd’hui

du premier mourrant pour xxxx le survivant 

dite époux jouir pendant toute sa vie de tous les

héritages et biens immeubles qui pourront

appartenir au pré décédé à charge pour le survivant

de se comporter en sa jouissance comme il

convient et comme doit faire un bon

usufruitier.

 


4)      4Si au contraire, au décès du premier mourant desdits

futurs époux il existe des enfants  xxxxxxx

xxxx haxxxx à leur succession en ce cas il sera

fait  deux lots et partage de tous les biens immeubles

acquêtés et conquêtes immeubles de leur communauté

pour leur xxxx xxxx au bénéfice desdit

enfants et xx xx au survivant  dudit époux qui alors jouira xxx de ses biens

propres xxxx sans préjudice des droits qui

pourront lui appartenir sur ceux de prédécédé

lequel il arrive au terme des xxx et de la

xxx

 

5)    5)  Au présent est intervenu le dit sieur


François Vaidier, père de la future épouse


qui lui apporte à la dot (semble être barré) xxxx en attendant

sa succession pour lui aider (mot rayé) à

monter son ménage la somme de deux

cent huit francs4  qu’il payera au dit futur

 époux le jour précédent leur mariage

parce que ledit Gaults rapportera lors de

l’ouverture de la succession dudit  Vaidier

 ladite somme de deux cent huit francs

au moins xxxx avec les autres héritiers

 xxx lesquelles xxxxxxxxx et conditions

lesdits futurs époux se sont donné la foi

de mariage et promis se marier à la première

réquisition de l’un d’eux

Le présent ainsi clos et arrêté.

 

…………. 5

Frère du dit futur époux, de jean Baptiste xxxx

Courteille, son cousin d’un trois xxx quatre,

Sieur François Vaidier, père de la future,

de Pierre Vaidier son frère, de Jeanne Vaidier

sa sœur et en xx autres présence de Joseph

Coupré, cordonnier et de Jacques Houmard

maréchal de la commune de Passais

témoins signés avec les xxxxxxx xxxx et

nous notaire après lecture

 

Je ne récris pas les noms des signataires. La photo seule suffit.

 




Il y a quelques petites choses que je n’ai pas pu lire, mais la teneur du contrat est tout de même compréhensible. Le mariage ayant lieu en 1809, il est soumis au code Napoléon de 1804 qui prévoit deux régimes matrimoniaux, à savoir le régime dotal, et la communauté. Ici, il n’est pas question de régime dotal. Le notaire lui-même semble avoir hésité et a rayé la mention d’une dot. Nous avons donc un contrat de mariage sous le régime de la communauté, avec 5 points :

Les deux premiers points traitent des biens apportés par les futurs époux, et plus spécifiquement de ceux apportés par la future épouse, sans pour autant les citer, ainsi que de ceux qui seront acquis durant le mariage. Ils deviennent les biens de la communauté, et Guillaume Siméon en disposera comme bon lui semble, car il « épouse Elisabeth et ses biens » !

 

Les deux points suivants règlent la succession du premier décédé, en envisageant le cas où le couple n’aurait pas de descendant vivant au moment de ce décès. Le conjoint survivant est protégé par une donation mutuelle.

Il est à noter que les deux conjoints ont des biens.  Guillaume est propriétaire, le père d’Elisabeth l’est aussi. Il convient donc de protéger ces biens au moment du premier décès.

 

Le dernier point du contrat de mariage fait état d’une somme d’argent de 208 francs que le père de la mariée donnera à sa fille pour monter son ménage. Il s’agit en fait d’un prêt puisque le futur marié devra le réintégrer dans succession de François Vaidier au moment de son décès. Cela ressemble au régime dotal d’ancien régime dans certaines régions.

 

Je complèterai cette esquisse de tableau familial ultérieurement, lorsque j’aurai étudié d’autres sources.


 

Notes :

1 Le notaire a orthographié Gauts, mais lui a bien signé Gouault

2 Compéter : Appartenir, revenir à quelqu’un, en vertu d’un droit

3 Je n’arrive pas à bien lire ce passage, mais je pense qu’il s’agit du cas où il n’y aurait pas d’enfant, ou bien il y aurait eu un (ou plusieurs ?) enfant, décédé (s) sans descendance, c’est-à-dire aucun héritier direct

4 Il n’est pas précisé comment la somme est payée, mais à l’époque les économies étaient bien souvent conservées à la maison, en pièces d’or. Un Napoléon de 1808 de 20 franc contenait 6.45 grammes d’or

5 J’ai raté une photo. Il semble qu’un ligne manque


Source


Archives départementales de l’Orne, Passais la conception, cote 4 E 150 / 128 (du 03/01/1808 au 30/12/1808), numéro 56


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Guillaume Gouault et Elisabeth Vaidier

 Après quelques semaines d’interruption, dues au déménagement d’un de mes fils, auquel a succédé une panne d’ordinateur, je vous propose auj...