Cheminot

 


J'écris ici au sujet de mon Arrière Grand Père Louis Henri Denis ROUSSEAU. (Soza 14).


Il n'est pas question ici de raconter sa biographie (qui sera l'objet d'un autre billet), mais seulement d'évoquer sa carrière de cheminot et survolant son relevé de carrière. 

Je savais par ce que m'en avait dit ma mère qu'il avait été cheminot, mais sans plus de détail que cela. La seule information supplémentaire en ma possession concernait sa mobilisation "à son poste de travail" pendant la grande guerre. Des investigations complémentaires étaient de rigueur

Ma première démarche a été de rechercher du côté du Cercle Généalogique des Cheminots, sans succès. Je me suis ensuite tourné vers le centre des archives de la SNCF. Après avoir rempli un formulaire en ligne et patienté quelques mois (c'était pendant la période de confinement), j'ai reçu le relevé de carrière de Louis. (Je remercie Madame Agnès POURQUIER qui m'a fourni ce document reproduit ci dessous.)






Ce document, très synthétique, nous renseigne sur les postes successifs d'une carrière qui débute le 12 décembre 1904 comme élève homme d'équipe, jusqu'à la retraite, en 1934, alors que Louis était chef de train. Les différents postes occupés, homme d'équipe, garde frein, conducteur et finalement chef de train montrent qu'il était possible de partir du plus bas pour grimper au plus haut de la hiérarchie opérationnelle.


La période de la première guerre mondiale est évoquée avec la seule mention: "mobilisé" ! Sa fiche matricule renseigne par contre qu'il a été maintenu à son poste donc mobilisé à son  poste de travail. Les chemins de fer étaient d'une importance primordiale pendant le premier conflit mondial, pour acheminer hommes, animaux et ravitaillement. 


Le verso de la fiche nous renseigne sur les fautes occasionnées par le cheminot. Pour Louis, une seule faute, mais des conséquences. Ayant provoqué des dégradation sur deux wagons pendant une manœuvre, en octobre 1904, il voit son avancement retardé de deux mois,  reçoit un blâme du directeur,  et supporte des retenues salariales.


Comme on le voit, ce document est intéressant. Il donne un aperçu de la carrière de cheminot de mon ancêtre, mais pose aussi de nombreuses questions auxquelles on aimerait pouvoir répondre.


Quelle était la nature de l'incident ou de l'accident mentionné au verso de la fiche ? Y-a-t-il eu des qualifications pour passer de poste en poste, etc.


Sources:


 SNCF- STRATEGIE FERROVIAIRE ET REGULATION - SERVICE ARCHIVES DOCUMENTATION
CENTRE NATIONAL DES ARCHIVES DU PERSONNEL
26 rue du Lieutenant Pasquet – CS 50007 – 34513 BEZIERS CEDEX (MPL)



Bagne

 Comme beaucoup je suppose, je tape parfois mon nom dans mon moteur de recherches préféré, en espérant trouver de nouveaux documents concernant les membres de ma famille. Et c'est qu'ainsi, un jour, il y a cinq ou six ans,  je suis tombé sur le site de Guy MARCHAL, à ma grande surprise, tellement ceci était inattendu.  En effet, parmi les condamnés aux bagnes coloniaux, j'ai découvert le Sieur LAFFEZ Alfred Victor, condamné en 1895. 


J'ai donc aussitôt cherché à en savoir plus. A l'époque, les archives de l'ANOM n'étaient pas en ligne et je me suis donc tourné vers l'entraide pour récupérer le dossier dont les références m'avaient cependant été fournies par les ANOM. Je remercie la personne qui a photographié le dossier et me l'a transmis (je ne retrouve malheureusement pas le courriel correspondant, dont les traces doivent être restées en Afrique où je résidais à l'époque et que je ne pourrai pas rechercher avant longtemps.)


Avant de regarder ce dossier, je précise qu'Alfred Victor est le fils de Victor Lucien LAFFEZ, lui même fils d'Auguste LAFFEZ et de Stéphanie DELEPORTE, mes sozas 64 et 65. C'est un cousin de Théodore Jules LAFFEZ (Soza 16) et comme lui, il s'est engagé pour cinq ans dans l'armée. Mais ce n'est pas cette partie de sa vie qui nous intéresse ici, plutôt les informations qu'un dossier de bagne peut nous fournir. Je reviendrai donc sur la vie d'Alfred Victor dans un autre article. 


Décortiquons un peu ce dossier.


Il contient 20 pages qui ne racontent pas trop la vie au bagne, mais bien ce qui a amené Alfred Victor en Guyane. Ce dossier contient, entre autres:


- La page de garde du dossier, intitulé "Notice individuelle par l'administration pénitentiaire.

La première page utile ( à gauche)  informe qu'il s'agit d'un relégué, c'est à dire d'un délinquant multirécidiviste dont la société a décidé de se séparer et qu'elle a donc envoyé à l'autre bout du monde, sans retour possible. Nous avons ici l'identité du condamné, son matricule (4472)  et le numéro donné par la commission de classement (9005). Nous avons ici aussi les dates de son voyage depuis la métropole sur le navire La Calédonie ( du 17 juin au 9 juillet 1897) et la mention de son décès (l'acte de décès ayant été transmis au Maire de Lille le 05/09/1900        




La  page suivante  est un extrait des registres de l'Etat Civil de Saint Jean du Maroni. Il concerne le décès d'Alfred Victor le 12 mai 1900. Nous y apprenons qu'il avait exercé la profession de chicoretier, et  les noms et prénoms de ses parents,  Victor Lucien LAFFEZ et Adélaïde DESTOPS   





 
La page suivante liste toutes les condamnations infligées à Alfred Victor.   On y retrouve en haut la dernière condamnation suivie de toutes celles "comptant" pour la relégation, et en dernière partie les délits mineurs dont il n'est pas tenu compte pour  cette décision.

                                                                                                                                             


La page suivante nous apprend que ses parents sont décédés à Lille et que personne ne peut s'occuper de lui, ne peut le prendre en charge. 


Suit une page avec un "rapport médical" qui tient en trois lignes et informe que le détenu est de bonne constitution.



La page suivante liste les différents emplois occupés en prison.










Suit un rapport moral qui retrace les punitions subies lors des incarcérations précédentes, puis d'autres pièces dont le rapport du directeur de la prison de Landernau qui le dit apte à la relégation et informe qu'Alfred Victor simule lorsqu'il se repend, qu'il n'est pas sincère


. Le rapport de la commission de classement confirme la décision.

Suivent l'arrêt de la cour d'appel de Douai et l'avis de décès, qui informe de la cause du décès, en l'occurrence cachexie palustre, autrement dit un état de faiblesse extrême du  au paludisme combiné à une dénutrition et une malnutrition importantes, ainsi qu'un état d'épuisement important. 




La dernière pièce de ce dossier est un courrier qu'Alfred Victor a envoyé au directeur, dans lequel il réclamait qu'on lui fournisse une vareuse.

Les détenus du bagne étaient maintenus dans un état de misère impensable de nos jours. Le dénuement le plus total était la règle et il arrivait souvent que les bagnards laissent de côtés leurs vêtements pour ne pas les user trop rapidement pendant leur travail, tellement ceux-ci étaient de mauvaise qualité, et donc travaillaient nus. La nourriture était de médiocre qualité et en quantité insuffisante, la promiscuité permanente, les punitions disproportionnées. 

Le but de cet article n'est cependant pas de décrire la vie dans les bagnes de Guyane, mais plutôt d'offrir un aperçu de ce qu'un dossier de bagnard peut contenir. L'ensemble des infractions commises et des jugements émis ainsi que les maisons d'arrêts fréquentées offrent autant de nouvelles pistes de recherches pour le généalogiste. 

En recherchant les dossiers des maisons d'arrêts dans lesquelles Alfred Victor a été incarcéré, les jugements des différentes cours, son dossier militaire et même des coupures de presse, j'ai reçu une information conséquente sur la vie qu'il a mené, et cela me permettra de préparer un nouvel article retraçant "sa carrière"




Sources:

ANOM: Dossier d'Alfred Victor LAFFEZ, cote : FR ANOM COL H 3604/b, matricule 4472

Un intéressant documentaire sur les bagnards de Guyane au début du 20ème siècle est disponible sur youtube:  


  les ombres du bagne de Patrick Barbéris et Tancrède Ramonet


 

La période est plus récente, mais les règles sont bien les mêmes. 

Papillon, Le roman d'Henri Charrière et le film qui en a été tiré, de  Franklin J. Schaffner, avec Steve McQueen et Dustin Hoffman donnent aussi une assez bonne idée de l'ambiance qui régnait en ces lieux, et la partie décrivant le travail dans la jungle montre ce qu'a du être la vie d'Alfred Victor pendant son séjour, alors qu'il était affecté au camp du tigre.

Aïeux

 


Pour le premier article de ma première participation, je ne savais pas trop quoi écrire. J'ai bien pensé à notre ancêtre l'Australopithèque, dont les trois espèces Afarensis, Africanus et Anamensis auraient convenu, mais il me manque tout de même entre 50000 et 200000 générations pour arriver jusqu'à lui !




Trêve de plaisanterie.

Nos aïeuls nous on précédé sur cette terre, nous l'ont laissé en héritage. Nous portons tous en nous des parties de celles et ceux qui ont fait de nous ce que nous sommes. Aussi c'est à eux que je pense lorsque je "fait de la généalogie". 


Au moment où j'écris ces lignes, mon plus ancien aïeul LAFFEZ connu est Jean Baptiste (Soza 1024),  qui est mentionné dans l'acte de naissance de son fils Pierre en 1716 à Lille. Son épouse s'appelait Marie Hélène VILAIN et lui a donné 7 enfants. 


Et toute branches confondues, mes plus anciens ancêtres connus  sont François AMPROUX et Mathurine MARTELIERE (sozas 1572 et 1573, 14ème génération à partir de moi), qui se sont unis à Saint Géréon (Loire Atlantique) le 14 octobre 1597. Ils font partie des aïeux de Louis Henri Denis ROUSSEAU.


Retrouver les traces, même infimes, de nos aïeuls, c'est leur redonner un peu de vie, les sortir des oubliettes du temps. Ecrire le résultat de nos recherches, c'est préparer la succession, la transmission de nos trouvailles. 


Nous sommes les Aïeux de nos enfants, petits enfants et de leurs descendants.  C'est pour eux que je fais ce "travail", en espérant qu'ils prendront la suite.

Jean Louis ROUSSEAU et Jeanne Françoise PLOTEAU

Jean ROUSSEAU est mon soza 28, un des arrières grand pères de ma mère. 

 Jean Louis ROUSSEAU nait le 22 janvier 1851. Il est le fils de Louis Michel ROUSSEAU, qui est laboureur. et de Henriette POUTIER. Il vient au monde dans le hameau du Sable, à Freigné. 

L'épouse de Jean,  Jeanne PLOTEAU, est née à Saint Mars la Jaille le 2 février 1853, fille de François et de Marie LARDEUX, qui demeurent au village de la Bellisière. François est lui aussi laboureur.

Freigné, est une petite ville du Maine et Loire, peuplée de 2000 habitants environ. Elle, possède deux châteaux, du 18ème siècle pour le premier, des 15ème au 18ème pour le second. (Guide national et catholique du voyageur en France, 1900)

Saint Mars la Jaille est située sur l'Erdre (un affluent de la Loire), possède un château et une activité de taillanderie (fabrication d' outils et fers tranchants). Elle est située dans le département de Loire  inférieure, aujourd'hui Loire atlantique.

Ces deux localités sont distantes d'environ 6 kilomètres (à vol d'oiseau).

Freigné et Saint Mars la Jaille, sur Geoportail



Guide touristique des routes de France à l'usage
des cyclistes

Les guides touristiques de l'époque permettent de se rendre compte de l'importance (relative) de ces deux bourgades. Ainsi, Saint Mars la Jaille est décrite comme une ville de 1947 habitants en 1899 (Guide touristique des routes de France à l'usage des cyclistes). La localité est décrite sur le trajet de Chateaubriant à Ancenis, et une petite note informe que la descente sur Saint Mars la Jaille est particulièrement jolie, remarquable. Le bulletin paroissial de Saint Mars la Jaille pour l'année 1910 précise que les habitants sont au nombre total de 1817, dont 774 vivent au bourg et 46 au Ronzeray, où la famille habite un temps. (Ces informations peuvent bien évidement être corroborées en étudiant les recensements.)





Guide national et catholique du
voyageur en France



On ne peut pas dire grand chose de la vie de Jean et de celle de Jeanne pendant leur enfance. Ils se connaissent peut être jeunes, ou se sont peut être croisés à la faveur d'un marché, ou encore d'une des foires et fêtes qui ponctuent l'année, comme ce concours de bestiaux et produits agricoles qui s'est tenu à Saint Mars la Jaille en 1899, bien après leur mariage, mais qui devait exister bien avant. (Annales de la société académique de Nantes, volume 10 de la 7ème série, 1899)






Ou alors peut être lors du mariage de Denis ROUSSEAU, un cousin de Jean qui, comme lui, demeure au Sable à Freigné, et de Marie PLOTEAU, une sœur de Françoise, demeurant elle aussi à Freigné au moment de son mariage.  Denis est laboureur, Jeanne est lingère. Ce mariage est célébré à Freigné, le 26 janvier 1875, en présence de Jean, qui fait partie des témoins.  Jean est alors laboureur On ne parle pas de Jeanne dans 'acte de mariage, mais il serait étonnant qu'elle n'ai pas été présente à la noce de sa sœur.

Deux ans plus tard, le 12 juin 1877, c'est au tour de Jean et de Jeanne de sauter le pas et de convoler, toujours à Freigné. Jeanne est alors domiciliée à Saint Mars la Jaille. Jean est toujours laboureur, elle est journalière.  Juste retour des choses, Denis est témoin pour son cousin.

C'est en 1878, le 23 mars, que naît leur premier enfant. Il a pour prénoms  Jean, Marie, Joseph. A cette époque, Jean n'est plus laboureur, mais journalier et le couple habite encore à Freigné. Que s'est il passé ? Il s'agit d'une chose qu'il ne sera peut être pas possible d'éclaircir. A priori, un laboureur possède tout le nécessaire pour travailler, outils et bêtes, tandis qu'un journalier est plus démuni. Qu'est ce qui a causé ceci ? De son côté,  Jeanne est maintenant couturière.

Jean Marie Joseph  fera son service militaire dans les services annexes en 1901 après deux ajournements, en 1899 et 1900 pour bégaiement.  Cela ne l'empêchera pas de faire son devoir pendant la grande guerre. Il se mariera à Saint Mars  la Jaille, le 8 février 1908 avec Marie Louise Joséphine ROTTIER. Il est alors commerçant. Il décédera en 1956, à Saint Mars la Jaille.  


Quelque temps plus tard, la famille déménage et va habiter à Saint Mars la Jaille. Elle s'installe au hameau du Ronzeray.

Louis Henri Denis, mon arrière grand père, est le second de la fratrie. Il nait le 11 mai 1880. Il fera carrière dans les chemins de fer. Je parlerai se lui dans de futurs articles.

C'est en février 1882 que le couple a son troisième enfant. Il se prénomme Henri Louis Marie il nait  le 21 . Lui aussi travaillera dans les chemins de fer. Il décèdera le 22 juillet 1950, à Saint Mars la Jaille.

Le dernier enfant, Auguste Eugène Marcel, est né le 16 janvier 1886. La vie de la famille est difficile, aussi Auguste commence à travailler jeune comme domestique, probablement de ferme. Malheureusement, il décède à l'âge de 14 ans, le 17 mars 1899. De maladie ou d'accident ? Je n'ai pas la réponse.


Le temps passe et lors du mariage du fils ainé, en février 1908, Jean et Jeanne louent un logement au bourg de Saint Mars la Jaille. Lui est toujours journalier. Il le restera jusqu'à sa mort. Elle est marchande. 

En mai 1910, ils font le voyage jusqu'au Mans pour le mariage de Louis Henri Denis. 

Puis la première guerre mondiale éclate. Les trois fils vivants sont mobilisés.. Louis et Henri sont mobilisés à leur poste, en tant qu'employés des chemins de fer. L'ainé, Jean, passera dans plusieurs régiments d'infanterie et sera démobilisé à la fin de la guerre. 

Cependant, Jeanne ne verra pas la fin du conflit et le retour à la normale. Elle est admise à hospice Saint Jacques de Nantes le 27 janvier 1917 en raison d'un affaiblissement intellectuel, et décède le 10 mars suivant. Elle a alors 64 ans. La vie ne l'a pas épargnée. 

Jeanne sera inhumée le 13.

Jean la suit un an plus tard. Il décède à Saint Mars la Jaille le 13 mars 1918. Il a vécu pauvrement et ne laisse rien à son décès. (certificat du 30 juin 1922)

Table de l'enregistrement constatant la succession de Jean Rousseau


Je remercie Madame Fanny BERTHOULOUX et  Monsieur Guillaume PIGEON des archives départementales de Loire Atlantique, qui ont fait des recherches et m'ont fourni les renseignements concernant l'hospitalisation de Jeanne. 

Liens externes: 

Vous trouverez quelques vues anciennes de Saint Mars la Jaille ici
Et d'autres de Freigné ici

Sources:

Etat civil: Archives départementales de Loire Atlantique
Ouvrages touristiques: Gallica
Cartes postales: Internet



Jean Marie ROBINARD et Angélique BREHELIN

Acte de naissance de 
Jean Marie
 Jean Marie ROBINARD (soza 34)  est né le 4 février 1836 à Vannes. Il est fils de Jean Baptiste, journalier, demeurant rue de l'étang ,  et de Guillemette DIAVET. L'un des témoins de la naissance de Jean Marie, Marcel VERD, est sergent au cinquième régiment d'infanterie de ligne. L'autre, Pierre Marie Le VASTUMMER est cordonnier à Vannes.


Acte de naissance 
d'Angélique





 

Jean Marie exerce la profession de charretier à Vannes au moment de son mariage, le 13 avril 1858. Il prend alors pour épouse Angélique BREHELIN, (soza 35) blanchisseuse, demeurant à Vannes, mais native de Theix, fille de Joseph et Anne LE BRUN. Née le 7 février 1830, elle est plus âgée que Jean Marie, de six ans. 

 

Acte de mariage de Jean Marie et Angélique





Un charretier (Gallica)


Parmi les témoins du mariage se trouve Joseph AUDO, oncle par alliance de Jean Marie, qui a épousé en seconde noces Jeanne Vincente DIAVET,  sœur de Guillemette. Joseph AUDO est alors  gendarme à la retraite, et Chevallier de la Légion d'Honneur. Il fera l'objet d'un article à venir.
Deux autres témoins font partie des familles des mariés, Antoine BENARD, menuisier, est beau frère du marié, et  Charles LE BRUN, cocher, est demi frère de la mariée (frère uterin)

Le couple a six enfants, tous nés à Vannes, dont cinq filles:

  1. Marie Vincente, née le 20 novembre 1858, décédée 6 mois plus tard, le 2 juin 1860.
  2. Marie Anna, née le 13 mars 1861, décédée le 6 septembre 1867, à l'âge de 6 mois
  3. Marie Yvonne, née le 27 mai 1862, décédée au Mans le 23 octobre 1941, qui fut l'épouse de Théodore Jules LAFFEZ
  4. Jean Marie, né le 12 novembre1864, qui exercera la profession de couvreur.
  5. Marie Angélique, née le 29 mai 1867, décédée le 9 juin 1870 à Vannes. Elle avait trois ans.
  6. Marie Julienne, née le 13 mars 1869, décédée le 18 août 1872, à trois ans


Jean Marie semble être décédé à Saint Nolff, alors qu'il n'a que 40 ans, le 8 août 1876. Angélique lui survivra quelques années. Elle est décédée le 13 décembre 1890, à Vannes.

Je dis semble être décédé car l'acte de décès est étonnant:

  • Le défunt sur cet acte s'appelle Jean et a 42 ans. Or cette année là, Jean Marie a 40 ans, et son frère Jean Baptiste en a par contre 42 ! Cependant on peut penser que Jean Baptiste est un prénom composé, tandis que le Marie de Jean Marie pourrait être un second prénom.
  • Le défunt est charretier, mais cela ne suffit pas à trancher car Jean Marie et Jean Baptiste sont tous les deux charretiers, et habitent tout deux à Vannes (au même endroit)
  • L'épouse est appelée Jeanne BREHELIN, alors que l'épouse de Jean Marie se prénomme Angélique. Je n'ai par ailleurs pas trouvé de Jeanne BREHELIN vivante à cette époque. L'épouse de Jean Baptiste se nomme Marie GUYODO.
  • Le père du défunt est bien Jean Baptiste ROBINARD, mais la mère est appelée Guillemette Le DIGABEL. Le prénom est correct, mais pas le nom. Je n'ai par ailleurs pas trouvé de personne de ce nom, ni un éventuel remariage de Guillemette DIAVET avec un Monsieur Le DIGABEL
  • Par contre, le décès est à Saint Nolff,  à une dizaine de kilomètres de Vannes. On constate que les personnes rapportant le décès ne sont pas de la famille. On peut donc penser que Jean Marie, si c'est bien lui, est ici en un lieu où son travail le mène régulièrement, qu'il y est décédé probablement des suites d'un accident, alors qu'il voyageait seul. (Une maladie aurait probablement laissé le temps à des membres de la famille de venir sur place). Les personnes témoignant du décès le connaissent un peu, suffisamment pour connaitre son prénom usuel, les prénoms de ses parents, mais pas assez pour tout savoir. 



Sources

Actes d'Etat Civil: Archives départementales du Morbihan

Illustration: Gallica


Alexis Auguste ROUSSEL

 

Alexis Auguste ROUSSEL est un de mes Arrières Grand Pères (Soza 12). Né le 28 mars 1872, au village de Cheviers, à Lucé (Orne)  où ses ancêtres sont installés depuis quatre générations. Il exerça plusieurs métiers, participa à la guerre 1914-1918, malgré son âge (42 ans à l'ouverture des hostilités), et finit par s'établir au Mans, où naquit mon Grand Père, Papi Maurice, Gaston Eugène Maurice pour l'état civil.


Cheviers se trouve au nord du bourg de Lucé.
Extrait de la carte d'Etat Major de 1866
Son Père, Patrice Alexandre, est agriculteur à Lucé. Marié à Victoire LENORMAND  à la Haute Chapelle, dans l'Orne, le 7 juin 1864) En 1872, ils demeurent à Cheviers, un des hameaux de Lucé, et ont déjà eu au moins deux filles, Victorine Modeste Françoise, née en 1867 et Léonie Alexandrine, née en 1868.                                                                        Alexis aura ensuite au moins un frère, Léon Jules, né en 1877 et une sœur, Philomène Modeste, en 1878.

Service militaire


Alexis Auguste est de la classe 1892.  Il est jugé apte au service militaire et arrive au 29ème bataillon de chasseurs à pieds le 16 novembre 1893. Ce bataillon, qui vient de participer à la campagne de Tunisie, de 1881 à 1889, est alors en garnison à Vincennes, et est gardien du drapeau des bataillons de chasseurs. Alexis y reste jusqu'au 1er novembre de l'année suivante, où il est mis en congés, après une année de service,  en vertu de l'article 21, qui énumère les cas d'exemption partielle du service militaire de trois ans  qui dans ces cas est amené à un an. Je ne sais pas, à l'heure actuelle, la cause de l'exemption dont a bénéficié Alexis. Il demeurait à Saint Gilles des Marais lorsqu'il est passé devant le conseil de révision. Peut être faudrait il chercher dans les archives de cette commune un dossier de demande d'exemption, comme précisé dans le texte de loi.

Il accomplit toutefois deux périodes d'exercices en 1899 et 1902, la première au 29ème, la seconde au 26ème bataillon de chasseurs à pieds, et passe à la territoriale en 1906.
Il effectue une troisième période en 1908 dans le 32ème régiment territorial d'infanterie.


Extrait du Journal Officiel de la République Française
du 8 novembre 1890 


Première guerre mondiale


Alexis Auguste ROUSSEL.
L'uniforme est celui du 26èmeRTI.
La photo a donc été prise entre
novembre 1914 et janvier 1917
Alexis a 42 ans lorsque le conflit éclate. Il est mobilisé en novembre 1914 et rejoint le 26ème régiment territorial d'infanterie puis la 3ème section de commis en janvier 1917. Il a alors 45 ans. Il est démobilisé en janvier 1919 et est libéré de toute obligation vis à vis du service militaire en octobre 1919.  Je reviendrai sur cette période de guerre dans un article futur




Famille, domiciles et emplois


Alexis est né à Lucé, près de Domfront, dans l'Orne. A 20 ans il est domestique et réside à Passais la Conception, toujours dans le canton de Domfront (fiche matricule)

Puis il réside à Saint Georges de Rouelley, dans la Manche (qui se trouve à environ 11 km de Passais la conception) en 1895.
Domfront, vue générale

On le retrouve ensuite à Domfront  en 1896 puis à Verneuil sur Avre en février 1903 et finalement    au Mans à partir de juin 1903.

Tour à tour, Alexis a été domestique, employé de commerce, livreur pour finalement être employé par la ville du Mans, comme auxiliaire, exerçant la fonction de cantonnier.

Maria GOUAULT
(confirmé)
Alexis s'est marié à Domfront le 9 septembre 1902 avec Maria Virginie GOUAULT, qui lui donne cinq

enfants:

  • André Léonce Félix, né le 12 juin 1904 au Mans, décédé le 7 avril 1998, à Saint Jean du Bois
  • Gaston Eugène Maurice, appelé usuellement Maurice, mon Grand Père, né au Mans le 21 avril 1907, décédé à Jars sur mer le 29 août 1983, et dont je parlerai dans un article à venir
  • Claude Jean Robert, né au Mans le 24 janvier 1910 et décédé le 24 décembre 1991, toujours au Mans
  • Michel René Marc, né au Mans le 5 décembre1919, et décédé dans cette même ville le 10 avril 1973








Remerciement:

A Madame Véronique COUTABLE, des archives de la ville du Mans, pour son aide précieuse
A Alain ROUSSEL, cousin de ma Maman, qui m'a fourni les photos présentées ici ainsi que d'autres précieuses informations

Sources:

Photos d'Alexis et Maria: Alain ROUSSEL
Carte postale: collection personnelle
Carte d'Etat Major: IGN Geoportail, remonter le temps
Actes d'Etat Civil: Archives départementales de l'Orne, Archives départementales de la Sarthe, Archives de la ville du Mans
Journal officiel: Gallica







Théodore Jules LAFFEZ

Théodore Jules LAFFEZ est mon arrière arrière grand père (soza 16) né le 25 mars 1858 à Lille (Nord, France). Ses ancêtres y habitaient depuis plus de 140 ans, à ma connaissance. 

Son engagement dans l'armée le mena en Bretagne, puis le travail dans la Sarthe. Les descendants de Théodore se sont alors quelque peu dispersés en  Sarthe, en Normandie et en Région Parisienne, entre autres. Mais il s'agit  une autre histoire.

On ne connait que peu de choses de l'enfance de Théodore. Il perd sa mère très jeune. En effet, celle-ci, Eugénie FRANCOMME décède le 27 juillet 1862, alors qu'il n'a que quatre ans. Elle même n'était âgée que de vingt sept ans. Son père, Henri Auguste se remarie rapidement, le 12 janvier 1863, moins de six mois après, avec Coralie QUINZEBILLE, qui lui donne un enfant qu'ils prénomment Chéri Henri. Celui-ci nait le 3 décembre 1863. Henri exerce la profession de peintre et vitrier, qu'il enseigne à ses deux fils, comme cela se faisait couramment à l'époque chez les artisans


Service Militaire


Le 25 mars 1876, Théodore s'engage dans l'armée, pour cinq ans. C'est le jour de ses dix huit ans. Quelle est la raison qui l'a poussé dans cette voie ? La date d'engagement laisse penser qu'il s'agit d'une décision prise après réflexion et que Théodore n'attendait que l'âge requis pour passer à l'action.
 
Plusieurs hypothèses viennent à l'esprit:

  • La défaite Française de 1871 alors qu'il est adolescent l'a-t-elle incité à rejoindre l'armée ? 
  • La vie dans une famille recomposée, sans sa mère mais avec une belle mère et un demi frère était elle insupportable ?
  • A-t-il simplement voulu voir du pays, changer d'air ?

A cette question nous n'aurons pas de réponse. Toujours est-il qu'il arrive au 28ème régiment d'artillerie le 28 mars 1876. Ce régiment a été créé en 1872. Certaines sources placent sa création à Rennes, d'autres à Vannes, ce qui semble le plus probable. Le premier janvier 1879, il est muté au 35ème régiment d'artillerie, qui lui est en garnison à Vannes. Il est ensuite mis en congés le 27 septembre 1880. Il accomplit ensuite deux périodes d'exercices, l'une au 15eme régiment d'artillerie, la suivante au 28ème. 
Il fera cependant une troisième et dernière période dans le 11ème régiment territorial d'artillerie. 



Un dernier renseignement intéressant sur la fiche matricule (ci-contre) nous indique que Théodore est peintre à l'école d'artillerie du IVème corps d'armée en 1900. Cette école est située au Mans.

Caserne de l'école d'artillerie du IVème corps




Mariage

Théodore se marie à Vannes le 6 avril 1880 avec Marie Yvonne ROBINARD, née à Vannes le 27 mai 1862. Marie est fille de Jean Marie ROBINARD et d'Angélique BREHELIN.

Comme Théodore est toujours sous les drapeaux au moment de son mariage, il a été dans l'obligation de  demander une autorisation  aux autorités de son régiment en plus de celle demandée à son père. Ces deux autorisations lui ont été  accordées, mais ne nous sont pas parvenues car elles n'ont pas été conservées, ni  par l'autorité militaire d'une part, ni par le notaire ayant dressé l'autorisation paternelle d'autre part. 

L'acte de mariage nous apprend de plus que Théodore était soldat musicien. 

Ci dessous se trouve l'acte de mariage de Théodore et Marie







De ce mariage naissent cinq enfants, dont trois atteindront l'âge adulte:

  • Paul Marc Marie, l'ainé, nait le 20 décembre 1880. Il s'agit de mon arrière grand père.
  • Felix Marie Théodore voit le jour le 18 juillet 1884. Il vivra en Normandie et aura de nombreux enfants
  • Théodore Eugène le suit le 22 mars 1889. Il ne vit que quelques semaines et décède le 12 mai de la même année.
  • Vient ensuite Lucie Marie Amélie, qui, née le 2 décembre 1890 décède quatre ans plus tard, le 19 juillet 1894
  • Finalement, une dernière fille, Lucie Marie nait le 11 juillet 1895. Elle vivra jusqu'n 1974 (5/8/1974)

L'ancien hôtel de ville de Vannes, où Théodore et Marie se sont mariés (Carte postale)




Un fait divers

Le 14  février 1889, le Novelliste du Morbihan et le 16 février, le journal Le Finistère relatent l'arrestation, l'évasion et le procès d'un certain Albert AUTRET, coupable de plusieurs vols, dont un cambriolage chez M LAFFEZ, peintre et débitant, dans la nuit du 21 au 22 septembre 1887. 

AUTRET est alors canonnier au 28eme régiment d'artillerie. Pour cette raison, et parce que le premier vol commis l'est au détriment de l'armée,  il est jugé par les autorités militaires lors d'un conseil de guerre. Comme il s'est évadé, il est jugé et condamné par contumace  à 20 ans de travaux forcés. 


Le compte rendu de la condamnation, à droite  (Archives départementales d'Ille et Vilaine) indique que Théodore était peintre, vitrier et aubergiste. Il n'y a pas d'autre renseignement utile au récit concernant Théodore. Il serait intéressant de retrouver le dépôt de plainte que Théodore a du déposer à cette occasion. 



J'ai de plus cherché à obtenir une copie de son inscription comme commerçant, mais les archives correspondantes n'ont pas été conservées. Les archives départementales du Morbihan suggèrent de fouiller dans les archives fiscales pour éventuellement trouver des informations sur les activités de Théodore.   


Le Mans


Ayant obtenu un travail à l'école d'artillerie du IVème corps d'armée, Théodore et sa famille s'installent au Mans au début de l'année 1900, rue du Pavillon.  Il y exerce son métier de peintre et vitrier, probablement comme employé des armées, comme le suggère la mention portée sur sa fiche matricule. Il n'existe cependant pas de dossier dans les archives des personnels civils des armées pour le confirmer.

Théodore décède au Mans à l'âge de47 ans, le 22 février 1906, à son domicile. Le décès est déclaré par Paul, son fils ainé, et Baptiste ROBINARD, son beau frère.


Acte de décès de Théodore


 




Sources:

Fiche matricule: Archives départementales du Nord
Acte de mariage: Archives départementales du Morbihan
Acte de décès: Archives départementales de la Sarthe
Presse ancienne: Archives départementales du Morbihan et du Finistère
Condamnation par contumace: Archives départementales d'Ille et Vilaine
Cartes postales: collection personnelle. 

Le contrat de mariage d'Etienne Pierre GAUTIER er Armandine Désirée Pauline BOUTTIER

Remerciement Un grand merci à Mme ARCHAMBAULT, du fil d’Ariane, qui a fait la recherche de ce document pour moi. Introduction  Je vous parle...