Pâque est célébrée le dimanche qui suit la première pleine lune après le 21 mars. C’est pour cette raison que la date change d’une année à l’autre. Il s’agit de la célébration la plus importante de la Chrétienté, commémorant la résurrection du Christ. Il s’agit aussi de la fête Chrétienne la plus anciennement attestée (IIème siècle)
Les cloches.
En France et dans d’autres pays Chrétiens, la tradition veut que les cloches des églises sonnent chaque jour, tout au long de la journée, pour appeler les fidèles à la messe quotidienne, ou hebdomadaire les dimanches, ainsi qu'à d’autres moments de la journée, rythmant la vie quotidienne et permettant à la population de « savoir l’heure ».
Cependant, lors des jours précédent Pâque, jeudi, vendredi et samedi saints, les cloches restent silencieuses. C’est une manière symbolique de rappeler la passion du Christ et sa mort sur la croix.
On explique aux enfants que les cloches sont silencieuses car elles se sont absentées. Elles font en effet un aller-retour à Rome pour une visite au Vatican, afin de se faire bénir et de rapporter aux enfants des œufs de poules, parfois décorés, des œufs et des lapins en chocolat (depuis que le chocolat est à la mode) sur le chemin du retour.
Il faut se rappeler que les cloches ne sont pas de simples objets. Elles recevaient un nom et étaient bénies lors de leur installation dans le clocher de l’église. Elles rythmaient la vie de nos anciens, qui pouvaient être particulièrement perturbées par le silence dus à leur « absence »
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Le gigot d’agneau
Pâque étant la fête la plus importante du calendrier Chrétien, c’est l’occasion de réjouissances après les jours de deuil de la Passion. Mais pour quelle raison le gigot d’agneau fait-il partie d’un grand nombre de repas de Pâques ?
La Bible fait référence à de nombreuses reprises à l’agneau.
C’est aussi, paraît-il, le seul animal qui ne s’agite pas au moment de mourir, ce qui fait écho à la mort du Christ.
C’est peut-être aussi l’animal qui est prêt à être mangé à cette époque de l’année. On mange de l’agneau, pas du mouton. Pragmatisme !
Le gigot d’agneau de Pâque se déguste traditionnellement avec des haricots secs.
Les œufs
Pour les Chrétiens, lors du carême, temps précédent Pâques, il était interdit de consommer, entre autres aliments, des œufs, et donc qu’il fallait écouler les stocks amassés lors cette période. On en trouve souvent dans le repas Pascal, et il s’offraient aussi, souvent décorés.
Deux jeunes filles dans un jardin montrant les œufs de Pâques qu'elles ont trouvés dans le jardin, Mlles Gropeano Agence Roll, 1909 - Gallica |
Les œufs en chocolats (ainsi que les poules, lapins, cloches et autres gourmandises) firent leur apparition à la fin du XIXe siècle, lorsqu’on maitrisa le moulage du chocolat. Ce dernier, originaire d’Amérique, était apparu en Europe au XVIe siècle, mais n’était devenu à la mode que sous le règne de Louis XIV, lorsqu’on le consomma à la cour.
Autres
Dans certaines régions, des processions commémorent la Passion du Christ et sa résurrection (Pays, Catalan, Espagne, Perpignan). Ces processions sont parfois poussées à l’extrême, jusque à une réelle crucifixion (Philippines, par exemple)
Dans d’autres régions, on décore l’arbre de Pâques, avec des œufs, des lièvres de Pâques, des pains et pâtisseries traditionnelles, traditions d’influences germaniques (Est de la France)
Dans les Landes, on partage, lors d’un repas collectif, l’omelette Pascale.
En Normandie
On exposait, chez les personnes dévotes, un petit tableau au-dessus de la cheminée. Sur ce tableau il y avait une citation latine :
« MORS IMPERAT REGIBUS MAXIMUS DENIQUE OMNIBUS », citation comportant autant de lettres que de jours du carême. On en effaçait une chaque jour, en commençant le jour des cendres, soit 39 lettres
Cette citation est traduite par :
« Les rois, les grands, les petits, enfin tous sont sujets à la mort »
En Normandie toujours, les œufs de Pâque étaient ceux du vendredi Saint. Ils étaient teints en rouge, cuits dans l’oignon et mangés par les enfants le matin de Pâque. Mais mangés le samedi, ils contenaient des crapauds.
La Pâque fleurie était elle aussi Normande.
Le dimanche des rameaux, l’après-midi, les paysans plantaient un rameau de buis bénit dans chaque champ qu’ils avaient ensemencé de blé, d’orge, d’avoine ou de seigle.
Le samedi Saint, on préparait des pâtés de hachés de viande et d’œufs dans toutes les maisons, pour le maître et sa femme, les enfants, les domestiques. On les mangeait les dimanches.
Ce même jour, on écrivait les noms de Jésus et Marie dans tous les coins des colombiers pour chasser les rats.
