Frère Ernest des Anges
Lors de la vente de la maison d’Auguste LAFFEZ et Stéphanie DELEPORTE, j’ai découverts qu’un des enfants du couple avait échappé à mes recherches. Cet enfant, Édouard Jules Joseph, était présent lors de la vente car héritier de Stéphanie DELEPORTE, au même titre que ses frères et que les enfants de son frère Victor, décédé.
L’acte de vente nous apprend de plus qu’il était devenu religieux sous le pseudonyme “Frère Ernest des Anges”
Je parlerai de lui dans les lignes qui suivent.
Comme bien souvent en généalogie, on ne sait pas grand chose sur la petite enfance d’Édouard Jules Joseph. Né le 5 mai 1843, il fréquente l’école dirigée par les frères des écoles chrétiennes de la paroisse de la Madeleine, à Lille. Il y est remarqué pour sa “belle écriture”, sa piété, son intelligence. Cela lui permet d’occuper une place de jeune clerc dans une importante étude d’agent de change de Lille. Il est reconnu par ses patrons et collègues pour don application dans son travail.
Dans le même temps, il occupe son temps libre en participant de manière active à la Conférence de Saint Vincent de Paul de Lille (voir encadré en fin d'article), prenant grand soin de la famille dont on lui avait confié la charge, ne manquant pas d’adjoindre des conseils de saluts aux denrées alimentaires qu’il lui apportait.
En 1864 il demande à entrer au noviciat de Saint-Omer. Il a alors 22 ans, et fait depuis un moment fonction de coadjuteur à la direction d’une division de l’œuvre dominicale, prenant sans rechigner sur son temps libre.
Il entre donc en noviciat le 29 septembre 1864, à Saint-Omer (département du Pas de Calais), prend l’habit le 1er novembre suivant.
Il est employé pour faire la classe à la communauté de Saint-Omer à partir du 29 avril 1865. Il est alors placé à l’internat Saint Joseph de Saint-Omer où il fait son apprentissage d’enseignant. Comme ses débuts étaient satisfaisant, il lui a été confiée une “ grand-classe” à Valencienne, où il resta jusqu’en 1872.
Il exerce alors dans plusieurs écoles de la congrégation de la région (Wattrelos, Cambrai, Lille, Tourcoing) , jusqu’à ce que la direction de l’école de la communauté de Saint Druon, à Cambrai lui soit confiée, de mars 1878 à la laïcisation de cet établissement deux ans plus tard.
Il reprend ensuite l’enseignement dans les premières classes, à Lille, Douai, Tourcoing.
C’est en 1904, âgé de 61 ans, qu’il peut enfin prendre un repos mérité. Il rejoint la communauté des anciens à Annapes. Mais là encore il donne de son temps pour venir à l’aide de prêtres de diverses paroisses des alentours pour la préparation des enfants à la communion.
Mais en 1914 la communauté doit abandonner son établissement. Annapes est en effet occupée par les Allemands, et ne sera libérée qu’en 1918, par les Anglais.
Frère Ernest des Anges est quand à lui envoyé à Saint-Omer, où il continue à travailler avec les forces qui lui restent. Il souffre de rhumatismes et d’asthme et autres infirmités dues à l’âge, mais cela ne l’empêche pas, lorsque la maladie lui laisse un peu de répit, de chanter d’une “ belle et forte voix”, ou encore de converser pieusement et avec gaîté, avec ses frères lors des récréations.
C’est une crise d’asthme, plus forte que les autres, qui l’emporte dans la nuit du 16 au 17 août 1916, après avoir reçu les Saints Sacrements de l'un des Pères Carmes belges, réfugiés dans la communauté
La société Saint Vincent de Paul a été créée à Paris en 1833 par un groupe de bénévoles catholiques, dont Bienheureux Frédéric Ozanam. Cette association est toujours en activité, est déclarée d’utilité publique et présente dans plus de 150 pays. Elle a pour objectif d'aider les pauvres afin de soulager leurs souffrances et de promouvoir leur dignité et leur intégrité humaines. Elle participe à l’aide humanitaire partout dans le monde, lors de catastrophes naturelles, ou dans des zones de guerre. Au niveau local, elle est organisée en associations locales, en conférences, et apporte son aide au plus démunis. Le conseil général international de la SSVP a déposé la plupart de son fonds d'archives aux Archives nationales sous la cote 31 AS . |
La congrégation des Frères des Écoles chrétiennes ou Lasallien sa été fondée en 1680 par saint Jean-Baptiste de La Salle, à Reims. Elle est destinée à l'enseignement aux jeunes, et plus particulièrement aux plus défavorisés. Ils portaient une soutane noire, non boutonnée, avec un large rabat blanc. Ils portaient par dessus un vaste manteau à manches flottantes, source de leur surnom familier de frère quatre bras. Et pour se couvrir, ils disposaient d’un grand tricorne. La congrégation accueille aussi des frères servants, dont le rôle n’est pas l’enseignement. Ils portent le même habit, mais couleur brune. Le concile Vatican 2 (1962-1965) les dispensa de cet habit. |


















